1. *** me force à vivre plus vite, et plus dru. Les amoureux pensent toujours que le monde a été créé pour leur passion, et ils croient la moindre beauté préparée à leur intention ; nous vivons nous en plus comme si le monde devait être consommé par notre relation. Nous jouissons ensemble des belles choses et nous n'y reviendrons pas.
2. Je croyais qu'il fallait être ivre pour aborder les beaux garçons. En réalité, il faut être ivre pour supporter la compagnie d'un beau garçon. Je ne me retrouve moi-même, avec lui, que si j'ai bu. Sinon, je ne suis que des yeux.
3. L'éblouissement se dissipe, à vrai dire. Cela ne me guérit pas, pour autant, car avec la lucidité, je retrouve aussi le monde en dehors de lui.
4. L'homosexualité ne pose aujourd'hui qu'un seul problème qui justifie une recherche universitaire. Comment expliquer la corrélation entre sottise et homosexualité ? Certains jours, je pense que la sottise provoque l'homosexualité, comme une sorte de suicide d'intérêt général, de renonciation bienvenue à l'engendrement et la dissémination ; d'autres jours, je crois à l'inverse que l'homosexuel ne naît pas sot, il le devient, par l'évidement radical que lui impose sa recherche compulsive de partenaires.
5. Que faire, quand il sera avec un autre ? Tenter enfin l'ambition ?
6. Fourniret, le tueur en série, vient de rompre son silence. Ne sait-il pas que les seuls crimes impardonnables et imprescriptibles en France sont les mots, tout le reste étant négociable ?
7. (sur une polémique récente, que je n'ai finalement pas envie de reprendre ici car elle sera chassée demain par une autre)On connaît la théorie que je propose là dessus : l'effondrement du niveau scolaire de ceux qui écrivent ou commentent a cet épouvantable effet secondaire de faire disparaître de nos débats publics toute réfutation ou confrontation, et de leur substituer à tout va des décrets moraux absolus (la moindre tempérance ou nuance risquant d'exiger une explication ou un raisonnement). Horreur d'un monde où il n'y a plus de vrai ou de faux, de probable ou de sot, mais que du bien et du mal.
(le titre est repris sans vergogne de la page d'accueil de GA, en deuil depuis la disparition d'un metteur en scène de porno)
Je lis dans le Figaro ce mot de Patrick Bruel sur Pascal Sevran : «Il essayait de faire quelque chose pour les jeunes, je l'ai vu sur le plateau conseiller des jeunes de manière très impliquée » J'aimerais qu'à ma mort quelqu'un dise cela de moi.
Quand je serai grand, je serai éditorialiste au Monde. Finis la rude besogne d'avoir à justifier ce que l'on dit, le besoin d'une documentation préalable ou d'un argumentaire robuste : je viendrai vous dire les choses comme je les pense, et vous viendrez saluer ma parole résistante.
Prenons l'intéressant article de Nicolas Weill, La pensée anti-Mai 68 s'épuise. Voilà un titre bien alléchant pour quelqu'un qui aime les réfutations. Première surprise, le texte est aux trois quarts consacré à un rappel de la pensée et des auteurs anti-mai 68, dans une énumération qui sent l'hypokhâgne. Il faut donc atteindre les deux derniers paragraphes sur huit (et encore, l'ultime ne fait que trois lignes) pour que Nicolas Weill consente enfin à nous parler de l'épuisement de la pensée anti-mai-68 — mais peut-être était-il lui même épuisé par les six premiers paragraphes de pensée anti-mai 68 ?
Puisqu'on en vient au fait, quelles sont donc les raisons données de manière si condensée (et l'on sait que l'auteur de ces lignes aime pourtant le style rapide) ?
a) la pensée anti-mai 68 "est contrecarrée depuis quelques années par les progrès de l'historiographie , qui ont donné de Mai 68 une tout autre image que celle d'un événement dont le message serait à rechercher dans les moeurs ou dans un effet de connivence générationnelle : Nicolas Weill n'éprouve pas le besoin de nous indiquer de quelle historiographie il s'agit (alors qu'il ne nous avait pas épargné supra les bien inutiles Edgar Morin, Claude Lefort ou Cornelius Castoriadis) ni quelle est cette alter-image des événements qu'il faudrait désormais adopter. Comme lecteur peu érudit (et surtout, assez peu intéressé par ce qui s'écrit sur mai-68), vous imaginez ma déception ;
b) Déception heureusement rachetée par le fou-rire provoqué par la phrase suivante : Ce renouvellement s'accompagne d'un dynamisme de la pensée radicale, lequel se traduit à son tour par une efflorescence de maisons d'édition et de revues, parfois animées par de très jeunes gens. Depuis la chute du Mur de Berlin, l'extrême gauche se trouve en effet confrontée à un défi qui stimule sa productivité théorique : celui de reconstruire une critique du néolibéralisme après l'échec du communisme, tout en faisant l'économie de la violence. Je vous jure que j'ai simplement copié-collé. Figurons-nous le même auteur sur la (temporaire) déconvenue de théoriciens de l'oeuf carré, après la découverte d'un oeuf rond : dynamisme de la pensée radicale, lequel se traduit à son tour par une efflorescence de maisons d'édition et de revues, parfois animées par de très jeunes gens. Depuis la découverte d'un oeuf rond, les défenseurs du carré de l'oeuf se trouvent en effet confrontés à un défi qui stimule leur productivité théorique : celui de reconstruire une critique du rond après l'échec du carré, tout en faisant l'économie de la violence. Figure habituelle de la pensée magique ; la réfutation ne la détruit pas, elle est un défi stimulant. Et dans les moments d'abattement, j'entends donc bien adopter des idées grotesques, pour que leur démenti soit l'occasion de développer ma productivité théorique, sans laquelle les colonnes du Monde me resteront interdites.
Après cet épais dogmatisme, la conclusion s'impose naturellement :Nul doute que ces noeuds-là stimulent les théoriciens de l'extrême gauche et suscitent de ce côté-là un bouillonnement dont les bulles Alain Badiou, les Italiens Antonio Negri ou Giorgio Agamben, l'Américain Michael Hardt ou le Slovène Slavoj Zizek constituent "parfois de façon brouillonne (sic), une nouvelle constellation de philosophie politique critique.". Mais le vrai génie de Nicolas Weill réside dans sa capacité de concentrer toute sa force démonstrative dans les tous derniers mots, qui contiennent à la fois son idée, sa preuve, son exemple, son avis, sa rage de dent, sa carte d'identité intellectuelle, son bon mot, son système de pensée, sa critique : "la tradition libérale en France s'est comme figée sur sa posture mélancolique ou décliniste. Quand elle n'est pas devenue franchement réactionnaire !" A présent, exercice pratique pour mes lecteurs : donnez à tous vos écrits un côté éditorial du Monde, en leur ajoutant ces derniers mots, et voyez l'effet sur votre liste de courses, votre recette du poulet au nougat, votre note de service ou déclaration de revenus, une lettre d'amour ou une lettre d'excuses. En vérité, la tradition libérale en France s'est comme figée sur sa posture mélancolique ou décliniste. Quand elle n'est pas devenue franchement réactionnaire !
"Je ne suis pas venue pour faire tapisserie", a déclaré vendredi 2 mai Rama Yade, secrétaire d'Etat aux droits de l'homme, sur Europe1, à propos de son voyage avec Nicolas Sarkozy en Tunisie.
"Plutôt que parler, je préfère agir, et c'est ce que j'ai fait: j'ai eu un programme spécifique consacré exclusivement aux droits de l'Homme", a-t-elle mis en avant, rappelant qu'elle avait rencontré mardi à Tunis le président de la Ligue tunisienne des droits de l'Homme (LTDH), Me Mokhtar Trifi.
"J'ai aussi rencontré les autorités tunisiennes avec qui j'ai discuté de tous les sujets sans aucun tabou, sans aucune limite: torture, censure, peine de mort", a-t-elle affirmé, précisant avoir parlé au ministre tunisien de la Justice et au secrétaire d'Etat tunisien aux Affaires étrangères.
Je prie tous ceux qui voudraient écrire sur le triomphe populaire de Cindy Sander, la candidate malheureuse de la Nouvelle Star repêchée par une campagne télévisée d'une chaîne concurrente et le secours de quelques internautes désoeuvrés, de bien vouloir considérer qu'elle arrive la dernière dans une longue liste de femmes élues pour leur kitsch, leur amour de la gloire décolletée, leur incapacité fondamentale à déranger et à se rendre compte du monde, leur fureur de prendre la parole pour ne rien dire et de nous assommer après deux minutes de conversation, leur triomphe sonore dans un pays qui doit bien s'occuper depuis qu'il a perdu successivement sa littérature, sa place dans le monde et ses jeunes diplômés, ces femmes dont je ne veux citer que les plus éminentes : Rama Yade, Nathalie Kosciuscko-Morizet, Christine Lagarde, Jean-Louis Borloo. On rêve de les voir rassemblées, les cinq divas, pour un concert exceptionnel en faveur d'elles-mêmes (sujet qu'elles maîtrisent le mieux) de la paix et de la prospérité dans le monde, et de toutes les idées fausses qui ont du vernis et des jambes longues.
Maintenant, pour mes lecteurs ronchons, qui trouveraient que j'abuse, je vous prie de bien vouloir me citer une phrase des sus-nommées (je n'ose demander une idée) qui détonnerait dans un tube de l'été ou une contribution au débat public de ces femmes qui soit compatible avec les connaissances requises d'un bachelier. Et pour ceux qui me reprocheraient mon inélégance, de m'attaquer à ces femmes, je vous indiquerai que j'ai supprimé de la version définitive de ce billet les paroles fortes de Rama Yade, les positions courageuses de NKM, et les analyses brillantes de Christine Lagarde, pour qu'elles puissent couler une retraite tranquille dans une amnésie-amnistie publique.
On me dit que ce blog est égotiste et narcissique. Il vous présente ses excuses, comme les programmes scolaires qui sont trop scolaires. Du reste, son égotisme est un peu contrarié par la fureur de la passion de son auteur, qui s'exprime mal et se raconte encore moins bien (la passion comme l'auteur). J'ai la tête tellement pleine de ***, et mes sens si vides de lui, que dire de plus ? La dernière affaire, c'est qu'il est en révisions, injoignable, et que les images de nos deux nuits me reviennent comme des poignards à chaque fois que je vois des photos de beaux gosses alanguis ; seule la mort a le droit de vous retirer cela, disait un auteur qui s'est suicidé quand il ne pouvait plus jouir : je crains que la vie ne se charge de la sale besogne, et moi j'ai besoin de vivre longtemps les choses pour les vivre un peu. Six ans de Vincent, c'était à peine assez, alors deux nuits de ***, pitié. Quand je dis nuits, je devrais d'ailleurs dire matins, car c'est son réveil qui nous faisait blêmir, le soleil, les draps et moi, ses étirements, son abandon, ses fesses d'athlète — quelqu'un a dit cela mieux que moi : "l'état physique d'un jeune athlète sain, intelligemment entraîné sans surmenage, et en parfaite condition, est une sensation unique au monde et si splendide qu'elle efface toutes les voluptés momentanées" mais enfin, songeait-il au fait de l'avoir dans son lit ?
Hier, je l'ai peut-être perdu. Deux messages seulement dans la journée, une demande de pause pendant ses révisions, un rendez-vous raté sous le coup de l'épuisement et du manque de caresses. Exercices mentaux pour essayer de survivre à sa perte ; se fixer un défi, pour soi-même, pour essayer de s'élever à la hauteur de l'idée que je me fais de ***, pour que le prochain qui me possédera jouisse d'un netromain expurgé de ses faiblesses.
1. Comment voulez-vous que je dorme, après une soirée comme celle-là ?
2. Comment voulez-vous que j'arrête ce blogue pour en commencer un autre, alors que j'ai trois lecteurs que j'aime bien, et quatre billets dont je suis fier ?
(non, la vraie raison est la superstition ; ne changeons rien, continuons la vie d'avant, il faut feindre de ne pas se rendre compte de ce qui arrive, sinon tout va disparaître)
On demandait à un très vieux sage chinois comment il faisait, presque sénile et sans le secours d'une bibliothèque, pour tout savoir sur tout : "c'est simple, expliquait-il, j'ai tout ramené à un seul mot". Mon blogue arrive aujourd'hui à son terme, car tout le ramène, depuis le début, à un seul mot, celui d'ailleurs que je n'ai jamais écrit ici : ***.
Je suis frappé de penser que, depuis le premier billet déposé, ce blogue ne raconte en somme que l'attente de ***, qu'il entr'aperçoit, parfois de front, parfois en creux, parfois en rêvant un avenir, parfois en pleurant un manque ; et toutes ses saillies contre le milieu gay, dont on ne dira jamais assez à quel point il nous salit le goût, et contre toutes les tapettes, y compris blogueuses, que nous avons croisées, qui ont presque réussi à nous transformer à leur image, qui est celle de la mort, tout cela était la plainte d'un coeur qui refusait de disparaître sans un dernier émerveillement ; elle n'a plus lieu d'être, maintenant : je suis revenu d'entre les morts, je clos ce journal de l'Enfer, non pas que je pense ne pas y revenir bientôt, mais j'y reviendrai différent, et ce sera donc pour tenir un autre journal. Netromain, c'est quand j'étais sans *** : imaginez à quel point je ne veux pas le redevenir. Prions que la vie me donne autant d'années avec *** qu'avec Vincent : cela aurait de la gueule, putain, ma vie serait tous ces romans que je ne sais pas écrire, on la raconterait bien après ma mort, car on veut toujours savoir ce qu'ont vu ceux qui ont vu le paradis, alors imaginez, celui qui l'a vu deux fois.
Mais je m'égare, les amis, je m'égare. Je sens déjà l'envie d'écrire sur ***, quelque part où je pourrai écrire son nom ; il faut que je cherche cela (après avoir appris à écrire, bien sûr). Il faut que je mette un peu d'ordre ici, également, que je corrige les erreurs, que je lie les billets qui vont ensemble, maintenant que la cohérence de l'ensemble m'apparaît ; que je finisse l'index, car il y a des fous, parfois, qui ont envie de tout lire (et qui m'envoient de longues notes qui m'étonnent, avant de me dire qu'ils me détestent). Et que je continue les quelques conversations en cours, qui sont ma foi très agréables.
Où Netromain nourrit la rancoeur de ses commentateurs masqués.
1. Les aigres commentaires que j'ai reçus ici me fournissent enfin l'excuse que je cherchais pour ne pas vous écrire mes deux nuits avec ***, alors qu'en vérité, je suis bien incapable de le faire ; après tout, l'histoire est encore vivante, Dieu merci, et on ne peut écrire bien que de la tombe, quand tout n'est pas dit, justement, mais que tout est fait, et qu'on a l'éternité pour trouver comment le dire. Mon coeur est encore chaud de son corps, mes yeux sont encore chauds de ce qu'ils ont vus, ma peau est encore chaude de la sienne ; dans la pénombre du matin, après une nuit épuisée de n'avoir rien reçu de lui, sa première main, sa première bouche, sa peau enfin à moi, son abandon, enfin ; même ceux qui n'ont pas connu cela en ont l'idée, pourquoi en faire des mots ? Que cela me tourne donc encore longtemps la tête, mais que cela ne devienne pas tout de suite des phrases !
2. La coïncidence entre lui et mon désir est effrayante. Chaque chose nouvelle que j'apprends de lui me plonge dans l'angoisse, car c'était une chose dont j'avais rêvée, parfois même dans mes plaintes d'ici. Ou alors, n'avais-je pas compris le monde ? Réjouissons-nous, le paradis est ici, il y a un Dieu pour nous exaucer et nous justifier.
3. Je sais qu'il est fait pour être perdu — Et pourtant la peur de le perdre m'épuise les nerfs.
4. Evidemment, il s'est allongé dans le lit en jeans, et évidemment, il a mis ses chaussettes sur l'oreiller.
5. Il a de plus en plus vingt ans.
6. Elle chantait devant nous la déclaration que je n'osais lui faire, sous un faux ciel étoilé et la menace d'un autre soupirant ; et moi je pleurais sans prendre même la main de mon beau brun, pendant que ma voisine d'à côté épouillait sa machoire de débris alimentaires et que celle de derrière reniflait les bulles d'une morve abondante.
7. Parfois, quand il me dit qu'il m'aime, je le crois. Mais j'arrive assez bien ensuite à combattre cette funeste illusion. Il ne dit la vérité que lorsqu'il écrit "mon romain" ; je suis à lui, et c'est tout.
8. Je regarde toujours les beaux garçons, mais par envie d'être eux pour être beau contre lui. Il y a la tristesse connue des laids de ne pouvoir posséder les beaux, et il y a une tristesse infiniment supérieure, des laids qui possèdent des beaux.
1. Hier soir, en le quittant, je sentais de nouveau ma joie surir parce que son enthousiasme ne me disait pas qu'il était amoureux. Le coeur dévasté, le corps épuisé par deux mois de vie rêvée impossible à croire, les nerfs en cendre et la peau brûlée par la sienne, j'avais besoin pour trouver le sommeil qu'il me redise ce qu'il ne m'avait dit somme toute qu'une seule fois. J'envoie donc sur son téléphone un longue plainte compliquée avant de me plonger dans une obscurité sans repos. Plainte tellement compliquée qu'on ne sait même pas où elle veut en venir, ni ce qu'elle réclame, ni pourquoi après une journée merveilleuse et des projets si proches, elle est bien nécessaire.
Quelques minutes se passent devant le début de Casino Royale, et je reçois sa réponse : Bonne nuit mon romain. Je m'endors aussitôt.
2. Je frémis de tous ses côtés petit garçon qui me mettent en feu, me rappelant certains penchants obscurs, interdits et délicieux, comme avec Vincent (pour la maréchaussée et la magistrature, sachez qu'il a vingt ans).
3. S'il était un peu moins ce que je cherche depuis mon adolescence, tout serait plus simple. Je ne peux m'empêcher d'être grave avec lui, quand il faudrait être léger. J'ai envie de pleurer dans ses bras tout le temps perdu sans lui, quand il faudrait que je sois fort et brun.
Tonight Im gonna have myself a real good time
I feel alive and the world turning inside out yeah!
And floating around in ecstasy
So dont stop me now dont stop me
cause Im having a good time having a good time
...cette nuit froide étoilée d'orgasmes qui est la vie d'un pédé (plus ou moins étoilée d'ailleurs selon son poids, son âge, la couleur de sa peau, la taille de sa bite, l'épaisseur de ses sourcils, la marque de ses sous-vêtements et les autres qualités essentielles dans une communauté raffinée)" 24 février 2008
J'aurais dû suivre mes deux jeunes amants dans la nuit parisienne, où tout le monde se fout bien de devoir disparaître un jour ; m'enivrer du bruit avant l'éternité, me couvrir de sueur avant le suaire ; descendre en boîte avant le caveau.
Quand je suis mort, en 2001, c'est là que j'ai appris que l'enfer est très supportable quand on n'est pas le seul damné29 juillet 2007
Ah, mon blogue, tu ne m'as pas manqué. On m'a un peu parlé de toi, ces derniers temps. Certains te reprochent de te répéter sur les garçons; d'autres te reprochent de te répéter sur la politique. Mettons les tous d'accord, et répétons-nous ce soir sur les garçons et sur la politique.22 juin 2006
Si le ciel n'a pas ton frère
Le ciel peut bien m'attendre 11 février
Quand l'hiver est froid, quand ma vie est froide, que mon coeur est froid et que mes amis sont froids, je vais chercher un peu de chaleur sur son blogue. Il y a mis beaucoup de photos, et c'est vraiment lui le plus beau de GA. Je les regarde, cela va mieux : je sens à nouveau son souffle sur mon épaule, sa nuque sous mes lèvres et son sperme sur mes joues.21 janvier 2006
Ce qui est sûr, c'est qu'après Grande Ecole, il est difficile de faire un film plus bête, comme après Presque rien, il est difficile de faire un film plus vide. Les deux auteurs méritent donc d'être placés aussi haut dans notre panthéon gay, là où usant à l'envi leurs chaleurs dernières, ils pourront réfléchir
leurs doubles lumières/Dans leurs deux esprits, ces miroirs jumeaux." 7 janvier 2006
La meilleure forme de gratitude que pourraient avoir pour nous ceux dont nous nous sommes beaucoup occupés, ce n'est pas de s'occuper de nous à leur tour , c'est d'enfin s'occuper d'eux-mêmes.12 novembre 2005
des fesses fermes et douces, des abdominaux irreprochables, une peau savamment épilée, une musculature sophistiquée, voilà la nourriture ordinaire du gay, mais son bonheur cesse au niveau du cou, lorsqu'il est obligé, pour payer pour le prix de ces corps inoubliables, de supporter un visage imparfait, dégradé, caricatural, vide, pas un de ces visages hétéros qui nous irritent de leur sublime simplicité, de leur mystérieux équilibre.29 octobre 2005
Un club de sport, c'est comme la littérature française contemporaine : il y a beaucoup de pédés, de plus en plus de femmes, et on y trouve surtout des choses crues et laides étalées avec complaisance.16 octobre 2005
Car j'ai beau le caresser, le lécher, l'embrasser, le baiser, le sucer, l'enculer, le prendre en moi et que sais-je encore, il reste irrémédiablement vierge de moi. De nos coïts il ne reste rien, et certainement pas un patrimoine; et les êtres qui nous font l'honneur de nous laisser leur donner du plaisir restent pourtant à jamais inentamés. 16 septembre 2005
…le premier garçon qu'on a embrassé est aussi le premier garçon qu'on a niqué.(…)Je crois que c'est une des raisons qui explique le souci particulier du productivisme sexuel des gays, leur attention au rendement annuel de leurs éjaculations et leur industrialisation du spasme7 mai 2005
Dans un mois, cela fera quatre ans que je suis mort21 avril
La punition de ceux qui ont connu le paradis est d'être incapables d'en parler. Condamnés à se taire sur le seul sujet qui importe, ils doivent en plus supporter les interminables conversations des autres sur tout le reste, qui n'existe pas. 10 mars 2005
Trois marins presques nus, presqu'imberbes et presque majeurs m'allumaient en chantant In the Navy — Jamais depuis je n'ai pu écouter les Village people sans bander aussitôt.18 février 2005
Les garçons que nous rencontrons sont comme des aliments. Les meilleurs nous nourrissent et nous renforcent; les autres nous restent un moment entre la gorge, nous font un peu mal à l'estomac, mais finissent à l'égout dans une agréable libération.12 novembre 2004
Coucher avec la beauté ne rend pas heureux. Cela passe en spasme, et vous laisse à vie un creux douloureux (...)9 novembre 2004
Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit. Je viens encore d'essayer, mais le sommeil ne répond pas à mes appels. il est sur boîte vocale, ça m'énerve. Si on ne peut plus joindre le sommeil en pleine nuit, où va-t-on ? (...)4 novembre 2004
Au fond, Happy Tree Friends, c'est le milieu gay. Il y a beaucoup de couleurs, tout le monde a des coeurs sur le visage, sourit et glapit tout le temps. Et tout le monde fait du mal à tout le monde, et tout finit toujours dans le sang.24 octobre 2004
Pour une fois que tu écris quelque chose d'intéressant, ce n'est pas de toi ; dommage
Sorty
C'est médiocre, comme tout ce qu'écrit cet auteur Elizabethtessier
Une vraie petite boucherie intellectualo-sexuelle. Et tout cela avec cynisme "lucide", prétention élitiste et la condescendance qui l'accompagne... Rapport fascinant à l'autre...
Sharruk
Tu es une catastrophe ambulante en matière de politique! Fais plutôt du porno, ça te réussir mieux. Ou de la poésie. Ma Josiane d'amour