Blog négatif (et révolu)

17/01/2010

17/01/10 - 11:44

O fingers skilled in things not to be named

X. est très conscient de son pouvoir de séduction. Mais qu'a-t-il fait, en somme, de sa beauté exquise ? Il me parle de sa vie comme si elle était un privilège, sans se rendre compte qu'elle se raconte avec les chansons de Francky Vincent.

Ce qui suit ne vient d'ailleurs pas d'une chanson de Francky Vincent :

The boy lay dead
On the low couch, on whose denuded whole,
To Hadrian's eyes, that at their seeing bled,
The shadowy light of Death's eclipse was shed.

The boy lay dead and the day seemed a night
Outside. The rain fell like a sick affright
Of Nature at her work in killing him.
Through the mind's galleries of their past delight
The very light of memory was dim.

O hands that clasped erewhile Hadrian's warm hands,
That now found them but cold!
O hair bound erstwhile with the pressing bands!
O eyes too diffidently bold!
O bare female male-body like
A god that dawns into humanity!
O lips whose opening redness erst could strike
Lust's seats with a soiled art's variety!
O fingers skilled in things not to be named!
O tongue which, counter-tongued, the throbbed brows flamed!
O glory of a wrong lust pillowed on
Raged conciousness's spilled suspension!
These things are things that now must be no more.

16/01/2010

16/01/10 - 21:04

Mondanités

1. Dîner avec ... et sa copine, hier soir. Après s'être plaint d'une violente migraine, il me sert avec ses doigts deux tomates et une noix de mozarella. Je me dis que ce type, dont presque tous les pédés parisiens ont une ou deux photos sur leur ordinateur , va juste me filer une gastro.

2. Plan cul rapide avec un revenant. La différence entre son âge et le mien, c'est qu'au sien, chaque année nouvelle embellit ; il a maintenant une musculature très joliment dessinée, qu'il a dû gagner au club de sport de notre quartier. N'empêche que le soir, je continuais à regarder avec gourmandise les garçons dans le métro. Sans doute déshabillés, ils ne seraient pas très différents de lui ; mais il y aurait le plaisir de l'effeuillage, de l'aller-retour entre la forme devinée et la forme possédée, un premier et un dernier acte autour de la scène.

3. Catastrophe en Haïti. Le Président français propose une conférence internationale. Les artistes français enregistrent une chanson qu'il faudra acheter à partir de demain. A conserver pour le débat sur l'identité nationale.

16/01/10 - 14:35

Conversation mondaine

"— Il paraît que Monsieur est décidément pour les suivantes.
— Que voulez-vous, Madame ? Elles sont plus fraîches.


Conversation mondaine."

(exergue du chapitre II de La Dame de Pique. En français dans le texte.)

06/01/2010

06/01/10 - 22:21

Name dropping

Je craignais de m'attendrir sur la musique de Tchaïkovski, après l'avoir vue dansée à Bastille (et à Garnier, par écran interposé), mais la lecture des deux pages que Rebatet lui consacre dans son Histoire de la musique ont un peu dissipé le charme : "(...) elle ne raconte que la nostalgie d'un bonheur pour midinette ou les niaiseries langoureuses communes aux invertis vieillissants."

C'est du reste une merveilleuse définition de ce blog, mais passons. Tchaïkovski, toujours : peut-on imaginer biographie plus ratée que celle que lui consacre Nina Berberova ? Une meringue de 332 pages, dans l'édition Babel, où l'on admire l'auteur d'avoir réussi à ne pas s'endormir en la composant. Sauvons la préface, où Nina consent enfin à nous dire quelque chose, notamment que la thèse de Dominique Fernandez sur le tribunal d'honneur ne vaut pas tripette, car il a fallu attendre le début des années mille neuf cent soixante-dix pour la société ne souffre plus qu'on aime les garçons de quatorze ans (sur les filles de treize ans, une affaire récente montre que la doctrine reste partagée). Les trois dernières pages, bien informées, osent un outing des "membres de la famille du Tsar" et des "messieurs bien placés" : on attend la reconstitution d'époque par le successeur de Jean-Daniel Cadinot. Oserait-on lui suggérer d'embaucher Stéphane Bullion ? Le danseur français ramènerait à la vie érotique la plus lasse des vieilles pédales photographe de minets humidifiés, comme il y en a beaucoup ici (des vieilles pédales photographes et des minets humidifiés) : Bullion, qui n'est ni l'un ni l'autre, l'heureux garçon, danse avec une expressivité effrayante, qui vous possède diaboliquement.

Je crois devoir aux jambes et aux fesses de ***, qui était danseur, d'avoir pris goût au ballet, mais en réalité j'ai trouvé dans la danse la solution aux problèmes esthétiques que je me posais depuis mon adolescence, et dans la soirée à Garnier du 31 la plus belle manière de sécher les voeux du président Sarkokaïne, ce qui m'évite de devoir vous dire ce que j'en pense. Tenez, trois heures avant ce réveillon, je discutais avec quelqu'un de la dernière histoire dont raffole le Tout-Paris, la nomination que Christine Lagarde doit annoncer courant février et qu'on n'aurait crue possible que dans un état d'opérette d'Amérique du Sud, et ce Monsieur de me dire : Bien sûr, cette nomination sert puissamment nos intérêts, mais je t'avoue qu'il y a quand même un peu d'amertume à se dire qu'elle a été si facilement obtenue et que personne, à aucun niveau de l'appareil d' Etat, ou encore à l'Assemblée, ne voit plus ce qu'elle peut avoir de choquant." Bien sûr, je n'ai plus de nouvelles de *** : passons donc à 2010, je vous prie.

13/12/2009

13/12/09 - 01:07

Lui (docte). — Ce qui est bon est soit immoral, soit fait grossir.
Moi — S'il faut choisir, je vais essayer de remplacer le lard par du cochon.

11/12/2009

11/12/09 - 20:18

Un curieux chef d'orchestre, mardi soir à Garnier

06/12/2009

06/12/09 - 16:38

Juste la fin du monde

Juste la fin du Monde, de Jean-Luc Lagarce, à la Comédie française — le sujet (un homme qui se sait mourant revient dans sa famille pour leur annoncer sa fin prochaine), comme le titre, forcent l’intérêt : on aurait aimé les avoir trouvés soi-même. Ecrite par un mourant, la pièce prend évidemment un tour poignant. Elle est de plus servie par une mise en scène habile. D’où vient alors ce sentiment qu’au fond, c’est raté ?

Il y a quelques raisons évidentes. Dramaturge français, Lagarce ne peut s’empêcher de gâcher son écriture de coquetteries pour femme de lettres : ses personnages, incroyablement bavards, parlent comme nous un langage familier dont on aimerait qu'on nous sorte parfois — mais admettons que c'est un mal nécessaire pour un effet de réalité. Pourquoi alors n'utilisent-ils que des passés simples (imaginez un Merde terminant une phrase où l’on trouve je fus, je pensai, tu fis) ? Sans doute pour donner l'occasion d'un sujet de mémoire de maîtrise à la Sorbonne. Le spectateur, lui, sursaute à chaque terminaison et n'oublie hélas jamais qu'il ne s'agit que d'un texte lu.

M. Lagarce croit aussi tenir un procédé imparable et inédit pour nous simuler la vie en faisant conjuguer à chacun toujours trois fois le même verbe : je pense, je pensai, enfin, je penserai. Seulement, au bout de la vingtième fois, même le public le plus assoupi sent le truc. Rappelez-moi de programmer un Lagarce-tirade-generator.

Mais acceptons ces vanités car nous sommes français et nous avons été élevé dans l'idée qu'un nouvel auteur devait nécessairement apporter une nouvelle coquetterie. Ce qui est plus fâcheux dans le texte, pour la résistance au sommeil (qui n’est plus très forte à mon âge), ce sont les longs morceaux de rédaction de collège, sur le sujet : en décrivant une réunion de famille, vous montrerez que parfois on ne sait pas ce qu’on dit, et qu’on peut dire n’importe quoi. Et comme dans toutes les rédactions de collège, l’élève a voulu torcher un nombre de pages suffisant pour avoir la moyenne, malgré la pauvreté de son sujet, de sorte que le trait est trop fort et le poncif, dilaté et vide comme l'éternité de la mort.

Car enfin, qu'apporter de plus à ce thème depuis qu'on l'a vu traité par toute la littérature de la fin du XIXème et du début du XXème, sans compter l'inoubliable série Maguy ou, plus récemment, Plus belle la vie ? On suggérerait bien à Lagarce, s'il était encore en état de faire autre chose que des vers, de s’attaquer plutôt à une autre source inépuisable de non-sens verbeux, curieusement ignorée : les programmes distribués à la Comédie Française. Page 6, Muriel Mayette nous dit ainsi qu’il s’agit d’un «théâtre qui paraît simple mais dont les détours nous percent le coeur, car les silences y parlent plus sûrement que les mots» ou encore qu’elle aborde cette pièce «en réinventant un rapport au théâtre concentré pour cette histoire qui fait du chagrin comme toute histoire intime et obstinément vivante» : quand on écrit des mots pareils, il ne reste certes plus qu'à espérer que les silences parlent plus sûrement qu’eux. Du reste, l’extrait Du Luxe et de l’impuissance du même Jean-Luc Lagarce ne manque pas de nous demander si toutes les phrases creuses de la pièce l’étaient bien à dessein, puisque cette écriture lente, confuse, qui ânonne chaque idée sous plusieurs approximations, est aussi la sienne quand elle n'est pas celle de ses personnages.

Un dernier mot, pour finir. Je me souviens que, plus jeune, je revenais du théâtre ébloui, car plus riche de mots et de phrases, de rencontres et d'histoires. Après quelques jours, que nous reste-t-il de la fin du monde ? Malheureusement, pas même quelques débris.

28/11/2009

28/11/09 - 00:07

L'année prochaine, V. aura trente ans. Et à la fin de cette année, cela fera quinze ans que nous nous sommes rencontrés. Le soleil de cette journée de mi-décembre, je l'ai toujours sur la peau, bien sûr. Il y a quinze ans, je lui demandais comment il se verrait dans quinze ans, et lui gloussait en fermant les yeux. Autour de nous, il n'y avait que des vieilles personnes ; on s'en cachait, car elles ne pourraient pas comprendre ; avaient-elles jamais aimé, elles ? Avaient-elles été autre chose que cet esprit de sérieux, et cette loi morale qui nous condamnait ? Baisaient-elles simplement encore ? On s'en fichait, le temps était si long, dans quinze ans encore on aurait quinze ans, nous.

Et maintenant, comme à la fin des films tristes, une vieille personne pense à ce qu'elle a fait, il y a quinze ans, et son regard est un peu absent, ses lèvres presque souriantes, sa peau brûlante et son coeur un peu glacé. Les autres s'en foutent, ils ont raison.

26/11/2009

26/11/09 - 22:49

Wonderful town

Faut-il mettre une veste pour aller voir des garçons nus ? me demandais-je en sortant de la douche. Mon lyrique lecteur étant retenu et ma rencontre dominicale n'ayant pas rappelé, je m'en suis allé tout seul au vernissage de l'exposition de Pierre et Gilles. Sans veste. Le carton précisait : en présence des artistes et moi j'espérais surtout la présence des modèles, enfin, d'un des modèles. Et il y eut des modèles : Armande Altaï, se laissant prendre en photographie à côté de son portrait; une sorte d'athlète au visage mongoloïde et au regard ôté, qui ne paraîtra jamais plus humain que sur sa toile.



Les oeuvres paraissaient curieusement ternes, comme si elles avaient été rincées par la pluie bruyante du dehors : la foule parisienne et esthète contribuait à les achever en les marquant de coups de sac à main, de dos d'imperméables, de vestes mouton (Ah, l'élégance suprême de cette veste de poil ras noir que portait Henry Chapier autour de sa légion d'honneur), de cuirs capiteux.



Un bisou à Pierre, un bisou à Gilles (en se gardant bien de les nommer pour ne pas trahir qu'on ne les connaissait pas) ; autour de moi, on se donnait du salut ma chérie ou du hello darling, on se serait cru au Queen. J'essaye bien d'entamer la question avec un jeune homme au crâne broussailleux, mais sa maman nous interrompt (je me disais bien, aussi...) Une vieille sans doute un peu alcoolisée percute un homme, et, en guise d'excuses, lui annonce qu'il n'est pas un gentleman. Une beauté au regard azur m'apprend un mot de Guitry sur Claudel qui me ravit : Le soulier de Satin ? Quelle chance qu'il ne nous ait pas fait la paire !; Au fond, à l'étage, le chanteur M est heureusement condamné au silence au milieu d'un champ de jouets. Tout le monde se prend en photo, et tout le monde se demande où est le bar.

26/11/09 - 00:13

Où il est établi que Christine Boutin est une connasse

Sans doute, le débat public mérite mieux que des insultes. Cependant, quand une ancienne ministre a aussi manifestement failli à sa tâche, alors qu'elle n'a l'excuse ni de la complexité, ni de la nouveauté de son sujet, et qu'elle s'est repue des honneurs pour ne léguer que des imbécillités qui auront des conséquences si funestes et si illégitimes sur des besoins essentiels de nos concitoyens, elle mérite bien, me semble-t-il, que l'histoire ne retienne son nom que pour qu'il devienne une injure.

Christine-Boutin-la-connasse, que mille fois soit vomi son nom, a obtenu le ministère du logement. Le logement est une question importante, ce qui est curieux, finalement : on a en effet du mal à comprendre que dans un pays développé, il puisse être difficile de se loger. Le mystère s'épaissit encore lorsque l'on voit à quel prix se louent dans Paris des placards à peine salubres qui n'ont pas même de toilettes. En vérité, il n'y a là de situation inexplicable que pour les incultes et les paresseux, car si un sujet est parfaitement décrit et compris dans la littérature économique, avec d'abondantes données et des vérifications empiriques robustes, c'est bien celui du logement. Le seul mystère qui reste est de savoir pourquoi, alors que l'on sait comment faire pour atteindre un objectif qui n'est contesté par personne, on continue à empiler les mesures exactement inverses.

Ainsi, la connasse de Christine Boutin, paix à son âme (car comment peut-elle dormir quand elle a aussi mal fait ?) a pondu dans l'urgence sarkozyste une réforme de la location, qui exclut définitivement des biens acceptables ceux qui n'ont pas de revenus salariaux de ministres. Dans ma candeur, je voulais donner caution à des amis qui ne satisfaisaient pas les conditions données par le propriétaire, mais la connasse de Boutin l'a proscrit, et ne l'a remplacé par rien. Ceux-ci n'ont plus comme solution que d'acheter un trou, à condition d'ailleurs qu'une banque accepte de leur prêter ; il ne leur reste que peu de temps, d'ailleurs, puisque la connasse de Lagarde entend bien faire passer une réforme qui réduira la possibilité de prêter, pour éviter le surendettement. Or, quand vous n'êtes pas salarié, emprunter un euro, c'est déjà être surendetté.

Les réformes Sarkozy sont remplies de ce type d'absurdités néfastes, et ceux qui nous fatiguaient pendant de longues années de procès en conservatisme ont disparu du débat. Leur drapeau de gauche ne les amusait que lorsqu'il n'y avait pas de vent, et ces majorettes là méritent sans doute aussi le nom de connasses.

22/11/2009

21/11/2009

21/11/09 - 12:25

Rama Yade, l'insoumise

15/11/2009

15/11/09 - 21:52

Ainsi parlait Sarkosoustra

DISCOURS DE M. LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

Déplacement dans la Drôme

La Chapelle en Vercors – Jeudi 12 novembre 2009

(...)

C’est toujours au moment où l’on va les perdre que l’on mesure la signification et l’importance de ces choses indéfinissables avec lesquelles on a tellement l’habitude de vivre que l’on a l’impression qu’elles sont aussi naturelles que l’air que l’on respire. [NDE oui, notre Président ne manque pas d'air]

(...)

A force d’abandon nous avons fini par ne plus savoir très bien qui nous étions.
A force de cultiver la haine de soi nous avons fermé les portes de l’avenir. On ne bâtit rien sur la haine de soi [NDE non, on la cultive seulement, et on finit par fermer les portes], sur la haine des siens et sur la détestation de son propre pays. [NDE et sur la détestation des autres ?]

(...)

Ce qui serait dangereux ce serait de ne pas en parler, de faire comme si tout allait bien en se disant « A quoi bon ? ». C’est avec cette politique de l’autruche qu’on laisse le champ libre à tous les extrémismes [NDE : admirer l'admirable concordance de la pensée présidentielle avec celle de ma petite cousine dans sa première rédaction de sixième]. C’est pourquoi j’ai voulu ce débat. C’est pourquoi j’ai voulu que nous discutions ensemble, que nous réfléchissions ensemble. L’identité nationale ça nous concerne tous, ça concerne tous les Français. [NDE : le sexe aussi d'ailleurs. Il faudrait que nous en discutions ensemble, que nous réfléchissions ensemble.]

(...)

Notre identité, et c’est le miracle français, est à la fois singulière et plurielle. [NDE : ajouter au dictionnaire des citations] Rien n’est plus étranger au génie de notre peuple que l’uniformité, que l’embrigadement. L’identité nationale française, c’est une culture millénaire, par des voies mystérieuses, imprègne tout. Elle est dans la pensée, dans la langue, dans l’architecture, dans l’art de vivre, dans le paysage…

(...)

Regardons comment la République a accompli le vieux rêve Capétien d’une France une et indivisible dans un Etat dominant les féodalités. Les rois l’ont rêvé, la République l’a réalisé. [NDE : ajouter au dictionnaire des citations]

(...)

Passant sans cesse de la désunion à l’union le peuple français sait au fond de lui-même que ce qui le rassemble est plus fort que ce qui le divise. Et on comprend l’Histoire de France quand on accepte de vibrer avec le souvenir du Sacre de Reims et d’être ému par le récit de la fête de la Fédération. [NDE : proposition de réforme de l'épreuve d'histoire au baccalauréat : installer un sismographe sous la chaise de chaque candidat, et mesurer la secousse que provoque ces deux événements. Appréciez cette contribution présidentielle tout-à-fait extraordinaire à la théorie de la connaissance : comprendre, c'est vibrer. Vous pouvez donc renvoyer vos cerveaux, finalement inutiles, au journal, qui transmettra]

(...)

La France est une nation littéraire. Elle se parle à elle-même à travers la littérature [NDE Quel flatteur. Nous nous sentons tous des Nina Bouraoui ou des Marc Levy maintenant] N’est-ce pas au fond en entendant un vers de Racine ou de Baudelaire ou en lisant une page des Misérables que nous nous sentons le plus Français ? Dans quel autre pays au monde un tel miracle serait-il possible ? [NDE : on reconnaîtra que la probabilité qu'un italien, au fond, se sente le plus italien en lisant du Racine est assez faible. A moins qu'il ne veuille dire que la littérature n'existe qu'en France ?]

(...)

Nous conforterons l’identité française en apprenant à nos enfants à aimer la littérature, à aimer la poésie, à aimer et à respecter la langue française, en ce qu’elle est capable d’exprimer de beauté, d’intelligence, de profondeur de sentiment. [NDE : peut-être qu'après ce nécessaire apprentissage, la beauté de ce discours nous apparaîtra plus clairement ?] Si nous voulons que demain la France continue de signifier quelque chose pour nos enfants, nous devons être fiers de notre histoire et faire de l’apprentissage de l’Histoire de France une priorité pour les enfants de nos écoles. C’est la raison pour laquelle, j’ai retenu l’idée de créer un Musée de l’Histoire de France que tous les enfants des écoles iront visiter, qui sera le Musée le plus moderne qui soit [NDE : voilà un président qui ne mégote pas], qui ne sera pas figé dans le passé, qui sera vivant, qui apprendra l’Histoire au nom de l’avenir [NDE : il y aura des machines à faire vibrer, comme indiqué supra ?]

(...)
La France est une terre de liberté et d’égalité. [NDE : de nitrates aussi]
La France est un pays d’émancipation où chacun aspire à s’élever selon ses talents, ses mérites, son travail. [NDE : on ne vous garantit quand même pas qu'il en ait la chance, il ne faut pas exagérer.]
La France est un pays où la femme est libre.
La France est un pays où l’Eglise est séparée de l’État, où les croyances de chacun sont respectées.

(...)
On ne peut pas vouloir bénéficier des droits sans se sentir obligé par les devoirs.
On ne peut pas vouloir bénéficier de la sécurité sociale sans jamais se demander ce que l’on peut faire pour son pays.
On ne peut pas vouloir bénéficier des allocations chômage sans se sentir moralement obligé de tout faire pour retrouver du travail parce que les allocations sont payées par le travail des autres.
On ne peut pas vouloir profiter de la gratuité des études qui est l’une des plus belles conquêtes de la République [NDE : comme le cheval ?] et ne pas être assidu aux cours, ne pas témoigner de la considération pour ses professeurs et ne pas respecter les bâtiments qui vous accueillent. [NDE : concrètement, comment est-ce qu'on profite de la gratuité des études si on n'est pas assidu ? Voilà une nouvelle classe de profiteurs : les profiteurs absents. Admirable trouvaille, qui égalerait presque celle des complices par omission]
On ne peut pas vouloir tous les avantages de la République si l’on ne respecte aucune de ses lois, aucune de ses valeurs, aucun de ses principes. [NDE : et si on en respecte 0,4‰ ?]

(...)
En renonçant à la valeur du travail, nous avons renoncé au mérite républicain. [NDE et réciproquement]

(...)
La République est au cœur de notre identité nationale. Elle est forcément un rêve inaccompli, un idéal inachevé. [NDE: forcément]

(...)
Je vois bien depuis à quels excès peut conduire une démocratie d’opinion débridée je le vis tous les jours [NDE: référence attendrissante aux articles sur la candidature de son fils à l'EPAD. ]

(...)
Au pays de Voltaire et de Victor Hugo chacun veut penser librement. Le besoin de liberté est en France dans l’air que l’on respire. [NDE : beau sujet pour une épreuve de culture générale d'un prochain concours administratif]

(...)
Mais surtout le citoyen revient sur le devant de la scène. Le citoyen exige des comptes. (...) Il exige le citoyen d’être protégé [NDE: sic notez l'effet produit par la variation de la dernière phrase]

(...)
On n’est jamais concurrentiel en imitant les autres mais en tirant le meilleur parti de soi-même. [NDE : putain, cela fait vingt ans que je me suis gouré. Il pouvait pas nous le dire plus tôt ?] Voila la clé. [NDE : Ah ? il l'avait perdue ?]

(...)
C’est de tout cela que je voudrais que nous parlions dans les mois qui viennent. Avec Eric Besson, j’ai voulu aujourd’hui vous livrer avec sincérité le fond de ma pensée non pas pour clore la discussion mais pour y apporter ma contribution. [NDE : bien sûr, j'ai du couper une large partie des neuf pages de texte, mais ne m'accusez pas de partialité, car tout est du même tonneau, pardon, du même stylo. La version réellement prononcée a sans doute un peu plus de ce pathos inimitable.]

15/11/09 - 15:19

A la rue

Rachida D. parle la première. On sent qu'elle voudrait surtout évoquer avec nous son nouveau pantalon jeans slim, elle a du mal à arrêter de glousser et à lire son papier ; on admire sa capacité à ne pas se prendre au sérieux, et personne dans l'assistance ne songera plus jamais à le faire d'ailleurs. Elle est suivie par Christophe G., qui doit prendre la parole au nom de Bertrand D. ; Christophe G. est encadré de deux mignons de toute beauté, l'un porte son chapeau, l'autre sa serviette. Pourquoi s'ennuyer à chercher des plaisirs tarifés en Asie du Sud Est, comme certain ministre, quand il est si simple de les trouver ici, pour peu qu'on soit adjoint ? Christophe G. connaît son sujet, du moins. Dans la France SarkoRoyaliste, cela suffit à me le rendre admirable. Si j'étais beau, je postulerais pour porter son téléphone, mais je crois qu'il faut coucher pour cela.

On nous explique pourquoi il est juste que cette rue minuscule porte le nom de ***, mais on ne nous dira pas pourquoi on ne lui a pas donné un square, comme pour une actrice bien oubliable dont l'exemplarité a consisté à se prendre une baffe un peu violente. Sans doute cette question n'a aucun sens, n'empêche qu'à ce train là, il faut s'attendre à se promener désormais rue du petit Enis qui a eu un doigt dans le cul, avenue Stéphane Boukris® qui sait faire parler de lui à deux reprises en incitant le public à la veulerie, rond-point Jean Sarkozy qui a su prendre une difficile décision en sacrifiant la présidence de l'Epad, allée Rama Yade qui après deux ans d'un sommeil du juste au secrétariat aux droits de l'homme, s'est réveillée pour la noble cause de la défense de la franchise de cotisations sociales pour les très hauts bonus des sportifs et j'en passe encore. Vous trouvez que j'exagère ? Attendez de vieillir un peu. Si on m'avait dit, à votre âge, qu'il y aurait au second tour de l'élection présidentielle Nicolas Sarkozy et Ségolène Royale, j'aurai aussi haussé les épaules.

Les officiels partis, nous nous retrouvons moins nombreux sur une vaste terrasse jardin de Paris, autour de quelques tartines. Là précisément où, étudiant, je rejoignais *** pour corriger son manuscrit, tandis que j'apprenais tant de choses sur un monde optimiste et enterré qui ne vit plus aujourd'hui que dans des rétrospectives pour professeurs du secondaire. Leurs élèves, eux, s'en fichent bien, je peux en témoigner.

14/11/2009

14/11/09 - 14:53

Raphaëlle Bacqué.conne

Raphaëlle Bacqué est une femme importante. Elle est journaliste politique au Monde, c'est dire. Interrogée ce matin lors de l'émission Mediapolis sur le souvenir trafiqué du 9 novembre 1989 de Nicolas Sarkozy dont on ne sait s'il atteste du gâtisme ou de la forfanterie présidentielles, au journaliste qui, finaud, notait que cette préciosité ridicule avait déchaîné beaucoup de parodies drôles sur internet, alors qu'avant, on n'aurait sans doute eu droit qu'à une relation respectueuse dans le pq, pardon la p.q., elle répondit : Internet est devenu le média du divertissement.

Je me permets de disconvenir, et de vous faire valoir humblement que c'est exactement l'inverse qui est en train de se produire. Voulez-vous avoir une information fiable sur un sujet, une donnée juste, une statistique complète, un état des lieux rigoureux d'un problème, ce n'est évidemment pas dans Le Monde que vous les trouverez, et on le sait au moins depuis le livre de Michel Legris et jusqu'à une critique internet (horreur) d'un article récent. Donnez une revue de presse à faire à vos étudiants, vous verrez bien le boulot de mise au point que cette idée idiote vous imposera. Oubliez donc cela, et imaginez à présent chercher à l'inverse un point de vue, un décryptage, un éclairage, et vous ne trouverez que du Raphëlle Bacqué, c'est-à-dire un étalonnage de toute idée sur une échelle importante, qui va de "sert à séduire l'électorat de gauche" à "sert à séduire l'électorat du Front national. Le Président lance-t-il un débat sur l'identité nationale ? Le score est de + 100 sur l'échelle Raphaëlle Bacqué. Comment étalonne-t-elle ? Elle s'appuie sur le théorème de Dominique Reynié qui stipule que l'utilisation du vocablenational sert à séduire l'électoral du Front national, ainsi que sur la conjecture de Pascal Perrineau selon laquelle le terme "identité" dans un énoncé a vocation à charmer l'électorat du Front national. On voit que Raphaëlle Bacqué s'autorise de l'Université. Ceux qui, avant ce nécessaire et subtil décryptage, auront consulté le discours du Président de la République, seront peut-être naïvement arrivés à la conclusion que le débat qu'il propose sur l'identité nationale ne sert tout simplement à rien : à supposer qu'il aboutisse à quelque chose de moins creux qu'un discours d'Henri Gaino, qu'en déduirons-nous ? Ceux qui ne se retrouveront pas dans cette identité devront-ils abandonner leur citoyenneté ? Faudra-t-il l'apprendre par coeur, cette identité ? Lui créer une nuit blanche delanoesque ou une fête languissime ?

C'est sans doute là poser le problème d'une manière tropdivertissante. Pour Raphaëlle Bacqué, qui est sérieuse, la question de l'identité nationale, comme celle du grand emprunt, des expulsions, des réformes du code Pénal, de la réforme des retraites, de la défiscalisation des heures supplémentaires, des emplois fictifs au gouvernement (pour ne pas écrire : Rama Yade ou Patrick Devedjian), de la suppression de la taxe professionnelle ou la réduction du taux de TVA sur la restauration, de la nomination de Marin Karmitz, Elisabeth Quin, Mademoiselle Agnès, Jacques Attali, René Ricol, Patricia Barbizet à des missions publiques pour un résultat public incertain et un avantage privé indiscutable, du reclassement des courtisans à des postes où il vont pouvoir faire mal, de l'achèvement de la neutralisation de toute régulation financière, toutes ces questions appellent une analyse froide de leur score sur les amoureux de Marine Le Pen.

En vérité, personne ne lit plus Le Monde que pour se divertir. Et nous bénissons chaque matin notre fournisseur d'accès internet, de nous mettre à disposition aussi facilement des esprits d'une autre hauteur de vue, et, le temps d'une navigation, de nous tirer de ce provincialisme de sous-préfecture qui dégouline de la lecture de nos journaux papiers.

09/11/2009

09/11/09 - 20:39

La chute du mur

En regardant les cérémonies commémoratives de la chute du mur de Berlin, j'imagine quelle sera notre joie, à nous, quand tombera enfin le Mur de la paix, cet odieux symbole de la corruption de nos institutions et de notre goût, cette apologie du détournement de fonds publics et cette défense illustrée du copinage. J'imagine quelle sera notre liesse de voir enfin purgée cette illégalité qui insulte notre Etat de droi, et qu'il nous semblera beau, le champ de Mars enfin rendu à la République !

07/11/2009

07/11/09 - 23:47

Du style

H. reçoit un appel de son correspondant internet : "Je suis au Raidd, je t'attends
fort bien, mais comment te reconnaîtrai-je ?
très simplement, je porte un t-shirt Abercrombie & Fitch
— ....


(NDE pour les lecteurs non homosexuels : tous les pédés portent des t-shirt Abercrombie & Fitch, et tous sont intimement persuadés d'avoir un style unique)

07/11/09 - 23:28

Soirées

Une exposition Soulages est un séjour merveilleux pour une âme fatiguée des luttes de la passion. Ses tableaux ou polyptyques et moi, nous pensons la même chose et nous avons envie de donner la même image aux autres, du noir pâteux et brillant.

Est-ce ma rupture qui a dissous toutes mes couleurs, mettant au jour un fond ténébreux, ou bien ma lassitude qui a tout repeint d'ombre sans étoile ? Vous verrez là en tout cas les plus purs portraits de quelqu'un qui a aimé, et en est bien revenu.



Puisque j'étais au Centre pompidou et qu'il me restait encore une heure à tuer avant de rejoindre Vincent, je suis aussi aller retrouver à l'exposition La subversion des images le surréalisme que j'avais quitté avec soulagement en classe de première. Préambule : je lisais récemment d'un dramaturge que j'adore qu'il était daté. Dans presque tous les domaines, on n'hésite jamais à pousser des succès du passé au placard au motif qu'ils sont datés, mais qui oserait le faire dans les beaux arts ou la littérature hors le théâtre ? Pourtant, rien n'est sans doute plus daté que le surréalisme. A peine surnageaient de l'exposition des photos de Man Ray et les films de Bunuel ; pour le reste, on baillait devant tant de manières, tant de clins d'oeils de vieille pute fardée qui espère encore faire sa journée. L'idée, nulle, l'exécution, très médiocre, et cela en centaines d'exemplaires qu'on en suffoquait. Il reste à expliquer cette fascination encore puissante sur la femme (d'ailleurs, à part moi, il n'y avait que des femmes, dont probablement la moitié prof de lettres), je vous laisse cela. En sortant, je lis sur le mur une phrase de Breton qui, faisant de l'arbitraire le fond du surréalisme, achève de nous convaincre qu'il ne mérite pas qu'on le ranime.



Jeudi soir, le prix de Flore. Je me suis fait écraser les pieds par Frédéric B., éclaboussé de champagne par Raphaël S., toisé avec un zozotement par Ariel W. (qui n'officiait pas aux platines cette année, ayant laissé la place à Philippe M. et son ipod nano), chatouillé les genoux par la chevelure publienne de L., sali de jambon par Philippe V. Presque pas de gitons cette année, surtout des filles aux cheveux gras. Après avoir remercié le champagne Roederer de nous avoir tous filé mal au coeur (en est-il de plus dégueu ?), Frédéric B. nous annonce l'heureux récipiendaire dont j'ai malheureusement oublié le nom sans doute à cause des effets secondaires du Roederer. Nous finissons par danser sur Sweet Dreams, parce que DJ Philippe M., c'est pointu.

Ce soir, première de Salomé, à Bastille. Mon voisin, très ému, s'arrachait nerveusement les poils du nez quand il ne battait pas la mesure. Avec un peu de chance, il ne reviendra pas : courrez y !

31/10/2009

31/10/09 - 19:44

Joyaux

Mardi soir, Joyaux à Garnier. Bravons l'interdiction légitime qui est faite à tout inculte d'émettre des jugements, car nous savons parfois être de notre temps, c'est-à-dire un outrecuidant inculte (ce qui se simplifie en : cuistre).

Dans le parterre, au milieu de femmes parfumées et d'hommes parfumés, à une courte distance de la scène et à peine gêné par un brushing curieusement coloré, j'ai été ébloui. A nous qui ne connaissons rien à la danse, des hommes en collant et des femmes en tutu qui écartent les bras et plient les jambes sur les pointes sans jamais cesser de sourire, cela pourrait nous apparaître comique, ampoulé, cocotte : rien de tel hier soir, tout était à la fois nécessaire et heureux. Emeraude, Rubis, Diamant : des costumes couverts de pierres brillantes, des gemmes mille fois grossies en décor , on n'est pas impunément sous la présidence Sarkozyste. Le français murmurait bruyamment quand les rideaux se lèvaient sur ces beautés scintillantes, car il aime la fortune avant l'art, mais on l'excusera en l'espèce car ces costumes étaient animés d'une bien sublime façon. Tout était raffiné ici, oublions l'horrible présidence.

En prenant ma place, j'espérais que le spectacle fût aussi beau, aussi léger, aussi raffiné, aussi hors du temps qu'il l'a été...Ma fringale de beauté, de toutes les autres que j'ai perdues quand je n'étais occupé que de la sienne, comme j'ai besoin maintenant de la nourrir, comme elle a été nourrie mardi soir ! José Martinez était sans doute le plus virtuose, et vous lirez partout ailleurs de justes éloges, mais je n'aurais pas tenu s'il n'y avait eu le joyeux Mathias Heymann et s'il n'y avait eu les autres danseurs plus trapus, plus massifs, s'il n'y avait eu leurs jambes masculines qui rendaient leurs envols plus improbables, leurs jambes comme celles de *** quand il déambulait dénudé dans notre chambre , leurs fesses comme les siennes quand il allait se doucher. Et je me disais en rêvant que l'ancien siècle avait du charme, qui faisait que les hommes comme moi entretenaient une danseuse ou un danseur. Remarquez, n'est-ce pas ce que j'ai fait ces deux dernières années ?

 

Résumé des épisodes précédents

Dîner d'affaires à Hong Kong. Je pense à ses fesses, dénudées dans la pénombre de notre chambre d'hôtel, à Budapest, il y a trois jours. Ma tête est encombrée de son prénom. Mon estomac est encombré de la soupe de porc et des méduses du déjeuner.13 mars 2009


Et me voilà tout seul dans un décor de partouze, ce qui est le plus juste résumé de mes dernières années d'existence"15 août d'une année bien révolue


...cette nuit froide étoilée d'orgasmes qui est la vie d'un pédé (plus ou moins étoilée d'ailleurs selon son poids, son âge, la couleur de sa peau, la taille de sa bite, l'épaisseur de ses sourcils, la marque de ses sous-vêtements et les autres qualités essentielles dans une communauté raffinée)" 24 février 2008


J'aurais dû suivre mes deux jeunes amants dans la nuit parisienne, où tout le monde se fout bien de devoir disparaître un jour ; m'enivrer du bruit avant l'éternité, me couvrir de sueur avant le suaire ; descendre en boîte avant le caveau. Quand je suis mort, en 2001, c'est là que j'ai appris que l'enfer est très supportable quand on n'est pas le seul damné29 juillet 2007


Ah, mon blogue, tu ne m'as pas manqué. On m'a un peu parlé de toi, ces derniers temps. Certains te reprochent de te répéter sur les garçons; d'autres te reprochent de te répéter sur la politique. Mettons les tous d'accord, et répétons-nous ce soir sur les garçons et sur la politique.22 juin 2006


Si le ciel n'a pas ton frère
Le ciel peut bien m'attendre

11 février


Quand l'hiver est froid, quand ma vie est froide, que mon coeur est froid et que mes amis sont froids, je vais chercher un peu de chaleur sur son blogue. Il y a mis beaucoup de photos, et c'est vraiment lui le plus beau de GA. Je les regarde, cela va mieux : je sens à nouveau son souffle sur mon épaule, sa nuque sous mes lèvres et son sperme sur mes joues. 21 janvier 2006


Ce qui est sûr, c'est qu'après Grande Ecole, il est difficile de faire un film plus bête, comme après Presque rien, il est difficile de faire un film plus vide. Les deux auteurs méritent donc d'être placés aussi haut dans notre panthéon gay, là où usant à l'envi leurs chaleurs dernières, ils pourront réfléchir leurs doubles lumières/Dans leurs deux esprits, ces miroirs jumeaux." 7 janvier 2006


La meilleure forme de gratitude que pourraient avoir pour nous ceux dont nous nous sommes beaucoup occupés, ce n'est pas de s'occuper de nous à leur tour , c'est d'enfin s'occuper d'eux-mêmes. 12 novembre 2005


des fesses fermes et douces, des abdominaux irreprochables, une peau savamment épilée, une musculature sophistiquée, voilà la nourriture ordinaire du gay, mais son bonheur cesse au niveau du cou, lorsqu'il est obligé, pour payer pour le prix de ces corps inoubliables, de supporter un visage imparfait, dégradé, caricatural, vide, pas un de ces visages hétéros qui nous irritent de leur sublime simplicité, de leur mystérieux équilibre. 29 octobre 2005


Un club de sport, c'est comme la littérature française contemporaine : il y a beaucoup de pédés, de plus en plus de femmes, et on y trouve surtout des choses crues et laides étalées avec complaisance. 16 octobre 2005


Car j'ai beau le caresser, le lécher, l'embrasser, le baiser, le sucer, l'enculer, le prendre en moi et que sais-je encore, il reste irrémédiablement vierge de moi. De nos coïts il ne reste rien, et certainement pas un patrimoine; et les êtres qui nous font l'honneur de nous laisser leur donner du plaisir restent pourtant à jamais inentamés. 16 septembre 2005


…le premier garçon qu'on a embrassé est aussi le premier garçon qu'on a niqué.(…)Je crois que c'est une des raisons qui explique le souci particulier du productivisme sexuel des gays, leur attention au rendement annuel de leurs éjaculations et leur industrialisation du spasme7 mai 2005


Dans un mois, cela fera quatre ans que je suis mort 21 avril


La punition de ceux qui ont connu le paradis est d'être incapables d'en parler. Condamnés à se taire sur le seul sujet qui importe, ils doivent en plus supporter les interminables conversations des autres sur tout le reste, qui n'existe pas. 10 mars 2005


Trois marins presques nus, presqu'imberbes et presque majeurs m'allumaient en chantant In the Navy — Jamais depuis je n'ai pu écouter les Village people sans bander aussitôt.
18 février 2005


Les garçons que nous rencontrons sont comme des aliments. Les meilleurs nous nourrissent et nous renforcent; les autres nous restent un moment entre la gorge, nous font un peu mal à l'estomac, mais finissent à l'égout dans une agréable libération. 12 novembre 2004


Coucher avec la beauté ne rend pas heureux. Cela passe en spasme, et vous laisse à vie un creux douloureux (...)9 novembre 2004


Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit. Je viens encore d'essayer, mais le sommeil ne répond pas à mes appels. il est sur boîte vocale, ça m'énerve. Si on ne peut plus joindre le sommeil en pleine nuit, où va-t-on ? (...)4 novembre 2004


Au fond, Happy Tree Friends, c'est le milieu gay. Il y a beaucoup de couleurs, tout le monde a des coeurs sur le visage, sourit et glapit tout le temps. Et tout le monde fait du mal à tout le monde, et tout finit toujours dans le sang.24 octobre 2004


Ils n'aiment pas

Pour une fois que tu écris quelque chose d'intéressant, ce n'est pas de toi ; dommage Sorty

C'est médiocre, comme tout ce qu'écrit cet auteur
Elizabethtessier

Une vraie petite boucherie intellectualo-sexuelle. Et tout cela avec cynisme "lucide", prétention élitiste et la condescendance qui l'accompagne... Rapport fascinant à l'autre...
Sharruk

Tu es une catastrophe ambulante en matière de politique! Fais plutôt du porno, ça te réussir mieux. Ou de la poésie.
Ma Josiane d'amour

Ce qu'on peut lire comme conneries....
Ronans

Et vive les donneurs de leçon
Fantin