28/09/04 - 08:38:35
netromain
ben tout le monde arrive en même temps.
28/09/04 - 08:40:04
chapichapo
le monde est mal fait :) Et alors, tu dois pouvoir faire un choix, non?
28/09/04 - 08:43:19
netromain
pas avec ceux qui arrivent. On verra celui qui voudra aller un peu plus loin
28/09/04 - 08:44:41
chapichapo
ah, tu as donc 6 amants en parallèle?
28/09/04 - 08:48:35
netromain
noooooooooooon. Il ne faut pas présenter les choses comme cela.
28/09/04 - 08:50:15
chapichapo
Yen a pas un qui fait battre ton coeur plus que les autres?
29/09/04 - 00:35:28
netromain
si, je crois. mais il est en couple.
29/09/04 - 18:03:05
chapichapo
ah. Dommage :)
29/09/04 - 18:35:50
netromain
oui. Dommage, car c'était vraiment le candidat idéal.
29/09/04 - 18:41:41
chapichapo
Ah? Un de tes amants?
29/09/04 - 21:47:49
netromain
nooon. un garçon en couple et fidèle.
30/09/04 - 07:34:16
chapichapo
ça existe encore? ;)
30/09/04 - 09:16:20
netromain
oui. C'est fou. Il est tout ce que j'aime. Il est fin, il est doux, il est apaisant, il est drôle, il est taquin, il est malicieux, il est fort, il est tendre, il est protecteur, il est faible, il est fidéle, il est tenté.
30/09/04 - 18:06:33
chapichapo
C'est un garçon parfait, quoi :)
30/09/04 - 19:14:06
netromain
parfait non. Parfaitement pour moi, oui.
30/09/04 - 19:15:11
chapichapo
C'est déjà beaucoup :)
Lille, capitale de la culture
2004, année de la culture
France, patrie des droits de l'homme
Réfléchissez bien à ces expressions. Elles ne veulent strictement rien dire. Par quelque bout que vous les preniez, elles sont incompréhensibles. Exemple : comment les droits de l'hommepourraient avoir une patrie ? Mais personne ne s'étonne. C'est qu'au fond, tout le monde s'en fout.
Procès des jeunes gens accusés d'avoir roué de coups et massacré un père de famille qui serait venu prendre la défense de son fils.
Un jeune homme, que l'instruction avait désigné comme le coupable, est mis hors de cause par un témoin. le tribunal perd un peu les pédales, réfléchit à ce qu'il pourrait faire, revisionne l'aveu enregistré du dit-jeune homme.
Je ne sais évidemment pas s'il est coupable ou pas. Apparemment, les charges contre lui reposaient sur ses aveux. Mais alors, putain de bordel, pourquoi a-t-il fallu que notre putain de justice l'emprisonne pendant deux années et demi avant de le faire comparaître ? Pourquoi deux années et demi de procédure s'il y a juste des témoignages et des aveux ? Le canard enchaîné avant craché le morceau dans un article saisissant: il faudrait que les juges travaillent un peu plus que deux heures par jour.
Le juge d'Outreau, lui, est désormais procureur. Notre merveilleuse magistrature sait reconnaître les meilleurs parmi les siens.
Alter-tapiole cherche développement durable avec idem
La paresse et la lâcheté étant devenues les plus sûrs signes de l'esprit français, il aujourd'hui merveilleusement simple de devenir un héros pour ses contemporains.
Il suffit d'un ou deux mots bien choisis, et vous voilà un esprit fort, un esprit libre, un regard aigu et sans complaisance sur le monde, une conscience sociale, un être qui n'a jamais accepté l'inacceptable. Que dis-je, un mot ? Un préfixe suffit. Voyez mondialiste/alter mondialiste. Evidemment, anti-mondialiste est devenu difficile à soutenir, quand quelqu'un d'un de malintentionné a remarqué que c'était le synonyme exact de nationaliste. Alors les conservateurs rentiers ont trouvé le nom d'alter mondialiste pour justifier leur rage de dents. C'était pratique, vous n'aviez rien à expliquer, rien à définir. Il vous suffisait de dire que vous vouliez que ce soit autrement. On aurait pu vous faire remarquer que tout le monde voudrait que cela soit autrement. Et que, forcément, si c'est dans votre imagination, c'est facilement meilleur que ce qui existe. Mais l'alter mondialiste n'a pas le temps à consacrer aux détails. Il est alter, c'est assez. Admirons le en silence.
Aujourd'hui, le chic, c'est donc d'être alter. On va boire son alter-café en lisant la presse alternative, puis on achète son alter auto bronzant pour ne pas avoir l'air pâle à son alter soirée. Paris Obs, jamais en retard d'une tendance, consacre même un encart à l'alter-couture. C'est dire. Il faut être un scientiste bourgeois pour faire remarquer, comme cet économiste, que la mondialisation est partout, sauf dans les statistiques; et qu'être alter, ce serait sans aucun doute supprimer les frontières et les protections qui maintiennent les pays sous développés dans leur état d'indigence. Mais puisqu'il faut protéger la tomate industrielle, l'élevage de poulets en batterie et le premier pollueur de France, rebaptisons tout cela altermondialisme, cela nous attirera les faveurs des jeunes filles du septième arrondissement.
Si vous préférez à vous donner une image "au dessus des partis", vous pouvez vous rabattre sur l'adjectif durable. Là encore, il s'agit d'un avatar d'un vieux concept. De même qu'on a remaquillé l'antimondialisme franchouillard en alter mondialisme, le développement durable n'est rien d'autre qu'une suggestion de présentation de la vieille thématique de la croissance zéro. Il faut dire qu'un esprit chagrin avait relevé que la croissance zéro imposant des mesures un peu contraignantes (vu qu'on à peine à voir comment la rendre compatible avec l'allongement de la durée de la vie par exemple ou la réduction de la pauvreté), il était urgent de trouver un nouvel habillage. Je suppose que lorsqu'un vilain aurait fait remarqué que le capitalisme est le seul mode de production qui a permis un développement durable, on trouvera un autre concept plus romantique. En attendant, la saison automne hiver 2004/2005 sera aux couleurs du développement durable: colloques, t-shirts, casquettes et sans doute bouquins ou figurines; On attend le menu big mac spécial. Tournez deux pages de Paris Obs: bingo, on en parle.
J'en viens à moi, car il n'y a que moi qui m'intéresse. Je tiens à vous dire que je suis alter-gay. Et pour le fist fucking durable. Vous m'aimez, maintenant ?
En quelques pages saisissantes, Schopenhauer nous convainc dans la Métaphysique de l'amour que là où le romantique s'imagine que sa passion s'explique par la rencontre de son génie propre et d'une créature magnifique, il n'y a que l'instinct de l'espèce qui nous pousse vers le partenaire le plus apte à nous donner une descendance. Il donne ainsi aux canons de beauté, mystérieux, une explication claire dans le fait qu'ils signalent un être mieux adapté à la reproduction.
Mais si on admet cela, si on se dit que finalement l'attrait sexuel n'est qu'une manipulation de l'espèce pour nous forcer à nous unir avec lequel nous formons la meilleure combinaison, pourquoi tant de rateaux ? pourquoi tant d'échecs ? pourquoi tant de chaînes de vaudeville, par lesquelles A désire B qui désire C qui désire A ? Pourquoi sommes nous malheureux en amour ?
Je ne sais pas comment je vais finir cet article tant j'ai envie de descendre massacrer le monstrueux caniche-à-sa-mémère qui ne cesse de gueuler sans doute pour rappeler à Dieu quelle épouvantable erreur il a faite en permettant son existence ainsi que celle de son propriétaire. Mais essayons quand même.
Je descends par ma mère d'une lignée d'angoissés du lendemain. Depuis que je suis petit garçon, je l'entends me mettre en garde contre tous les malheurs qui nous menacent, et me rappeler l'inévitable dégradation de notre corps, de nos facultés intellectuelles, de nos possibilités d'aimer et d'être aimé.
Aucun bonheur ne peut ainsi être goûté absolument; toujours nos joies sont abaissées par l'amère certitude que le jour prochain nous les enlèvera aussi assurément que nos cheveux et nos facultés auditives. Et plus nos joies sont intenses, plus notre chance est insolente, plus la vie nous est généreuse, et plus nous devons redouter le moment de payer le prix de cette dérogation inexplicable.
Cela doit expliquer sans doute que je ne me sois jamais réjoui bruyamment d'aucun de mes succès, que je traîne une réputation de cachottier sur mes bonheurs ou de modeste qui ne se rend pas compte de ce qui lui arrive. Mais je sais bien aussi que nous ne possédons rien, que nous sommes des occupants sans titre de notre vie, et qu'une petite seconde suffit à renverser les situations les plus solidement établies.
Et voilà pourquoi, moi qui suis né pour la solitude, le silence, l'indépendance, j'ai finalement tant aimé ma vie à deux. Finie l'angoisse, car rien de ce qui m'arrivait ne pouvait m'atteindre, si mon copain était protégé. Finie l'angoisse, car chaque soir je pouvais m'assoupir dans les mêmes bras. Finie l'angoisse, car être malheureux ne se conjugue pas à la deuxième personne du pluriel.
Ne pas coucher le premier soir.
Ne pas coucher le premier soir.
Ne pas coucher le premier soir.
Ne pas coucher le premier soir.
Ne pas coucher le premier soir.
Pourquoi a-t-il fallu qu'il me montre son nombril et la naissance de son ventre ?
Le soleil qui s'était levé sur son corps alangui se couchait donc sur un désastre. Damien répondit finalement, très froid, me disant qu'il était parti pour de nouvelles aventures, et plus très disponible dans l'immédiat. Je rentrai chez moi, et s'il n'y avait pas eu des coussins par terre, une couette par terre, deux assiettes, quelques verres, quelques emballages ouverts, j'aurais cru que rien n'était arrivé hier soir.
J'étais incapable de réfléchir à quoi que ce soit. Ce n'était pas possible. Seule la mort a le droit de vous retirer ceux qu'on aime, dit un poète. Il fallait agir, et agir, pour l'instant, c'était attendre. Impossible de le rappeler dans l'immédiat, il fallait lui laisser le temps de me faire payer ma grossiereté du matin. Comment aurait-il pu m'ignorer durablement, alors que nous avions été si complices, si unis ? Demain me le ramènerait.
Et demain ne me le ramena pas du tout. Ni aucun des quelques jours suivants. Il me répondait. Nous arrivions même à rire ensemble, parfois. Nous finîmes par établir une relation très courtoise, très complice. mais il me refusait tout ce qui n'était pas relation téléphonique, ou propos par sms. Si j'ai quelque talent pour écrire, je l'épuisai ces jours là à trouver les sms les plus drôles, les réponses les plus brillantes, et je finissais la journée aphasique et écervelé.
Vint la fin du mois de juillet. Ma meilleure amie m'avait, bien avant cette mésaventure, invité en Corse. Ses parents nous accueillaient dans un golfe sauvage, tout juste surmonté d'une grande villa blanche, de laquelle on avait un spectacle imprenable, la méditerrannée à perte de vue, le maquis, l'azur, enfin. Autour de nous, des jardins suspendus, une falaise aménagée qui permettait de s'isoler; je n'en dis pas plus, c'était un lieu de villégiature où se succédait stars et capitaines d'industrie; mais cet été là, c'est moi qu'on attendait.
Inutile de vous dire que tout cela m'était parfaitement indifférent. Je me souviens surtout de ce soir terrible où, seul dans mon lit, je me mis à pleurer en tremblant; je venais de me rendre compte que je ne me souvenais presque plus de lui; je veux dire par là que les traits exacts de ce visage que j'avais baisé des heures s'étaient comme effacés, il ne me restait plus qu'une trop vague image, oui, des cheveux très noirs, des yeux bleus, mais ce n'est rien, cela. Il avait changé ma vie, mais je n'en avais aucune image.
Pour autant, je l'avais toujours en ligne. J'attendais les six heures, quand après une journée de bateau, nous rentrions à la villa dans une voiture qui attirait le regard, et je me cachais quelque part pour l'appeler.
Mon amie sentait bien que j'étais ailleurs. Mais comment aurait-elle pu comprendre ? Je restais des heures les yeux perdus dans la mer ou à regarder une fleur. je boudais les soirées, les cocktails, je n'ouvrais la bouche que pour dire tout le mal que je pensais des gens importants qu'il nous fallait subir après le coucher du soleil.
Damien m'avait dit qu'il devait partir définitivement à l'autre bout du monde suivre ses parents expatriés. Je n'avais donc aucun espoir de le revoir à Paris à mon retour. J'étais condamné à perpétuité à regretter un être sans visage.
Je passai ainsi cinq jours. A la fin du sixième, Damien m'appela.
"Romain ?
-Oui, Damien, comment...
-Je suis coincé encore un mois à Paris, en fin de compte. Je suis seul. Tu ne veux pas remonter ? Sinon, c'est pas grave, je me trouve un autre mec.
-Remonter ?
-Oui, on pourrait passer ce mois ensemble.
-Je serai à Paris demain.
J'aurais du inviter chapichapo à regarder star ac avec moi. C'est tellement nul qu'on aurait bien fini par se faire des bisous, pour se consoler d'une soirée aussi ratée.
Il y a des garçons dangereux en circulation. Un simple contact suffit à vous contaminer. La primo-infection se reconnaît par l'espèce de panique qui s'empare soudain de la victime; l'état chronique consiste en un prénom qui ne cesse d'affleurer vos lèvres, un besoin du même être qu'aucune possession physique ne pourra éteindre, une lassitude immense pour tout ce qui n'est pas lui, ou pour toute vie hors de lui.
Vincent était comme cela. Il apparaissait dans la vie des autres. Il ravageait tous leurs équilibres; au début, ils étaient grisés, forcément: on n'est vivant que lorsqu'on aime. Mais assez vite, ils se rendaient compte que l'affaire dépassait de très loin le jeu habituel de la séduction et de la possession. On ne peut pas assouvir le désir qu'on a pour des êtres comme lui: on peut juste l'apaiser en vivant avec eux. Et c'était impossible; il m'avait choisi. De manière incompréhensible pour tous ceux qui voyaient ainsi échapper leur seule chance de combler leur manque maniaque.
Condamnés à piétiner dans une trop parcimonieuse amitié, cette saloperie d'amitié qui vous prive de soirées et des réveils, qui vous minute la présence de l'ami, qui vous force à vous occuper ailleurs de trop longues semaines d'été, toutes ces victimes formaient une collectivité qui m'était hostile et n'était d'ailleurs unie que pour travailler à ma perte.
Comme je les comprends, à présent que je suis moi-même victime d'un autre garçon, qui a mystérieusement choisi un être qui n'est pas moi pour faire sa vie.
Et la mer et l'amour ont l'amer pour partage,
Et la mer est amère, et l'amour est amer,
L'on s'abîme en l'amour aussi bien qu'en la mer
Car la mer et l'amour ne sont point sans orage.
Je suis libre de Vincent. très bonne nouvelle : Il m'est devenu indifférent. Plus la peine de le chercher entre mes lignes. C'est une belle date pour refermer la page (le 21 septembre est une date lourde de sens philosophique).
Je finis la journée comme je l'ai commencée. En chantant. Pour un de mes lecteurs très occasionnel. Un voisin, en plus (de manière sensiblement moins occasionnelle). Eh eh, j'aurais bien deux trois choses à écrire sur lui, mais il risquerait de tomber dessus. Alors je prends les mots d'un autre.
On my own, pretending he's beside me.
All alone I walk with him till morning.
Without him I feel his arms around me.
And when I lose my way I close my eyes and he has found me.
In the rain, the pavement shines like silver.
All the lights are misty in the river.
In the darkness the trees are full of starlight.
And all I see is him and me forever and forever.
And I know it's only in my mind
That I'm talking to myself and not to him.
And although I know that he is blind
Still I say there's a way for us.
I love him, but when the night is over,
He is gone, the river's just a river.
Without him the world around me changes.
The trees are bare and everywhere the streets
Are full of strangers.
I love him but everyday I'm learning
All my life I've only been pretending.
Without me his world will go on turning.
A world that's full of happiness that I have never known'
I love him, I love him
I love him, but only on my own.
L'avantage des gens qui ne vous remercient pas, c'est qu'ils vous libèrent ainsi de l'obligation de vous faire du souci pour eux, et vous apportent la joie de vous dire que vous êtes encore capables d'actes gratuits.
Enculés de connards de salauds de trous du culs de grosses merdes de voisins, vous ne perdez rien pour attendre
Je crois que je vais devoir attendre quelques jours avant d'aller expliquer à mes voisins de quelles horreurs je suis capable s'ils ne cessent pas de me rappeler si bruyamment leur monstrueuse existence; vu que, bon, la nuit dernière, c'est eux qui ont eu droit à une bande son assez particulière. hi hi hi.
Un grec très laid et qui ne savait peut-être pas même écrire, a dit un jour qu'il sortait d'un gymnase : "Quand l'amant est uni à l'aimé, il se repose". Cette phrase m'a longtemps étonné. Quel démenti à l'amour-passion, l'amour-romantique. Quoi? Celui qui aime et est aimé, enfin, irait ronfler ?
Mais pour quelqu'un d'aussi angoissé que moi, c'est sans doute la vérité. Si j'aime, si j'aime vraiment, je n'ai qu'une envie, c'est de m'endormir paisiblement tout contre celui que j'aime, m'abriter dans ses bras; le jour, c'est moi qui protège, la nuit, c'est moi qu'on doit protéger; il n'est pas un obstacle que je ne puisse surmonter sous la lumière du soleil, mais il faut me réchauffer la nuit. Avec Vincent, j'étais le père et l'autorité le jour; le petit garçon amoureux la nuit.
Je me rappelle mon dernier copain; comme nous étions arrivés chez moi, et que le soleil venait de se coucher, je lui ai demandé de poursuivre notre conversation allongé sur ses jambes; et je lui ai vite abandonné la parole, tandis qu'il me caressait les cheveux; il se serait sans doute vexé si j'avais fermé les yeux, alors que je lui aurais donné le plus sûr témoignage de mes sentiments pour lui.
Pour les deux lecteurs qui me l'ont demandé, je poursuis ici le récit de mes aventures de l'été 99. Pour un rapide résumé des 2 épisodes précédents, figurez-vous qu'un soir brûlant de juillet, je rencontre le garçon de mes rêves, la formule étant à prendre au sens propre; et que ce garçon, plutôt que de disparaître après m'avoir accordé la politesse d"un verre, finit dans mon lit, dans une nuit qui a changé ma vie (formule à prendre au sens plein).
Nous étions dans la cuisine, entrain d'essayer de viser les tranches de pain pour ne pas se mettre de la confiture sur les jambes, et j'en étais (encore) à me demander si tout cela était bien réel. On a pris l'habitude d'user d'expressions fortes pour tous les actes de la vie courante, on ne se rend même plus compte de ce que l'on dit. mais quand vous êtes placés dans une situation que vous ne pouvez exprimer qu'avec ces mots là, vous maudissez votre légèreté : qui vous comprendra, quand vous parlerez de "garçon de vos rêves" alors que le gay moyen tourne à sept candidats par overkitsch au Queen ? Qui s'étonnera, quand vous écrirez que "vous vous demandiez si tout cela était bien réel" alors que vous le répétez à chaque démarche administrative ? Bref, les moments exceptionnels de votre vie sont une collection d'expressions éculées. Voilà pourquoi il est vain d'en parler.
Au reste, on pourrait s'étonner qu'un mec puisse justifier une telle emphase. le premier, peut-être. Si c'est Steevy au Laurent Ruquier, passe encore. Mais là, un parfait inconnu ? N'en voyons nous pas chaque saison arriver une nouvelle génération qui cherche l'amour dans la nuit gay, qui en repart après quelques mois plein de souvenirs de bites et d'examens sanguins ? Mais souvenez-vous, bien avant cela, quand vous rêviez la nuit, quand votre goût était votre secret, vous aviez donné un corps, des yeux, une bouche, un sourire, des exploits à un être qui mêlait toutes vos admirations. Que diriez-vous, si, des années plus tard, cet être là tartinait de confiture de groseille une demi baguette, après vous avoir fait l'amour toute la nuit ?
Elevé en cela par la lecture de Montherlant, je pensais à l'époque qu'il n'y a que les êtres qui méritent notre attention et notre ambition. Je laissais aux pauvres d'esprit, de goût, et de vie, les autres étourdissements. Avant de m'anéantir, comme quatre vingt milliards d'autres humains avant moi, je voulais passer du temps avec des garçons. Pas à aller sur la lune, à l'Elysée, ou sur un plateau de télévision. Et si j'aime les garçons, c'est parce que je trouve que c'est la chose la plus étonnante, la plus admirable, de toute la création.
J'avais beau chercher le détail qui tue, celui qui m'aurait ramené à la vie, je n'en trouvais aucun. pas même dans son histoire, il venait même du lycée où je situais mon fantasme ! J'en étais arrivé à un point où je ne savais plus du tout quoi faire. Tout cela était beaucoup trop pour moi; je n'arrivais pas à habiter mon rêve. J'avais besoin de revenir à la réalité, un instant, vérifier que la Tour eiffel, qui nous avait pourtant éclairés pendant l'amour, était toujours là; que l'épicier était affairé, la boulangère désagréable, le trottoir invivable; que Paris étant toujours debout, qu'il y avait d'autres êtres humains.
Alors je fis une souveraine ânerie. Je lui dis que je devais absolument déjeuner avec mes parents; qu'il devait m'excuser, que nous nous retrouverions en fin d'après-midi. Il me dit au revoir, je lui répétai que nous nous reverrions en fin de journée. Et sans me rendre compte qu'ainsi, je le perdais, je pris le train pour rejoindre effectivement la maison familiale, celle-là même où je l'avais rêvé. Je pense que les autres voyageurs ont dû croire que j'étais un smiley, vu le visage que je devais avoir. Après mon arrivée, et les inévitables salutations formelles, je me souviens d'être allé, seul, dans le salon, regarder mon visage. Je voulais voir à quoi cela ressemblait, le bonheur. Pour pouvoir le dire aux autres. Et je me souviens, aussi, d'avoir mis mes mains contre le vieux mur, épais, pour me convaincre que c'était ma vie.
Evidemment, après le repas, Damien ne répondait plus à mes appels. A suivre
Ce matin, au réveil (de moi et de mon ordinateur), je reçois un message de outdoor2go.co.uk-info, que j'encule; un message de webmaster@aizhiyuan.com, à la raie duquel je pisse sans ménagement; un courrier électronique de nzqivpgcy@afreeinternet.com qui se prétend être Winnie Woodruff, mais quel que soit son nom, je lui fais un doigt, et je lui souhaite de se faire enlever en irak; et un bisou de Mattleo, du beau Mattleo, à qui je souhaite un joyeux anniversaire. (mais il faut pas me faire des bisous comme cela, après cela me travaille toute la journée).
Ainsi Fabius a décidé de voter non, sauf si on lui apporte, entre autres, des assurances sur la lutte contre les délocalisations. Que quelqu'un d'aussi bien entouré que lui assène une telle ânerie laisse songeur. Les délocalisations sont un problème individuellement et, en principe, temporairement pénible; à l'échelle d'un pays, leur effet est anecdotique. Quand le même débat est apparu dans la campagne présidentielle américaine, les journalistes du pays, un peu moins passifs que les nôtres, ont eu tôt fait de montrer le caractère dérisoire de l'enjeu : Les USA crééent et détruisent annuellement un nombre voisin d'emploi, supérieur à vingt millions. Les emplois délocalisés s'élèvent chaque année à cent mille. La conclusion est accessible à quelqu'un qui aurait arrêté l'école en CM1. Si on voulait être méchant, on pourrait même indiquer que globalement, c'est plutôt dans l'autre sens qu'il y a un déséquilibre : les flux financiers vont plutôt des pays sous-developpés vers les pays développés, que l'inverse (depuis les années 2000).
Mais on n'est pas impunément le peuple le plus intelligent du monde. Ici, tout le monde a quelque chose à dire sur la question, forcément, puisque le français n'a jamais besoin de réfléchir à une question pour en parler. Et on vous prend pour un fou si vous expliquez que, statistiquement, le problème est inexistant; et qu'intellectuellement, il est intenable, comme l'a démontré de manière accessible Krugman dans son opuscule sur la mondialisation. Mais il s'agit là bien sûr de science bourgeoise, comme dirait Farkas.
Je termine en disant que tout homme de gauche devrait sortir le champagne chaque fois qu'il apprend une nouvelle délocalisation. N'accomplit-elle pas deux des plus beaux objectifs sociaux qui se puissent rêver : abolir de notre pays le travail sous-qualifié, à la chaîne, cette source d'aliénation; et permettre à des pays sous-développés de croître et à leur population d'échapper à la pauvreté ?
oooooooooooooooooo. Sauvé des idées noires, par une petite phrase, sur un blog de GA, pour moi. Même, un paragraphe. Tout petit, mais d'un tel effet !
Alors bonne nuit à tous. Je vais faire de beaux rêves, moi.
Rencontre avec un mec. nous sortons du café, je ne décrypte pas vraiment ses sentiments. Le serveur nous attrape, et nous traite de voleurs, alors que nous lui avions laissé un pourboire gras. ayant utilisé toute ma monnaie, je ne peux même pas l'envoyer balader en lui donnant la somme misérable qu'il essayer de nous extorquer. J'hésite à sortir un petit papier très dissuasif, mais cela me forcerait à en dire plus sur moi à ma rencontre. je renonce et laisse le serveur se dégonfler de lui même.
Retour chez moi. Texto du mec de Vincent, qui me reproche d'avoir demandé à mon ex s'il serait à nouveau avec moi, dans deux ans (date à laquelle je prends livraison de mon futur appart, si beau pour un couple). Je lui réponds (au mec) que s'il y a un être dans l'univers entier avec lequel Vincent ne sortira jamais, c'est moi. Je suis la seule créature qui soit disqualifiée, la seule qui ne peut menacer leur couple.
Appel de mon ami homonyme. Je lui avais promis une soirée, il est en rut. Je n'ai pas le courage. Insomnie hier soir, je peux à peine me rappeler le code de mon immeuble. Il m'en veut.
Je me mets sur le net, avec un peu d'espoir (cf. post précédents). Un commentaire qui m'accuse de plagiat. bigre. je regarde l'original. Je ne vois pas le rapport. Je cherche celui qui me faisait roucouler. Paf, le rateau. Saloperie de net. la journée va-t-elle se finir sans un petit signe ?
je roucoule je roucoule je roucoule je roucoule je roucoule je roucoule
je roucoule je roucoule je roucoule je roucoule je roucoule je roucoule
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je roucoule je roucoule je rou je coule coule je roucoule je roucoule
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je roucoule je roucoule je roucoule je roucoule je roucoule je roucoule
Il y a des garçons dont le visage vous rend heureux, et vous donne un irrépressible sourire ; ce n'est pas l'attrait sexuel, car ce n'est pas le visage qui excite, c'est un mystérieux sentiment de familiarité (mystérieux, parce que vous le connaissez pas, ce serait plutôt comme si vous le reconnaissiez) et de plénitude (car il vous occupe entièrement).
Vous vous repassez ses photos, qui vous réchauffent et vous caressent. C'est doux comme le soleil du matin, chaud comme le calin d'une mère, rassurant comme l'accolade d'un vieil ami, desespéré comme l'amour à quinze ans.
Je suis venu sur GA pour lire le blog d'un garçon comme cela, dont la rencontre n'a pas démenti la promesse des photos. Et depuis quelques jours, je reviens sur GA pour un garçon aussi fascinant, avec lequel je commence à peine à discuter, sans vraiment d'espoir, mais qui me fait roucouler toute la journée.
On commence sa vie amoureuse éveillé par une sorte d'instinct, qui nous pousse inexplicablement vers tel être, qui nous assèche la bouche et trouble la vue, sans que personne d'autre que nous ne le comprenne.
On continue sa vie amoureuse sous l'emprise de l'orgueil et de l'imitation. On croit se déterminer sur des critères physiques, on a même l'illusion de les choisir ; en fait, il s'agit toujours de flatter notre vanité, d'épater les copains, de faire du chiffre, et on encule à la chaîne les mêmes culs, on caresse mécaniquement les mêmes torses, on arrache les mêmes boxers dim. Rien n'est plus violent que la passion de faire comme tout le monde, rien n'est plus irrépressible que le désir d'être comme les autres. On a une liste de critère aussi longue que la check list de décollage de la navette spatiale : pas de vieux, pas de gros, pas de poilu, pas de chauve, pas de grand, pas de petit, pas de maigre, pas de musclor, pas de roux, pas de gros nez, pas de petit nez, pas de sourcils taillés, pas de sourcils forêt vierge, pas de yeux marrons, etc.
Et on pourrait finir ainsi sa vie, mais un jour, un jour curieusement ensoleillé de décembre, on croise un type qui n'est pas votre style. trop jeune, trop immature, imprésentable à ses proches et à son amour-propre, non monnayable dans la conversation avec les autres mecs. On l'écoute patiemment, on l'éconduit sans le dire, lui promettant je ne sais quel rendez-vous prochain. Et on se laisse baiser sur la joue, comme ça, sans y prendre gare. Et la caresse de cette peau incroyablement douce, de ces lèvres incroyablement amoureuses, cela vous attache pour l'éternité à ce petit bonhomme.
Et après cela, après avoir aimé une fois dans sa vie, on a foutu aux chiottes sa liste de critères. Comme avec l'âge, on vide sa bibliothèque pour relire toujours les mêmes deux ou trois livres qui les contiennent tous. On sait que la formule magique tient en trois mots. Qu'on n'a besoin que de très peu de choses. mais que ces très peu de choses sont présentes, ensemble, chez si peu de gens.
J'ai passé mon dimanche à écouter X, Y et Z sur leurs problèmes de couple respectifs. Au fond, quelque soit la personne, c'est toujours la même histoire. J'en arrive à l'idée qu'il n'y a pasde problème de couple. Ou bien vous formez un couple, et vous avez à franchir des étapes, à vous parler et à prendre des décisions. Ou bien vous n'en formez pas un, et le seul problème, c'est vous, de vous croire en couple.
Homme de sa vien. masc. quelqu'un dont on ne peut se détacher, car il est un peu vous, et vous n'êtes vous qu'avec lui. Ex. "vincent est l'homme de la vie de netromain"
Cet été, discussion avec .... Il me parle de son coup de foudre, de son idylle qui commence, il n'a que le prénom de ce garçon qu'il va rejoindre en province à la bouche. Je suis sincèrement heureux pour lui. Plus il ya de gens qui s'aiment, et plus il sera facile d'aimer. C'est pour cela qu'il n'y a pas d'amour à Paris. Comme on ne sait pas ce que c'est, comme on n'a pas d'exemple, on va au distributeur à gants du Dépôt pour faire des fist fusckings qui respectent les recommandations de prophylaxie de l'Académie de médecine.
Bref, ce .... avait donc opté pour la très romantique appellation "En couple pas très libre" sur un autre réseau. Les vacances passent, je le recroise à nouveau sur ce même réseau, je m'apprête à lui demander des nouvelles de lui et de son couple, quand je vois qu'il se présente maintenant sous le bel euphémisme "Rien de vraiment stable"...
Et finalement, on se dit qu'en langage gay, "un couple pas très libre" c'est "rien de vraiment stable".
j'ai rencontré l'homme de ma vie il y aura bientôt neuf ans. J'ai rencontré le garçon qui enflammait mes nuits d'adolescent il y a cinq ans. J'ai rencontré des garçons avec lesquels une vie épatante aurait pu être vécue (en moyenne, un par an depuis 3 ans). Mais là, aujourd'hui, je suis seul.
j'ai fait le ménage dans ce fatras qu'est mon esprit. Je me suis adouci, comme un galet. J'ai mis en ordre toute l'intendance.
Je sais que la vie est très généreuse, avec moi. Je ne lui en demandais pas tant. Un me suffit. Tout est prêt.
Comment voulez-vous mettre une mauvaise note à garçon magnifique, même s'il vous raconte n'importe quoi ? Après tout, on juge à l'oral le pouvoir de convaincre, et beaucoup moins les propos tenus. Or comment ne pas partager les idées défendues par une telle bouche, de tels yeux, à défaut de partager les lèvres ou un orgasme ? Allez hop. Convaincu. Oral très satisfaisant.
Le vendeur a de grands yeux bleus, juste la vingtaine, le visage un peu rougi par la chaleur, des lèvres très attirantes.
il me débite son discours commercial, et puis, tout d'un coup : "Je peux fermer les stores et la porte, pour qu'on soit seul et qu'on ne nous dérange pas."
Devinez la suite...
Nos vies de tapettes se déroulent désormais sur des lignes parallèles. Nous avançons de conserve, sans jamais nous mêler, en gardant toujours notre liberté d'individu; nous nous regardons, sans nous toucher, et nous aimons par dessus tout le dial, c'est-à-dire une succession de banalités raccourcies que nous recommençons éternellement avec des correspondants interchangeables.
Nous sortons de temps à autre du virtuel, parce qu'il faut bien manger, baiser, avoir un copain. mais au fond, rien de tout cela n'est bien réel. Le plan cul est une branlette assistée par un corps tiers bénévole; le copain est vite oublié pour une paire de fesses admirable. Mais nous mourrons content, car notre mort est soluble dans la fête gay, et nous savons bien que rien de ce que nous vivons mérite qu'on le regrette.
Montherlant se demandait, dans ses carnets, quel serait le visage qui lui reviendrait à l'esprit juste avant de mourir: visage possédé ? visage non possédé ? Et il concluait qu'on ne revoit peut être pas de visages, à ce moment là.
Je sais bien lequel m'apparaîtra à ce moment là. Et je sais bien quel cri que je pousserai (comme le christ sur la croix : seigneur, seigneur, pourquoi m'as tu abandonné ?). mais si je devais penser à un visage non possédé, il n'y en a qu'un que je regrette, qu'un seul dont l'attrait n'a jamais diminué, c'est ...
Chaque fois que je le vois, nous devons passer deux minutes à discuter, au mieux. Et chaque fois, je crois que je suis obligé de lui redonner mon prénom. Et chaque fois, je repars avec comme un souvenir de la vie que j'aurais pu avoir avec lui.
Dans la série les français qu'on refilerait bien à des irakiens...
Je vous parlais l'autre jour du designer Philippe Stark. Avec Jean Nouvel, on peut faire beaucoup plus court. Jean Nouvel est à l'architecture ce qu'est le coussin péteur à l'humour. Il suffit de rappeler qu'il est l'architecte de l'Opera Bastille. Vous voyez, le camembert sur la place ? hummm. Génial. Magistral. Radical. Une conception puissamment originale (quelle audace, ce béton !! ce verre !! ce cylindre!! )
Beau comme une cafétéria Casino non encore réhabilitée. Avec des murs comme des pare bruits de périphérique. Des baies vitrées comme un centre commercial des années soixante-dix. Même que si vous ajoutez Darty ou Bricorama sur la façade, et bouf vous vous croyez aussitôt dans le 95.
Quand il est enfin apparu, cet Opéra Bastille, tout le monde a dit : qu'il est laid. Au bout de quelques semaines, les pouvoirs publics ont dû se rendre à l'évidence, vu ce qui tombait : qu'il est dangereux. Au bout de quelques mois, n'importe quel passant, longeant les murs, dû reconnaître : qu'il est sale et décrépi. Avec une telle unanimité, crions tout de suite au génie méconnu, selon la fameuse règle : tout ce qui est décrié est génial, tout ce qui provoque un haut le coeur est révolutionnaire.
Mais enfin, c'est déjà le passé tout cela. Jean Nouvel existe toujours, L'Opéra Bastille aussi. Mais il y a mieux. Vous prenez des chiottes d'autoroute. Vous les démontez, et vous les remontez sur le champ de mars. Vous écrivez le mot paix dans une vingtaine de langues (vous savez comme dans ces papiers peints pour chambres de jeunes filles où il y a le mot amour dans toutes les langues). Et hop : vous voilà avec un mur de la paix. Euh, pardon. Le Mur de La Paix. Quelques millions pour l'artiste, sur fonds publics. Et un beau sujet de méditation sur la ruine du goût dans un pays qui il y a quelques générations, étonnait le monde par ses peintres.
Vincent séparait le monde entre ce qui est chaud et ce qui est froid. Le chaud, c'est la vie, le corps de celui qu'on aime, celui de son chien qui sautait dans son lit au petit matin. Il voulait toujours que je vienne le réchauffer, il m'appelait sa petite chaudière. Quand son chien est mort, il m'a dit : "c'est affreux, je l'ai touché, il est tout froid."
Nous avons passé l'après midi ensemble. Avec moi, maintenant, il est tout froid.
...cette nuit froide étoilée d'orgasmes qui est la vie d'un pédé (plus ou moins étoilée d'ailleurs selon son poids, son âge, la couleur de sa peau, la taille de sa bite, l'épaisseur de ses sourcils, la marque de ses sous-vêtements et les autres qualités essentielles dans une communauté raffinée)" 24 février 2008
J'aurais dû suivre mes deux jeunes amants dans la nuit parisienne, où tout le monde se fout bien de devoir disparaître un jour ; m'enivrer du bruit avant l'éternité, me couvrir de sueur avant le suaire ; descendre en boîte avant le caveau.
Quand je suis mort, en 2001, c'est là que j'ai appris que l'enfer est très supportable quand on n'est pas le seul damné29 juillet 2007
Ah, mon blogue, tu ne m'as pas manqué. On m'a un peu parlé de toi, ces derniers temps. Certains te reprochent de te répéter sur les garçons; d'autres te reprochent de te répéter sur la politique. Mettons les tous d'accord, et répétons-nous ce soir sur les garçons et sur la politique.22 juin 2006
Si le ciel n'a pas ton frère
Le ciel peut bien m'attendre 11 février
Quand l'hiver est froid, quand ma vie est froide, que mon coeur est froid et que mes amis sont froids, je vais chercher un peu de chaleur sur son blogue. Il y a mis beaucoup de photos, et c'est vraiment lui le plus beau de GA. Je les regarde, cela va mieux : je sens à nouveau son souffle sur mon épaule, sa nuque sous mes lèvres et son sperme sur mes joues.21 janvier 2006
Ce qui est sûr, c'est qu'après Grande Ecole, il est difficile de faire un film plus bête, comme après Presque rien, il est difficile de faire un film plus vide. Les deux auteurs méritent donc d'être placés aussi haut dans notre panthéon gay, là où usant à l'envi leurs chaleurs dernières, ils pourront réfléchir
leurs doubles lumières/Dans leurs deux esprits, ces miroirs jumeaux." 7 janvier 2006
La meilleure forme de gratitude que pourraient avoir pour nous ceux dont nous nous sommes beaucoup occupés, ce n'est pas de s'occuper de nous à leur tour , c'est d'enfin s'occuper d'eux-mêmes.12 novembre 2005
des fesses fermes et douces, des abdominaux irreprochables, une peau savamment épilée, une musculature sophistiquée, voilà la nourriture ordinaire du gay, mais son bonheur cesse au niveau du cou, lorsqu'il est obligé, pour payer pour le prix de ces corps inoubliables, de supporter un visage imparfait, dégradé, caricatural, vide, pas un de ces visages hétéros qui nous irritent de leur sublime simplicité, de leur mystérieux équilibre.29 octobre 2005
Un club de sport, c'est comme la littérature française contemporaine : il y a beaucoup de pédés, de plus en plus de femmes, et on y trouve surtout des choses crues et laides étalées avec complaisance.16 octobre 2005
Car j'ai beau le caresser, le lécher, l'embrasser, le baiser, le sucer, l'enculer, le prendre en moi et que sais-je encore, il reste irrémédiablement vierge de moi. De nos coïts il ne reste rien, et certainement pas un patrimoine; et les êtres qui nous font l'honneur de nous laisser leur donner du plaisir restent pourtant à jamais inentamés. 16 septembre 2005
…le premier garçon qu'on a embrassé est aussi le premier garçon qu'on a niqué.(…)Je crois que c'est une des raisons qui explique le souci particulier du productivisme sexuel des gays, leur attention au rendement annuel de leurs éjaculations et leur industrialisation du spasme7 mai 2005
Dans un mois, cela fera quatre ans que je suis mort21 avril
La punition de ceux qui ont connu le paradis est d'être incapables d'en parler. Condamnés à se taire sur le seul sujet qui importe, ils doivent en plus supporter les interminables conversations des autres sur tout le reste, qui n'existe pas. 10 mars 2005
Trois marins presques nus, presqu'imberbes et presque majeurs m'allumaient en chantant In the Navy — Jamais depuis je n'ai pu écouter les Village people sans bander aussitôt.18 février 2005
Les garçons que nous rencontrons sont comme des aliments. Les meilleurs nous nourrissent et nous renforcent; les autres nous restent un moment entre la gorge, nous font un peu mal à l'estomac, mais finissent à l'égout dans une agréable libération.12 novembre 2004
Coucher avec la beauté ne rend pas heureux. Cela passe en spasme, et vous laisse à vie un creux douloureux (...)9 novembre 2004
Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit. Je viens encore d'essayer, mais le sommeil ne répond pas à mes appels. il est sur boîte vocale, ça m'énerve. Si on ne peut plus joindre le sommeil en pleine nuit, où va-t-on ? (...)4 novembre 2004
Au fond, Happy Tree Friends, c'est le milieu gay. Il y a beaucoup de couleurs, tout le monde a des coeurs sur le visage, sourit et glapit tout le temps. Et tout le monde fait du mal à tout le monde, et tout finit toujours dans le sang.24 octobre 2004
Pour une fois que tu écris quelque chose d'intéressant, ce n'est pas de toi ; dommage
Sorty
C'est médiocre, comme tout ce qu'écrit cet auteur Elizabethtessier
Une vraie petite boucherie intellectualo-sexuelle. Et tout cela avec cynisme "lucide", prétention élitiste et la condescendance qui l'accompagne... Rapport fascinant à l'autre...
Sharruk
Tu es une catastrophe ambulante en matière de politique! Fais plutôt du porno, ça te réussir mieux. Ou de la poésie. Ma Josiane d'amour