Pourquoi, après tout ce temps, je n'arrive toujours pas à accepter que quelqu'un aux yeux doux et au joli sourire peut n'être qu'un pauvre type malfaisant ?
Il y a quand même un truc qui m'échappe. Nous avons des bibliothèques pleines de livres d'histoire. On peut trouver sur internet toutes les données économiques sur tous les pays. Tout bachelier est censé avoir une connaissance même de base de l'histoire contemporaine. A fortiori, un élève de sciences po. Et s'il a des doutes, il a une magnifique bibliothèque et des professeurs dont la compétence est reconnue. Alors comment peut-on écrire, sans ciller, "je pense que le libéralisme est une calamité" ?
Marx écrivait qu'avec le capitalisme, "les hommes sont enfin contraints de regarder leur réalité avec des yeux désabusés" (le Manifeste) Il avait tort. Certes, le capitaliste, nourri à sa faim, chauffé pendant l'hiver, dont l'espérance de vie augmente de manière insolente chaque année, est bien désabusé. Mais il s'est perdu dans ses mensonges et le déni de la réalité.
T. et J. ont décidé de raviver leur désir, un peu faible après de longues années en couple. Après avoir consulté les conseils d'un magazine pour nous, les tapettes, ils se décident à opter pour le visionnage d'un bon porno. Zou, comme on dit dans Queer, aussitôt dit, aussitôt fait, et les deux compères se retrouvent à Boy Bazaar, rayon films X à louer. Ils choisissent sur la jaquette les barriques à muscle américaines les plus huilées, parce qu'ils aiment ces être s improbables, qui hantent tous les Marais du monde, entre deux séances de musculation d'élevage et d'absorption de protéines douteuses.
Les voilà de retour chez eux. Surprise. L'importateur a poussé le perfectionnisme jusqu'à faire doubler en français les musclors d'élevage américains. Nos deux amis sentent leur désir s'éveiller en même temps que celui des acteurs. L'excitation est à son comble, la bouche de nos deux spectateurs est sèche, leur boxer humide,
lorsque, hélas, celui qui a fait une couleur platine dit à son collègue de tournage, dans un français impeccable :
— Je vais te la casser, ta boîte à caca.
La télé aussitôt éteinte, ils décidèrent finalement de passer leur après-midi au Louvre
Nous étions dans le bus qui nous ramenait de l'aéroport. Mon bonheur était partiellement recouvert d'un sweat à rayures et d'un pantalon crème. You're so fine, and you're mine. Je le regardais comme on regarde un mec dans la rue, en imaginant ce qui aurait pu être. Mais là, c'est chez moi que le mec allait. Et je n'avais pas la moindre idée de ce que je devais faire de lui. J'avais le désir éveillé, mais une pression terrible, car je l'avais déjà perdu une fois, et je devais inéluctablement le perdre dans trois semaines, à son départ, définitif, pour l'autre bout du monde. J'étais comme une petite fille, je voulais qu'il me prenne dans ses bras, qu'il incline un peu la tête, et que je ferme les yeux sur sa gorge. Mais j'avais des années de plus que lui; des dizaines d'expériences de plus que lui, une vie qu'il admirait, et je devais continuer à jouer ce rôle pour qu'il ne me laisse pas.
Notre histoire de trois semaines fut joyeuse, absurde et désespérée. Je peine à en retrouver la chronologie exacte, je n'ai qu'un tas de souvenirs brûlants, comme des scènes de film. Je doute parfois que tout cela me soit bien arrivé, ou que cela ait bien eu l'intensité qui me broie encore le coeur aujourd'hui. Mais il y a des témoins. Ils nous ont vus, et ils ont vu la même chose que moi. Pas une fois nous n'avons payé un verre lorsque nous sortions dans le marais; je me souviens de ce mec du banana qui vint nous dire "allez, c'est pour la maison, vous êtes si mignons tous les deux"...quand on sait à quel point tout ce milieu ne vit que pour et par le fric, on mesure la force du témoignage. Je me souviens de toutes ces machoires qui s'ouvraient, de tous ces yeux qui devenaient tout ronds, dès que Damien était avec moi.
La beauté des autres est une blessure lorsqu'elle n'est pas accompagnée de la possession. Celle de Damien, dont je jouissais tous les jours, était un point d'interrogation. Même au plus près de lui, je n'arrivais toujours pas à comprendre son mystérieux charme. Quand je le croyais un peu attenué, un simple changement de lumière, d'habit, de situation me le rendait à sa dangereuse intensité.
Je suis sûr que lui ne m'a pas aimé. Et pourtant, il ne tolérait pas que je m'éloigne de lui, ne fût-ce qu'une seule heure. Trop inquiet de le perdre à nouveau, je me fis son ombre. Je n'ai pas beaucoup dormi, ces semaines là. Quand il était éveillé, j'étais auprès de lui; quand il dormait, j'avais encore les yeux ouverts, essayant de comprendre ce qui m'arrivait et de reprendre un peu mes esprits.
A la mi-août, je dus me rendre chez mes parents, à la campagne. Bien sûr, Damien m'accompagna. Sa beauté ne trompa personne, alors même que mes parents et les autres personnes de ma famille ignorait tout de ma sexualité. Je n'eus pas à attendre la fin du repas pour que ma mère vienne m'attraper dans la cuisine en me posant des questions sur lui. J'avais la tête comme un smiley heureux, que vouliez-vous que je lui réponde ? Impossible de lui dire que c'était mon copain, cela aurait déclenché un orage familial hors de question alors que le temps avec Damien m'était compté; impossible de nier, cela n'aurait pas pu sortir de ma bouche. En fait, je voulais que mes parents le sachent, parce que je voulais que la terre entière le sache, parce que cette histoire, c'est moi. Qui ne m'a pas vu avec Damien ne pourra jamais me comprendre.
Ma soeur avait à l'époque un chat à moitié dingue, sauvage, méchant, agressif. Avec Damien, il se tranformait en peluche avide de câlins. Nous en étions tous stupéfaits. Il dormit avec elle dans la maison près de la piscine, tandis que je dormais dans la vieille maison familiale.
Je pourrais vous raconter beaucoup de choses de ce long week end du 15 août. L'amour dans la piscine, vous aimeriez, n'est-ce pas ? Mais non, je vais juste vous raconter la plus belle nuit de mon existence (il y en a d'autres à égalité).
Avant cela, une confidence. j'ai une peur panique des orages. Dans une maison que je considère comme non protégée, je me cache sous les tables au moindre coup de tonnerre. Rien ne peut me raisonner; je tremble, je pleure, je respire à peine. Cette nuit là, l'orage a commencé vers une heure du matin. J'étais dans la maison familiale, perdue au milieu des arbres, recouverte d'un toit pentu: la cible idéale de la foudre. Tout le monde dormait en s'en foutant, mais moi je sentais la panique m'envahir. Alors je sortis pour rejoindre la maison près de la piscine, où dormait Damien.
L'orage ne l'avait pas réveillé. Je montais l'escalier qui craquait de manière inquiétante, la nuit devenait blanche sous les éclairs, curieusement silencieux à présent. Mes pas le réveillèrent,
— Damien, c'est moi. Il y a un orage et j'ai peur de la foudre. Je peux dormir avec toi ?
— hmmmm
Je pris cela pour un oui, mais je m'allongeai au pied de son lit. Les fenêtres étaient immenses, aucun volet ne pouvait me masquer les éclairs. Au premier coup de tonnerre, je lui pris la main. Au deuxième, je me blottis contre lui. Au troisième, je n'avais plus peur. Le ciel pouvait bien me tomber sur la tête, je m'en fichais, j'étais contre lui.
Evidemment, au réveil, Damien ne se souvenait de rien. (A suivre)
Vendredi soir. Cloué au lit par un fichu rhume, je regarde la Star Ac. Pendant que certains sont en train de s'échanger des numéros de téléphone dans un bar, que d'autres sont en train de dîner en amoureux, que d'autres, hum, sont en train de faire l'amour, que d'autres encore sont en train de rompre, que d'autres, enfin, sont en train de mourir, moi je suis tout seul, dans mon lit, à regarder la Star Ac. Mais enfin, je me dis qu'au même moment, Chapichapo fait la même chose.
1) Le post sur la fille aînée de l'Eglise n'était pas sur la religion. Il suffit de le lire pour s'en apercevoir. C'est pourtant là dessus qu'on vient me chercher des pous. Je confesse que j'aurais peut-être du mettre "le protestantisme américain" parce qu'avec "sectes chrétiennes" on va toujours pouvoir m'envoyer à la figure tel groupuscule de vingt fidèles excités qui aura dit des horreurs. Mais enfin, ils ne l'emportent jamais.
2) Au moins je me dis qu'il n'était pas entièrement infondé, quand je lis dans les commentaires : "tes prises de position pseudo-droitières" ; qu'elles soient pseudo-droitières, crypto-droitières, alter-droitières ;-), ou droitières tout simplement, qu'est-ce que cela veut dire, sinon qu'il y a bien des gens dont l'univers mental sépare le bien (la gauche) et le mal (la droite), et que bien sûr, la droite, c'est les autres. On a juste envie de leur demander : les pseudo-droitiers, les crypto-droitiers, on en fait quoi? on les met sur un bateau ? on les rééduque ?
3) Enfin, je n'ai pas resisté au plaisir de partager mon fou rire avec mes amis américains, en leur racontant qu'il y a des français qui pensent que "que 98% des Américains se déclarent croyants et vouent aux gémonies les athées ?" 98% vouent aux gémonies les athées...Cela vaut bien les américains, qui, selon certains français, penseraient qu'il n'y pas le téléphone en France...
4) Maintenant, j'ai plutôt envie de vous causer des jambes et des lèvres de certaine personne.
Pour ou contre le maintien de la France dans l'Europe ? (1)
Je propose de soumettre la France au même crible que la Turquie, afin de voir si nous pouvons prétendre rester dans l'Europe. Premier critère, bien sûr, le bon fonctionnement de la justice et la protection des droits de l'homme.
Le 19 mars 2002, La France est condamnée onze fois par la Cour européenne des droits de l'homme pour non respect du délai raisonnable pour rendre la justice. Ce n'est pas vraiment exceptionnel : en 2000, elle avait été condamnée à 42 reprises. Elle est la deuxième nation la plus fréquemment condamnée de toutes celles qui appartiennent au Conseil de l'Europe.
Bien sûr, on pourra reprocher à la CEDH une application très tatillonne de l'article 6-1 de la Convention européenne des droits de l'homme. En effet, dans notre beau pays, patrie des droits de l'homme, quel homme de gauche s'étonne qu'il faille quinze ans pour juger de litiges relatifs à des travaux de carrelage dans une maison; sept ans sans un seul acte d'instruction d'un juge d'instruction; dix ans pour obtenir la fixation d'une pension d'invalidité; onze ans pour juger un cambriolage; vingt-six ans pour une procédure de divorce; dix-sept ans et demi pour un litige relatif à un licenciement (en réalité, sans doute plus, vu que lorsque la CEDH a du statuer, le litige n'était toujours pas jugé en France)...
Critère 1 : non au maintien de la France dans l'Europe
Crici me dit qu'il s'est remis avec son ex, appelons le Trouduc. Ce dernier ne supportait pas leur rupture. Et le lien qui les unit est si fort, si profond, si ancien, qu'aucun des deux ne peut s'imaginer vivre autre chose. Cricri s'est donc remis avec trouduc, et j'accepte ma défaite (je n'avais pas vraiment eu le temps de tomber amoureux de cricri, de toute façon).
L'après midi, je me balade sur certain réseau. Evidemment, j'y trouve Trouduc, avec la mention "pas de mec" et un autoportrait passible de la loi sur le racolage passif.
Cesare Battisti a assassiné. Cela lui vaut le soutien public du PS, qui demande à ce qu'il ne puisse jamais avoir à répondre de ses meurtres. Machin Buttibouglione (je ne me souviens plus de son nom, pardon) a dit que l'homosexualité est un péché. Cela lui vaut les récriminations du PS, qui demande à ce qu'il soit interdit de Commission européenne et de toute fonction publique, on veut bien le croire, jusqu'à la fin de sa misérable existence. Nous vivons dans un monde merveilleux dans lequel les actes n'ont plus aucune importance, et où seuls les propos valent condamnation. Par quel miracle avons-nous accompli ce progrès vertigineux de nos moeurs, qui s'est, helas, insuffisamment répandu dans le monde ?
La réponse, je crois, est que nous sommes un pays de catholiques fous. Nous ne croyons qu'au bien et au mal. Nous pouvons encore écrire, en nous faisant applaudir, et sans que personne n'ose rigoler, "je suis de gauche" ou "voilà pourquoi je ne suis pas de droite." Nous tenons pour acquis des syllogismes selon lesquels une réforme est de gauche parce qu'elle est proposée par quelqu'un qui est de gauche, et qu'une réforme est bonne si elle est de gauche. Et celui qui les conteste ne passe pas pour un enfonceur de portes ouvertes, ce qu'il est, mais pour un blasphémateur (ou, pour faire plus simple, quelqu'un de droite). Bien sûr, croire au bien ou au mal, ce n'est jamais qu'en parler à tout propos, mais de même que le curé sodomise les enfants de coeur après la messe, jamais tant d'enveloppes de billets n'ont circulé que pendant que Mitterrand pourfendait l'argent sale, l'argent qui enrichit en dormant. Et la France peut sans arrêt donner la leçon au reste du monde en hurlant "droit international, droit international" après avoir armé le dernier génocide majeur du XXème siècle.
Alors, à tout prendre, je préfère bien les sectes chrétiennes des Etats-Unis. Le protestantisme a ceci d'attachant qu'il ne croit qu'au pragmatisme. Et on lui sait gré de nous libérer de cette saloperie d'éthique de la conviction, et de lui substituer la seule convenable au politique, l'éthique de la responsabilité: seul le résultat compte.
Au fond, Happy Tree Friends, c'est le milieu gay. Il y a beaucoup de couleurs, tout le monde a des coeurs sur le visage, sourit et glapit tout le temps. Et tout le monde fait du mal à tout le monde, et tout finit toujours dans le sang.
Je m'étais promis de toujours tenir mon appartement prêt à Le recevoir. Que mon frigo serait toujours plein de toutes ces bonnes choses qu'Il aime. Que mon canapé serait toujours recouvert sous des tonnes de coussins et de peluches improbables pour Le faire sourire. Que les draps seraient tout propres et que leur parfum emplirait toutes les pièces. Que tout serait mystérieusement à sa place.
Et puis, vous savez, avec le temps, on finit par ne plus trop y croire. On prend des habitudes, et surtout l'habitude d'être un peu négligent, d'être un peu paresseux. Ca n'a pas d'importance, n'est ce pas ? Après tout, Il ne viendra plus.
Et aujourd'hui, pourtant, Il est venu. Et bien sûr, le frigo était vide. L'appartement sens dessus dessous, les assiettes du petit déjeuner encore dans la salle à manger et plein de bouquins par terre. Je n'étais même pas rasé. Demain Il sera ailleurs, forcément. Peut-être chez vous. Alors ne faites pas comme moi.
Mes amis sont souvent peinés par mes goûts musicaux. Je les remercie de croire que j'en ai. Je pense plutôt n' en avoir aucun. Si je regarde ma liste itunes, je ne vois rien de cohérent, rien de sérieux. Beaucoup de bluettes sucrées qui ont rapporté gros à leurs interprètes, quelques morceaux pointus que je dois à des garçons que j'ai aimés, mais qui s'ennuient au milieu de ballades remixées. Il faut toujours que j'invente une distraction, dès que l'un de mes hôtes commence à regarder mes cd, de peur qu'il ne me considère ensuite comme une lycéenne triste de l'échec de son traitement contre l'acné.
Alors, qu'y a-t-il donc ? Des souvenirs, beaucoup de souvenirs. il y a des musiques qui ne sont là que parce qu'elles ont cette propriété merveilleuse de me ramener à des soleils qui ont percé ça et là le ténébreux orage de ma jeunesse, comme dirait un poète. le soleil de l'été 1999, celui que nous avons partagé avec Damien (sauf pendant l'eclipse); le soleil de l'été 1996, quand un petit bonhomme en short m'attendait à la gare de Vincennes: le spot du queen, cette soirée (étudiante) de 2000, quand un jeune homme hétéro a risqué sa réputation devant toute son école et sa copine en me roulant un patin (il faudra que je vous raconte cela), bref, ce sont mes madeleines (puisque ceux qui n'ont pas lu Proust pensent qu'il est célèbre pour le poncif, même à son époque, de la madeleine). Alors laissez-moi chanter en paix, je ne défendrai pas ces morceaux là.
Et puis il y a les musiques qui vous disent ce que sent votre coeur. Quand vous les écoutez, vous les reconnaissez. C'est exactement cela, le bruit de votre coeur, quand vous aimez, quand vous désirez, quand vous pleurez, quand vous avez peur, quand vous êtes envieux, quand vous êtes portés par le sourire d'un lulu, quand vous êtes étonnés de vous réveiller avec quelqu'un. Quand on me demande : comment vas-tu ? la seule réponse serait un morceau : Keith Jarret, Vienna Concert, part I, de la 31ème minute à la fin ou Donna Summer, Last Dance (VH1 live) de 3:49 à la fin. Je vous épargne mes explications maladroites, le mot de la fin est chez Schopi (Schopenhauer, Le monde comme volonté et représentation, I, 273-6).
Reste les paroles. A quoi servent les paroles ? Probablement à rien, si on écoute France Gall, ou alors, comment pardonner à Michel Berger de nous avoir gâché le plaisir de ses mélodies avec des conneries comme "Ella elle l'a" ou "Il jouait du piano debout/C'est peut-être un détail pour vous/Mais pour moi ça veut dire beaucoup/Ca veut dire qu'il était libre" (remarquez, il avait eu le génial préssentiment de ce que voudrait dire être rebelle chez les jeunes français du XXIème siècle; et il a sauvé tous ces pianistes hémorroïdaires qui ne savaient plus avant comment continuer leur métier).
Il reste que parfois celles-ci redoublement merveilleusement la mélodie, comme si la mélodie était les mots eux-mêmes. Pour cela, il faut qu'ils acceptent d'être simples, comme anodins, hors de toute sixterie, angoterie ou mylènefarmerie, comme savent si bien les écrire les anglo-saxons, que je vous cite parfois, pour vous dire ma vie.
Take my hand
Take my all life, too
For I can't help
Falling in love with you
Post supprimé, parce que finalement, il y a des débats dans lequel il vaut mieux ne pas entrer, on risquerait d'en sortir avec une odeur désagréable et difficile à enlever. Et je sais qu'il y a des gens ici qui sont sensibles aux odeurs.
Après un déjeuner pendant lequel nous avons pas mal bu, ma génitrice et moi, je suis parti (seul!) rejoindre Cricri. Je mesure dans ma façon de mener cette histoire le ravage que la déflagration Lulu a provoqué dans mon coeur. Je croyais que je savais aimer, que j'étais juste en peine de trouver quelqu'un d'aimable, et maintenant me voilà bien incapable de toute action devant quelqu'un pourtant d'infiniment aimable. Il va falloir que je reprenne confiance, et surtout que je retrouve un peu de cette tendre naïveté qui fait l'amoureux.
Avec Cricri, comme avant avec Lulu, deux histoires se déploient en parallèle, celle que nous vivons sur msn, et celle que nous vivons quand nous nous voyons. Cela va peut-être nous rendre schizos, mais peut-être est ce comme le double regard, qui permet de rendre le relief.
Nous avons parlé pendant des heures, parcequ'aucun de nous ne voulait rater le dernier mot, et nous avons fini par discuter du bonheur, et là, pendant qu'il continuait de raisonner avec talent, j'aurais voulu en finir lui démontrer le bonheur, en me levant en lui baisant les lèvres, comme ces anciens grecs qui démontraient la possibilité du mouvement en se levant pour marcher. Mais il m'aurait répondu que ce n'est qu'une pirouette, une paresse de la pensée.
Jean-Pierre Elkabbach demandait à Mario Monti, dans une émission récente, s'il ne fallait pas disqualifier l'italien pressenti pour devenir commissaire européen, au motif qu'il aurait déclaré que l'homosexualité est un péché. J'avoue que j'ai du mal à comprendre comment on pourrait faire grief à quelqu'un d'avoir dit une simple vérité, une vérité à laquelle on ne pourrait reprocher que son évidence et sa platitude. Le disqualifierait-on pour avoir dit qu'il pleut souvent à Londres ou qu'il fait en moyenne plus chaud à Marseille qu'à Helsinki ?
J'imagine que la tapette qui me lit est en train de bouillir, en se disant que l'homophobie n'est pas morte, que c'est honteux qu'elle puisse s'exprimer ici sur gayattitude, et qu'il n'est que temps que des gens comme l'italien sus-dit et netromain puissent être poursuivis devant les tribunaux.
Mais je voulais juste faire remarquer que la notion de péché n'a de sens que relativement à la théologie catholique, et qu'il est généralement admis par les théologues catholiques que l'acte charnel entre deux hommes constitue un pêché. Disant cela, on n'a pas fait preuve d'homophobie, on s'est contenté de signaler un aspect d'un système de valeur auquel on est libre d'adhérer ou non. Si on ne croit pas en ce système de valeur, le jugement qu'il donne de l'homosexualité est indifférent. Et si on veut établir que l'homosexualité n'est pas un péché, on est encore obligé de se placer dans ce système de valeur. Maintenant, pour tous ceux qui sont en dehors, une telle affirmation n'a pas plus de sens que de dire que dans la théologie de l'Egypte antique, le soleil est un Dieu. Cela ne change rien au soleil.
On me répondra que l'homme politique qui dit cela a des arrières pensées. je dirai que cette objection est stupide. Il peut bien dire cela, il se fait que depuis longtemps, dans toute l'Europe, la notion de péché n'a plus aucune portée politique. Pour qu'elle en ait, il faudrait que l'Eglise rouvre des tribunaux et dispose d'un pouvoir coercitif. Ce n'est pas le cas. Si un homme politique veut lutter contre l'homosexualité, il sera obligé, comme en France jusqu'en 1981, de le définir comme un fléau social. Non, la seule chose dont pourrait nous menacer cet homme politique, c'est d'une sanction dans l'au delà. On ne peut le blâmer pour cela.
Alors pourquoi autant de raffut ? Parce que nous avons tous une tristesse horrible chevillée au corps, de ne plus pouvoir être des héros, de ne plus pouvoir risquer sa vie pour une idée. Alors il nous faut maquiller et armer des cadavres , et les prétendre bien vivants, pour pouvoir les abattre sans aucun risque, sous des drapeaux multicolores et des chars couverts de plumes. La probabilité de retour de l'inquisition est nulle. Aucune importance. Tant mieux même, il est si bon d'être un résistant sans risque.
J.-P. Fitoussi fait remarquer qu'en politique, le plus grand sacrifice consiste à accepter de perdre les élections. Or tous les partis au pouvoir depuis fort longtemps perdent systématiquement les élections. il en déduit assez logiquement que leur absence de courage est inexplicable. Un peu comme ces herissons qui meurent écrasés au milieu d'une route, uniquement à cause de leur peur d'être écrasé qui les fige sur place.
Elle me regarde en souriant, tout en le serrant contre elle.L'idiote. Il n'y a pas un mois de cela, je recueillais le souffle de son copain sur ma joue et un peu de son sperme sur mes draps.
Sleon une édtue de l'Uvinertisé de Cmabrigde, l'odrre des ltteers dnas
un
mtos n'a pas d'ipmrotncae, la suele coshe ipmrotnate est que la pmeirère
et
la drenèire soit à la bnnoe pclae. Le rsete peut êrte dnas un dsérorde
ttoal
et vuos puoevz tujoruos lrie snas porlblème. C'est prace que le creaveu
hmauin ne lit pas chuaqe ltetre elle-mmêe, mias le mot cmome un tuot.
Après une courte interruption de nos programmes, qui a n'a du gêner personne, le blog négatif revient. Le temps de repeindre quelques posts passés qui révèlent toute ma naïveté, ou les relire à titre d'avertissement si je devais à nouveau tomber dans certain panneau, et je recommence. Je m'impressionne de parvenir de plus en plus vite à faire le ménage dans ma petite vie [suite de la phrase disponible sur simple demande. Peut choquer les personnes sensibles].
A bientôt, pour ceux que cela intéresse; mais la lecture de ce blog est fortement déconseillée à tout le monde. Qu'au moins, de grâce, on ne me reproche jamais d'avoir fait des sous-entendus. Il n'y en a aucun. Je n'ai pas cette finesse. Qu'on s'économise les reproches, les blâmes, les jugements; je ne viens pas ici pour me faire aimer ou pour me faire applaudir; mais me faire réfuter, oui, quand on écrit un blog négatif, on n'espère rien tant qu'une réfutation valable.
Après la journée d'hier, trop de choses sont détruites. Je prends mes bagages, mes idées médiocres, mes sentiments dépassés, et je vais me poser autre part, là où des lecteurs n'auront pas contre moi le coeur endurci.
Mais comme des mauvaises herbes finissent toujours par repousser sous la cendre, je finirai bien par revenir, peut-être.
Peut-être que j'ai fait comme dans Sud, la pièce de Julien Green, dans laquelle l'amant résoud son amour impossible en allant se faire tuer par celui qu'il aime. Vendredi soir, ma dernière conversation avec lulu s'était achevée par des mots qui me disaient qu'il ne m'aimait pas. Qu'il ne m'aimait pas du tout. Que je ne l'avais pas même fait douter, contrairement à ce que j'avais pu croire dans nos longs échanges. Si j'ai écrit des choses impardonnables sur lui (comme je crois pouvoir l'inférer de sa réaction violente), je ne vois qu'une seule explication : c'est que je cherchais à ce qu'il me tue, après m'avoir ôté la lumière. C'est réussi. Netomain n'est plus.
Me voilà en train de pleurer mon Lulu qui m'ignore, sursautant dès que carillonne msn (nooooon, ce n'est pas lui, ce ne sera plus jamais lui, il a dû me bloquer) ou vibre mon portable (nooon, ce n'est pas un sms de lui), maudissant toute le reste de l'humanité de ne pas être Lui. Puni pour je ne sais quel forfait, je ne peux comprendre comment il peut en vouloir à quelqu'un qui l'aime. Si aucun mot, aucune larme, aucune goutte de mon sang ne peut le convaincre de me conserver son amitié, il va me falloir traverser l'enfer ces prochains jours. Comment un être au regard si doux pourrait ne pas entendre ma prière ?
Je l'avais rencontré il y a quelques semaines, sur un autre réseau. Son prénom rare et son sourire amusé m'avaient attiré. A la réception de la première photo, je compris que j'étais fait. Malgré le filtre de la photographie, de mon écran LCD, son regard m'avait creusé le coeur d'un manque éternel. Il avait les beaux yeux rassurants d'une mère, les yeux charmants d'un amour de vacances, les yeux amusés d'un esprit libre; tout ce que les gays perdent le jour où ils se sont tappés leur premier mec sur un réseau. Sur une autre photo, il portait un sourire qui vous sauverait du pire malheur, s'il vous était destiné. Et comme dans toute passion, tout cela me donnait l'impression de retrouver un souvenir très ancien, celui d'un paradis antérieur où j'aurais déjà vécu une éternité.
La rencontre réelle ne diminua en rien cette impression. Il vint sans son bonnet, mais avec cette mystérieuse combinaison du regard et du sourire qui produit une exquise réconciliation en moi. Son grand pull noir se prolongeait en des mains toutes fines. Les deux zips remontés jusqu'au cou n'arrivaient pas à lui donner un air sévère. De ce rendez-vous, je ne vous raconterai rien; il faudrait plutôt en restituer la musique. Il me quitta avec un sourire plus marqué, comme un point d'interrogation redoublé.
Il y a plusieurs espèces d'êtres humains dans l'univers. il y a ceux qui connaissent lulu, et ceux qui ne le connaissent pas. Et parmi ceux qui le connaissent, il y a ceux qui sentent ce que je sens, et ceux qui ne le sentent pas (mais existent-ils ?). Je ne veux pas former à moi tout seul une nouvelle espèce : ceux qui en sont privès jusqu'à leur dernier souffle.
Je m'étais fixé comme objectif ce week end de reprendre un peu mes esprits, et d'essayer de mieux comprendre ce feu qui me dévore depuis quelques semaines. J'ai bien un livre, astucieusement dissimulé dans ma bibliothèque, qui en une dizaine de pages serrées vous révèle tout le mystère de la passion. Mais je ne voulais pas encore exactement la vérité. Il me fallait un peu de rêve. Des mots pour parler de mes sentiments.
Je passe donc chez un libraire.
— Bonjour, Monsieur le libraire. Je viens vous acheter un bon roman sur la passion amoureuse.
— Mais comment, cher client ? Je n'ai que cela ici. Je ne vous ferai pas perdre votre temps, je vous propose le meilleur. Voilà un ouvrage qui vient juste de paraître. C'est l'histoire d'une écrivaine qui sort avec un rédacteur en chef de revue littéraire. Ils se déchirent, ils baisent, ils s'insultent, ils s'ennuient. Il y a très peu de ponctuation et de verbes conjugués, c'est la tendance depuis quelques années. Vous allez adorer. Je vous le rembourse si l'ouvrage n'obtient pas le Goncourt
— Euh, Monsieur le commerçant, je...hum, je préférerais quelque chose sur l'amour ?
— Ah l'amour, Monsieur, l'amour. Nous cherchons tous cela. Pour vous, il vous faut ce magnifique ouvrage. Les femmes y sont des trous, les hommes y sont des bites, tout cela coulisse ensemble et à plusieurs et on y trouve d'intéressantes intuitions de psychologie, selon laquelle la misère sexuelle nourrit le terrorisme islamique. Il y a beaucoup de gros mots. C'est très pointu. Je vous le rembourse s'il n'a pas le Renaudot.
— Voilà qui me paraît tout à fait passionnant. mais je cherchais quelque chose de peut-être moins actuel, alors ?
— Ah, Monsieur aime les vieilles pierres, les vieilles sagesses. tenez j'ai là un stock d'ouvrages de la semaine dernière, ils devaient partir au pilon mais je n'ai pas encore eu le temps. Celui-ci parle d'inceste, cela vous...Non ? alors celui-là, il s'agit d'une femme qui nous raconte sa vie d'objet sexuel. Non plus ? Alors celui-ci, une trépidante exploration des bordels de bangkok, avec plein de considérations sur la difficulté de jouir. Euh...Vous repartez?
— Oui, navré. Je crois que j'ai laissé mon sèche-cheveux allumé.
Me voilà donc reparti chez moi. Pas de livre ce week end. je préfère m'oublier dans Star Wars, Episode II. Et là, en plein milieu, le beau Anakin (le visage de mon Damien, c'est dire), fait sa déclaration. Et tous ces mots vont si loin en moi. Il faut que je les apprenne par coeur. C'est exactementcela, l'amour.
Car l'amour espère toujours que l'objet qui alluma cette ardente flamme est capable en même temps de l'éteindre.
Lucrèce, De la nature des choses, IV (1085 à 1086)
Etre passé aussi près de son rêve et ne pas avoir pu le saisir m'a plongé dans un état d'abattement qu'aucune des fabuleuses nouvelles de la semaine n'a réussi à renverser. Il faudrait que j'arrive à saisir l'une ou l'autre de ces mains qui sont tendues vers moi, mais je ne pense qu'à celle qui n'a pas voulu s'ouvrir. Tous ces mots que je lui ai dits, je les pensais tellement, qu'aujourd'hui je ne peux plus rien dire à personne. Cet affaissement de la volonté se double d'un état fébrile, signe d'un début de maladie à laquelle je ne saurai sans doute pas résister.
Et il fait si froid, comme dans ma vie, comme dans ses yeux. Lundi matin, il faudra sourire à nouveau, car on prendrait toute autre attitude comme insultante, vu mes petits bonheurs du moment. Il faudra pouvoir faire confiance à X. ou croire en L. et se dire qu'il n'y a pas que des coeurs secs dans l'univers, pas que des fonctionnaires de l'amour et des réalistes inflexibles. Il faudra croire à nouveau en sa chance, et en la féérie de la vie. Se nettoyer le coeur et l'esprit du principe de réalité, des petits calculs probabilistes des amoureux raisonnables, du doute et de cet esprit malin qui, comme l'écrit Goethe, est "celui qui toujours nie."
Une nouvelle journée commence. Il faut songer au bonheur que c'est, de vivre cette journée en France au début du XXIème siècle. La patrie des droits de l'homme nous a enfin libéré de toutes les oppressions et nous permet de vivre dans une société civilisée, tolérante, soucieuse des autres et des plus faibles. Nous avons maintenant des ministres et des maires qui nous disent quand nous devons faire de la musique, quand nous devons aller au musée, quand nous devons aller voir des ruines, quand nous devons aller plusieurs fois au cinéma dans la journée. Nous avons une police qui réprime sans faiblesse ceux qui écoutent de la musique sans payer Pascal Nègre, qui enferme ceux qui tiennent des propos ineptes d'une certaine catégorie déterminée par la loi; un législateur qui pousse le raffinement jusqu'à se soucier de ce que portent les femmes sur les cheveux, et des gens de gauche qui surveillent que les prélèvements obligatoires soient toujours suffisants pour couvrir les parties de casino d'inspecteurs des finances cooptés pour diriger d'anciennes entreprises publiques ou pour financer les émoluments mensuels à 10 chiffres de centaines de comités inutiles qui perpétuent le goût français des salons. Notre passion de la démocratie est si forte, que nous allons dans la rue pour mettre en garde ceux qui ne voteraient pas comme nous ou gourmander le parlement qui se mêlerait de légiférer contre un privilège. Notre justice est si protectrice des libertés qu'elle offre l'asile de la prison pendant trois années à toute personne dont la tête ne revient pas au juge, ce qui est quand même moins cher qu'une psychanalyse ou qu'un voyage en inde. Notre souci de la protection sociale et de la redistribution est si absolu que nous ne nous lassons jamais de parler de meilleur système au monde, qui ne laisse dans la précarité que 10 % de la population, et 0 % des enfants de notable qui donnent tellement de leur temps à la MJS.
Alors, rendons grâce, et prions que nos enfants ou ceux de nos contemporains aient la même chance que nous.
Il faut reconnaître aux membres de l'Académie suédoise qui décerne le prix Nobel de littérature, hormis une incapacité flagrante à accorder le prix sur des motifs purement littéraires qui leur imposerait des lectures épuisantes, un sens de l'humour à la Jean-Marie Bigard qui vous faire rire avec des choses qui ne sentent pas très bon.
Ainsi, à lire Horace Engdahl, un des membres de l'auguste Académie, le prix 2004 a été attribué à Elfriede Jelinek au motif qu'elle "est un écrivain politique et elle croit que cette énorme industrie des loisirs (télévision, cinéma, publicité) agit sur les gens de manière à les rendre vulnérables à la manipulation par l'élite économique. "
Certes. Membre du parti communiste de 1974 à 1991, elle doit en effet être un assez bonne spécialiste de la manipulation. Et en effet, au fond d'un camp ou avec une balle dans la tête, on est moins vulnérable à la manipulation par l'élite économique.
Lulu s'éloigne donc, sans même un bisou, une étreinte, une caresse, un moment d'abandon. Je n'ai jamais connu cela, avant : un soleil qui brûle mais ne réchauffe pas, un soleil qui aveugle mais qui n'éclaire pas. Je le laisse tourner sur lui-même et je poursuis donc ma course dans l'univers, dans le vide intersidéral, glacé et muet. Et pourtant, brille déjà un tout jeune astre, L., dont on ne sait pas très bien ce qu'il peut donner; et voilà de retour la comète X., qui affole sur son passage, et revient me tenter ce soir après avoir disparu un an et demi.
J'ai connu en tout sept ans de vie de couple; deux avec une jeune fille, cinq avec un mec. Au fond, ils étaient tous les deux pareils. Plus expérimentés que moi, plus décidés, une folie joyeuse, une passion pour la chair, pas d'inhibitions sociales, une rage de vivre ici et maintenant, très à l'aise dans leur corps, uen allergie aux livres trop épais, personne dans l'univers n'aurait parié sur une histoire entre nous. Et moi le dernier, d'ailleurs. Comment aurais-je pu imaginer intéresser des êtres aussi différents de moi ? Or, non seulement ils eurent envie de m'ajouter à leur tableau de chasse, après tout pourquoi pas, mais ce sont eux qui batirent notre histoire et cimentèrent notre foyer. Et pour celà, ils durent vaincre les épreuves répétés que mon coeur fragile leur imposa, supporter mes doutes, vivre avec mes silences et ma froideur du départ. C'était une sorte de Star Ac dans laquelle il n'y aurait eu qu'un seul candidat, et un seul juge. A chaque rencontre, je les regardais avec ce mélange d'envie, d'étonnement, d'irritation, de déception, d'idée qu'il y a peut-être mieux ailleurs qui doit occuper l'esprit des artistes ratés qui jugent les staracadémyciens. Je crois surtout qu'on a beaucoup ri; on riait ensemble de leurs bêtises, on riait ensemble de mes inhibitions et de mes manies. On se complétait surtout merveilleusement, et l'on pouvait passer des heures ensemble sans jamais s'ennuyer, puisqu'à nous deux nous formions tout l'univers possible.
Chaque fois que j'ai essayé d'agir, d'aller moi-même séduire, de répéter pour un autre les manoeuvres énamourées et la douce insistance qu'ils m'avaient imposées au début de notre relation, j'ai échoué. Il faut que j'y renonce. Il n'y a rien pour moi de ce côté là, si ce n'est de la souffrance.
Qui me reste-t-il, alors ? L. bien sûr, si semblable à Vincent. Et X., le beau ténébreux, qui obsède tous les garçons du sixième arrondissement, et ne cesse de m'envoyer des sms. Je vais peut-être faire semblant, au début, le temps que mon coeur cicatrise. Mais y a-t-il chose plus douce au monde que de rendre heureux quelqu'un ? La féérie que Lulu me refuse, je la leur ferai vivre.
Hier soir, 19h. A peine sorti du boulot, je reçois un appel de L. un peu gêné, à qui suis obligé de prétexter une obligation familiale pour annuler notre nuit ensemble. C'est mal, je sais, mais je suis la seule victime de ce mensonge. Nous avons un peu de temps, nous sommes, par une drôle de coïncidence, tout proches, je lui propose donc d'aller prendre un verre rapidement. Malgré ce lapin, il m'accueille avec un sourire plein de gentillesse. Il est un peu fatigué, il est un peu hésitant, mais il me donne une telle impression de le rendre heureux que je suis brûlé de le négliger autant. Nous sirotons un soda sur une banquette pas très nette, il a les yeux qui brillent, amusés. je me dis qu'il y a là un petit être chaud, libre, beau, avec lequel je pourrais entamer quelque chose. Mais non. Il faut que j'aille me fracasser contre le mur Lulu.
C'est une jolie porte. En bois massif, mais toute douce, après des années à subir la pluie parisienne, les mains des gosses qui rentrent de l'école, l'urine des caniches à sa mémère. Avec deux poignées en métal doré, rondes comme des yeux de morts, froides comme des doigts de cadavres. Plus haute que le plus grand des hommes. Si épaisse qu'on n'entend ni parler, ni gémir, ni pleurer de l'autre côté.
Je peux la trouver jolie, cette porte. Après tout ce que j'ai vécu, mon destin est de finir ma vie bloqué devant cette porte.
J'avais plein de choses à vous raconter ; les fesses de L., le dîner avec X., les fesses de L., le coup de téléphone avec Y., et les fesses de L. mais bon vu que cela n'intéresse personne d'autre que lui, j'en parlerai directement avec pyram.
Quand il est entré dans mon logis clos,
J’ourlais un drap lourd près de la fenêtre,
L’hiver dans les doigts, l’ombre sur le dos…
Sais-je depuis quand j’étais là sans être ?
Et je cousais, je cousais, je cousais…
-Mon cœur, qu’est-ce que tu faisais ?
Il m’a demandé des outils à nous.
Mes pieds ont couru, si vifs, dans la salle,
Qu’ils semblaient, -si gais, si légers, si doux,-
Deux petits oiseaux caressant la dalle
De-ci, de-là, j’allais, j’allais, j’allais…
-mon cœur, qu’est-ce que tu voulais ?
Il m’a demandé du beurre, du pain,
-ma main en l’ouvrant caressait la huche-
Du cidre nouveau, j’allais et ma main
Caressait les bols, la table, la cruche.
Deux fois, dix fois, vingt fois je les touchais…
-Mon cœur, qu’est-ce que tu cherchais ?
Il m’a fait sur tout trente-six pourquoi.
J’ai parlé de tout, des poules, des chèvres,
Du froid, du chaud, des gens, et ma voix
En sortant de moi caressait mes lèvres…
Et je causais, je causais, je causais…
-Mon cœur, qu’est-ce que tu disais ?
Quand il est parti, pour finir l’ourlet
Que j’avais laissé, je me suis assise…
L’aiguille chantait, l’aiguille volait,
Mes doigts caressaient notre toile bise…
Et je cousais, je cousais, je cousais…
-mon cœur, qu’est-ce que tu faisais ?
"Allo, Romain ? Comment vas-tu ? C'est W., ça va ?
— pas trop mal; et toi ?
— très bien, j'ai revu [appelons le n°1]. Il est venu un soir à la maison. On a recouché ensemble.
— mais (d'un ton un peu surpris) il n'a pas un nouveau copain ?
— si, si, justement, il a du partir assez tôt pour aller coucher avec lui.
— ah (d'un ton agacé, de celui qui a perdu des heures de sa vie à conseiller et consoler W. pour une histoire prétendument d'amour, et aurait dû pretexter la migraine à tous les appels qu'il a reçusde W. dès que n°1 couchait plus souvent avec d'autres mecs que lui).
Et W. de reprendre :
— tu aurais dû venir l'autre soir; Numéro 1 m'a présenté plein d'amis. J'ai revu (appelons le Numéro 2) hier, il est resté à la maison, on a couché ensemble.
— ah (d'un ton un peu frustré de celui qui pense qu'il n'éjacule pas autant que la moyenne, décidément)
— oui, il est très sympa. Il est avec un mec cool (oui, on va l'appeler numéro 3) que j'aime beaucoup. On avait fait quelques petits trucs dans la cuisine, lors de la soirée (avec numéro 3, bien sûr).
— ah (du ton de celui qui est occupé à se chercher un film de cul sur son ordinateur pour se calmer un peu)
— tu fais un truc ce soir ? Je vais voir un mec très sympa que j'ai rencontré sur le net, un petit jeune, très mignon, très chaud du cul, ça pourrait être sympa, je passe te prendre, c'est à .....(non, pas numéro 4, ici, c'est le nom d'une ville)
— euh, non pas trop, merci, je te laisse t'amuser.
— ah d'accord. Et toi, quoi de neuf ? je parle, je parle, mais raconte moi.
— Euh, rien. J'ai passé le week end à penser à Lulu
— ah oui. un mec avec lequel tu as couché ?
— euh (du ton de celui qui a oublié que c'était à cela que servent les mecs, normalement), non.
— Ah bon ? et vous allez coucher ensemble ?
— helas, impossible.
— Ah d'accord. bon je te laisse,ok ? Faut absolument qu'on dîne un soir et que tu me racontes tout ça. bye bye.
tuuuuut tuuuuuut
Ce qui est raté dans le pensionnat de Chavagnes, ce sont le profs et les membres de l'administration. Pourquoi avoir fait incarner l'autorité par des gens pour lesquels il est manifestement si douloureux de construire une phrase compliquée, de mener un raisonnement jusqu'à son terme, de rapporter des actions à des principes, et si difficile de dissimuler leur drame personnel de gagner enfin un peu de notoriété à ce prix là, à un âge où l'on aimerait avoir réussi quelque chose pour se consoler de la ménopause ?
Il faut les écouter essayer de justifier leurs décisions stupides en balbutiant trois mots pompeux dans un râle impuissant qui s'achêve par un "parce que" qui ne sera jamais complété ou essayer de rassembler péniblement de rares souvenirs de la très courte période où ils ont dû être en contact avec des idées, pour tenter de sermonner tel gamin qui pouffe avec nous devant une aussi grotesque prestation.
En un sens, on les excuse, car comment aurait-il pu en être autrement ? à une époque où les profs déchirent des livres quand ils sont mécontents et demandent moins d'élèves dans leurs classes, on ne risquait pas de trouver des volontaires à l'Education nationale (vous avez remarqué cette épouvantable expression, Education nationale ? Quel enculé de sa mère a pondu une telle abomination, selon laquelle l'éducation devrait être nationale ? mais passons.)
Mais plus profondément, il faut reconnaître qu'aujourd'hui, c'est la rébellion qui est impossible, parce qu'il n'y a plus rien auquel nous croyions assez pour nous empêcher de nous contenter de chercher le bonheur. C'est la conséquence du Dieu est mort, comme le disait Nietzsche; personne ne pouvant plus croire en des valeurs, il n'y a plus rien contre quoi se battre. Puisqu'il n'y a plus d'absolu, les notions de rébellion ou d'avant garde sont des habillages publicitaires de rages de dents.
Mais 's'il n'y a plus de rebelles en France, il nous reste un peuple d'excités fascisants : le rebelle se bat, seul, contre ou pour des valeurs, nous ne nous battons plus qu'en troupeau pour stigmatiser des gens et pour désigner publiquement des salauds.
On se dit qu'on n'a peut-être pas complètement raté sa vie quand on se rend compte qu'on ne pourra jamais la raconter entièrement sans passer pour un mythomane.
S'il y a des gens qui m'aiment ici, ou qui m'aiment bien, est-ce qu'ils pourraient demander à mon lulu de s'occuper un peu plus de moi ? Vous pouvez rameuter du monde. Promis, je serai moins négatif si vous m'aidez.
Damien me proposait donc de passer le restant du mois d'août avec lui, si je remontais sur le champ de Corse où je devais passer l'été avec ma meilleure amie.
J'appelai aussitôt l'aéroport pour obtenir le prochain vol pour Paris. Une femme me répondit que mon billet n'étant pas échangeable, trouver un aller simple vers Paris, en plein mois d'août, aller coûter très cher. Je la remerciai chaleureusement de sa sollicitude, tout en lui objectant que ce n'était pas le billet qui était trop cher,mais elle qui était manifestement trop bas de gamme pour espérer qu'un jour quelqu'un envisage de payer la même somme pour venir la rejoindre. Je finis par dénicher un retour le lendemain. Il ne me restait plus qu'à trouver une bonne raison pour prendre congé de mes hôtes.
Dire que ma meilleure amie le prit mal serait inexact. Elle le prit trèsmal. A aucun moment elle ne douta que le motif que je lui avançais était grossièrement faux.J'étais gené aussi envers sa mère, qui m'avais accueilli aussi généreusement. Qu'allais-je donc faire dans la saleté et la puanteur de Paris au mois d'Août, alors que j'étais sur le plus beau golfe du monde ? Mais je tins bon. Le lendemain, je faisais mes valises, quand ma meilleure amie m'annonça, hilare, que je ne partais plus, vu qu'elle avait rappelé l'aéroport pour annuler ma réservation. Je dus pousser le cri d'une mère à qui on retire son enfant. Je sortis en fureur de ma chambre, rappelai l'aéroport en les menaçant de poursuites pénales s'ils ne me permettaient pas de rentrer au plus vite à Paris. Helas, la place était déjà revendue. Il me fallait attendre deux jours de plus.
Je rappelai Damien, qui, cruel, me fit entendre qu'il ne pourrait tenir plus que deux jours seul à Paris, et qu'il ne manquait pas de garçons dans la capitale qui seraient ravis de l'aimer. Je lui répondis que je n'avais qu'une parole, et que j'aurais souhaité qu'il fusse là pour voir tout ce à quoi je renonçais pour lui. Un petit oiseau m'approuva bruyamment, et je raccrochai.
Deux jours plus tard, j'atterrissais à Paris. J'avais oublié le béton, le métal, la saleté, la laideur, la puanteur, l'acreté, la difformité, les yeux vitreux. J'allais quitter la zone réservée aux passagers en me disant qu'aucun être ne pouvait justifier un tel sacrifice, ni aucune beauté faire oublier tant d'horreurs. Damien m'avait prévenu qu'il m'attendrait à l'aéroport. le moment où je l'aperçus figure parmi les quelques souvenirs que je ne peux rappeler qu'assis ou en me tenant à quelque chose, tant il sont violents. il portait ses van's aux lacets éclatants, un pantalon beige et un polo coloré. Il avait la tête inclinée de celui qui redoute de se faire réprimander. Et ses yeux étaient si lumineux qu'on n'aurait pu les fixer.
La première chose qu'il me dit fut : J'espère que tu n'es pas trop déçu. Non, je n'étais pas trop déçu. Je venais d'entrer au paradis.
Je lis souvent le blog de X***, comme d'ailleurs énormément d'autres tarlouses. Il faut dire que peu de journaux en ligne gay peuvent prétendre à une telle densité; songez que l'auteur y parle quotidiennement de sujets aussi passionnants que ses remontées gastriques, la nature exacte de ses germes, le contenu de son sac pour la bibliothèque, les erreurs de calcul dans un grand quotidien, un nouvelle marque de cosmétique pour nous, les enculés, ou encore les grandes qualités d'un secrétaire général de parti qui me ressemble curieusement.
On frémit de gratitude envers quelqu'un qui nous ouvre ainsi des perspectives intellectuelles aussi larges, qui nous livre des notations aussi justes sur le monde, qui nous emmène sur des terrains aussi vierges et aussi novateurs. on mesure tout le sacrifice, l'effort, la ténacité qu'il faut pour maintenir le rythme d'une contribution par jour quand on a une vie aussi passionnante. on veut bien lui suggérer de nous faire un bulletin quotidien de l'état de ses selles et nous consigner la liste de ses courses à l'auchan du coin, qu'il n'a curieusement pas encore abordés dans son précieux témoignage. Mais malgré ce que j'en pense, je suis heureux à chaque lecture. Je vois à quoi j'ai échappé avec lui.
Faut-il se battre pour conquérir le coeur de ceux qu'on aime ? A considérer l'exemple de X..., je veux bien croire que cela marche toujours, et que l'échec n'est que le résultat d'efforts insuffisants. Je ne connais pas un couple, pas un garçon qui ait resisté à son insistance, à cette perséverance qui étonne, agace, puis séduit. il s'agit surtout de démangeaisons de la bite dans son cas, à en juger par ce qu'il fait de ses victoires. Aussi en déduirons-nous que le collectionneur de bites et de croupes doit persevérer, s'il veut avoir un tableau de chasse honorable (compte tenu de l'étendue du monde gay, à la limite,ce sera rigoureusement le même que tout les autres collectionneurs).
Si je considère ma vie, sans doute faudrait-il répondre non. De fait, ceux qui ont compté ont tous été à l'initiative de notre amour, et chaque fois que j'ai essayé de faire la cour, cela s'est soldé, au mieux, par une passade, au pire, par un rateau. Peut-être suis-je trop maladroit, trop orgueilleux, trop paresseux, mais je pense surtout être bien meilleur amant que drageur, bien meilleur à l'utilisation qu'au moment de l'appariement. Et puis, comment vouloir avoir quelqu'un à l'usure, à force de manoeuvres, de beaux discours, de flatteries, de toutes ces combines misérables, standardisées et burlesques ? On finit peut-être par réussir, mais ce combat là dévalue aussi celui qui y a succombé.Comme en physique, où l'observation peut modifier ce qui est observé, en amour, la drague peut détruire ce qui nous fait aimer. "Je ne suis pas amoureux de lui, je suis amoureux de la façon dont je l'ai capturé", écrivait Montherlant.
Il faut un jeu amoureux, certes. Mais s'il faut se battre pour l'autre, c'est que vous ne gagnerez que pour de mauvaises raisons, et qu'il n'y a pas ce qui fait le fond de toute relation amoureuse: ce sentiment subit que l'autre,quoique inconnu, vous est pourtant familier, que votre histoire, qui commence, est déjà inscrite dans tout votre passé.
...cette nuit froide étoilée d'orgasmes qui est la vie d'un pédé (plus ou moins étoilée d'ailleurs selon son poids, son âge, la couleur de sa peau, la taille de sa bite, l'épaisseur de ses sourcils, la marque de ses sous-vêtements et les autres qualités essentielles dans une communauté raffinée)" 24 février 2008
J'aurais dû suivre mes deux jeunes amants dans la nuit parisienne, où tout le monde se fout bien de devoir disparaître un jour ; m'enivrer du bruit avant l'éternité, me couvrir de sueur avant le suaire ; descendre en boîte avant le caveau.
Quand je suis mort, en 2001, c'est là que j'ai appris que l'enfer est très supportable quand on n'est pas le seul damné29 juillet 2007
Ah, mon blogue, tu ne m'as pas manqué. On m'a un peu parlé de toi, ces derniers temps. Certains te reprochent de te répéter sur les garçons; d'autres te reprochent de te répéter sur la politique. Mettons les tous d'accord, et répétons-nous ce soir sur les garçons et sur la politique.22 juin 2006
Si le ciel n'a pas ton frère
Le ciel peut bien m'attendre 11 février
Quand l'hiver est froid, quand ma vie est froide, que mon coeur est froid et que mes amis sont froids, je vais chercher un peu de chaleur sur son blogue. Il y a mis beaucoup de photos, et c'est vraiment lui le plus beau de GA. Je les regarde, cela va mieux : je sens à nouveau son souffle sur mon épaule, sa nuque sous mes lèvres et son sperme sur mes joues.21 janvier 2006
Ce qui est sûr, c'est qu'après Grande Ecole, il est difficile de faire un film plus bête, comme après Presque rien, il est difficile de faire un film plus vide. Les deux auteurs méritent donc d'être placés aussi haut dans notre panthéon gay, là où usant à l'envi leurs chaleurs dernières, ils pourront réfléchir
leurs doubles lumières/Dans leurs deux esprits, ces miroirs jumeaux." 7 janvier 2006
La meilleure forme de gratitude que pourraient avoir pour nous ceux dont nous nous sommes beaucoup occupés, ce n'est pas de s'occuper de nous à leur tour , c'est d'enfin s'occuper d'eux-mêmes.12 novembre 2005
des fesses fermes et douces, des abdominaux irreprochables, une peau savamment épilée, une musculature sophistiquée, voilà la nourriture ordinaire du gay, mais son bonheur cesse au niveau du cou, lorsqu'il est obligé, pour payer pour le prix de ces corps inoubliables, de supporter un visage imparfait, dégradé, caricatural, vide, pas un de ces visages hétéros qui nous irritent de leur sublime simplicité, de leur mystérieux équilibre.29 octobre 2005
Un club de sport, c'est comme la littérature française contemporaine : il y a beaucoup de pédés, de plus en plus de femmes, et on y trouve surtout des choses crues et laides étalées avec complaisance.16 octobre 2005
Car j'ai beau le caresser, le lécher, l'embrasser, le baiser, le sucer, l'enculer, le prendre en moi et que sais-je encore, il reste irrémédiablement vierge de moi. De nos coïts il ne reste rien, et certainement pas un patrimoine; et les êtres qui nous font l'honneur de nous laisser leur donner du plaisir restent pourtant à jamais inentamés. 16 septembre 2005
…le premier garçon qu'on a embrassé est aussi le premier garçon qu'on a niqué.(…)Je crois que c'est une des raisons qui explique le souci particulier du productivisme sexuel des gays, leur attention au rendement annuel de leurs éjaculations et leur industrialisation du spasme7 mai 2005
Dans un mois, cela fera quatre ans que je suis mort21 avril
La punition de ceux qui ont connu le paradis est d'être incapables d'en parler. Condamnés à se taire sur le seul sujet qui importe, ils doivent en plus supporter les interminables conversations des autres sur tout le reste, qui n'existe pas. 10 mars 2005
Trois marins presques nus, presqu'imberbes et presque majeurs m'allumaient en chantant In the Navy — Jamais depuis je n'ai pu écouter les Village people sans bander aussitôt.18 février 2005
Les garçons que nous rencontrons sont comme des aliments. Les meilleurs nous nourrissent et nous renforcent; les autres nous restent un moment entre la gorge, nous font un peu mal à l'estomac, mais finissent à l'égout dans une agréable libération.12 novembre 2004
Coucher avec la beauté ne rend pas heureux. Cela passe en spasme, et vous laisse à vie un creux douloureux (...)9 novembre 2004
Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit. Je viens encore d'essayer, mais le sommeil ne répond pas à mes appels. il est sur boîte vocale, ça m'énerve. Si on ne peut plus joindre le sommeil en pleine nuit, où va-t-on ? (...)4 novembre 2004
Au fond, Happy Tree Friends, c'est le milieu gay. Il y a beaucoup de couleurs, tout le monde a des coeurs sur le visage, sourit et glapit tout le temps. Et tout le monde fait du mal à tout le monde, et tout finit toujours dans le sang.24 octobre 2004
Pour une fois que tu écris quelque chose d'intéressant, ce n'est pas de toi ; dommage
Sorty
C'est médiocre, comme tout ce qu'écrit cet auteur Elizabethtessier
Une vraie petite boucherie intellectualo-sexuelle. Et tout cela avec cynisme "lucide", prétention élitiste et la condescendance qui l'accompagne... Rapport fascinant à l'autre...
Sharruk
Tu es une catastrophe ambulante en matière de politique! Fais plutôt du porno, ça te réussir mieux. Ou de la poésie. Ma Josiane d'amour