Blog négatif (et révolu)

27/12/2004

27/12/04 - 20:24

Résolution

Ils n'ont que des bombes atomiques comme envoyés spéciaux, nos télénationales. Je crois que je vais me faire tous les journaux de la nuit.

27/12/04 - 19:57

Ne jugez point

La presse nous apprend que le Conseil supérieur de la magistrature a décidé de sanctionner avec une sévérité exemplaire le juge qui détenait sur son ordinateur de bureau près de 50 000 photos pédophiles, en le condamnant à prendre sa retraite d'office — ce qui, en langage clair, signifie que désormais il n'aura plus besoin de venir à son bureau pour se branler et toucher son traitement; il pourra rester chez lui au chaud. Eut-il été garagiste, ouvrier, boulanger, que son sort aurait été légèrement différent : il aurait probablement dû passer plusieurs noël à se faire enculer par des voisins de cellule, mordiller les orteils par des rats et déféquer au milieu d'une cellule de quelques mètres carrés avec comme des spectateurs forcés; à sa sortie, ses biens confisqués et vendus par ses créanciers, il aurait recouvré la liberté en dormant dans le metro. Heureusement, nous sommes en France, et les inégalités sociales nous nous en fichons tous, autant que François Hollande ou sa compagne. Cela nous évite beaucoup de larmes, de honte et de combats.

27/12/04 - 18:52

Hier soir, c'était dimanche

Soirée avec (...) hier soir au Queen. je ne sors plus au Queen qu'accompagné d'une bombe, comme ca je fais chier tous les autres qui évidemment se demandent pourquoi ces choupinous viennent avec moi et pas avec eux-qui-ont-pourtant-un-t-shirt-van-dutch-ou-dior-j-adore (voilà pour avouer la noirceur de mon âme et le plaisir de mes sens).

Evidemment, le premier jeu, là bas, consiste à comparer les mecs réels avec leur image sur lle net. Souvent plus petits que dans notre idée, le teint moins net, mais surtout le regard systématiquement vitreux et content de soi qui vous rassure de ne désirer chez eux, finalement, que les extrémités haute et basse de leur appareil digestif.

Il y a les habitués, on les reconnait à l'assurance avec laquelle ils fendent la foule des danseurs et le caractère très mécanique de leur danse, comme s'ils s'acquittaient d'un travail routinier.Les deux commandements du dimanche soir sont d'embrasser absolument tout le monde et dire du mal d'absolument tout le monde. N'oubliez pas de feindre de croire que la mante religieuse en bas du podium est bien un intime de Galia, que le blond qui ne fait pas son âge n'a plus de morpions, que Mister sourire ultra-brite qui revient-des-staaaates a d'autres passions que ses sous-vêtements et jeans taille basse,que le petit trappu qui embrasse goulument son copain ne l'a pas fait cocu une demi-douzaine de fois dans la semaine écoulée, et que les trois à peine majeurs aux yeux si clairs ne vous épuiseront pas trois minutes après vous avoir arraché un coït triste.

25/12/2004

25/12/04 - 22:27

Noël

Je ne peux pas finir la journée du 25 décembre sans dire ce que j'en pense. Je ne sais pas s'il y a un Dieu, mais je peux dire que s'il existe, je préfère que ce soit le dieu des chrétiens plutôt que Jupiter ou Bouddha. Je préfère que ce soit ce dieu, le premier de l'Histoire qui n'ait pas été une simple divinité folklorique, adorée isolément par une tribu, un groupe, un clan, un peuple. Je préfère, s'il faut choisir une religion, que ce soit le christianisme, dont l'idée sulfureuse qu'il n'y a qu'une seule humanité, et rien qui ne sépare deux hommes, est sans doute en train de se dissoudre dans la recherche névrotique d'identités ou de communautés d'appartenance qui ne rêvent que de mettre en prison ceux qui oseraient sourire de leurs tics. Bientôt, quand on aura oublié cette petite secte juive qui a affirmé l'universel, tout le monde nous dira comme la maman de ce bloggueur : "Ce sont tes origines, tu n'as pas le choix."

Et puis, Noël, c'est le moment de penser aux autres, à ceux qui n'ont pas la même chance que nous. X me disait qu'il ne pouvait fêter Noël à cause de cette idée, et qu'il rejoindrait une association pour apporter un peu de chaleur ce soir là à ceux qui n'en ont pas. Belle intention, mais il y a un mauvais goût au fond de ce beau geste; il nous faut des associations ou des prélèvements obligatoires, à nous, français, pour nous occuper des autres; et nous pouvons passer la nuit à secourir des inconnus qu'une association nous aura présentés, en laissant se pendre le voisin du dessus qui aurait tellement aimé qu'on lui parle de temps en temps.

23/12/2004

23/12/04 - 17:12

80 000 000 000

Depuis les débuts de l'humanité, plus de 80 milliards d'êtres humains sont nés et sont morts. Voilà donc une chose plaisante que le fumeux miracle de la vie, qui n'est en fait qu'une boucherie sans fin, sans pitié, sans mémoire. Dans le peu de temps qui nous est donné, cette promenade entre deux infinis, comme l'écrivait un auteur qui n'a sans doute eu que cette formule de génial, promenade qui n'a donc aucun sens, que faire ? Comment ne pas être écrasé par cette éternité à venir où nous ne serons pas et où nous ne laisserons rien ?

Ce néant qui m'obsédait au temps de mon adolescence, je l'avais apprivoisée quand j'étais avec Vincent, car on ne peut imaginer chose plus belle que de s'anéantir à deux. Deux, pas plus, sinon tout la beauté disparaît. Il n'y a que les promenades à deux qui ont du sens, et on n'a guère le temps que de trouver un seul compagnon pour cette seconde qui nous sépare encore du tombeau.

Il n'en sera donc pas ainsi. Et au moment où commence pour moi une histoire si proche de celle que j'ai vécu avec lui, avec un garçon qui a une semaine de plus que lui, j'essaye de chasser ce dernier regret qui mouille mes yeux.

13/12/2004

13/12/04 - 20:05

Un anniversaire

C'était donc un 11 décembre, en tout cas nous avons convenu, bien plus tard, que ce serait la date de l'anniversaire. Je l'avais rencontré sur la place du Panthéon, il m'accueillit avec le regard mi-clos qu'il vous porte quand il vous en veut; j'avais trente minutes de retard. Nous avons descendu la rue Soufflot, le ciel était dégagé. Son visage s'éclairait dès qu'il me racontait une de ses bêtises passées. Je lui ai demandé, dans une syntaxe improbable : Combien de temps es-tu resté, le plus longtemps, avec un garçon ?
- deux heures et quart.
Dans une petite rue méconnue et déserte, il a essayé de m'arracher un peu de tendresse, mais je ne voulais pas tomber dans le piège.
A la fin, il m'a raccompagné en bas de chez moi. J'ai inventé l'excuse la plus idiote qui soit pour lui interdire de monter. J'avais fermement décidé de ne pas le revoir, mais j'allais bien me garder de lui dire. Cependant, je n'ai pas pu lui refuser une bise. Quand j'ai décollé mes lèvres de sa peau, je savais que j'étais piégé pour la vie. C'était il y a neuf ans aujourd'hui.

06/12/2004

06/12/04 - 19:56

La roue tourne

Pendant deux heures, je le regarde en priant de trouver le courage d'aller lui demander son numéro. A la pause, c'est lui qui vient demander mon numéro. Et évidemment, noyé dans les deux planètes bleues qui me regardent, j'oublie de lui demander son prénom.

06/12/04 - 19:40

Sic transit blogum...

Les blogs qui se ferment sur GA, c'est comme les candidats éliminés de la Star Ac. On est triste et déçu le soir même, et le lendemain, on ne se souvient même plus de leur prénom pseudo.

 

Résumé des épisodes précédents

...cette nuit froide étoilée d'orgasmes qui est la vie d'un pédé (plus ou moins étoilée d'ailleurs selon son poids, son âge, la couleur de sa peau, la taille de sa bite, l'épaisseur de ses sourcils, la marque de ses sous-vêtements et les autres qualités essentielles dans une communauté raffinée)" 24 février 2008


J'aurais dû suivre mes deux jeunes amants dans la nuit parisienne, où tout le monde se fout bien de devoir disparaître un jour ; m'enivrer du bruit avant l'éternité, me couvrir de sueur avant le suaire ; descendre en boîte avant le caveau. Quand je suis mort, en 2001, c'est là que j'ai appris que l'enfer est très supportable quand on n'est pas le seul damné29 juillet 2007


Ah, mon blogue, tu ne m'as pas manqué. On m'a un peu parlé de toi, ces derniers temps. Certains te reprochent de te répéter sur les garçons; d'autres te reprochent de te répéter sur la politique. Mettons les tous d'accord, et répétons-nous ce soir sur les garçons et sur la politique.22 juin 2006


Si le ciel n'a pas ton frère
Le ciel peut bien m'attendre

11 février


Quand l'hiver est froid, quand ma vie est froide, que mon coeur est froid et que mes amis sont froids, je vais chercher un peu de chaleur sur son blogue. Il y a mis beaucoup de photos, et c'est vraiment lui le plus beau de GA. Je les regarde, cela va mieux : je sens à nouveau son souffle sur mon épaule, sa nuque sous mes lèvres et son sperme sur mes joues. 21 janvier 2006


Ce qui est sûr, c'est qu'après Grande Ecole, il est difficile de faire un film plus bête, comme après Presque rien, il est difficile de faire un film plus vide. Les deux auteurs méritent donc d'être placés aussi haut dans notre panthéon gay, là où usant à l'envi leurs chaleurs dernières, ils pourront réfléchir leurs doubles lumières/Dans leurs deux esprits, ces miroirs jumeaux." 7 janvier 2006


La meilleure forme de gratitude que pourraient avoir pour nous ceux dont nous nous sommes beaucoup occupés, ce n'est pas de s'occuper de nous à leur tour , c'est d'enfin s'occuper d'eux-mêmes. 12 novembre 2005


des fesses fermes et douces, des abdominaux irreprochables, une peau savamment épilée, une musculature sophistiquée, voilà la nourriture ordinaire du gay, mais son bonheur cesse au niveau du cou, lorsqu'il est obligé, pour payer pour le prix de ces corps inoubliables, de supporter un visage imparfait, dégradé, caricatural, vide, pas un de ces visages hétéros qui nous irritent de leur sublime simplicité, de leur mystérieux équilibre. 29 octobre 2005


Un club de sport, c'est comme la littérature française contemporaine : il y a beaucoup de pédés, de plus en plus de femmes, et on y trouve surtout des choses crues et laides étalées avec complaisance. 16 octobre 2005


Car j'ai beau le caresser, le lécher, l'embrasser, le baiser, le sucer, l'enculer, le prendre en moi et que sais-je encore, il reste irrémédiablement vierge de moi. De nos coïts il ne reste rien, et certainement pas un patrimoine; et les êtres qui nous font l'honneur de nous laisser leur donner du plaisir restent pourtant à jamais inentamés. 16 septembre 2005


…le premier garçon qu'on a embrassé est aussi le premier garçon qu'on a niqué.(…)Je crois que c'est une des raisons qui explique le souci particulier du productivisme sexuel des gays, leur attention au rendement annuel de leurs éjaculations et leur industrialisation du spasme7 mai 2005


Dans un mois, cela fera quatre ans que je suis mort 21 avril


La punition de ceux qui ont connu le paradis est d'être incapables d'en parler. Condamnés à se taire sur le seul sujet qui importe, ils doivent en plus supporter les interminables conversations des autres sur tout le reste, qui n'existe pas. 10 mars 2005


Trois marins presques nus, presqu'imberbes et presque majeurs m'allumaient en chantant In the Navy — Jamais depuis je n'ai pu écouter les Village people sans bander aussitôt.
18 février 2005


Les garçons que nous rencontrons sont comme des aliments. Les meilleurs nous nourrissent et nous renforcent; les autres nous restent un moment entre la gorge, nous font un peu mal à l'estomac, mais finissent à l'égout dans une agréable libération. 12 novembre 2004


Coucher avec la beauté ne rend pas heureux. Cela passe en spasme, et vous laisse à vie un creux douloureux (...)9 novembre 2004


Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit. Je viens encore d'essayer, mais le sommeil ne répond pas à mes appels. il est sur boîte vocale, ça m'énerve. Si on ne peut plus joindre le sommeil en pleine nuit, où va-t-on ? (...)4 novembre 2004


Au fond, Happy Tree Friends, c'est le milieu gay. Il y a beaucoup de couleurs, tout le monde a des coeurs sur le visage, sourit et glapit tout le temps. Et tout le monde fait du mal à tout le monde, et tout finit toujours dans le sang.24 octobre 2004


Ils n'aiment pas

Pour une fois que tu écris quelque chose d'intéressant, ce n'est pas de toi ; dommage Sorty

C'est médiocre, comme tout ce qu'écrit cet auteur
Elizabethtessier

Une vraie petite boucherie intellectualo-sexuelle. Et tout cela avec cynisme "lucide", prétention élitiste et la condescendance qui l'accompagne... Rapport fascinant à l'autre...
Sharruk

Tu es une catastrophe ambulante en matière de politique! Fais plutôt du porno, ça te réussir mieux. Ou de la poésie.
Ma Josiane d'amour

Ce qu'on peut lire comme conneries....
Ronans

Et vive les donneurs de leçon
Fantin