Blog négatif (et révolu)

26/01/2005

26/01/05 - 20:30

Le korax, la chouette de minerve et Archytas de Tarente

Mon blog s'éloigne de moi. Cela fait deux mois que je vis quelque chose, dont rien ne se reflète ici, alors même que cela concerne au moins deux personnes de GA. Il faudrait remplacer alors même par précisément parce que. Comment voulez-vous écrire sincèrement ce que vous pensez, ressentez, comprenez, redoutez, espérez de quelqu'un qui vous lit ? Je ne comprends pas bien ce que c'est qu'un blog non anonyme, je veux dire par là lu par des gens qui vous connaissent déjà. Il y entre nécessairement du calcul, une recherche d'efficacité, de résultat, d'effets, qui en stérilise tout l'intérêt, c'est-à-dire le partage désintéressé d'une vie et d'une conscience.

J'y vois une autre raison : c'est qu'on se trompe toujours quand on est amoureux. Ceux qui tiennent leur blog depuis plus longtemps que moi, ceux qui ont écrit au fur et à mesure une chronique sentimentale, peuvent-ils la relire ensuite sans avoir envie de tout changer, d'apporter des corrections, des errata, des notes de bas de page, des ratures ? Il faut qu'une chose soit finie pour qu'on puisse en bien parler, et avant, il faut la vivre sans la redoubler de vains mots.

Enfin, il y a une dernière raison, qui n'est pas démontrable, mais qui circule chez tous ceux qui ont eu la chance d'être heureux : cache ton bonheur tant qu'il dure, car tu ne pourras jamais lutter contre l'armée innombrable de ceux qui veulent te le détruire.

NB Si, si, il y a bien un lien avec le titre

26/01/05 - 01:03

Nothing is certain but taxes and death

Ainsi donc le Président Chirac va une nouvelle fois démontrer aux générations futures - et au reste du monde - à quel point son intelligence du monde et de ses problèmes est affreusement limitée. Je ne sais si c'est cela qui me navre le plus, ou si c'est le soutien si large que sa proposition idiote semble recueillir en France (et, en France uniquement).

Voilà donc la potion magique contre le sous-développement : une taxe nouvelle, prélevée sur les transactions financières. Admettons qu'elle soit possible - le génie français ne s'embarasse jamais des questions de faisabilité, sans doute trop dégradantes pour lui - en quoi cela résoudrait le problème du sous-développement ? Car le problème n'est manifestement pas celui de la collecte des fonds, mais bien celui de leur emploi, comme le démontre suffisamment le cas de ces économies africaines qui se sont ruinées par des impasses économiques, ou qui ont dilapidées la richesse fabuleuse de leurs sous-sols. Mais le génie français n'étudie ni l'histoire, ni l'économie, horribles disciplines empiriques, et préfère tout déduire de son intuition souveraine. Au moins l'avantage de l'aide au développement, c'est qu'elle finit toujours dans les banques occidentales et le financement de nos campagnes électorales (affirmation non gratuite : une recherche de quelques minutes sur les données internationales et une connaissance des mécanismes économiques du niveau seconde permettra au lecteur de vérifier que les pays du sud sont en moyenne exportateurs nets de capitaux vers le nord).

helas, un des principaux obstacles au développement, il faut en convenir, c'est bien Chirac lui-même, et son attachement criminel à la politique agricole commune, qui prive des pays du sud d'un débouché nécessaire, vital, et d'une possibilité d'enrichissement et de développement qu'on leur refuse depuis trop longtemps. Si l'Afrique échappe un jour au sous-développement, je peux parier qu'elle n'aura aucune rue Jacques Chirac, aucune place José Bové, aucune fête de l'alter mondialisme.

23/01/2005

23/01/05 - 23:58

Pitié pour les gros

Neuf autoportraits en ligne de tarlouses sur dix précisent, à la rubrique "je n'aime pas" : les vieux, les moches et les gros. Passons sur les deux premières catégories, de toute façon, dans le monde merveilleux du chat gay, "jmec" ca va jusqu'aux environs de la soixantaine — et concentrons nous sur la dernière, qui commence dès que l'on dépasse les cinquante kilos pour 1m80. C'est vrai, le gros est honni du commerce ultralibéral des corps qu'a instauré la communauté gay. Il n'est pas homogène aux autres produits, qui sont tous alignés sur le format d'un overkitschboy soit celui d'une victime affamée du tsunami. La demande pour les enrobés est donc nulle. Aucune bite ne se dresse pour eux, et les voilà exclus de ces appariements optimaux que permet la fluidité remarquable du marché gay pur et parfait. Et aucune redistribution sociale ne leur prodiguera ces moments qu'ils convoitent et les morpions qui les accompagnent.

J'écris cela, et je m'aperçois cependant que c'est faux. L'histoire de 2004 est, je le concède, celle d'une prise de poids bien regrettable. J'aurais donc dû être exclu petit à petit, or c'est bien exactement le contraire qui s'est passé. Chaque fois que je gagnais 500 grammes, mon succès auprès des jeunes gens augmentait dans une proportion considérable. Cet été, alors que je n'osais pas même rejoindre mes amis à Ibiza pour ne pas être crucifié sur la place par mes rondeurs si peu tendance, j'ai dû épuiser le stock parisien de choupinous - que des yeux bleus, quand j'y repense- de passage entre deux vacances qui m'ont consommé à pleine bouche en me laissant à peine le temps des conversations d'usage. Je mis cela sur le compte du trou de la couche d'ozone ou de la diffusion d'OGM, et je m'apprétais à une abstinence bien justifiée par mon adiposité en septembre, quand j'eu l'honneur de quelques visites de province qui firent mon bonheur et la stupeur nocturne de mes voisins devant des effusions aussi vigoureuses que bruyantes. Je termine l'année catastrophé par la pulvérisation de tous mes records de surpoids, et me voilà cependant en couple ! Du coup, voilà que j'appréhende le retour du printemps, et l'amaigrissement automatique qu'il provoque chez moi.

23/01/05 - 23:26

Vous êtes séparés et seuls comme les morts,
Misérables vivants que de baiser tourmente


"Les Caresses" à un mot près.

23/01/05 - 13:10

Ipod Souvenirs (MàJ)

Une petite semaine de solitude au bord de la mer rouge, Lolo ayant finalement déclaré forfait (pour le moment). Vu mon état, c'était une bonne chose de ne pas avoir à supporter de compagnie (les espagnols disent qu'en voyage, un compagnon est un maître).

Les yeux dans le ciel, je passais mes journées à rappeler mes souvenirs, comme si ma tête s'était transformée en un grand ipod. J'ai abusé de la playlist amours, parce que le soleil, la mer, un beau belge au yeux comme la mer et aux cheveux comme le soleil m'y invitaient.

Je dois avouer que j'ai aussi beaucoup utilisé la playlist Cul, que je n'aurais jamais crue aussi riche - il faut dire qu'elle est somme toute récente, puisque le début de ma vie sexuelle coïncide presque avec ma rencontre avec vincent, et donc lui a été consacrée pendant cinq ans. Ce n'est pas qu'il n'y ait pas eu entre nous des orgasmes historiques (je me souviens qu'à une de mes propositions d'acheter un film de cul, il m'avait répondu : pourquoi faire ? c'est moi, ton film de cul) mais ce n'est pas dans les souvenirs cul que j'ai envie de les classer, car il y avait toujours beaucoup de tendresse, avant, après, des rires, de la connivence. Mais alors, depuis que je pleure cet amour perdu, quel rattrapage ! Et l'année 2004 - l'été 2004 - a sans doute apporté les meilleurs morceaux, grâce à stéphane, david, et quelques bloggueurs d'ici. Je ne m'en suis pas trop rendu compte sur le moment, car je cherchais l'amour, alors. Et maintenant que je suis amoureux et aimé, je savoure mieux toute la créativité de ces moments sous la couette (enfin, pas seulement là, d'ailleurs).

Et tout au fond de mon ipod crânien, il y a une playlist sans nom, qui n'est pas défendue mais qui est terriblement dangereuse. Ce sont tous les souvenirs que je ne peux pas rappeler sans une réaction violente; ce sont ces moments qui saturent toutes mes capacités de comprendre et de ressenti, et me laissent après sans goût et sans espoir, ou presque. Rien n'existe à côté de ces moments là, c'est un aveuglement du coeur et de la volonté comme l'éblouissement que l'on a après avoir fixé le soleil. J'ai revu le morceau principal, celui de cette fin d'été 1996 à la sortie de la gare RER de Vincennes, quand un petit bonhomme m'attendait en souriant — et j'ai aussitôt éteint l'ipod, pour ne pas être détruit.

10/01/2005

10/01/05 - 23:30

Résolution 2005

Ne plus lire sur GA que les blogs des mecs avec lesquels j'ai couché. Ca me prendra déjà assez de temps comme ca. Et par une coïncidence heureuse, c'est sur ceux là que je m'emmerde le moins.

09/01/2005

09/01/05 - 23:41

Pitié pour les gays

Le milieu gay est le plus charitable de tous. Je ne veux pas parler ici de tous les billets que donnent si gentiment les vieux gays aux plus jeunes, qui permettent à ces derniers de s'habiller en Dior et d'aller au concert de Mylène. Non, je veux dire cette gentillesse spontanée que se témoignent entre elles les tapettes, dès que l'un d'entre eux des soucis. D'ailleurs, dans ce milieu, on ne vous aime que si vous avez des soucis. Les affinités se font sur des expériences malheureuses partagées : tel groupe réunit les cocus, tel autre réunit les frustrés, un troisième les mal baisés, un autre encore les éternels plaqués. A tel point qu'il ne faudrait pas parler, chez les gays, de groupe d'amis, mais plutôt de groupes de parole.

Toutefois, dès que l'un des membres s'avisent d'échapper au destin collectif, au communisme du malheur, vous voyez le groupe s'agiter, bruire, tonner, ricaner, avant d'exclure de ses blagues, de ses sourires entendus, de sa sollicitude, celui qui n'a pas suivi la ligne du parti, et vit le parfait amour, des orgasmes sans ombre, une rencontre qui n'est pas la même que toutes les autres. Il ne sera admis qu'après un nouvel échec, et avec d'autant plus de suavité que son échec aura été tragique et douloureux.

Cette solidarité, magnifique, forgée sans doute dans la noble et héroïque résistance à l'homophobie fascisante des medias et de la République, ne va pas jusqu'à vous aider, à vous donner le petit coup de main nécessaire, non, ce ne serait pas assez raffiné. Mais elle adore se rassurer en écoutant vos malheurs à la terrasse du Tropic ou de l'Open Café en sirotant un coca light.

09/01/05 - 10:15

Intermittents du spectacle

La fille de Josiane Balasko, La fille de Serge Gainsbourg, le fils de Depardieu, la fille de Depardieu, le fils de Gérard Jugnot, la fille de Nathalie Baye, le fils de Philippe Garrel, la fille d'Alain de Caunes, le fils de Cassel, le fils de Castaldi (liste à compléter)

05/01/2005

05/01/05 - 22:28

Sic

Ah bon, tu sors avec netromain ? Je pensais qu'il devait être supermoche.

05/01/05 - 21:46

Tourista

Nous sommes le peuple le plus moral de la terre. Je pense qu'il doit y avoir environ 60 millions de professeurs de morale en France, soit autant de français, si on exclut les infans et les séniles. Le français vit dans la morale : il ne peut ouvrir sa télévision, lire son journal, consulter gayattitude sans avoir droit à un sermon. Bien sûr, aucun ne vous dira : c'est mal de...mais on vous dira : c'est indécent, c'est dangereux, c'est scandaleux, cela a des relents de je ne sais quoi, cela frôle je ne sais quoi, ce qui revient au même.

Ainsi, un éditorialiste de la presse régionale s'est récemment fendu d'une diatribe contre les touristes occidentaux qui continuent de bronzer en thaïlande, après un précédent papier félicitant les français pour leurs dons. Comment ne pas l'approuver ? Et pourtant, à bien y réfléchir, c'est parfaitement stupide. Pourquoi M. X serait un chic type quand il verse 30 euros à une association (en réalité, moins grâce à la déduction fiscale) et un sale type quand il en dépense directement sur place 200 ? Vous me direz que dans un cas, il donne, alors que dans l'autre, il consomme. Oui, mais ce qui compte, me semble-t-il, c'est ce qui se passe là-bas. Or je pense qu'un thaï préfère de loin gagner 200 euros que de recevoir l'aumône de 30 euros. Et le développement, ce n'est pas quand un pays reçoit de l'argent, mais quand il produit lui-même et vend des richesses. Alors on peut dire ce que l'on veut du haut de sa chaire, mais le touriste fait infiniment plus pour le développement de ces pays que l'éditorialiste en question, qui a perdu une bonne occasion de se taire.

 

Résumé des épisodes précédents

...cette nuit froide étoilée d'orgasmes qui est la vie d'un pédé (plus ou moins étoilée d'ailleurs selon son poids, son âge, la couleur de sa peau, la taille de sa bite, l'épaisseur de ses sourcils, la marque de ses sous-vêtements et les autres qualités essentielles dans une communauté raffinée)" 24 février 2008


J'aurais dû suivre mes deux jeunes amants dans la nuit parisienne, où tout le monde se fout bien de devoir disparaître un jour ; m'enivrer du bruit avant l'éternité, me couvrir de sueur avant le suaire ; descendre en boîte avant le caveau. Quand je suis mort, en 2001, c'est là que j'ai appris que l'enfer est très supportable quand on n'est pas le seul damné29 juillet 2007


Ah, mon blogue, tu ne m'as pas manqué. On m'a un peu parlé de toi, ces derniers temps. Certains te reprochent de te répéter sur les garçons; d'autres te reprochent de te répéter sur la politique. Mettons les tous d'accord, et répétons-nous ce soir sur les garçons et sur la politique.22 juin 2006


Si le ciel n'a pas ton frère
Le ciel peut bien m'attendre

11 février


Quand l'hiver est froid, quand ma vie est froide, que mon coeur est froid et que mes amis sont froids, je vais chercher un peu de chaleur sur son blogue. Il y a mis beaucoup de photos, et c'est vraiment lui le plus beau de GA. Je les regarde, cela va mieux : je sens à nouveau son souffle sur mon épaule, sa nuque sous mes lèvres et son sperme sur mes joues. 21 janvier 2006


Ce qui est sûr, c'est qu'après Grande Ecole, il est difficile de faire un film plus bête, comme après Presque rien, il est difficile de faire un film plus vide. Les deux auteurs méritent donc d'être placés aussi haut dans notre panthéon gay, là où usant à l'envi leurs chaleurs dernières, ils pourront réfléchir leurs doubles lumières/Dans leurs deux esprits, ces miroirs jumeaux." 7 janvier 2006


La meilleure forme de gratitude que pourraient avoir pour nous ceux dont nous nous sommes beaucoup occupés, ce n'est pas de s'occuper de nous à leur tour , c'est d'enfin s'occuper d'eux-mêmes. 12 novembre 2005


des fesses fermes et douces, des abdominaux irreprochables, une peau savamment épilée, une musculature sophistiquée, voilà la nourriture ordinaire du gay, mais son bonheur cesse au niveau du cou, lorsqu'il est obligé, pour payer pour le prix de ces corps inoubliables, de supporter un visage imparfait, dégradé, caricatural, vide, pas un de ces visages hétéros qui nous irritent de leur sublime simplicité, de leur mystérieux équilibre. 29 octobre 2005


Un club de sport, c'est comme la littérature française contemporaine : il y a beaucoup de pédés, de plus en plus de femmes, et on y trouve surtout des choses crues et laides étalées avec complaisance. 16 octobre 2005


Car j'ai beau le caresser, le lécher, l'embrasser, le baiser, le sucer, l'enculer, le prendre en moi et que sais-je encore, il reste irrémédiablement vierge de moi. De nos coïts il ne reste rien, et certainement pas un patrimoine; et les êtres qui nous font l'honneur de nous laisser leur donner du plaisir restent pourtant à jamais inentamés. 16 septembre 2005


…le premier garçon qu'on a embrassé est aussi le premier garçon qu'on a niqué.(…)Je crois que c'est une des raisons qui explique le souci particulier du productivisme sexuel des gays, leur attention au rendement annuel de leurs éjaculations et leur industrialisation du spasme7 mai 2005


Dans un mois, cela fera quatre ans que je suis mort 21 avril


La punition de ceux qui ont connu le paradis est d'être incapables d'en parler. Condamnés à se taire sur le seul sujet qui importe, ils doivent en plus supporter les interminables conversations des autres sur tout le reste, qui n'existe pas. 10 mars 2005


Trois marins presques nus, presqu'imberbes et presque majeurs m'allumaient en chantant In the Navy — Jamais depuis je n'ai pu écouter les Village people sans bander aussitôt.
18 février 2005


Les garçons que nous rencontrons sont comme des aliments. Les meilleurs nous nourrissent et nous renforcent; les autres nous restent un moment entre la gorge, nous font un peu mal à l'estomac, mais finissent à l'égout dans une agréable libération. 12 novembre 2004


Coucher avec la beauté ne rend pas heureux. Cela passe en spasme, et vous laisse à vie un creux douloureux (...)9 novembre 2004


Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit. Je viens encore d'essayer, mais le sommeil ne répond pas à mes appels. il est sur boîte vocale, ça m'énerve. Si on ne peut plus joindre le sommeil en pleine nuit, où va-t-on ? (...)4 novembre 2004


Au fond, Happy Tree Friends, c'est le milieu gay. Il y a beaucoup de couleurs, tout le monde a des coeurs sur le visage, sourit et glapit tout le temps. Et tout le monde fait du mal à tout le monde, et tout finit toujours dans le sang.24 octobre 2004


Ils n'aiment pas

Pour une fois que tu écris quelque chose d'intéressant, ce n'est pas de toi ; dommage Sorty

C'est médiocre, comme tout ce qu'écrit cet auteur
Elizabethtessier

Une vraie petite boucherie intellectualo-sexuelle. Et tout cela avec cynisme "lucide", prétention élitiste et la condescendance qui l'accompagne... Rapport fascinant à l'autre...
Sharruk

Tu es une catastrophe ambulante en matière de politique! Fais plutôt du porno, ça te réussir mieux. Ou de la poésie.
Ma Josiane d'amour

Ce qu'on peut lire comme conneries....
Ronans

Et vive les donneurs de leçon
Fantin