C'est un blog de moins en moins négatif, ici. Pas un mot aigre contre la marche des fiertés ; peut-être que le nom qu'elle s'est choisi suffit, un peu comme la publicité ferrero rocher qui désarme toute caricature en les contenant déjà toutes. Il y avait une forme de gratuité, au début de la gaie fierté parisienne, qui la rendait si attachante ; des musiques, des frous-frous et des tenues improbables, qui entraînaient tout le monde. Ce sont les pédés qui ont appris au monde qu'on pouvait faire la fête même quand on n'a rien à fêter. A présent, comme dès que vous mettez plus de trois français ensemble, il s'agit désormais de réclamer, de revendiquer, d'exiger, de lutter et de condamner les discriminations qu'on subit. Mais à part deux ou trois personnes en tête de cortège, qui s'en soucie ?
De toutes façons, je n'y étais pas, cette année. Je me suis contenté de rejoindre mon copain et un ami dans le marais. Vanité des vanités, grosse satisfaction d'amour propre, quand nous sommes tombés sur un jeune garçon qu'ils avaient reluqué pendant le défilé avec une langue pendante de cocker, qui avait fait mes délices un mois de septembre inoubliable.
Et ce que j'aime dans cette fête, c'est tous les souvenirs qu'elle me rend, ce court-circuit qu'elle provoque entre tous les mois de juin de ma vie.
Et, depuis Damien, depuis Vincent, depuis Olivier, depuis les deux Nicolas, depuis Florent, depuis Matthieu, depuis Mathieu, depuis Antoine, et depuis qui-vous-ne-savez-pas-mais-que-vous-pourriez trouver-facilement-si-cela-vous-intéressait-vraiment, ce sourire immense que fait mon coeur quand je vois un garçon immensément beau danser presque nu, qui veut lui dire : je ne te regarderais pas comme cela si je ne t'avais pas déjà eu dans mes bras.
La génération des 30-35 ans a eu un sort curieux. Elle n'a jamais eu de succès, cela aurait été trop commercial. Elle n'a jamais aimé les autres, cela aurait été trop catho. Elle n'a jamais connu l' amuuuuuur, car cela aurait été trop bourgeois. Elle ne s'est jamais occupé du reste du monde, cela aurait été trop mondialiste. Elle n'a jamais accepté d'effort pour ses diplômes qu'elle considérait mériter à la naissance, sinon cela aurait été trop élitiste. Elle n'a jamais voulu changer le monde, cela aurait été trop libéral. Elle n'a jamais voulu admirer, cela aurait été trop inégalitaire. Elle n'a jamais rien fait pour les pauvres ou les immigrés d'autre que de les compter, les cantonner dans des cités et leur faire un chèque de temps en temps, car toute autre chose aurait été démago. Elle n'a jamais changé quelque chose à nos institutions, cela aurait été réactionnaire. Elle n'a jamais accepté qu'on lui oppose des faits, des chiffres, des données, cela serait trop technocrate.Elle n'a jamais aimé le seul endroit de la planète qu'elle connaisse un tout petit peu, cela aurait été nationaliste. Elle n'a jamais voulu discuter avec son voisin, car il est de droite.
Maintenant, un homme est un homme, et vers les trente/trente cinq ans, il commence à se dire que les jeux sont un peu faits, et qu'il aura du mal à promettre beaucoup plus que ce qu'il a déjà fait, si ce qu'il a déjà fait n'est rien.
Alors il reste à cette génération à blogger, à donner des leçons et des bons points, et à sortir le champagne quand elle a réussi à baiser, comme ces français qui en 1938 chantaient
J'espère qu'au moins vous n'irez pas vous réjouir de votre fierté de je ne sais plus trop quoi, alors que de l'autre côté de la manche il y a tant de femmes qui souffrent, d'après notre voyante préférée.
Je pense que la moitié de GA aurait accepté de me sucer pour m'accompagner à la soirée d'hier. Et franchement, je crois que la moitié de GA aurait eu raison ;)) Surtout qu'en plus, comme je ne suis plus célibataire, la nuit aurait été beaucoup plus féconde pour vous que pour moi.
Par décision ministérielle, les français sont sortis comme un seul homme, ce soir, dans la rue, pour chanter ou écouter des boutonneux chanter du John Lennon ou du Coldplay; qui a osé dire que l'exception culturelle est morte ? S'il y a une exception, hélas, c'est bien qu'on se demande aujourd'hui ce que c'est que notre culture. Quand je rencontre un autre français, qu'est-ce que je partage avec lui ? probablement rien. En tout cas, rien de plus qu'avec un espagnol, un italien, ou un ossète du nord (à part la langue). Nous n'avons pas nécessairement de chanson que nous pourrions avoir envie de chanter ensemble; nous n'avons pas nécessairement de dates que nous pourrions célébrer ensemble, nous n'avons aucun rite que nous puissions à coup sûr accomplir ensemble. Dans mes études à l'étranger, j'étais toujours envieux de cette communauté culturelle qui unissait les ressortissants de tous les pays, cette familiarité culturelle qui leur recréait une maison si loin de chez eux. On ne reconnaissait les français qu'à leur hilarité, lorsque, le 14 juillet, le campus prenait les couleurs bleu blanc rouge. Et à leur silence quand tous ceux qui ne le sont pas, nous demandaient quelles étaient nos fêtes, nos usages, nos habitudes.
Mais il n'y a pas de culture française, car il n'y a rien de vivant et de commun entre les français. Heureusement, nous avons inventé un ministre de la culture, qui décrète des pastiches de fêtes à l'infini, et qui peut se féliciter lorsque, pendant une nuit, il a créé le plus grand disneyland du monde. Il n'y a que les ronchons comme moi pour pleurer devant ces kiosques de nos jardins publics, toujours déserts, toujours muets, toujours plein de fientes, sauf le 21 juin, lorsqu'une troupe de gamins y jouent du Julie Zenatti.
Quand je vois la détestation unanime des pédébloggeurs contre la Thatcher, j'avoue qu'il me vient un irresistible fou rire. Car finalement, depuis le début des années 1980, est-ce que nous, français, nous n'avons pas subi exactement tous les malheurs qu'on lui reproche, sans n'y avoir jamais riengagné en échange, contrairement à nos amis britanniques ?
Rappelons à ceux qui débattent que, de fait, il n'y a plus de problème de chômage en France, si on considère toute la littérature économique sur le sujet, qui dispose à la fois d'explications très convaincantes et de solutions tout aussi convaincantes (la plupart ayant été éprouvées in vivo ailleurs, mais nous ne sommes pas impunément le peuple le plus intelligent de la terre). Voilà une heureuse nouvelle qui, hélàs, n'ouvre que sur la désolation. Car on ne voit personne pour agir.
Il y a quelque chose d'indépassable dans les chansons des Village people. On croit qu'on pourrait en faire des milliers, mais c'est faux. Ils ont déjà tout dit. Non, c'est mieux. Ils ont déjà tout sous entendu.
Et oui, pour moi aussi, l'Ecole est finie. Finie, cette année de stress, à remettre en jeu toutes les semaines une réputation à laquelle je suis stupidement attaché, à vouloir épater, séduire par autre chose qu'un physique qui n'est pas beau des gens qui le sont de manière éclatante. Une pression de neuf mois qui ne retombe jamais, car elle est a toujours faim de sa dose de succès, sans jamais ne pouvoir s'y rassasier.
Et pourtant, s'il y a une seule chose de solide dans ce monde et dans tous les autres, lâchons le morceau, ce n'est pas d'enregistrer un disque ni même de sodomiser la moitié d'une génération de mâles; c'est cette rencontre purement intellectuelle que nous faisons avec quelqu'un qui nous suit de quelques années, cette vision du monde que nous lui faisons un tout petit partager et qu'il nous flatte en l'adoptant un tout petit peu, et un tout petit moment, et plus encore en nous accordant qu'elle est possible — cette petite partie de nous qu'il emporte avec lui, qu'il met à l'abri chez lui, et qui, sans doute, nous survivra.
Je croyais encore vouloir tout plaquer, il y a quelques semaines. Et puis, ces quelques courriers, reçus presque simultanément, de ceux qui sans le savoir ont justifié mes efforts de trois années, et pour lesquels je resterai attaché à l'une de leurs meilleures années, ô que cela justifie mes ambitions abandonnées, mon obscurité, ma médiocrité dans tout ce qui excite mes contemporains.
Bien sûr, mon cher X., mon cher Y., et mon tout premier Z., entre nous, il n'y a pas eu de sexe, il n'y a même pas eu de baiser; mais des sourires entendus, des yeux un peu plus grands, et des moments absurdes où nous nous rappelons l'un de l'autre.
PS. Voilà qui prouve de manière définitive que je ne sais pas écrire. Il y a une réalité brûlante, et voilà que sous mes mots, elle se transforme en gélatine industrielle. Ceux qui me connaissent comprendront de quoi je parle (et puis, forcément, avec des visages en plus, cela serait immédiatement plus clair pour tout le monde).
Quand je pleurais mon couple défunt auprès d'autres couples, ceux-ci me regardaient toujours avec la pitié distante que l'on témoigne à ceux qui sont frappés d'un malheur à la fois inévitable et parfaitement étranger. Aujourd'hui, tous ces couples sont morts. Il n'y a plus que moi qui suis en couple.
Ce soir, au journaltélé, on nous a montré de bien belles images de "florence" en train de visiter le salon du Bourget. A quand Florence au salon de l'agriculture, Florence à la Foire de Paris, Florence au mondial de l'auto, Florence à Paris-Plage ? Mais j'imagine que nous aurons droit à Florence à la fête de la musique. Tout le monde a relevé son expression, lors d'une récente interview : "je reviens d'un stage à Bagdad." Je crois qu'elle a vendu le morceau : sans doute qu'être otage en irak est aujourd'hui un meilleur marche pieds vers la célébrité, depuis qu'il y a près d'une demi-douzaine de saisons de la Star academy, et particulièrement quand la ménopause approche. Votre carrière capote, votre vie sentimentale est déséspérement contemporaine : partez pour Bagdad, la place est libre, à vous la gloire des murs de Paris, le retour en avion privé et les flashes. Le budget de cette superproduction est à la hauteur de votre future staritude : 15 millions de dollars d'argent public, selon Reporters sans frontière.
Partir en Irak au moment où la France vient de récupérer, au prix de grands efforts, deux journalistes promis par leurs ravisseurs à une décollation devant les caméras, j'appelle cela un bel exemple de crétinerie féminine. Même le Chef de l'Etat, reconnaissant un esprit comme le sien, l'appelle familièrement Florence, c'est dire. En tout cas, cela la qualifie pour devenir une icône française.
Et pendant ce temps, un divin choupinou, qui vient raconter comment la vie de sa famille a été saccagée par la puissance publique, qui a envoyé son père, alors qu'il n'avait pas quinze ans, un an et demi en prison, le temps que le juge puisse lire la deuxième page d'un contrat d'assurance, puis une autre année et demie en prison pour avoir dit aux journalistes tout le bien qu'il pensait de son juge. Trois ans, c'est assez pour ruiner la famille, priver les enfants de leur scolarité et les marquer à jamais. Vous me direz, ce n'est pas grave, le père était si riche au départ, finalement la justice est un merveilleux instrument de redistribution sociale.
Et moi je rêve qu'il y ait en France encore des gens de gauche, pour se soulever contre de telles injustices. Mais il n'y en a pas, et nous n'avons plus d'indignation que pour les menaces sur la retraite à quarante cinq ans des conducteurs de bus et les iniques importations de slips chinois que produit cette horrible mondialisation libérale.
La presse française est déçue. Mickael Jackson a été acquitté. "faute de preuves" lit-on partout, comprenez qu'il est coupable, mais qu'on n'a rien pu prouver. Merde, c'est con. Et comment ne serait-il pas coupable ? Chaque époque a ses monstres, qu'on prétend reconnaître dans tous ceux que l'on veut abattre, car on sait que non seulement ils ne survivront pas au simple soupçon d'en être, mais également que personne ne les pleurera. Aujourd'hui, les monstres ce sont les pédophiles et les (je préfère ne pas en parler). La cible MJ était facile : il est bizarre, il est proche des enfants, il peut donc en être. Alors on a lu dans la presse des témoignages accablants (un journaliste écrit même : acquitté après 14 semaines de témoignages accablants). Témoignage accablant, selon tel journaliste, celui de son ancien gardien, qui relève à la barre "qu'on ne voyait jamais beaucoup de femmes auprès de lui". Témoignage accablant, selon tel autre commentateur, celui de cet autre gardien, qui a attesté qu'il y avait des revues légères et des packs de bierre chez MJ. Comment le jury a-t-il pu une seule seconde hésiter ? Témoignage accablant, celui de la mère (rires). Et témoignage accablant, celui du jeune trucmuche, qui s'est découvert victime d'un pervers le jour où ses camarades l'ont moqué d'avoir figuré dans un reportage qui le faisait passer pour une tappette.
Le chanteur a-t-il mis la main dans le slip du jeune trucmuche ? Dans le fond, cela n'a aucune importance pour ses accusateurs. Dormir avec trucmuche, lui mettre la main dans le slip, faire une branlette ou bien le violer avec des tortures, tout cela est équivalent dans une même furie qui en veut pour son argent et n'aurait pas transigé à moins de vingt ans.
Une pauvre psy française, convoquée pour nous expliquer comment un monstre pareil est possible, qui essayait péniblement de faire saisir la différence, les degrés de gravité des actes et qui rappelait qu'à l'âge de trucmuche, on n'est pas toujours parfaitement innocent et qu'on se touche la bite parfois seul ou avec quelqu'un, s'est heurtée à une volée de bois vert : comment pouvez-vous dire cela ! alors même que c'est l'évidence.
Mais c'est le principe même du bouc émissaire, du lynchage collectif : celui qui demande à voir, celui qui met des nuances, celui qui est pris d'un doute est le prochain sur la liste de proscription. Vous verrez qu'on va me traiter de pédophile! Alors que celui qui est de passage, qui entend la clameur, et qui la répète pour rigoler, on lui élèvera bientôt une statue.
Tout cela part d'un mauvais sentiment. Je m'esclaffais, il y a peu, en lisant un blog so tapette, sur lequel l'auteur tenait presque une semaine en nous racontant comment il avait été interviewé sur radio dont le nombre d'animateurs depuis la création excède de très loin le nombre d'auditeurs. Il y avait son autosatisfaction avant l'emission, son autosatisfaction pendant l'emission, son autosatisfaction après l'émission, les impressions ressenties à la toute nouvelle célébrité auprès d'une demi-douzaine de personnes, et autres considérations du même tonneau.
Et voilà que, paf, je tombe à mon tour dans le piège, involontairement retenu pour proférer quelques banalités au prime time sur une chaîne nationale. Je m'apprêtais donc à ignorer superbement cette émission (il est tellement plus chic d'y parler que de le regarder), quand j'ai eu brusquement à subir une affluence inconnue sur mon portable.
Stupeur. Le premier mouvement, unanime, de tous ceux qui vous connaissent est de vous féliciter. Ne demandez pas de quoi, dans l'exception culturelle du XXI siècle, on ne félicite plus les gens que lorsqu'ils passent à la télé. Alors, dans cette émission-là (laissez moi ne rien en dire, je suis ici incognito), vous pensez. Méga-félicitations.
Le second mouvement, le lendemain, consiste à vous demander ce que cela vous fait. Evidemment, vous avez envie de répondre comme Chateaubriand, qu'on emmena un jour sur l'océan déchaîné pour recueillir ses impressions, et qui eut le courage que n'aura jamais Villepin, de dire qu'il ne sentait rien. Mais on vous accuserait aussitôt de prendre la pose, ou d'avoir la grosse tête. Alors vous vous forcez à partager l'émerveillement des autres.
Allez, cela a eu du bon. Cela a ramené des profondeurs de mon passé quelques anciens garçons désirés ou possédés, qui ont eu la gentillesse de m'envoyer un "kel star" ou "tro for le mek".
Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de Vincent. Et pour la première fois depuis ses seize ans, je ne lui souhaiterai rien. Le temps s'en va, mon amour s'en va, lui s'en est allé il y a quatre ans, bref tout s'en va. Quand l'angoisse me sort de mes rêves alors qu'il ne fait pas encore jour, ce n'est plus lui que je cherche à côté de moi. Quand ma peau cherche une autre peau, ce n'est plus la sienne qu'elle demande. Et quand je veux boire à un visage, ce n'est plus le sien qui pourra étancher ma soif.
Pendant trois ans peut-être, je n'ai pu dire cela sans mentir, malgré sa dureté incroyable, malgré les petites vexations, malgré ce non encore plus inflexible que celui que nous avons subi dimanche dernier. Je lui avais fait une promesse, aux premiers temps de notre histoire; je me croyais lié jusqu'à la fin; il m'en a délié, je crois. J'avais tant le souci de lui, qu'il m'a repris un jour de mai pour le donner à d'autres et aux autres seulement; il n'y a donc plus rien à dire, plus rien à souhaiter, telle est sa volonté. Ses vingt-cinq ans sont une autre histoire, une de celles qui se déroulent sur des vies parallèles à la nôtre; à quoi bon les regarder, et détourner notre regard de celle que nous avons à vivre, surtout lorsqu'elle est aussi joliment habitée ?
Allez, il y a un autre anniversaire qui m'emplit de joie, un été qu'il faut goûter, et de vieilles photos à brûler.
Le succès d'un blog gay dépend de la richesse de son iconographie. Voilà pourquoi le mien n'en a aucun (en tout cas, je me console en me disant cela). Mais pour ceux qui me lisent, parfois, ou me commentent, voilà un petit cadeau. Une photo originale, qui plus est, du temps où je pensais que j'avais du talent...
Je m'en veux presque d'avoir laissé tant de posts sur le traité constitutionnel. J'ai voulu croire que ce psychodrame avait un sens, alors qu'il n'en a aucun. La mondialisation qui s'accélère a ceci de fabuleux qu'elle nous dispense de dissiper trop d'energie en politique, car le seul vote dont nous pouvons espérer quelque chose, c'est celui que nous faisons quand nous nous délocalisons. Tout le reste est parfaitement indifférent : l'impuissance française à penser autrement que dans les années cinquante, la tartufferie généralisée, le clientélisme de la ferme, à droite, et du sous-chef de bureau 2C, à gauche, et le gâchis de vies qui en résulte, que m'importe ? Comment vouloir changer mon pays, quand ceux-là même qui seront broyés demain protègent leurs bourreaux ?
Quand les choses deviendront par trop intenable, ou qu'on ne sera plus un des gagnants du système, il sera infiniment plus facile de jouer l'alternance de pays plutôt que l'alternance de parti.
Et de l'autre rive d'un océan, apaisé, je relirai le fabuleux début du livre II de La Nature :
Qu'il est doux, quand sur la mer immense les vents en rafale bouleversent la calme surface des flots, de contempler de la terre l'immense effort d'autrui dans l'épreuve; non que l'on prenne joie ou plaisir à la souffrance humaine; mais il y a de la douceur à voir les maux auxquels soi-même on échappe.
...cette nuit froide étoilée d'orgasmes qui est la vie d'un pédé (plus ou moins étoilée d'ailleurs selon son poids, son âge, la couleur de sa peau, la taille de sa bite, l'épaisseur de ses sourcils, la marque de ses sous-vêtements et les autres qualités essentielles dans une communauté raffinée)" 24 février 2008
J'aurais dû suivre mes deux jeunes amants dans la nuit parisienne, où tout le monde se fout bien de devoir disparaître un jour ; m'enivrer du bruit avant l'éternité, me couvrir de sueur avant le suaire ; descendre en boîte avant le caveau.
Quand je suis mort, en 2001, c'est là que j'ai appris que l'enfer est très supportable quand on n'est pas le seul damné29 juillet 2007
Ah, mon blogue, tu ne m'as pas manqué. On m'a un peu parlé de toi, ces derniers temps. Certains te reprochent de te répéter sur les garçons; d'autres te reprochent de te répéter sur la politique. Mettons les tous d'accord, et répétons-nous ce soir sur les garçons et sur la politique.22 juin 2006
Si le ciel n'a pas ton frère
Le ciel peut bien m'attendre 11 février
Quand l'hiver est froid, quand ma vie est froide, que mon coeur est froid et que mes amis sont froids, je vais chercher un peu de chaleur sur son blogue. Il y a mis beaucoup de photos, et c'est vraiment lui le plus beau de GA. Je les regarde, cela va mieux : je sens à nouveau son souffle sur mon épaule, sa nuque sous mes lèvres et son sperme sur mes joues.21 janvier 2006
Ce qui est sûr, c'est qu'après Grande Ecole, il est difficile de faire un film plus bête, comme après Presque rien, il est difficile de faire un film plus vide. Les deux auteurs méritent donc d'être placés aussi haut dans notre panthéon gay, là où usant à l'envi leurs chaleurs dernières, ils pourront réfléchir
leurs doubles lumières/Dans leurs deux esprits, ces miroirs jumeaux." 7 janvier 2006
La meilleure forme de gratitude que pourraient avoir pour nous ceux dont nous nous sommes beaucoup occupés, ce n'est pas de s'occuper de nous à leur tour , c'est d'enfin s'occuper d'eux-mêmes.12 novembre 2005
des fesses fermes et douces, des abdominaux irreprochables, une peau savamment épilée, une musculature sophistiquée, voilà la nourriture ordinaire du gay, mais son bonheur cesse au niveau du cou, lorsqu'il est obligé, pour payer pour le prix de ces corps inoubliables, de supporter un visage imparfait, dégradé, caricatural, vide, pas un de ces visages hétéros qui nous irritent de leur sublime simplicité, de leur mystérieux équilibre.29 octobre 2005
Un club de sport, c'est comme la littérature française contemporaine : il y a beaucoup de pédés, de plus en plus de femmes, et on y trouve surtout des choses crues et laides étalées avec complaisance.16 octobre 2005
Car j'ai beau le caresser, le lécher, l'embrasser, le baiser, le sucer, l'enculer, le prendre en moi et que sais-je encore, il reste irrémédiablement vierge de moi. De nos coïts il ne reste rien, et certainement pas un patrimoine; et les êtres qui nous font l'honneur de nous laisser leur donner du plaisir restent pourtant à jamais inentamés. 16 septembre 2005
…le premier garçon qu'on a embrassé est aussi le premier garçon qu'on a niqué.(…)Je crois que c'est une des raisons qui explique le souci particulier du productivisme sexuel des gays, leur attention au rendement annuel de leurs éjaculations et leur industrialisation du spasme7 mai 2005
Dans un mois, cela fera quatre ans que je suis mort21 avril
La punition de ceux qui ont connu le paradis est d'être incapables d'en parler. Condamnés à se taire sur le seul sujet qui importe, ils doivent en plus supporter les interminables conversations des autres sur tout le reste, qui n'existe pas. 10 mars 2005
Trois marins presques nus, presqu'imberbes et presque majeurs m'allumaient en chantant In the Navy — Jamais depuis je n'ai pu écouter les Village people sans bander aussitôt.18 février 2005
Les garçons que nous rencontrons sont comme des aliments. Les meilleurs nous nourrissent et nous renforcent; les autres nous restent un moment entre la gorge, nous font un peu mal à l'estomac, mais finissent à l'égout dans une agréable libération.12 novembre 2004
Coucher avec la beauté ne rend pas heureux. Cela passe en spasme, et vous laisse à vie un creux douloureux (...)9 novembre 2004
Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit. Je viens encore d'essayer, mais le sommeil ne répond pas à mes appels. il est sur boîte vocale, ça m'énerve. Si on ne peut plus joindre le sommeil en pleine nuit, où va-t-on ? (...)4 novembre 2004
Au fond, Happy Tree Friends, c'est le milieu gay. Il y a beaucoup de couleurs, tout le monde a des coeurs sur le visage, sourit et glapit tout le temps. Et tout le monde fait du mal à tout le monde, et tout finit toujours dans le sang.24 octobre 2004
Pour une fois que tu écris quelque chose d'intéressant, ce n'est pas de toi ; dommage
Sorty
C'est médiocre, comme tout ce qu'écrit cet auteur Elizabethtessier
Une vraie petite boucherie intellectualo-sexuelle. Et tout cela avec cynisme "lucide", prétention élitiste et la condescendance qui l'accompagne... Rapport fascinant à l'autre...
Sharruk
Tu es une catastrophe ambulante en matière de politique! Fais plutôt du porno, ça te réussir mieux. Ou de la poésie. Ma Josiane d'amour