J'ai pleuré tout le week end parce que personne ne m'aimait. Je rentre en zone de couverture, et la mémoire de mon portable (la seconde ligne, la ligne plan cul) se remplit de sms énamourés, dans une pétarade de bips. Mais je ne veux pas plein d'amants, je n'en veux qu'un, et à jamais.
On espérait y lire des vies, des visions du monde, et on y n'y trouve que des mots d'ordre, rappelant ce mot de Julien Benda : "le journal, lequel a pour principal but de servir tous les matins à son lecteur l'erreur qui lui est la plus chère, en la fortifiant par un semblant de raisons qu'il n'aurait pas trouvé tout seul" (Le Rapport d'Uriel p.149)
La joie du blogueur, ce sont les commentaires. Je voudrais donc faire partager à ceux qui n'étaient pas là hier les bons moments que j'ai passés à découvrir les admirables contributions de mes aimables lecteurs. Rappelons que le post initial regrettait que dans les débats si riches qui animent la communauté GA, qui suffiraient à démontrer au plus aigri des francophobes que décidément, notre pays est celui de l'intelligence la plus déliée, on en reste souvent à des démonstrations un peu rustiques, car reposant sur des analogies comme dans la mauvaise poésie, et à des procès un peu rapides, fixés à des catégories des années trente du dernier siècle.
Bing. Premier commentaire, à 19 h 22, de notre chapi chapo : "ouaf ouaf".C'est peu, mais cela compte pour 1 commentaire quand même.
Presqu'au même moment, du même auteur et dans la même collection, une pensée : "(traiter les autres de chiens, c'est bien aussi, comme argumentation politique :°D)". Admirez : 1°— la présence des parenthèses. Elles figurent ici l'apparté, la digression, la remarque incidente; celle qui s'inscrit en dehors de l'argumentation principale,et se veut un supplement cruel et plus détendu — je vais le refuter plus tard, mais en attendant veuillez simplement noter ceci... Le hic, c'est qu'il n'y aura bien sûr rien d'argumenté ensuite, pas de réponse, pas le moindre mot sur le contenu lui-même ; 2°— le smiley. On retrouvera cette ponctuation dans tous les messages. Elle correspond à l'autosatisfaction du comique qui rit bruyamment à ses propres mots d'esprit, à la Laurent Ruquier, ce qui lui permet de ne pas entendre le silence des autres.
A 19 h 24, on progresse en une saisissante formule de cour de récréation : "(heureusement que le grand sage, du haut de sa montagne, est là pour nous montrer la voie de la sagesse ^^)" notez la subtile variation de smiley, et la permanence des parenthèses. Ma thèse est ruinée : chapichapo ne manie pas que l'analogie, il utilise également l'ironie. Du haut de ma montagne, j'envisage de faire acte de contrition.
A 19 h 28 les parenthèses sont abandonnées : "Et en plus, tu es telllllllllllllllllement au-dessus de tout cela :)" — mais le smiley se fait plus simple, plus direct, plus tranchant. On sent la bonne formule, le trait d'esprit qui met à mort : relevez le très efficace allongement du tellement : on croirait m'entendre, on finira bien par croire que je l'ai écrit. Notez que j'échappe toujours à l'assimilation au nazi et qu'elizabethtessier ne m'a toujours pas traité de con, alors même que n'étant pas elle, j'entre certainement de plein droit dans cette catégorie. Non, ma faute est d'oublier ou de nier que je suis comme eux, telllllllllllllllllement comme eux.
A 20 h 41, nouveau commentaire de notre Chapi Chapo : "Il est si courageux, en plus :)" on y trouve le smiley réglementaire, mais là, j'avoue que j'ai du mal à suivre. Où est le courage, ou l'absence de courage (car on retrouve bien sûr ici la figure de l'ironie, de l'anti-phrase, il fallait comprendre que je suis si peu courageux, en plus), ou est donc mon manque de courage dans ces discussions de tapettes ? pour comprendre, je me plonge aussitôt dans les oeuvres complètes de Chapi Chapo, et j'en déduis quatre possibilités :
a- Est-ce de ne pas couvrir mon blog de photos de Jude Law comme les murs de la chambre d'une jeune fille de 12 ans ?
b-Est-ce de ne pas être amoureux d'une starlette de la star academy d'il y a deux ans ?
c -Est-ce de ne pas oser juger les films selon un très original barême de croix ?
d-Est-ce de ne pas voir en chaque contradicteur un fasciste menaçant et en chaque post irritant des relents de presse d'extrême droite ?
j'incline pour la quatrième hypothèse.
J'ai attendu toute la nuit, espérant recevoir le coup de grâce (vous savez, un truc du style : "C'est toi qui l'a dit, c'est toi qui l'est :)", mais il n'est jamais venu. Ce soir, peut-être ?
Il y a quelque chose de profondément désespérant à voir que la seule figure argumentative utilisée sur GA, y compris par des diplômés bac+5, c'est l'analogie (1), alors qu'elle est la moins solide— et à se rendre compte que les catégories qui servent à nos blogueurs politiques pour penser le monde d'aujourd'hui se comptent sur les doigts d'une main (fascisme, bolchévisme, libéralisme, islamisme). Tout cela finit, comme dans un chenil, en un pitoyable aboiement des uns contre les autres. Peut-être faudra-t-il que moi aussi je traite quelqu'un de facho, pour continuer à niquer des gays ?
Pardon à mes deux lecteurs, mais je vais torcher ce post, vu que je n'ai dormi que deux heures la nuit dernière. Pour marquer la fin de l'année (et tester mon goût de la nuit, avant de répondre à une pressante invitation à passer le reste de l'été à Ibiza), je suis retourné au Queen hier soir. Hier soir, oui, c'était dimanche, et tous les dimanches, au Queen, c'est la même chose. Dans un monde où tout change, où les vieilles idoles se sont écroulées et aucune de nouvelle n'a pu tenir debout plus d'un mois, il est bon de se plonger dans un rite hors du temps, avec ses prêtres, ses usages, ses commandements, sa liturgie et ses chants. Un autre que moi y a consacré ailleurs des longs développements assommants, je me retiendrai donc, et je ne vous parlerai que des corps, car les corps, il n'y a qu'eux, comme disait quelqu'un qui en avait possédé beaucoup. Les corps, ce n'est pas très respectueux, mais on peine à trouver à tous ces beaux garçons un autre usage que la jouissance, tant leur personnalité s'est concentrée dans le désir de plaire et d'être pris. C'est un peu comme sur le net, sauf que là c'est en trois dimensions, ca arrache, quoi.
...I still belieeeeve..bom bom...that someday you and meeeee…bom bom...will find a waaaaay...
Il y a d'abord les jeunes premiers : du jeune premier depuis cinq ans au jeune premier depuis six mois. La datation du jeune premier est difficile, sous une lumière aussi trompeuse, mais lla monomanie du regard ne trompe pas. Les plus anciens ont le regard sûr de celui qui sait repérer le merlus frais parmi deux tonnes de poissons; les plus jeunes perdent encore du temps à regarder les spots.
...Here am I with my desire
Feel it burning just for you
My, oh my, this love divine
is talking me to somewhere new...
Parmi les nouveaux de la saison, le grand X..., les cheveux savamment décoiffés, et les yeux bleu narcissique, qui prétendent en imposer à tous ceux qui les croisent, mais dont l'aspect si vitreux nous emplit surtout de honte de ne pas avoir donné plus d'argent contre les maladies orphelines du cerveau.
...bam bom bom /bam bom bom/ bam bom bom/
Love is in the air
everywhere I look around
love is in the air
every sight and every sound...
Il y a l'autre fier qui ne s'absente de rezog que pour venir danser le dimanche soir, car il doit absolument informer quotidiennement et continûment les internautes gays qu'il ne cherche rien. je suis allé lui glisser à l'oreille qu'il devrait tenter sa chance au CNRS, il a le profil.
...And I don't know if I'm just dreaming....
La nuit avance. Je tente ma chance avec deux ou trois débardeurs. "Bonjour, je suis elizabethtessier de GA" dis-je. "Connais pas" me répond-on. "Si, si, le rocardien le plus drôle de la blogosphère" Regard irrité de l'objet de ma convoitise. "ben je m'en fous" Et moi "Nonobstant, je suppose ?"
...I am beautiful no matter what they say
Words can't bring me down
I am beautiful in every single way
Yes, words can't bring me down
So don't you bring me down today...
Les mecs torse nus se sont pour la plupart abstenus d'une douche avant de venir, ce qui donne à l'ambiance cet inimitable caractère épicé. Ils se rincent donc à la sueur de leurs voisins, et nous rappellent souvent à leur bon souvenir en levant les bras.Soudain, pluie de confettis qui s'abattent comme des milliers de condylômes roses sur les danseurs en extase.
...I decided long ago, never to walk in anyone's shadows
If I fail, if I succeed
At least I live as I believe
No matter what they take from me
They can't take away my dignity
Because the (bom clap clap) greatest love of all (bom clap clap)
Is happening to me (bom clap clap)...
Je finis sur un semi podium. Je regarde la nuque du danseur devant moi. Il a l'air assez jeune, il est fin mais sans maigreur. Il a des muscles de mec, pas de barrique de salle de sport, une peau douce et chaude, un débardeur . Je me sens à l'abri près de ses épaules, à l'abri près de sa poitrine, à l'abri près de sa nuque :All my fears, at last, at last behind meIl a peut être une dizaine d'années de moins que moi, et pourtant j'ai l'impression d'avoir dix ans quand je suis contre lui. Allez, beau brun taciturne, prends moi dans tes bras, donne moi ton épaule, laisse moi boire à ton visage. Ce soir, nous sommes au paradis.
the (bom clap clap) greatest love of all (bom clap clap)
Is happening to me (bom clap clap).
Vous croyez qu'un jour un autre Sixte, soucieux d'"explorer ses tendances fondamentalistes", nous gratifiera d'images de barbus souriants et de femmes voilées aux yeux pétillants, légendés d'un "Islamism makes you happy" ?
Moi : je crois que je vais aller me mater un dessin animé
Lui : ah bon ? tu aimes ça ????
Moi : ben oui. en tout cas, vu mon humeur ce soir...pourquoi, toi tu aimes quoi?
Lui : david lynch, ou film asiatik, film doteur.
Il venait d'avoir dix-sept ans. C'était l'été évidemment. Bon, là, je crois que j'ai toute votre attention.
Alors donc, je sortais d'une période assez peu glorieuse, mais très savoureuse, de plans culs, que je vous ai déjà racontée puisque mon blog venait de naître. Je n'avais plus envie de cela, je voulais être namoureux, je voulais être zamoureux, je voulais être comme avant d'être chassé de mon paradis de cinq années. Alors, évidemment, un boutonneux de dix-sept ans, aux cheveux longs toute l'année et brillants une seule fois par an, après le shampoing, un mec du nord du périph à la répartie facile et efficace, c'était un peu hors sujet. En même temps, Un pédé avec un regard profond sur toutes les photos, cela ne se refuse pas. Un pédé avec de l'esprit à chacune de ses réponses, cela se saute dessus avec un contrat de PACS. Et puis, il y a eu ce SMS du 18 septembre :
Si tu les aimes longues, dures, épuisantes et tenaces, j'ai une queue à te proposer. Plusieurs en fait, celles des journées du patrimoine.
Et cet autre SMS, du 24 septembre :
si tu veux qu'on se voie c maint'nant ou jamais...et toute la nuit.
Hélas, le netromain n'est pas livrable chaud en trente minutes, ce qui aurait d'ailleurs été encore trop long pour notre jeune ami. Nous nous brouillâmes. Nous nous perdîmes de vue (de net?). Il trouva une souris très disponible qui l'accueillait dans son royaume les week end, ce qui aurait été rattrapable, et puis il se trouva un beau mec, ce qui ne l'est pas. Il m'honore encore, parfois sur éméscène de son esprit, et il réjouit certaines de mes soirées quand il a augmenté son blog, que je ne linke pas ici parce que c'est mon secret à moi. Peut-être qu'un jour je verrai à quoi il ressemble ; peut-être qu'un jour vous le prendrez dans vos bras. Statistiquement, c'est cette dernière éventualité qui est de loin la plus probable, car vous êtes tous, et moi, je suis seul. Alors, ce jour là, après l'échange des fluides, pensez à moi, car je serai sans doute le plus niqué dans l'histoire.
Il y a des conséquences amusantes au désespoir. Vous pouvez exiger sans ciller à qui vous propose de vous recruter un montant astronomique, et grâce au manque absolu d'expression de votre visage, le convaincre que ce montant doit être mérité et qu'il fait une affaire. Puisque tout m'est égal, je ne négocie plus rien, et je veux tout. na.
Voilà netromain à la recherche d'un netcopain. Une heure que personne ne me rendra, à essayer de piocher sur un site illustré.
Première constatation. 50% des mecs indiquent : viens me parler, je ne mords pas. j'avoue que je ne m'inquiète a priori assez peu de ce risque quand j'engage la discussion avec un pseudo.
Voyons les pseudos, d'ailleurs. Minute d'hésitation : serais-je sur un site de vieilles filles mystiques ? Entre les anges déchus, les anges étranges et les archangels, toute une imagerie qui sent sa grenouille de bénitier. Passons.
Ah, on a droit à des albums de photos. fatal error : il y a souvent une photo de trop, celle qui réduit à néant l'être merveilleux que votre imagination a produit avec les deux ou trois qui auraient suffi à vous ensorceler.
Les mecs comestibles sont assommants. Vous leur proposez un plan baillon. Et curieusement, ils acceptent. Je me souviens, il y a quelques années, un peu lassé, j'avais proposé à un mec un plan nutella. Après quelques instants (de réflexion, on veut le croire), il me demande de préciser mes intentions. Je lui écris aussitôt qu'on s'enduira de nutella et qu'on se léchera. Il me répond avec son numéro de portable. Il a fallu qu'on se retrouve le lendemain sur mon canapé pour que je doive le décevoir en lui proposant des choses plus communes. S'il me lit maintenant, j'ai vraiment aimé ta chorégraphie de kylie minogue sous la douche (et ta peau, oh oui, ta peau).
On finit la soirée avec des posts it couverts de numéros qu'on n'appellera jamais. Ou peut-être que ?
Et puis il y a aussi tous les regrets. Tous ceux qu'on a laissé filer, tous ceux qu'on a raté, qu'on a mis sur une liste d'attente, ceux pour lesquels on a manqué d'énergie au moment important.
L'Express de cette semaine relate une étrange coutume chinoise, en vertu de laquelle on marie après leur mort des célibataires qui ne se connaissent pas, ou encore des époux qui ont laissé derrière eux un veuf ou une veuve qui s'est remarié(e) avec un quidam également solitaire, et ce afin que personne ne passe l'éternité seul. Voilà une belle coutume, et peut-être en sera-t-on réduit à faire la même chose avec mon cadavre, puisque décidément l'amour à la vie à la mort n'est pas pour moi.
Ma rupture avec Vincent a duré trois ans. L'éclair me dure comme écrivait René Char pour pouvoir se tapper des profs de lettres. Il faut qu'une telle expérience serve, n'est-ce pas ? J'en tire un grand nombre de leçons, la plupart sont disponibles contre rémunération en nature ou en espèces, mais je peux vous en livrer une tout de suite, comme cela, gratuitement, pour vous féliciter d'avoir eu le nez creux en vous connectant à cette adresse. Une rupture, ça ouvre une période de 100 jours que vous pouvez mener de deux manières. Ou bien la subir, en pleurant ce qui jamais ne sera plus; ou en jouir, en vous servant du bonheur encore si proche pour oser ce que vous n'oseriez jamais, pour frapper à des portes qui ne s'ouvrent que difficilement, pour tenter des aventures qui à elles seules justifient une vie. Pensez à ce que vous avez accompli, lisez ce que les autres ont fait pendant ce temps là, et dîtes vous que vous aurez toujours cet avantage insurpassable, sur n'importe quel rival, d'avoir connu la féérie. Avec assez de beaux souvenirs pour tenir une détention préventive française, vous pouvez vous permettre d'attendre et d'exiger, et surtout, vous pouvez promettre beaucoup au prochain.
Il suffit que je m'absente le week end pour que deux de mes ex se mettent à dîner ensemble. Plaise au ciel qu'ils n'aient pas parlé de moi. Cela me met mal à l'aise, lorsque ces bulles différentes qui forment ma vie se mettent tout à coup à se toucher, à s'ouvrir l'une à l'autre, au lieu de rester séparées dans la même effervescence. Mon principe de précaution à moi, c'est de mener des vies parallèles, étanches pour rester insubmersible lorsque l'une coule. Et puis, que peuvent-ils bien se dire ?
Un jeune pédé rencontré dans un bar ou sur le net vous chavire le coeur et fait affluer du sang à vos extrêmités ? Avant deux ans, il ne déclenchera plus chez vous que de l'hilarité.
Je me préparais à une soirée looooooose, à suer devant la télé. Un divin appel, inattendu, m'a tiré de chez moi pour une exquise soirée. Que la nuit était belle ! Sûrement, rien n'en sortira. Mais au moins, peut-être, je m'en sortirai.
Dans le numéro de cette semaine de Paris-Obs, une fort intéressante page consacrée à Jul ou Julien Berjeaut, dessinateur de Charlie Hebo. Le journaliste s'étonne que notre révolutionnaire de profession vive, à trente ans, dans un appartement lambrissé de 100 mètres carrés à deux pas de la place de la Bourse, et suppose qu'il faut y voir le succès des albums du cher monsieur. Que nenni. "C'est une combine par un copain". Soit. Un peu plus loin, dans le même papier, le Jul en question dit qu'il déteste Londres ou New York, des villes "faites par et pour le travail". Evidemment, la combine, c'est mieux. C'est tellement plus justice sociale et égalité des chances. Le seul argent acceptable, à gauche, c'est celui qui vient de la combine. Tout notre modèle social vit aujourd'hui de la combine. Demandez à quelqu'un qui sort d'un DEA de droit social. Ou regardez toutes les cas du formulaire de déclaration d'impôts. Ou demandez qui habite sur le jardin du palais Royal. Quant aux classes moyennes qui n'ont pas de combine et que leur salaire pour vivre et trouver un logement, eh bien elles n'ont qu'à se taire.
Je dois avouer que j'ai la chance d'avoir à mon service un bon génie, très puissant quoique souvent un peu lent. Qu'il me prenne de désirer très fort quelque chose, aussi improbable qu'elle soit, et, parfois au prix de longs mois d'attente, alors que je ne l'espère plus, elle m'arrive, en tout point conforme à celle que mon imagination avait conçue. Il y a un an, je mettais ce bon génie au défi de m'apporter une nouvelle foi l'amour — ce sentiment invraisemblable qui vous permet de vous reposer dans les bras de quelqu'un, et de vous soucier de lui en n'ayant plus à vous soucier de vous, puisqu'il est là. Avec son retard habituel, il en était encore à me fournir des blonds à la peau sucrée et aux yeux turquoises, puisque je l'avais gourmandé six mois avant de ne m'avoir jamais apporté que des bruns. Que l'été 2004 a été blond ! Et en septembre, encore, une nuit délicieuse avec, euh, enfin, je vous laisse deviner. Bref, je pensais là que j'avais trop abusé de sa patience, et qu'il allait me bloquer dans une succession d'orgasmes sans lendemain, quand, sans me prévenir, une nuit froide de novembre, alors que la simple idée de baiser m'écoeurait, il me fit rencontrer un garçon aux grands yeux qui manqua de me brûler les pieds en renversant son chocolat chaud.
Je ne croyais pas que cela puisse être l'amour ; il ne comprenait pas que je mette tant de difficultés à le laisser entrer dans ma vie. Maintenant que c'est terminé, je dois le reconnaître : mon bon génie m'a exaucé, et ces sept mois avec (…) compteront pour un vrai amour, quand il faudra rendre les comptes.
Ne suis-je donc pas heureux, d'avoir ce bon génie (et je n'ose même pas vous avouer les rêves de midinette qu'il a exaucés...) ? Sans doute. Mais il y a une faille. Il y a toujours une faille. Car maintenant, vraiment, je ne sais pas quoi lui demander.
Nous avons eu de bons moments
Nous avons eu de grands moments
De folles joies, d'étranges peines
A vivre ensemble
Nous étions gorgés de printemps
Et fiers d'étaler [tes] vingt ans
Que les feux de l'amour
Et le désir rassemblent
Un jour riche, un jour sans un sou
Nous étions heureux malgré tout
Car jour et nuit brûlait en nous
Cet amour fou qui nous ressemble
Bien sûr, le bonheur est mouvant
Mais laisse au cœur des amants
des bons moments
Nous avons eu de bons moments
Nous avons eu de grands moments
Des crépuscules clairs
Des aubes grises ensemble
Nous étions jeunes et insouciants
Et vivions comme des enfants
Que les jours de la vie
Et les rêves rassemblent
Mais aujourd'hui mon triste cœur
Laisse ta peine oublie ta peur
Car bien que notre amour se meure
Sèche tes pleurs car il me semble
Qu'il vaut mieux dire en se quittant
Nous avons eu pour quelque temps
De bons moments, de bons moments
Une petite semaine de vacances, pendant laquelle j'ai eu l'heureuse surprise de rencontrer en chair et en maillot de bain notre ami de l'autre fois.
Il est français, il s'appelle Kevin (comme la moitié des garçons français de moins de vingt ans), il commence à songer à son bac (mais mollement), il songe beaucoup aux jeunes filles (et là, mollement ne convient techniquement plus), mais il ne les comprend pas, et déplore qu'elles n'aiment pas sucer (et là, c'est nous qui ne les comprenons pas). Bon évidemment, j'ai fait d'autres photos, mais uuuuh....difficile de les mettre en ligne. Et puis au moins, comme cela, vous croirez que je fabule. Et il est infiniment préférable de passer auprès de ses compatriotes pour un crâneur que pour un privilégié.
Deux jours avec plein de chapichapos. Epuisé. Sutout quand ce sont des chapichapos avec plusieurs fronts à mener, comme le chapichapo. Même pas eu le temps de parler du chapichapo avec eux.
...cette nuit froide étoilée d'orgasmes qui est la vie d'un pédé (plus ou moins étoilée d'ailleurs selon son poids, son âge, la couleur de sa peau, la taille de sa bite, l'épaisseur de ses sourcils, la marque de ses sous-vêtements et les autres qualités essentielles dans une communauté raffinée)" 24 février 2008
J'aurais dû suivre mes deux jeunes amants dans la nuit parisienne, où tout le monde se fout bien de devoir disparaître un jour ; m'enivrer du bruit avant l'éternité, me couvrir de sueur avant le suaire ; descendre en boîte avant le caveau.
Quand je suis mort, en 2001, c'est là que j'ai appris que l'enfer est très supportable quand on n'est pas le seul damné29 juillet 2007
Ah, mon blogue, tu ne m'as pas manqué. On m'a un peu parlé de toi, ces derniers temps. Certains te reprochent de te répéter sur les garçons; d'autres te reprochent de te répéter sur la politique. Mettons les tous d'accord, et répétons-nous ce soir sur les garçons et sur la politique.22 juin 2006
Si le ciel n'a pas ton frère
Le ciel peut bien m'attendre 11 février
Quand l'hiver est froid, quand ma vie est froide, que mon coeur est froid et que mes amis sont froids, je vais chercher un peu de chaleur sur son blogue. Il y a mis beaucoup de photos, et c'est vraiment lui le plus beau de GA. Je les regarde, cela va mieux : je sens à nouveau son souffle sur mon épaule, sa nuque sous mes lèvres et son sperme sur mes joues.21 janvier 2006
Ce qui est sûr, c'est qu'après Grande Ecole, il est difficile de faire un film plus bête, comme après Presque rien, il est difficile de faire un film plus vide. Les deux auteurs méritent donc d'être placés aussi haut dans notre panthéon gay, là où usant à l'envi leurs chaleurs dernières, ils pourront réfléchir
leurs doubles lumières/Dans leurs deux esprits, ces miroirs jumeaux." 7 janvier 2006
La meilleure forme de gratitude que pourraient avoir pour nous ceux dont nous nous sommes beaucoup occupés, ce n'est pas de s'occuper de nous à leur tour , c'est d'enfin s'occuper d'eux-mêmes.12 novembre 2005
des fesses fermes et douces, des abdominaux irreprochables, une peau savamment épilée, une musculature sophistiquée, voilà la nourriture ordinaire du gay, mais son bonheur cesse au niveau du cou, lorsqu'il est obligé, pour payer pour le prix de ces corps inoubliables, de supporter un visage imparfait, dégradé, caricatural, vide, pas un de ces visages hétéros qui nous irritent de leur sublime simplicité, de leur mystérieux équilibre.29 octobre 2005
Un club de sport, c'est comme la littérature française contemporaine : il y a beaucoup de pédés, de plus en plus de femmes, et on y trouve surtout des choses crues et laides étalées avec complaisance.16 octobre 2005
Car j'ai beau le caresser, le lécher, l'embrasser, le baiser, le sucer, l'enculer, le prendre en moi et que sais-je encore, il reste irrémédiablement vierge de moi. De nos coïts il ne reste rien, et certainement pas un patrimoine; et les êtres qui nous font l'honneur de nous laisser leur donner du plaisir restent pourtant à jamais inentamés. 16 septembre 2005
…le premier garçon qu'on a embrassé est aussi le premier garçon qu'on a niqué.(…)Je crois que c'est une des raisons qui explique le souci particulier du productivisme sexuel des gays, leur attention au rendement annuel de leurs éjaculations et leur industrialisation du spasme7 mai 2005
Dans un mois, cela fera quatre ans que je suis mort21 avril
La punition de ceux qui ont connu le paradis est d'être incapables d'en parler. Condamnés à se taire sur le seul sujet qui importe, ils doivent en plus supporter les interminables conversations des autres sur tout le reste, qui n'existe pas. 10 mars 2005
Trois marins presques nus, presqu'imberbes et presque majeurs m'allumaient en chantant In the Navy — Jamais depuis je n'ai pu écouter les Village people sans bander aussitôt.18 février 2005
Les garçons que nous rencontrons sont comme des aliments. Les meilleurs nous nourrissent et nous renforcent; les autres nous restent un moment entre la gorge, nous font un peu mal à l'estomac, mais finissent à l'égout dans une agréable libération.12 novembre 2004
Coucher avec la beauté ne rend pas heureux. Cela passe en spasme, et vous laisse à vie un creux douloureux (...)9 novembre 2004
Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit. Je viens encore d'essayer, mais le sommeil ne répond pas à mes appels. il est sur boîte vocale, ça m'énerve. Si on ne peut plus joindre le sommeil en pleine nuit, où va-t-on ? (...)4 novembre 2004
Au fond, Happy Tree Friends, c'est le milieu gay. Il y a beaucoup de couleurs, tout le monde a des coeurs sur le visage, sourit et glapit tout le temps. Et tout le monde fait du mal à tout le monde, et tout finit toujours dans le sang.24 octobre 2004
Pour une fois que tu écris quelque chose d'intéressant, ce n'est pas de toi ; dommage
Sorty
C'est médiocre, comme tout ce qu'écrit cet auteur Elizabethtessier
Une vraie petite boucherie intellectualo-sexuelle. Et tout cela avec cynisme "lucide", prétention élitiste et la condescendance qui l'accompagne... Rapport fascinant à l'autre...
Sharruk
Tu es une catastrophe ambulante en matière de politique! Fais plutôt du porno, ça te réussir mieux. Ou de la poésie. Ma Josiane d'amour