Blog négatif (et révolu)

27/09/2005

27/09/05 - 17:12

Hommage à un lecteur régulier

Je fais partie des blogueurs qui ont l'honneur des précieux commentaires de BabetteTessier, toujours remarquables pour un lecteur de 13, pardon, de 35 ans : Elle nous fait un caca nerveux, la barbara cartland ? Han merde je suis isolé politiquement sur GA ! Hanlalala mais que vais-je devenir ? Trop c'est trop ! Panetromain, c'est quoi tes médocs pour soigner ta dépression, ma grosse ? C'est médiocre, comme tout ce qu'écrit cet auteur. Donc, en résumé comme d'habitude tu ne comprends rien :o) Tu en es où de l'écriture de ton opus "les feux de l'amour racontés à GA" ? Tu as trouvé une niche : l'Alexandre Jardin des gays, tu pourrais devenir riche et célèbre. "Vous me demanderez " Houla ! Mais on ne te demande rien ! On s'en fout complètement de ta vie bidonnée :°)

Les blogueurs s'appelant romain sont des idiots congénitaux. Tu t'énerves la petite fiotte ? :°) Houlalala que d'arguments frappés au coin du bon sens ! Alors à ma gauche un petit provocateur à 2 balles, panetromain au hasard, à ma droite un idiot congénital, lourd'acle encore le hasard et au centre moi : la perfection faite homme, comme quoi le hasard fait bien les choses. CQFD, merci d'avoir été si attentif à ma fabuleuse démonstration.
Fermez le ban. Ué je sais, un commentaire, mais ce n'est pas de l'aide, personne ne t'aide ici, c'est la jungle libérale. T'as qu'à demander un coup de main à la main invisible ! C'est aussi ringard que le bouquin de l'autre abruti des presses de la Renaissance qui a pondu un bouquin anti-soixantehuitard.
Et ta "génération" d'assistés par les emplois jeunes ? Qui vote à l'exptrème droite ou à l'extreme gauche ? Tu vois, panetromain, chaque génération à ses boulets.
En plus, tu donnes un âge, mais existes-tu ? Quel âge as-tu ? Je ne crois pas le quart de ce que tu écris, alors tes pauvres diathribes contre une génération..HI HI HI HI HI HI HI HI HI HI HI HI HI HI HI HI HI HI HI HI HI HI HI HI HI HI HI HI HI HI HI HI HI HI HI HI HI HI HI HI HI HI HI HI HI HI HI HI HI HI HI HI HI HI HI HI ! Pauvre chérie, j'suis pas gentil avec toi :°) Les éditions Harlekin feraient mal leur boulot ? Elle nous fait une jaunisse, la pédale ? Et alors, ce n'est pas parce que la démocratie sociale en France n'a jamais fonctionné qu'il faut souhaité que cela soit dans tous les pays. L'augmentation de l'alcoolisme des femmes en GB est un phénomène très inquiétant qui mobilise la santé publique britannique. Tu confonds tout, mélange tout, fais des amalgames que même Lepen ou Laguiller ne feraient pas. Sous couvert de provocation, tu as encore écris un tissus de niaiseries.


Certes, cela ne vaut pas sa pensée profonde, personnelle, qui s'exprime en tant de pages magistrales, ici, qu'on peine d'ailleurs à les qualifier avec précision. Pour ma part, je n'ai pas réussi à choisir, entre la subtile nuance que nous invite à faire le Littré : LA bête est dans la bêtise, tandis qu'elle n'est pas dans sottise ; c'est ce qui distingue ces deux mots. La bête est bornée, a peu d'idées ; la bêtise est dans tout ce qui provient de l'ignorance, d'un esprit sans portée, d'une intelligence sans lumière, et même parfois d'une intelligence distraite ou mal informée de certaines choses (...)La sottise est caractérisée par l'absence de jugement, absence qui ne permet pas au sot de se méfier jamais de ses idées. (...) Ma bêtise fait quelque fois rire, elle impatiente moins que la sottise. Peut-être qu'un autre de mes lecteurs, semblablement con selon la précieuse typologie de l'univers proposée par Babette qui le sépare entre elle et les autres, pourra m'aider à choisir.

26/09/2005

26/09/05 - 19:28

Le plus intelligent des astres

Il faut saluer ici le talent sans cesse renouvelé d'ElisabethTessier. A chacun de ses posts, elle réalise un miracle de pédagogie, nous faisant pénétrer d'une manière claire et accessible à une pensée politique puissante, riche, complexe, et informée. Où ailleurs que sur son blog, dernier refuge de la liberté d'esprit, ose-t-on encore prendre le risque nous dire, à nous endormis, que "Lepen a gagné parce que son candidat, Sarkozy, reprend ses idées et ses principes." ? Qui, avec un sens de la formule qui atteint ici son plus haut degré, nous régale d'aphorismes aussi pertinents que définitifs, comme le déjà historique : Le ridicule ne tue pas, heureusement pour notre classe politique ? Comment, enfin, ne pas admirer un saint homme, qui après avoir fait dans un paragraphe dont la concision n'a d'égale que l'apodicticité une analyse éblouissante de la France contemporaine, s'engage résolument et en prenant des risques insensés dans un nouveau combat : "je ne les laisserai pas déverser leur bêtise, (...), sans réagir, violemment s'il le faut" ?

On pleure de joie devant cette promesse, qui se rit de toute explicitation, car il y a une autre urgence, à laquelle se soumet inlassablement notre penseur : la chasse aux cons. On doit le remercier de nous avoir dessillé le regard en nous montrant que les cons sont partout, et que nous devons en cette matière nous méfier de tous, nous y compris, et attendre prudemment la certification elizabethtessierienne pour sortir enfin du soupçon. Cette croisade permanente, si nécessaire, n'empêche pas une alacrité très estimable : "C'est presque amusant d'avoir à faire avec un tel demeuré."

24/09/2005

24/09/05 - 21:29

Les premières fois

"Au milieu de tant de malheurs, que me reste-t-il ?" se demandait Médée, et de répondre superbement : "Moi"— mot certainement incompréhensible dans la France d'aujourd'hui. J'ai d'ailleurs essayé cette pose, cela n'a pas marché, mais j'ai un un peu modifié le concept pour le faire marcher :quand je sens la mélancolie me gagner, je repense à toutes mes premières fois. Première fois que j'ai embrassé un mec, bien sûr, mais c'est trop général, il faut entrer dans les détails : les premiers yeux bleus qui m'ont désiré, le premier boxer blanc que j'ai caressé, le premier boxer noir que j'ai baissé, la première paire de jeans bleu nuit que j'ai pris en mains, le premier blond serré dans ses bras, la première fois que j'ai vu mathieu avec un t, place du Capitole et la première fois que j'ai fait l'amour avec Olivier ; la première fois que j'ai ramené un garçon chez moi, la première fois que je me suis réveillé un matin avec un lycéen endormi à mes côtés, la première fois que j'ai rencontré un pédé qui était aussi beau que mes copains hétéros, ce jour d'été sur la place de l'Etoile ; la première fois que quelqu'un m'a dit je t'aime après que Vincent m'a quitté; la première fois où tous les convives du dîner étaient des ex; la première chemise quicksilver que j'ai déboutonnée; les premières paires de van's à gros lacets blancs que j'ai envoyées à l'autre bout de la chambre et la première fois que ce blog m'a mis un mec sous la couette. Voyez, là, cela va déjà nettement mieux ;)

24/09/05 - 21:09

Dans le noir

Je crois que ce qui est le plus angoissant, quand on est seul, ce n'est pas qu'un malheur s'abatte, c'est plutôt qu'un bonheur extrême nous tombe dessus. Nous ne sommes pas faits pour absorber seuls des joies immenses, et nos triomphes nous détruisent quand il n'y a personne avec qui les partager.

22/09/2005

22/09/05 - 22:47

Merci

Je crois que la chienne BabetteTessier m'a donné une des plus grandes satisfactions de vanité de ce blog, lorsque dans un de ses mouvements bilaires, elle a aboyé : tu te prends pour... suivi de ce que je suis exactement.
Et me voilà à nouveau comblé par cette vie bidonnée qu'elle m'attribue si gentiment.

21/09/2005

21/09/05 - 21:01

Choix

Me voilà devant un choix. Le cabinet de chasseurs de tête veut la réponse demain. L'offre est très intéressante (hi hi, dernière tranche marginale, bigre) sans être spectaculaire, elle mensualise toute ma rémunération actuelle sans que j'aie à chercher sans arrêt de nouvelles missions à droite et à gauche, elle me propose un bonus presque acquis qui transforme le brut en net ; elle marque surtout, à un âge qui n'est plus tendre, mon entrée enfin dans le monde des adultes, qui se lève tôt et consacre sa journée à son employeur (mais me libère enfin tous les week end et les soirées).

Ce métier, ce n'est pas le mien. C'est un hasard, un concours de circonstance, un jeu que je joue depuis longtemps, et qui a abusé tout le monde. Remarquez, partout où j'ai mis le nez, j'ai vu que globalement presque tout le monde faisait semblant de savoir, et qu'on ne choisissait guère des responsabilités parce qu'on pensait qu'on était en mesure de les exercer, mais bien plutôt parce qu'on finissait parfois par être en mesure de les exercer bien après les avoir acceptées.

Vous me demanderez ce que ces considérations viennent faire dans ce blog, qui est toujours resté d'une discrétion extrême sur ma vie professionnelle. C'est que je vois bien que l'élément qui me manque pour choisir, c'est un mec. Pas un mec qu'on nique, un mec qu'on aime. Pas un mec avec lequel on couche, un mec avec lequel on dort. Pas un mec d'ailleurs, mais son mec. Franchement, on se retrouverait tous les soirs, la décision serait prise. Je veux bien abandonner mes journées à un employeur si un mari me ravit mes soirées.

Mais seul, comment décider ? Comment renoncer à cette liberté de mes jours, à cette absence de stress, à ce droit de ne rien faire de longues journées si tout est rendu à temps au prix d'un brusque coup d'accélérateur ? Comment renoncer à ce plaisir de pouvoir profiter du dernier soleil de l'été, du premier soleil du printemps, de paresser, et ceci pour quelques euros en plus ?

18/09/2005

18/09/05 - 17:50

Prodige

Je ne connais pas une de mes souffrances psychiques qu'un de ses orgasmes, par moi provoqué, ne pourrait apaiser.

16/09/2005

16/09/05 - 18:05

Lui

Je ne sais pas comment on peut parler sans rire de possession physique. Pourtant, tous les grands écrivains jouisseurs, qui ont affirmé que rien n'existe hors le plaisir physique, emploient cette impropriété à presque chacune de leurs pages. être possédé, visage possédé, garçon possédé: ils croyaient nous desiller le regard de la vaine illusion de l' hamour, et ils nous rabachaient un mensonge encore plus gros. Car j'ai beau le caresser, le lécher, l'embrasser, le baiser, le sucer, l'enculer, le prendre en moi et que sais-je encore, il reste irrémédiablement vierge de moi. De nos coïts il ne reste rien, et certainement pas un patrimoine; et les êtres qui nous font l'honneur de nous laisser leur donner du plaisir restent pourtant à jamais inentamés.

12/09/2005

12/09/05 - 23:02

Mes lecteurs ont du talent

Voilà, en quelques traits nerveux et avec un sens très sûr des couleurs, un dessin qui résumera bien mieux que mes phrases lourdes et mon style sans saveur, une journée ensoleillée de fin d'été avec l'un de mes lecteurs préférés (nonobstant son sexe surdimensionné et son refus doctrinal d'utiliser un après shampoing), par ailleurs signataire du dessin sus-mentionné. Les autres lecteurs reconnaîtront la coupole du Panthéon, dont on a si bien rendu l'éclat jaunâtre de la pierre sous le soleil parisien, et, sous ces sortes de tâches de vin en lévitation qui figurent des coeurs, le signataire de ces lignes, qui vous gratifie enfin d'un portrait.



PS. Tenez, il vient de me faire un bisou.

12/09/05 - 22:36

Désir mimétique et prétérition dans l'oeuvre internet de Netromain (thèse ronéotypée de l'Université de Brie-Comte Robert Sud, publiée aux Presses Ouvertement Universitaires de France)

En bas du podium, hier soir, je me sens agrippé. C'est A., qui m'avait pourtant dit être coincé chez lui, loin de Paris. Je l'embrasse, lui souhaite une bonne soirée. Je me retourne alors vers F., qui a la bouche bêtement ouverte.
Lui : C'est qui?
Moi : C'est (...), un ex.
Lui : Il est ...vraiment... magnifique.
J'ai passé le reste de la soirée un peu ivre, à regarder A. avec les yeux de F., à désirer A. avec le désir de F., et à roucouler avec les souvenirs de netromain.

12/09/05 - 21:39

Prête tes ritions

Si j'étais un de mes lecteurs, je crois que j'aurais commenté tous les posts que personne n'a commenté, et j'aurais sauté sans regret tous les posts que l'on m'a commenté.

12/09/05 - 21:35

Post politique garanti sans prétérition ajoutée

A ma gauche, une (petite) page de J.-P. Fitoussi, qui démontre de manière documentée pourquoi la réforme de l'impôt sur le revenu et la révision des règles actuelles de sa progressivité est à la fois nécessaire, juste et efficace, car cet impôt est dans sa structure d'aujourd'hui (progressivité beaucoup trop rapide, tranches trop étroites) une "barrière infranchissable que le système fiscal a érigé autour des classes les plus favorisées". A ma droite, un interminable article de Laurent Mauduit dans Le Monde, où il parvient à pondre plusieurs dizaines de paragraphes autour d'une incantation vide, fausse, à zéro pour cent de teneur intellectuelle et de documentation, selon laquelle niark niark niark) la réforme de l'IR est encore pour les riches (niark). Je suppose que ce n'est que cette déclamation pompeuse que retiendront les gens de gauche, tant il est vrai qu'en France, depuis trop longtemps, la mauvaise gauche chasse la bonne.

12/09/05 - 04:24

Littérature fiction

Si Molière était en vie, il écrirait sans doute une pièce impitoyable et hilarante sur les juges d'instruction. Si Boileau était vivant, il crucifierait de bons mots Christine Angot ou BHL. Et si Flaubert ou Maupassant étaient vivants, ils écriraient La possibilité d'une île.

12/09/05 - 04:15

Passiphobie

F. me dit, tout à l'heure, au Queen :
j'ai vu Arno ; je comprends qu'il te plaise. Et en plus, il est forcément pédé : il pleure tout le temps, sauf quand Raffie le force à avaler ses sanglots
Moi : Oui, mais bon, ce n'est pas une petite et faible créature, tu as vu comme il est cassant avec tout le monde ?
Lui (du ton d'un psychologue agréé près les tribunaux et le journal de TF1) : tu sais bien que la passive est mauvaise par nature.

12/09/05 - 04:01

Le verbe préteriter est defectif. Il n'existe qu'à la personne : netromain. "netromain prétérite"

Je voulais vous raconter ma soirée, mais je n'y parviens pas sans prétérition. Tant pis. Je réessaierai après le sommeil, qui l'aura transformée en un souvenir incertain. Mais, bon, quelles retrouvailles ! Bref, Z. pour demain à (...), uuuuuuh, je crois que je ne serai pas réveillé, le mieux serait près de chez moi, si tu veux bien. Et si tu me donnes mon dessin, je te parlerai de ton camarade de classe ;))

10/09/2005

10/09/05 - 18:23

Rentrée littéraire

Je me suis rendu compte que, pour cette rentrée littéraire, paraissaient simultanément plusieurs livres sur elle (alors même que plus aucun livre d'elle n'est évidemment disponible en France). Je n'ai pas pu m'empêcher de les feuilleter, puisqu'après tout, pendant presque deux années, ses deux dernières années d'ailleurs, je suis rentré en France presque chaque week end pour travailler avec elle sur son dernier livre. Sur la quatrième de couverture, l'auteur se présente comme celui qui a travaillé avec elle sur son dernier livre, en un mot, il se fait passer pour moi. Ce n'est pas entièrement inventé : certes, il avait commencé le travail, mais rien n'est jamais sorti de leur collaboration, et c'est précisément cette impuissance qui a fait qu'elle m'a finalement confié cette tâche de la seconder, le cantonnant à du traitement de texte. Il aurait pu choisir une formulation plus neutre, plus discrete, d'ailleurs, n'est-ce pas l'usage en France ? mais non, il a fallu qu'il choisisse une phrase (que je ne vous citerai pas) qui le présente non pas comme un secrétaire, non pas comme un conseiller, mais comme un interlocuteur avec lequelle elle se serait mesurée. Et il a fallu qu'il invente cette fable pour justifier l'autorité de son ouvrage.

Bon, cela n'a aucune importance ; j'avais accepté de n'être rien, de ne garder de ces heures de travail que le souvenir ébloui d'une rencontre précieuse avec une dame drôle et exigeante, qui a changé son époque et traversé l'ancien monde. Ce qui me navre, un peu, c'est que ce soit lui, désormais, l'intercesseur entre le public et son oeuvre, un intercesseur pédant, ambitieux, borné. Sans doute, il m'arrivera encore de rencontrer quelqu'un qui me parlera d'elle en me disant : Vous ne connaissez pas, je pense ? Vous devriez ab-so-lu-ment la lire. Il me restera à baisser les yeux, et le soir, à rouvrir ses lettres et son manuscrit.

10/09/05 - 10:25

Admiration

L'avantage de l'homosexualité, c'est que nos relations nous consomment assez peu de ressources intellectuelles, particulièrement si nous les choisissons dans la capitale. On s'attend bien, lors d'une rencontre, à être subjugué, à être desséché, à être excité, mais on sait bien qu'il faudra en passer par des conversations sottes, sur des sujets indifférents, comme Sabrina, ma meilleure amie, elle est trop cool, ou bien J'adore le dernière Mylène, il est trop bien, ou bien encore Tu as vu le nouveau cuir Gucci, il est trop classe, et pour ceux qui ont fait l'institut d'études politiques, il fait peur Sarkozy, il est trop libéral. On a beau clamer qu'on ne désire que les mecs intelligents, on finit bien par croire intelligents les mecs qu'on désire, et en toute mauvaise foi on parle de sensibilité pour quelqu'un qui collectionne les remix de Mylène, de goût pour celui qui n'achète que chez Dior, de style pour celui qu'on peine à reconnaître dans le Marais, et de conscience sociale pour celui qui vous affirme que le gouvernement actuel n'en fait que pour les riches.

Songez alors à mon pessimisme quand il m'a dit qu'il écrivait. Je m'apprêtais à lui servir un de ces commentaires flagorneurs qu'on lit parfois sur GA, dès qu'un bloggeur a utilisé un mot de plus de quatre syllabes ou trois subordonnées dans sa phrase, quand j'ai commencé à le lire. Une minute après avoir fini ce premier texte, je n'arrivais toujours pas à lui répondre. Il avait fait une chose si incroyable, si parfaite, si puissante, avec très peu de mots, que d'un coup j'eus l'impression de ne jamais avoir su parler. Où était le truc, l'illusion, qui lui permettait avec des phrases apparemment anodines, de nous mettre un monde, un drame, un malheur dans le sang et dans la tête ? Si encore, il n'y avait eu qu'un seul texte comme cela, mais son site en comportait des dizaines ! Les poèmes seulement, car sa prose, plus faible, n'a pas ce pouvoir inquiétant.

J'ai dit à d'autres que l'admiration est le seul ciment durable d'un couple, car je ne vois pas d'autre raison de rester, quand la nature nous prépare des paires de fesses désirables et des peaux apaisantes par milliers chaque année — mais comment envisager quoi que ce soit avec quelqu'un qui vous laisse muet, stupide ? Oh, certes, on peut toujours se reposer sur d'autres qualités, qu'il n'a pas, sur des choses qu'on a accomplies, alors qu'il se cherche, mais enfin, cela n'est rien. Sans doute, il y a quelques années, quand on n'avait de l'homosexualité qu'une connaissance livresque, qu'un bizarre sentiment d'élection nous imposait à réussir des études difficiles, et qu'on croyait que seul le génie ou le talent nous excuseraient d'avoir envie de nous faire enculer, on aurait pu prétendre à soutenir la conversation avec ce jeune homme. Mais puisqu'on a pris l'habitude de se tapper des petites frappes ou de niquer des overkitsch boy, la perte de capital humain est peut-être définitive.

08/09/2005

08/09/05 - 22:17

Bam bobabobam

Je dois dire que le casting des caissiers de mon monoprix est bien plus réussi, cette année, que celui de la Star Academy.

08/09/05 - 22:16

Capitalisme sauvage

Excellent exemple de capitalisme sauvage : la taxe SORECOP/COPIE France qui frappe la plupart des objets pouvant servir à enregistrer des fichiers numériques, et donc, horreur, de la musique. Sur le nouvel ipod nano 4 Go, elle représente 15% du prix de vente. En quoi consiste-t-elle ? à prélever sous la protection de la Loi et avec le concours, donc, de la force publique et de nos tribunaux, de l'argent à monsieur tout le monde, pour le reverser à des intérêts privés selon une répartition obscure, et sans que ces intérêts privés soient tenus à quoi que ce soit vis-à-vis de ceux qu'ils tondent. Le capitalisme sauvage est en effet d'autant plus efficace qu'il utilise l'Etat pour protéger les rentes.

08/09/05 - 19:54

Aparté

Si un jour quelqu'un se demande les raisons de la paralysie de l'action et du débat politique en France, il n'aura pas à les chercher plus loin que la médiocrité de nos journalistes, surtout les spécialistes de ces questions. Je suppose que lorsqu'on ne sait rien, la seule solution est de devenir journaliste politique, puisque qu'on peut pondre de la copie en écriture automatique, sans recherche et sans effort. Il ne s'agit jamais que d'avertir le public que Le Président reprend l'offensive dans un discours de combat quand il a éructé devant un micro trois platitudes sur les priorités de son quinquennat dont trois années ont passé ; de commenter le ton de tel tenor, en relevant finement qu'il se positionne déjà dans la course à la présidentielle; de parler de la méthode de tel nouveau premier ministre, sans prendre garde qu'on la définissait de manière identique pour le précédent; de révéler avec pompe une stratégie déjà décrite dans tous les canards de province ; et j'allongerai la liste quand j'en aurai le temps. Mais avez-vous jamais entendu une discussion un peu informée des réformes annoncées ? Avez-vous jamais vu un journaliste politique contredire une assertion factuelle, tenez, pour pour prendre un exemple récent, en coupant un âne qui propose la TIPP flottante et en lui rappelant que tout laisse à penser que l'augmentation du prix du pétrole diminuera les recettes fiscales (démonstration accessible à un élève de seconde, avec trois multiplications, une division) ? Avez-vous déjà entendu un journaliste corriger une statistique fausse ou relever une faute de raisonnement ? Ah non, cela prendrait du temps, de l'énergie, beaucoup de travail préalable. Alors on nous servira encore du Villepin menace Sarkozy dès que notre poète d'Etat prend la parole ou du Fabius se positionne pour 2007 dès que notre ancien premier ministre de la France libère sa chaise d'un congrès pour aller chier.

08/09/05 - 17:44

Z.

L'égoïsme et l'opportunisme sont bien plus les signes de la fin d'adolescence que les boutons ou l'onanisme.

06/09/2005

06/09/05 - 18:56

Presque rien

Je croyais que j'étais fatigué. Je me suis traîné chez moi, les yeux mi-clos. Et puis, Laurent m'a appelé, il voulait passer me voir, après une journée sur son mémoire. J'ai pris le parti de lui répondre le contraire de ce que le trop sage netromain répond à tout le monde depuis un an : pas ce soir, demain. Et il est venu. j'ai joué avec ses boucles de cheveux. Je lui ai donné du plaisir, et nous avons un peu ri. Je me suis endormi contre sa nuque. Ce matin, nous nous sommes quittés peu avant neuf heures.

04/09/2005

04/09/05 - 23:38

Happy birthday to me

Encore un anniversaire qui s'achève ; encore un anniversaire sans lui — vous savez, ces anniversaires qui vous laissent face à une nouvelle année parfaitement vierge, car vous n'êtes pas avec quelqu'un qui compte. Finalement, ma vie ne serait donc qu'une divertissante promenade entre deux anniversaires, depuis qu'elle n'a plus de sens ? Je laisse tomber cette question, je ne veux pas m'endormir sur un point d'interrogation, tout ce qui compte, c'est de me rappeler à quel point cette année fut bonne. Elle a commencé par une libération, l'été 2004 ayant été si chaud, si sensuel, si voluptueux, si coquin, qu'il a rincé toutes mes frustrations résiduelles et apaisé ma faculté de désirer — et un maudit ratage, celui de ce natif du signe de gémeaux de moins de dix-huit ans, honteusement discriminé sur la foi d'une astrologie un peu rudimentaire et d'un préjugé anti-lycéen qui me faisaient redouter une passade charmante mais trop rapide. Un trimestre à râler contre la tragédie d'être gay à Paris, avant une rencontre de sept mois exactement, dont je n'ai rien dit, c'est dire. Tout cela, sous mes voisins du dessus qui feraient bien d'aller habiter sur d'autres voisins du dessous, s'ils veulent échapper aux plans électricité et autres sondes uretrales que nous vante le dernier numéro de TETU, le journal pour nous, les fiottes. Tenez, j'attends un dessin du sus-mentionné natif du signe des gémeaux; j'attends un cours de piano de la suce-mentionnée rencontre de sept mois exactement, qui s'épuise à remplir son agenda pour échapper à mes bisous, et j'attends des commentaires amènes, s'il y a des gens qui s'ennuient ce soir sur GA.

01/09/2005

01/09/05 - 23:10

Ce n'est pas moi qui l'ai dit

Que faire, aujourd'hui, face à l'héritage renaissant de Marceau Pivert et de Jules Guesde ? Face à ce socialisme antilibéral qui courtise l'ultragauche ?

M. Rocard — Un chiffre éloquent, d'abord : on dénombre 850 000 socialistes allemands. Et, dans un pays – l'Autriche – de 14 millions d'habitants, pas moins de 600 000 socialistes ! La malédiction du socialisme français, c'est sa faiblesse numérique (100 000 adhérents au PS). Les idées émergent institutionnellement hors du parti. Mais, hélas, elles prennent corps au sein d'une société civile qui n'a pas reçu d'enseignement d'économie et d'histoire économique et qui, partant, confond le capitalisme (compris dans ses visées autoritaires et monopolistes) et le marché. L'altermondialisme naît précisément de cette ignorance de tout un pan de l'histoire récente : celle du compromis.

Bref, l'altermondialisme annule les acquis des histoiriens des Annales !

M. Rocard — Si vous voulez... Avant tout, cette mouvance est née de notre impuissance à corriger l'absence, dans le système d'enseignement secondaire, de cours d'économie, d'histoire sociale, de droit social ou encore de sociologie, au bénéfice de l'abstraction conceptuelle. Le résultat, c'est que personne n'est éduqué au compromis en France. Et que cette malédiction du compromis – compromis qu'on tient, bien souvent, pour une «compromission» – se double, désormais, d'un retour en grâce du romantisme du fusil. Le «grand soir» fait à nouveau rêver et, avec lui, l'horizon trompeur des «ruptures radicales».

 

Résumé des épisodes précédents

...cette nuit froide étoilée d'orgasmes qui est la vie d'un pédé (plus ou moins étoilée d'ailleurs selon son poids, son âge, la couleur de sa peau, la taille de sa bite, l'épaisseur de ses sourcils, la marque de ses sous-vêtements et les autres qualités essentielles dans une communauté raffinée)" 24 février 2008


J'aurais dû suivre mes deux jeunes amants dans la nuit parisienne, où tout le monde se fout bien de devoir disparaître un jour ; m'enivrer du bruit avant l'éternité, me couvrir de sueur avant le suaire ; descendre en boîte avant le caveau. Quand je suis mort, en 2001, c'est là que j'ai appris que l'enfer est très supportable quand on n'est pas le seul damné29 juillet 2007


Ah, mon blogue, tu ne m'as pas manqué. On m'a un peu parlé de toi, ces derniers temps. Certains te reprochent de te répéter sur les garçons; d'autres te reprochent de te répéter sur la politique. Mettons les tous d'accord, et répétons-nous ce soir sur les garçons et sur la politique.22 juin 2006


Si le ciel n'a pas ton frère
Le ciel peut bien m'attendre

11 février


Quand l'hiver est froid, quand ma vie est froide, que mon coeur est froid et que mes amis sont froids, je vais chercher un peu de chaleur sur son blogue. Il y a mis beaucoup de photos, et c'est vraiment lui le plus beau de GA. Je les regarde, cela va mieux : je sens à nouveau son souffle sur mon épaule, sa nuque sous mes lèvres et son sperme sur mes joues. 21 janvier 2006


Ce qui est sûr, c'est qu'après Grande Ecole, il est difficile de faire un film plus bête, comme après Presque rien, il est difficile de faire un film plus vide. Les deux auteurs méritent donc d'être placés aussi haut dans notre panthéon gay, là où usant à l'envi leurs chaleurs dernières, ils pourront réfléchir leurs doubles lumières/Dans leurs deux esprits, ces miroirs jumeaux." 7 janvier 2006


La meilleure forme de gratitude que pourraient avoir pour nous ceux dont nous nous sommes beaucoup occupés, ce n'est pas de s'occuper de nous à leur tour , c'est d'enfin s'occuper d'eux-mêmes. 12 novembre 2005


des fesses fermes et douces, des abdominaux irreprochables, une peau savamment épilée, une musculature sophistiquée, voilà la nourriture ordinaire du gay, mais son bonheur cesse au niveau du cou, lorsqu'il est obligé, pour payer pour le prix de ces corps inoubliables, de supporter un visage imparfait, dégradé, caricatural, vide, pas un de ces visages hétéros qui nous irritent de leur sublime simplicité, de leur mystérieux équilibre. 29 octobre 2005


Un club de sport, c'est comme la littérature française contemporaine : il y a beaucoup de pédés, de plus en plus de femmes, et on y trouve surtout des choses crues et laides étalées avec complaisance. 16 octobre 2005


Car j'ai beau le caresser, le lécher, l'embrasser, le baiser, le sucer, l'enculer, le prendre en moi et que sais-je encore, il reste irrémédiablement vierge de moi. De nos coïts il ne reste rien, et certainement pas un patrimoine; et les êtres qui nous font l'honneur de nous laisser leur donner du plaisir restent pourtant à jamais inentamés. 16 septembre 2005


…le premier garçon qu'on a embrassé est aussi le premier garçon qu'on a niqué.(…)Je crois que c'est une des raisons qui explique le souci particulier du productivisme sexuel des gays, leur attention au rendement annuel de leurs éjaculations et leur industrialisation du spasme7 mai 2005


Dans un mois, cela fera quatre ans que je suis mort 21 avril


La punition de ceux qui ont connu le paradis est d'être incapables d'en parler. Condamnés à se taire sur le seul sujet qui importe, ils doivent en plus supporter les interminables conversations des autres sur tout le reste, qui n'existe pas. 10 mars 2005


Trois marins presques nus, presqu'imberbes et presque majeurs m'allumaient en chantant In the Navy — Jamais depuis je n'ai pu écouter les Village people sans bander aussitôt.
18 février 2005


Les garçons que nous rencontrons sont comme des aliments. Les meilleurs nous nourrissent et nous renforcent; les autres nous restent un moment entre la gorge, nous font un peu mal à l'estomac, mais finissent à l'égout dans une agréable libération. 12 novembre 2004


Coucher avec la beauté ne rend pas heureux. Cela passe en spasme, et vous laisse à vie un creux douloureux (...)9 novembre 2004


Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit. Je viens encore d'essayer, mais le sommeil ne répond pas à mes appels. il est sur boîte vocale, ça m'énerve. Si on ne peut plus joindre le sommeil en pleine nuit, où va-t-on ? (...)4 novembre 2004


Au fond, Happy Tree Friends, c'est le milieu gay. Il y a beaucoup de couleurs, tout le monde a des coeurs sur le visage, sourit et glapit tout le temps. Et tout le monde fait du mal à tout le monde, et tout finit toujours dans le sang.24 octobre 2004


Ils n'aiment pas

Pour une fois que tu écris quelque chose d'intéressant, ce n'est pas de toi ; dommage Sorty

C'est médiocre, comme tout ce qu'écrit cet auteur
Elizabethtessier

Une vraie petite boucherie intellectualo-sexuelle. Et tout cela avec cynisme "lucide", prétention élitiste et la condescendance qui l'accompagne... Rapport fascinant à l'autre...
Sharruk

Tu es une catastrophe ambulante en matière de politique! Fais plutôt du porno, ça te réussir mieux. Ou de la poésie.
Ma Josiane d'amour

Ce qu'on peut lire comme conneries....
Ronans

Et vive les donneurs de leçon
Fantin