Toujours le même hôtel, tout près de la place du capitole ; toujours le même réceptionniste, qui m'accueille avec le même sourire ; la directrice m'oublie, la femme de chambre m'oublie, je ne viens que deux fois par an ; mais lui, il ne m'oublie pas, et il me rappelle toujours ce séjour de 2003, qu'on vous a déjà raconté sur un autre blog, où il avait eu l'élégance de feindre de croire que c'était bien mon cousin qui venait partager ma chambre et mon lit.
Trop peu courageux pour explorer la ville tout seul, et desespéré de pouvoir jamais rencontrer ...euh, appelons le Mickey...avec lequel j'entretenais une relation internet et téléphonique depuis cet été, où, sur un réseau depuis oublié, j'avais eu les yeux brûlés par un visage comme on n'en voit jamais chez les gays — des fesses fermes et douces, des abdominaux irreprochables, une peau savamment épilée, une musculature sophistiquée, voilà la nourriture ordinaire du gay, mais son bonheur cesse au niveau du cou, lorsqu'il est obligé, pour payer pour le prix de ces corps inoubliables, de supporter un visage imparfait, dégradé, caricatural, vide, pas un de ces visages hétéros qui nous irritent de leur sublime simplicité, de leur mystérieux équilibre. Et là, il y avait un visage, comme celui du garçon d'au dessus ; comme celui du garçon d'à côté dans le métro ; comme celui de ce mec qui sort de son bahut, comme celui de ces garçons croisés à la fac. Bref, Mickey, c'était d'abord un beau visage, et ce n'est pas rien.
Mickey vivait loin, Mickey m'échappait, Mickey m'obsédait : je vous laisse tous ces corps sur-musclés ou sous-nourris, mais un visage comme cela, un visage comme cela qui soit celui d'un pédé, il fallait qu'il soit à moi.
Mickey avait accepté ma proposition irréfléchie de passer ensemble le week-end à Toulouse. Irréfléchie, car pour le voir enfin en vrai, je prenais le risque de partager trois jours d'intimité avec quelqu'un que j'allais décevoir et que je ne saurais sans doute pas occuper. Et mon pimousse qui me lit et me fera sans doute un commentaire désagréable sait à quel point j'ai du mal à ouvrir ainsi mon intimité, sans une longue période d'attente, et sans en fermer aussi vite que possible l'accès pour un salutaire retour à ma privacy. Eh, diable, le compteur tourne, demain je serai vieux, il me faut des souvenirs de folie et de jeunesse ; je me rangeai donc à ma propre proposition, après qu'il l'eut acceptée.
Je ne sais comment il faut écrire le paragraphe de notre rencontre, sur la place du Capitole, cette nuit froide de novembre. Ma crainte. Mon coeur qui fait le subwoofer. Lui qui ne me voit pas. Ses cheveux bouclés, presque dorés, les gros lacets colorés de ses chaussures. Son sourire si apaisant, quand il me voit enfin. Ses yeux, dans les miens, sans me faire passer l'habituel examen physiologique que suppose une rencontre entre fiottes.
C'était lui. C'était le visage des photos. Rien de moins. On croit qu'on a tout vécu, on répète sur son blog qu'on ne connaîtra rien de mieux ; on pense avoir abusé de la fortune, et que le destin doit désormais s'occuper ailleurs; on s'imagine qu'il y a une puissance redistributrice, qui nous a déjà assez servi, nous qui ne sommes pas né beau ni charmeur — et on est à nouveau dans la féérie.
C'est à ce moment du récit que nous retrouvons le réceptionniste. Nous avions nos sacs, nous voulions les déposer dans la chambre avant d'aller dîner. Nous sommes entrés dans l'hôtel, le réceptionniste, un grand dadais maigre, un peu pincé, nous souhaite la bienvenue avec un léger accent. Et parce que vous qui me lisez, vous savez à quel point je suis vaniteux, vous imaginez quel regard triomphant je lui ai adressé, moi qui étais ce soir là, dans l'univers, le plus chanceux des hommes.
Arrivés à la chambre, horreur : il n'y a qu'un seul lit. Un grand lit, mais un seul lit. Brutal retour à la réalité. Je me fais l'effet d'un vieux pervers, qui emmène à l'hôtel des garçons et les piège en les faisant dormir dans son lit. Je bafouille, très rouge, un million d'excuses, et me propose d'aller chercher une chambre correcte, avec deux lits séparés. Mickey sourit, dit que ce n'est pas grave, que cela ira très bien comme cela, mais non, moi je ne veux pas de cela. Nous descendons l'escalier jusqu'à la réception, pour retrouver le héros de cette histoire. Je lui fais quelques récriminations, n'avais-je pas fait annoncer que je venais avec mon jeune cousin, et qu'il nous faut évidemment une chambre avec deux lits ? Il me chante qu'il n'y avait que deux personnes sur la réservation, et que gna gna gna. Il ne reste d'ailleurs qu'une seule chambre qui puisse convenir — très bien, emmène-nous, et faisons cesser au plus vite ce soupçon que j'aurais pu essayer de combiner pour n'avoir qu'un seul lit.
La chambre en question est une cave, recouverte d'un tissu orange plus vieux que la place du Capitole, aux meubles plus laids qu'un immeuble de Jean Nouvel, au fond d'un aile plus vide qu'un roman de Nina Bouraoui. Je suis desespéré ; allons-nous vraiment passer le week-end dans cette cellule ? Mais Mickey, qui n'avait jamais abandonné son sourire et son regard amusé, sourit un peu plus et me regarde encore un peu plus amusé, et nous dit que finalement, la chambre du haut avec son grand lit, ce sera très bien.
Bien plus tard, dans la soirée, quand nous nous sommes couchés, il a encore fallu que je me mette très loin de lui, et que lui, se retournant avec un plus grand sourire encore, traverse toute cette distance pour venir me couvrir de ses baisers.
Dans la liste de mes films cultissimes, il y en a un pour lequel j'ai une affection particulière, parce qu'il a été mon meilleur ami quand je désespérais de la mort de mon couple, je veux parler du mariage de mon meilleur ami. On vous le vend comme un film drôle, et en effet, on rit beaucoup dans la version originale, merveille de dialogues et de situations, alors que la version française est presque aussi plate qu'une pièce de Yasmina Reza. Mais curieusement, pour un film comique et pour un film américain, la fin y est tragique, puisqu'elle marque le renoncement d'un être à son bonheur, ou pire, à la seule chose essentielle de sa vie. Julia Roberts y campe une critique gastronomique, qui appartient à l'élite intellectuelle new-yorkaise de sorte qu'elle a développé un sens aigu du persiflage et du cynisme, condition nécessaire mais non suffisante pour appartenir, en tout pays, à l'intelligentsia. Mais au fond d'elle, elle voue un amour de petite fille pour un garçon un peu simple, un peu rustique, sur lequel elle s'imagine que son statut social et sa réussite suffisent à lui créer un droit de mariage, qu'elle a toujours remis au lendemain d'exercer. Làs, le gars simple en question l'appelle au début du film, pour lui annoncer qu'il va se marier, que ce n'est pas avec elle, et que c'est dans quatre jours. Julia Roberts fomente alors l'idée un peu folle de le faire renoncer en très peu de temps à ce mariage, de le récupérer, et de remettre le monde dans l'ordre de ses désirs.
On aurait regretté, pour l'intérêt du film et sa vraisemblance, qu'elle réussisse; mais bien sûr elle échoue, car on échoue toujours à vouloir renouer ce qui a été dénoué, et que même l'au delà ne nous rendra pas. Et le film de nous donner, à nous qui sommes détruits à jamais par une perte semblable, des scènes si justes et si poignantes : sur un bateau mouche, sous un pont, au gré d'une conversation pleine de sous-entendus, les deux, séparément mais simultanément, vont pouvoir se remettre ensemble, mais ne vont pas le faire — comme, avec Vincent, sur son immense canapé, tous les deux allongés, bien après notre rupture, nous nous sommes regardés, si proches de nous remettre ensemble, et qu'à ce moment là, précisément, moi qui ne voulait que cela ne l'ai pas voulu ; quand, dans un jardin, elle va lui faire, enfin, sa déclaration, aussi belle que totalement desespérée : "aime-moi, épouse-moi, choisis-moi"; et enfin, cette fin épouvantable et virevoltante, où on devrait la pleurer de finir une autre vie que la sienne, mais où on rit de la voir faire la seule chose qui reste à faire, quand on survit à sa vie.
Sur son blog GA, il est encore inscrit : en couple (homo). Si j'essaye d'écrire son surnom dans un sms, mon téléphone me propose : épou. Et il y a encore sa brosse à dents dans ma salle de bains. Et c'est tout. Presque plus rien. Au fond, la thèse idiote de Bergson et d'Halbwachs est peut être vraie : on ne peut pas se souvenir tout seul.
Un club de sport, c'est comme la littérature française contemporaine : il y a beaucoup de pédés, de plus en plus de femmes, et on y trouve surtout des choses crues et laides étalées avec complaisance.
Hier, E. m'a appelé, il s'est en même temps rappelé, car j'oublie toujours, quand je repense à mon passé, qu'il y a eu E. Il faut dire que ce fut un amour d'été, et qu'on ne croit plus trop aux amours d'été quand l'été est passé; alors imaginez lorsque plusieurs étés ont passé. Pourtant, il était sacrément bien, E. : un blond bien bâti pour le physique, mon antithèse pour le caractère, ce qui nous valait un étonnement mutuel dans toutes nos conversations. Le jour de notre rencontre, il m'avait préparé des pommes de terre frites en forme de bonhomme souriant, à côté de sa piscine, jusqu'à ce que son grand frère nous empêche de nous faire des cochonneries.
Nous avons repris hier soir nos taquineries réciproques, nous collons finalement si bien à la caricature que nous compose l'autre, et nous avons beaucoup ri. Il a un appétit de construire son couple (et une intense envie de sexe dans son couple), un sens de la planification à moyen terme ("dans deux ans, si ceci ne marche pas, je ferai cela") qui suffiraient à me convaincre de l'épouser, s'il ne s'était entiché d'un autre type.
Bref, il serait pour moi comme un de ces vieux amis avec lesquels on peut regretter à haute voix la douceur de vivre du temps jadis, s'il ne m'avait révélé, au détour d'une conversation : "oh, je ne sais pas, moi je n'ai que vingt ans."
Toute petite société finit toujours, en France, par donner dans la coterie. On n'y survit plus que par la flatterie réciproque, et le débinage satisfait des autres. On ne se fatigue qu'à chercher un bon mot, et à éviter la pénibilité de toute discussion un peu serrée. il ne s'agit jamais de penser, il s'agit de se reconnaître, de dire à son voisin de table la chose qu'il vous a dit la veille, et qui vous consacre définitivement l'un et l'autre comme supérieurs. GA, hélas, c'est un peu devenu cela, et le blog de chapi donne le goût général. On y colle deux photos, on y porte des jugements aussi définitifs que courts ; on y pourchasse inlassablement des têtes et on distribue des hommages aussi ronflants que creux.
J'accepte toutes les insultes, j'accepte votre énervement, n'ai-je pas choisi de faire un blog négatif ? Il faut donc en subir les conséquences : les approximations, les raccourcis, le refus de lire, les analogies. Pourquoi continuer la discussion, puisqu'il n'y a pas de discussion ? Il ne s'agit après tout que de vos mots, et vous savez ce que je pense des mots ;).
partir tout en fumée dit ? (22:04:01)
Je m'appelle Romain. Romain, c'est pas de ma faute. Je m'appelle Romain
partir tout en fumée dit :? (22:04:22). J'aurais pu m'appeller Nicolas, j'aurais connu les plaisirs de la chair, l'amour sans la torture.
partir tout en fumée dit :? (22:04:54)
Je m'appelle Romain, j'ai aimé, j'ai aimé. Je n'ai fait qu'aimer. Sans rien attendre en retour. Et sans rien avoir.
partir tout en fumée dit :? (22:38:04)
Je m'appelle Romain. J'aime bien écrire. J'aime bien écrire mais je n'écris pas. Si j'écrivais, qu'est-ce que ça changerait. Je n'écris pas. J'essaie déjà d'écrire ma vie. Ca me prend tout mon temps.
partir tout en fumée dit :? (22:38:28)
J'ai mille brouillons dans mes tiroirs, mille vies entamées. Mille roman inachevés.
partir tout en fumée dit :? (22:39:22)
Je m'appelle Romain. Oui, je vais bien. Je cherche juste. Je suis un chercheur, oui c'est ça. Je cherche un sens, une direction, une plume. Quelque chose. Pour avancer, aller plus loin. Tu connais la route, dis, tu la connais ?
partir tout en fumée dit :? (22:45:09)
Je m'appelle Romain. Ca y est j'écris. Au clair de la lune, tu m'as prêté ta plume. J'écris, même si je n'ai rien à dire.
J'écris parce que j'ai tout à vivre. Même si j'ai déjà tout vécu. Je m'appelle Romain...
Depuis plusieurs semaines, je dialoguais avec un garçon qui me plaît beaucoup, mais qui impose un long purgatoire internet avant d'imaginer une rencontre — pas même d'adresse msn, il faut en passer par un écran bleu qui se rafraîchit trop lentement. J'étais d'ailleurs complice de son attentisme, tant l'idée d'aller me fracasser à un non hautement probable suffisait à me retenir de lui faire une quelconque proposition hâtive. Ah, demain, je serai bien ; ah, demain, je serai séduisant ; oui, demain, je serai à lui.
Oh, je l'ai bien croisé, à une soirée où l'on croise tout le monde ; je me suis caché. Oh, je l'ai bien croisé, sur un salon où l'on ne croise en principe personne ; je me suis caché. Et nous avons ri sur internet de ces coïncidences inutiles, au nom d'un hypothétique demain.
Imaginez alors ma stupeur, quand, assis sur une banquette du métro qui devait me ramener chez moi, j'entends l'usager d'en face m'appeler, et que je lève alors les yeux sur son visage.
Voilà que nos tapettes de GA se sont toutes mises à hurler comme une seule femme "démission" contre Pascal Clément, avec le cri strident qu'elles réservent d'ordinaire à la constatation qu'elles n'entrent plus dans leur paire de jeans préféré, et le même sens de la frayeur unanime que les poules de Chicken Run. On imagine très bien leur intérieur décoré comme leur blog d'une image du garde de sceaux lacérée de la mention "démission", et d'affiches appelant à l'insurrection populaire pour défendre la très sainte Constitution de la Cinquième république, que le monde entier nous envie pour cette protection inouïe des libertés publiques dont jouissent les français ; ne parlera-t-on pas bientôt du modèle judiciaire français comme on parle du modèle social ? Argh, ce risque d'inconstitutionnalité, menace brune, son des bottes et chemises noires : posez vos coca light mes chéries, secouez vos miches, Our liberty needs you.
Nos penseuses ont oublié de nous dire quelle valeur il convenait ici de défendre, et nous font passer un instrument (la constitution) pour une fin en soi. Et quel instrument ! pardon, mais s'il fallait se reposer sur cette constitution et le travail du conseil constitutionnel, quel espoir aurions-nous de sortir enfin de notre moyen-âge judiciaire ? La vérité est que la constitution est pour la protection des droits fondamentaux, un texte inutile et incertain. Incertain, car le même risque d'inconstitutionnalité a pesé sur des lois que vous défendez aujourd'hui, et que notre procédure pénale épouvantable n'a jamais fait lever le sourcil d'un juge constitutionnel; inutile, car nous avons, merci l'Europe, merci le monde, une bien meilleure protection par les traités internationaux que nous avons signés et ratifiés. Tiens, quarante deux condamnations de la France en 2000 pour violation de la convention européenne des droits de l'homme, une année assez moyenne pour notre pays (on atteindra même quelques années plus tard onze condamnations la même journée, record à battre), ça me paraît à la fois navrant, et terriblement plus important. Et j'avoue accorder plus de confiance à ces cours supranationales, qu'à notre petit comité théodule qui, à la faveur de repas bien arrosés, arrive à nous réveler des "principes généraux" et à les faire entrer dans la "sphère de constitutionnalité" (oui, car il s'agit d'une sphère, d'après mon distingué prof de droit).
Nous avons aujourd'hui un système juridique qui produit à la chaine des horreurs, des drames, des vies brisées : quand ceux qui n'ont pas écrasé une larme pour les accusés broyés d'outreau brandissent un mot aussi long que "constitutionnalité", je me dis que je me sentirais plus en sécurité si mes concitoyens s'émouvaient moins pour des mots, que pour des gens.
Au moment où ma vie se modifie considérablement, je suis incapable d'en tenir le journal. Fichtre. Est-ce que je ne pourrai en parler qu'un fois que ce sera achevé ? Est-ce qu'il y a maintenant trop de lecteurs qui me connaissent ? Est-ce que ce journal est trop lié à cette ancienne vie qui disparaît, ou qu'il n'a été que le journal de sa disparition ?
Chapi nous étonne une fois de plus en affirmant que les acquis sociaux ne sont pas rentables, et que l'économie n'est pas tout. Il faut dire qu'on ne nous le dit pas assez, que c'est une opinion ultra minoritaire sur GA comme ailleurs, et qu'il faut beaucoup de culot pour oser la soutenir publiquement.
Bon, de fait, cette idée, on a déjà du l'entendre un million de fois, elle circule comme un schibboleth que je vais encore rater. Je crois en effet qu'il faudrait plutôt relever que le capitalisme a réussi comme système économique précisément parce qu'il repose sur l'idée que les acquis sociaux sont extrêmements rentables, pour le dire plus simplement : la source de l'enrichissement. Le capitalisme et le libéralisme reposent sur la production de masse, et qui dit production de masse, dit consommation de masse, et donc il se nourrit de l'amélioration du niveau de vie et du pouvoir d'achat. On peut relire à cet effet Schumpeter : "La reine Elizabeth portait des bas de soie. La révolution capitaliste n'a pas consisté spécifiquement à procurer aux reines davantage de ces bas, mais à les mettre à la portée des ouvriers d'usine, en échange de quantités de travail constamment décroissantes." Sans ces acquis sociaux, il n'y a pas de décollage économique.
En revanche, le mouvement du capitalisme aboutit bien à dissoudre les "acquis sociaux" qui ne sont que des rentes de situation, comme le verouillage des corporations il y a quelques siècles, le surprofit sur la musique ou les logiciels aujourd'hui pour prendre des exemples non polémiques.
On va certainement m'infliger des commentaires sur la nécessaire distinction entre capitalisme et libéralisme, mais franchement, au niveau rudimentaire où se situe le débat, elle me paraît bien inutile.
...cette nuit froide étoilée d'orgasmes qui est la vie d'un pédé (plus ou moins étoilée d'ailleurs selon son poids, son âge, la couleur de sa peau, la taille de sa bite, l'épaisseur de ses sourcils, la marque de ses sous-vêtements et les autres qualités essentielles dans une communauté raffinée)" 24 février 2008
J'aurais dû suivre mes deux jeunes amants dans la nuit parisienne, où tout le monde se fout bien de devoir disparaître un jour ; m'enivrer du bruit avant l'éternité, me couvrir de sueur avant le suaire ; descendre en boîte avant le caveau.
Quand je suis mort, en 2001, c'est là que j'ai appris que l'enfer est très supportable quand on n'est pas le seul damné29 juillet 2007
Ah, mon blogue, tu ne m'as pas manqué. On m'a un peu parlé de toi, ces derniers temps. Certains te reprochent de te répéter sur les garçons; d'autres te reprochent de te répéter sur la politique. Mettons les tous d'accord, et répétons-nous ce soir sur les garçons et sur la politique.22 juin 2006
Si le ciel n'a pas ton frère
Le ciel peut bien m'attendre 11 février
Quand l'hiver est froid, quand ma vie est froide, que mon coeur est froid et que mes amis sont froids, je vais chercher un peu de chaleur sur son blogue. Il y a mis beaucoup de photos, et c'est vraiment lui le plus beau de GA. Je les regarde, cela va mieux : je sens à nouveau son souffle sur mon épaule, sa nuque sous mes lèvres et son sperme sur mes joues.21 janvier 2006
Ce qui est sûr, c'est qu'après Grande Ecole, il est difficile de faire un film plus bête, comme après Presque rien, il est difficile de faire un film plus vide. Les deux auteurs méritent donc d'être placés aussi haut dans notre panthéon gay, là où usant à l'envi leurs chaleurs dernières, ils pourront réfléchir
leurs doubles lumières/Dans leurs deux esprits, ces miroirs jumeaux." 7 janvier 2006
La meilleure forme de gratitude que pourraient avoir pour nous ceux dont nous nous sommes beaucoup occupés, ce n'est pas de s'occuper de nous à leur tour , c'est d'enfin s'occuper d'eux-mêmes.12 novembre 2005
des fesses fermes et douces, des abdominaux irreprochables, une peau savamment épilée, une musculature sophistiquée, voilà la nourriture ordinaire du gay, mais son bonheur cesse au niveau du cou, lorsqu'il est obligé, pour payer pour le prix de ces corps inoubliables, de supporter un visage imparfait, dégradé, caricatural, vide, pas un de ces visages hétéros qui nous irritent de leur sublime simplicité, de leur mystérieux équilibre.29 octobre 2005
Un club de sport, c'est comme la littérature française contemporaine : il y a beaucoup de pédés, de plus en plus de femmes, et on y trouve surtout des choses crues et laides étalées avec complaisance.16 octobre 2005
Car j'ai beau le caresser, le lécher, l'embrasser, le baiser, le sucer, l'enculer, le prendre en moi et que sais-je encore, il reste irrémédiablement vierge de moi. De nos coïts il ne reste rien, et certainement pas un patrimoine; et les êtres qui nous font l'honneur de nous laisser leur donner du plaisir restent pourtant à jamais inentamés. 16 septembre 2005
…le premier garçon qu'on a embrassé est aussi le premier garçon qu'on a niqué.(…)Je crois que c'est une des raisons qui explique le souci particulier du productivisme sexuel des gays, leur attention au rendement annuel de leurs éjaculations et leur industrialisation du spasme7 mai 2005
Dans un mois, cela fera quatre ans que je suis mort21 avril
La punition de ceux qui ont connu le paradis est d'être incapables d'en parler. Condamnés à se taire sur le seul sujet qui importe, ils doivent en plus supporter les interminables conversations des autres sur tout le reste, qui n'existe pas. 10 mars 2005
Trois marins presques nus, presqu'imberbes et presque majeurs m'allumaient en chantant In the Navy — Jamais depuis je n'ai pu écouter les Village people sans bander aussitôt.18 février 2005
Les garçons que nous rencontrons sont comme des aliments. Les meilleurs nous nourrissent et nous renforcent; les autres nous restent un moment entre la gorge, nous font un peu mal à l'estomac, mais finissent à l'égout dans une agréable libération.12 novembre 2004
Coucher avec la beauté ne rend pas heureux. Cela passe en spasme, et vous laisse à vie un creux douloureux (...)9 novembre 2004
Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit. Je viens encore d'essayer, mais le sommeil ne répond pas à mes appels. il est sur boîte vocale, ça m'énerve. Si on ne peut plus joindre le sommeil en pleine nuit, où va-t-on ? (...)4 novembre 2004
Au fond, Happy Tree Friends, c'est le milieu gay. Il y a beaucoup de couleurs, tout le monde a des coeurs sur le visage, sourit et glapit tout le temps. Et tout le monde fait du mal à tout le monde, et tout finit toujours dans le sang.24 octobre 2004
Pour une fois que tu écris quelque chose d'intéressant, ce n'est pas de toi ; dommage
Sorty
C'est médiocre, comme tout ce qu'écrit cet auteur Elizabethtessier
Une vraie petite boucherie intellectualo-sexuelle. Et tout cela avec cynisme "lucide", prétention élitiste et la condescendance qui l'accompagne... Rapport fascinant à l'autre...
Sharruk
Tu es une catastrophe ambulante en matière de politique! Fais plutôt du porno, ça te réussir mieux. Ou de la poésie. Ma Josiane d'amour