Madame Figaro annonçait la semaine dernière que j'arrive au terme d'un cycle de vingt-huit ans. Enfin, cette affirmation valait pour tous les natifs de la vierge, y compris les nouveaux-nés et ceux qui venaient d'avoir dix-huit ans et qui sont beaux comme des enfants, forts comme des hommes.
Madame Figaro ayant par le passé annoncé avec une précision diabolique la date de ma première composition d'agrégation, j'avoue lui accorder une relative confiance. D'ailleurs, cette prédiction est indubitablement vraie puisque j'aidécidé qu'il en sera ainsi, et qu'il est vraiment temps de quitter une époque que j'ai beaucoup aimée. Trois époques, plutôt, puisqu'il y a eu avant Vincent — quand je n'existais pas encore, et que je me préparais à être — pendant Vincent — période de ma vie où le seul effort que j'avais à faire, pour être heureux, était de vivre — et après Vincent, période de ma vie qui n'a probablement pas de sens, et que je ne pourrais mieux décrire qu'en copiant-collant "ténébreux orage /traversé ça et là par de brillants soleils." Mais, comme le disait un interlocuteur msn bloqué ce soir pour d'autres raisons, je n'ai plus son âge, et il me faut connaître d'autres choses avant le tombeau. Puisque je n'ai plus le confort d'une vie qui a un sens, pourquoi m'attacher à la sécurité d'un boulot, d'une situation et de certaines habituelles sexuelles et sentimentales ? Inconsciemment, j'ai donc sapé cette vie qui ne demandait qu'à perséverer dans son être en signant pour un appartement loin de vous, en acceptant le risque d'un nouvel emploi beaucoup plus exposé, en renonçant à d'autres activités qui faisaient avant ma fierté (et m'apportaient quelques beaux moments, aussi). De cela, à la fin 2006, il ne restera rien.
Il y a autre chose. J'ai mené jusqu'ici des vies différentes dont je m'assurais, au prix parfois d'astuces invraisembables, qu'elles ne se croisent jamais. Ce blog en était un élément : aucun de mes amis ne le connaissait, aucun de mes lecteurs n'était mon ami. Cela a tenu quelques mois, et me voilà aujourd'hui dans une situation burlesque, où certains me lisent sans me reconnaître (n'est-ce pas **** et **** ?), d'autres croient me connaître parce qu'ils me lisent, d'autres me connaissent trop pour me lire, d'autre enfin croient reconnaître ce qu'ils lisent. Et puis, netromain sur un site appelé gayattitude, c'était contradictoire depuis le début. J'écris désormais des choses que je signe, et dont je peux discuter avec mes amis, c'est sans doute bien mieux ainsi, ce blog n'a pas de raison de continuer. Il vit ailleurs désormais, son cadavre pourrait bouger un peu néanmoins.
Il y a encore autre chose. Ou plutôt, la même chose, mais plus générale. J'ai fini par devenir une sorte de netromain, à chercher je ne sais quoi sur internet, à consumer des heures dans des espoirs idiots, à croire qu'il y avait des êtres de chair derrière des pseudonymes, une complicité derrière des conversations msn, une communauté derrière des internautes, une vie réelle derrière la vie virtuelle. Certes, j'ai pu y croire, à force de coucher avec les gens de GA dont le portrait me plaisait, mais vous savez comme moi qu'après une coucherie, il n'y a rien. La seule chose qui ait pu compter, en 2005, ce sont ces sept mois avec Pimousse, et lui m'avait tiré très vite du net —de ces sept mois, je n'ai presque rien dit, puisque Pimousse était d'ici. Depuis, je suis passé d'un rêve internet à une promesse internet, d'une hypothèse internet à une illusion internet — Madame Bovary n'est pas morte, elle a une webcam et passe ses journées à faire des smileys à des garçons qui lui envoient des photos en boxer blanc. Pour quelqu'un qui, à dix-sept ans, avait le sang qui lui montait à la tête quand il lisait de son maître qu'il ne faut exister que pour réaliser la féérie, avouez que c'était un peu court.
J'aurais probablement quelques autres paragraphes incompréhensibles à ajouter, mais n'ai-je pas résolu de minimiser le temps que je passe connecté ? Il est minuit, il me reste une journée à vivre de cette année, je voudrais la finir ailleurs.
Il est absurde d'envier quelqu'un pour les garçons qu'il a eus, car nous avons tous connu des garçons extraordinaires ; en revanche, il est impossible de ne pas envier quelqu'un pour tous les garçons qu'il a évités.
I. "Il n'y a que sur rezog que l'on ne rencontre personne " me disait récemment ***, qui a de gros besoins sexuels. Après plusieurs heures vaine sur rezdaube, j'ai essayé un autre site aujourd'hui, et en dix minutes j'avais rendez-vous avec un jeune homme du quatorzième arrondissement.
II. Si je lui avais parlé de ce blog, comme aux autres, je n'aurais rien pu vous raconter.
III. Nous nous sommes assis sur le canapé familial, en cuir usé. Il a posé sa main sur ma braguette, je lui ai aussitôt remonté la main jusqu'à mon épaule. Ce n'est pas parce que je ne pouvais rien espérer d'autre qu'une éjaculation puis un adieu que j'allais me priver d'un peu de mise en scène.
IV. J'avoue qu'en me perdant dans les boucles de ses cheveux, j'ai eu une pensée pleine de vanité, qui disait en gros que les garçons que nous serrons dans les bras nous ramènent à plus de justice envers notre destin, en nous faisant voir qu'il nous a préservé de toutes ces demi-beautés dont nous ne sommes pas le style.
V. Il faut se souhaiter peu d'histoires comme celle-là, car elles décolorent tout le reste de notre existence.
De mon billet du 19 septembre 2004 : "(...)Nous étions dans la cuisine, en train d'essayer de viser les tranches de pain pour ne pas se mettre de la confiture sur les jambes, et j'en étais (encore) à me demander si tout cela était bien réel. On a pris l'habitude d'user d'expressions fortes pour tous les actes de la vie courante, mais quand vous êtes placés dans une situation que vous ne pouvez exprimer qu'avec ces mots là, vous maudissez votre légèreté d'avant : qui vous comprendra, quand vous parlerez de "garçon de vos rêves" alors que le gay moyen tourne à sept candidats par overkitsch au Queen ? Qui s'étonnera, quand vous écrirez que "vous vous demandiez si tout cela était bien réel" alors que vous le répétez à chaque démarche administrative ? Bref, les moments exceptionnels de votre vie sont une collection d'expressions éculées. Voilà pourquoi il est vain d'en parler.
Au reste, on pourrait s'étonner qu'un mec puisse justifier une telle emphase. le premier, peut-être. Si c'est Steevy au Laurent Ruquier, passe encore. Mais là, un parfait inconnu ? N'en voyons nous pas chaque saison arriver une nouvelle génération qui cherche l'amour dans la nuit gay, qui en repart après quelques mois pleine de souvenirs de bites et d'examens sanguins ? Mais souvenez-vous, bien avant cela, quand vous rêviez la nuit, quand votre goût était votre secret, vous aviez donné un corps, des yeux, une bouche, un sourire, des exploits à un être qui mêlait toutes vos admirations. Que diriez-vous, si, des années plus tard, cet être là devant vous tartinait de confiture de groseille une demi baguette, après vous avoir fait l'amour toute la nuit ?"
Finalement, c'est peut être Maupassant le plus grand. Il y a Bel Ami, bien sûr, qui est sans doute le roman français le plus important, le plus implacable, le plus juste, qui nous dispenserait presque d'aller relire Flaubert ou Balzac ; il y a toutes ses nouvelles, aussi, où il réussit à se faire femme, paysan, animal, possédé, enfant, petit fonctionnaire, et où il nous dit la nature et l'humanité sans jamais que nous ne nous rendions compte qu'il est là. Il est tellement bon à se cacher, que tout le monde croit que ce qu'il fait est facile. Pardon, mais après tant de relectures, je ne vois toujours pas les ficelles, alors qu'elles semblent si grossières chez Flaubert, par exemple (maintenant que tout le monde a pillé Madame Bovary, en tout cas). Je souscris à cette phrase d'un de ces prestigieux lecteurs, selon laquelle la seule erreur de Maupassant, c'est d'avoir mis dans ses dialogues "point" au lieu de "pas."
Et puis, ses histoires vous hantent, ses personnages ont de la chair et du sang, sa psychologie est subtile, les situations qu'il propose à la fois surprenantes et vraisemblables (vous vous souvenez du début du Lys dans la Vallée ? Je vois mal Maupassant se permettre une telle facilité ; Balzac ne parvient à égaler Maupassant sur ce plan peut être une seule fois, dans tout ce que j'ai lu de lui, et curieusement, d'ailleurs, Balzac qui ajoute normalement cinq pages de commentaires et de réflexions générales à chaque péripétie qu'il décrit, est à ce moment là complètement silencieux. il faut dire que c'est sans doute une des plus belles pages de la littérature queer, et non, je ne parle pas du suicide de Lucien). On pourrait presque se dispenser de vivre, car toute la vie a coulé dans l'oeuvre de Maupassant. Mais ce serait impossible : car toutes ses pages palpitent d'une volonté de vivre et de jouir qui nous pousse à retourner chercher l'aventure, dût-elle être au coin de la rue.
"Les dieux eux-mêmes combattent vainement contre la bêtise" aurait écrit Schiller. Cette pensée désolante me submerge devant la nouvelle bêtise à la mode. Voici que la petite oligarchie que l'on appelle le tout paris (petite par l'effectif et par la portée), lassée de se rappeler qu'elle est la plus intelligente du monde dans les sirupeux renvois d'ascenseurs qu'elle baptise "critiques"; fatiguée de ces provocations de femmes frigides qu'elle nomme "art vivant" dès qu'il n'y a personne dans la salle et plein de fausses blondes refaites dans le cocktail qui récompense ceux qui ont tenu jusqu'à la fin ; épuisée par des vernissages de créateurs d' "installations" qui ne servent qu'à nourrir un quarteron de spécialistes verbeux; repue des livraisons annuelles : a) des considérations sur le sexe par Mlle Christine Angot b) des considérations sur les génies qui l'ont précédé par M. Philippe Sollers et c) des sentiments provoqués par la lecture du journal à M. Florian Zeller ; et assurée, enfin, d'avoir verrouillé pour ses enfants de juteuses positions par la mise au pillage de l'éducation nationale à son seul profit, et , quand vraiment aucun expédient n'a suffi, en s'invitant au jury des concours républicains pour y garantir le succès de sa progéniture, si vous voyez de qui je parle, voilà donc que cette coterie qui aurait pu s'endormir sur cette domination tranquille d'une banlieue oubliée de la civilisation, a voulu ressentir à nouveau des émotions, et, sortie un peu émue du dernier star wars, s'est cherchée un héroïsme — ce serait tellement glam chic, de pouvoir être un héros, entre la soirée de lancement du nouveau sac Dior™ et celle de la nouvelle montre Bulgari®. Alors, elle s'est construit un monstre, et avec un sens de la nuance qui détrône notre Stevezisou au classement de la pensée la plus rudimentaire, voilà qu'elle se lève comme une seule coupe de champagne, pousse un cri aviné : tout sauf sarkozy, et colle sur son blog une photo du ministre de l'intérieur avec la mention : Votez le Pen.
Faut-il vraiment répondre quelque chose à cela ? Non, bien sûr, car hormis quelques étudiants de sciences politiques que je connais — et qui n'écrivent pas ici, NDLR — bien sûr personne n'est assez stupide pour être dupe. Le peuple, la cible marketing de la gauche ? Mais il a voté le Pen, il voit bien quelle est la différence. L'extrême gauche ? mais elle milite historiquement pour une société où il n'y aurait que la caserne ou la prison, et elle aime trop, conséquemment, l'univers le peniste pour le confondre avec celui, libéral, de Sarkozy. Tout cela n'a donc, bien entendu, aucune importance, si ce n'est comme fait social : la résistance qu'apportent ici ceux qui ont tout à un candidat, leur incapacité de la formuler autrement que sous un accent pathétique, la fébrilité avec laquelle ils se jettent dans la chasse à l'homme, tout nous indique, à nous qui voulons que les vieilles idoles tombent, que les anciennes aristocraties soient défaites et que les injustement nantis soient privés de leurs rentes iniques, lequel nous devrons choisir quand il s'agira d'aller voter.
Pour faire une grande chanson en anglais, il n'est pas besoin de dire quelque chose d'original, ni de chercher bien loin ce qu'on va dire. Pour faire une grande chanson en français, il n'est pas besoin de dire quelque chose, n'est-ce pas, vous, les grandes dames de notre chanson ?
1. Je lis hier un article remarquable et particulièrement bien documenté, qui explique en quoi Le monde de Narnia est profondément juif, par les thèmes, les allusions, la vision du monde (vous savez le truc qui se prononce weltanchuuuuuung, je crois), même s'il demeure accessible à qui ne dispose pas de cette clef de lecture. J'écoute ce matin une émission remarquable, dont les invités, particulièrement érudits, nous expliquent avec moult exemples en quoi Le monde de Narnia est profondéement chrétien, par les thèmes, les allusions, la vision du monde (vous savez, le truc qui rime avec chewing gum), même s'il reste accesible à qui ne dispose pas de cette clef de lecture.
2. Il me dit : Je suis fidèle, puis il sort sa bite.
J'ai une vision tragique du shopping. Je préférerais de loin acheter le vendeur, et parfois les autres clients, et ce n'est que faute de mieux que je repars avec un article. Au moins, quand je parle de magasin bien achalandé, je ne commets pas le faux sens habituel.
Puisque je suis épuisé, je vais me contenter ce soir de remplir ce blog d'évidences. L'homosexualité n'a aucun intérêt lorqu'elle n'est pas pratiquée par des hétérosexuels. J'aime des chous, je mange des chous, la belle affaire. Enculez vous en silence, mais ne venez pas défiler pour nous expliquer qu'il y aurait une dignité ou une fierté à le faire. Cela ne mérite pas plus d'attention que les mycoses vaginales ou une petite phrase de François Hollande.
En revanche, il y a quelque chose de radical, d'absolu, de sublime, dès lors que deux garçons s'embrassent, sans théorie, sans revendication, sans précédent et sans suite, et même sans issue. Il y a une détestation fréquente des bi, sur les réseaux. Je ne leur reproche qu'une seule chose, c'est de ne pas être encore assez hétéro. Vanité de vouloir être leur seul mec ? Folie de vouloir vivre une exception, une anomalie, un accident, bref un événement quand d'autres passent au distributeur de gants en latex avant d'aller pénétrer un autre être humain dans un cave spécialement aménagée, au profit d'un commerçant régulièrement affilié au SNEG ? Et pourtant, chacun de nous a dans le fouillis de sa mémoire, un ou plusieurs trésors, qui sont les garçons hétéros qu'il a aimé et qui l'ont aimé.
On me reprochait il y a quelques semaines de faire étalage de mes beaux souvenirs avec des garçons. En y repensant, je n'y vois que des beaux ratages. Qu'ont-ils de commun, tous ces mecs, à part leurs fesses inoubliables et leur bouche insoutenable, of course ? Ce sont tous des échecs, mes échecs. J'en ai raté parce qu'ils ne voulaient pas de moi, j'en ai raté parce que leur psychologie ne leur permettait pas de me vouloir, j'en ai raté parce que je les ai négligés, à ce moment où il fallait vaincre ; j'en ai raté parce que je n'ai pas été là quand nous étions ensemble; j'en ai raté parce que j'ai commencé à être avec eux quand il n'étaient plus là; et même, ce que j'ai le plus réussi, je l'ai raté aussi, puisque je ne l'ai plus.
Je lis sur le blog de PacanneRabo (qui figurerait sur ma liste de liens si j'avais une liste de liens) que des internautes se proposent de contester un progrès évident de notre législation répressive, en vertu duquel nous ne saurons bientôt plus si nous avons le droit de déplacer un fichier de musique d'un dossier à un autre de notre ordinateur sans devoir une redevance ou bien une peine d'emprisonnement. Pourtant, l'urgence est là: Mylène n'a vendu que 300 000 lbums, Sandrine Kiberlain 80 000 et Tina Arena une quantité indécelable : dans un pays qui a inventé l'Education nationale (sic) et le ministère de la culture (re-sic), il est évident que de telles contreperformances ne peuvent s'expliquer que par des comportements délictueux des consommateurs, et des échanges frauduleux de ces splendides créations de notre exception culturelle (sic encore, mais où vont-ils chercher tout cela ?).
Non, le problème de cette loi sur le droit d'auteur et les droits voisins (si, si, c'est sic là aussi), que le législateur poète a aussitôt baptisé d'un petit nom mélodieux (DADVSI) en pulvérisant le record du nombre d'initiales (on passe de trois à cinq, après le loi LSF, la loi SRU), ahem, le problème de cette loi, c'est qu'elle est dangereusement permissive. Songez qu'aucune disposition ne prévoit une taxe de la boîte cranienne, dont on sait pourtant qu'elle constitue un moyen de stockage de musique et de films très largement utilisé, et dont les fichiers, au format .souvenir, ne font l'objet d'aucun système de protection de type DRM. Je demande donc solennellement à notre assemblée d'instituer une taxe, dont la double assiette serait la masse du cerveau comme index de contenance, et la durée d'éveil de l'individu, comme index de sa capacité à enregistrer dans le cerveau des musiques sans faire de chèque à leurs auteurs ni à Pascal Nègre. Mais même cela ne suffirait pas à rendre le dispositif assez juste pour soutenir la création, qui a besoin d'argent, d'argent et encore d'argent. Syphonnons donc encore le portefeuille des gens qui ont des oreilles en instaurant un nouveau prélèvement obligatoire qui s'imposerait à toute personne disposant d'une langue, d'une gorge et de lèvres lui permettant de chanter ou de siffloter. Qui ne chante pas sous la douche, et régale ainsi gratuitement (quel horrible mot) ses voisins (ceux qui habitent à côté, hein, pas les droits voisins) ? Eh bien notre PIB souffre considérablement de cette forme inique de travail au noir, non soumise à contribution sociale, qui spolie nos auteurs d'une juste rémunération.
Je me souviens d'une discussion avec un grand éditeur parisien. A ma surprise, il pestait contre les lois prohibant la copie. Quand je vends un livre, je sais qu'il sera copié n fois, cela fait partie de mes calculs et cela ne pose pas de problème. En revanche, je n'oublierai jamais ce que m'avait dit Soljénitsine, que la meilleure arme de la liberté, c'est la photocopieuse.
La démocratie est une mécanique fragile et compliquée. Instituez une pénalisation des opinions et une pénalisation de la copie, et vous avez autre chose, de bien moins compliqué — comme dans Star Wars nous sommes en train de perdre la démocratie, et nous la perdons sous des applaudissements.
Je connais le résultat, l'effet que je vise, mais je suis encore incapable de le produire à coup sûr, avec ce caractère chimiquement pur que l'on reproche à de la musique commerciale. Je me suis replongé dans les livres qui me font trembler, pour essayer d'apprendre, mais cela ne suffit pas : je progresse, certes, mais cela reste soit trop didactique, soit trop ironique. Je me tourne vers la musique, puisqu'elle a ce pouvoir de nous changer sans ne rien nous dire d'intelligible; et vers le cinéma, parce qu'il nous coupe parfois le souffle autant que la vie même. Peut être que voilà la solution : revivre un peu, avant de se remettre à écrire. Retrouver cette vie que j'ai perdue il y a tant de mois.
1. Je m'étonne chaque fois du changement que produit en moi un très bon repas, un achat très coûteux ou le fait de donner un orgasme à un mec, les trois étant d'ailleurs classés par fréquence décroissante (sur les deux derniers mois).
2. Le nombre de grosses passives en France a été récemment évalué à un peu plus de trois cent mille personnes, soit le nombre d'albums de Mylène Farmer vendus sur le territoire de la République.
3. Je viens de finir un tube de gel. C'est idiot, mais cela me donne toujours un peu de nostalgie.
4. J'ai du mal, en cette fin d'année, à ne pas vouloir emmener sous les draps les mecs que je rencontre.
On va prendre un verre un dimanche soir au queen, et on se retrouve, quelques jours plus tard, à l'autre bout de l'océan à prendre la photo dont je ne montre ici qu'un détail. D'où vient, alors, que je n'aie plus envie d'y sortir ?
L'avantage de l'autre zozo, c'est que nos conversations ne durent jamais plus d'une minute. Il m'a juste lâché le nom de Chateaubriand, et me voilà le nez dans la béarnaise, non, je veux dire, dans mon exemplaire fatigué des Mémoires d'outre-tombe. La plupart des lecteurs de Chateaubriand, je crois, apprécient le côté Mémoires ; moi, c'est l'évocation permanente de la tombe qui me ramène sans cesse à ce lourd bouquin. Il y a la Révolution française et l'Empire, qui contiennent toute la France d'aujourd'hui et bornent tout ce qui peut s'y dire, s'y penser ou s'imaginer; c'est dire que n'importe quel livre qui nous en parle, surtout d'un témoin, est essentiel. Mais dans le fond, depuis que j'ai dix-sept ans, il n'y a que deux sujets qui m'importent : ma mort, et les garçons. Chateaubriand ne dit presque rien du second sujet (à moins que, page 119*?), mais sur le premier, il est aussi obsédé que moi. "La première nécessité pour les peuples, comme pour les hommes, c'est de mourir" (p. 579), ce qui amène inévitablement la question de sa vie, et du livre : "dépasserai-je ma tombe ?" (p. 343) — j'ai abandonné tout espoir de ce côté là, et ce n'est pas un mince renoncement. Lui-même écrit plus loin : "Rien donc de plus vain que la gloire au delà du tombeau" (p. 357), qu'un autre auteur parmi ceux que j'ai beaucoup pratiqués reformulera joliment : La postérité ? mais qu'est-ce que la postérité a fait pour moi ?
Il parle aussi très bien de la petite mort, celle qui consume nos plus beaux souvenirs, nos attachements les plus brûlants : "Quiconque prolonge sa carrière sent se refroidir ses heures ; il ne retrouve plus le lendemain l'intérêt qu'il portait à la veille. Lorsque je fouille dans mes pensées, il y a des noms, et jusqu'à des personnages, qui échappent à ma mémoire, et cependant ils avaient peut-être fait palpiter mon coeur: vanité de l'homme oubliant et oublié ! Il ne suffit pas de dire aux songes, aux amours : "Renaissez !" pour qu'ils renaissent ; on ne se peut ouvrir la région des ombres qu'avec le rameau d'or, et il faut une jeune main pour le cueillir. " (p. 401, vous imaginez quel propriétaire de jeune main je conçois en lisant cela, on finit bien par retomber sur mon second sujet). Voilà celui qui se lamente de n'avoir pas l'éternité mis devant sa contradiction ; car c'est nous qui tuons notre passé et tous les moi que nous avons aimés ou qui ont aimé, avant que d'être nous-mêmes tués, de sorte que la mort elle-même n'a presque plus rien à faire.
On l'aime aussi pour ce qu'il dit du succès, et des déprimés chroniques : "Mille béjaunes sont obsédés de l'idée du suicide, qu'ils pensent être la preuve de leur supériorité" (p. 629, il y a une page bien meilleure, mais je ne la retrouve pas, je l'insérerai tout-à-l'heure, peut être).
Mais à la fin, il y a la tombe, n'est-ce pas ? C'est-à-dire rien : "Voyez les vieux sépulcres dans les vieilles cryptes : eux-mêmes, vaincus par l'âge, caducs et sans mémoire, ayant perdu leurs épitaphes, ils ont oublié jusqu'aux noms de ceux qu'ils referment" (p. 371)
On meurt beaucoup, dans les Mémoires. Il faut dire que le génie français a inventé le massacre à rendement d'échelle croissants, la tuerie raisonnée et argumentée et la boucherie au service du sens de l'histoire.
En tout cas, s'il y a un paradis, lui et moi en avons la même idée : "Faites que la beauté reste, que la jeunesse demeure, que le coeur ne puisse se lasser, et vous reproduirez le ciel." (p.341)
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* dans l'édition de la Pochothèque, mon exemplaire ayant été inondé de rosé il y a de nombreuses années, je crois qu'il va falloir le remplacer, et perdre toute mes annotations qui sont presque effacées.
1. La meilleure forme de gratitude que pourraient avoir pour nous ceux dont nous nous sommes beaucoup occupé, ce n'est pas de s'occuper de nous à leur tour, c'est de s'occuper enfin d'eux-mêmes.
2. Je jette des billets permettant de gagner au grattage un netromain à tous les garçons que je rencontre. Ils ne savent pas que tous les billets sont gagnants. Peu importe, aucun ne gratte.
3. J'ai fêté seul l'anniversaire de nos dix ans. Cela aurait pu être une journée historique, si nous avions été ensemble, encore. Les autres sont peut être plus heureux, finalement, que nous ne le soyons plus.
Hips. Encore une soirée d'anniversaire. J'y emmène Val, qui m'en veut depuis que je ne l'ai pas invité à prendre le champagne avec P. B., son chanteur préféré. Elle se console devant une ancienne vedette de la chanson, très eighties ; ouf, elle n'est pas venue pour rien, elle aura vu des gens connus. S. m'accroche à la braguette un balon gonflé d'helium, l'effet est cependant nul en termes de numéros de téléphone collectés. Un clown presqu'ivre s'essaye à quelques tours et manque de briser le cou de la colombe qu'il a fait apparaitre dans une maison de papier journal. J'écoute V., qui me raconte son adolescence dans les années quatre-vingt : "j'avais seize, dix-huit ans, j'étais hétéro, mais qu'est-ce que j'ai pu sucer comme bites. Ma mère était folle amoureuse de ***, elle le fait venir un week-end, et finalement, c'est moi qui couche avec lui — remarque, elle était heureuse, je réalisais son rêve.
Trois à quatre soirs par semaine, on allait au Boy avec ***, on y trouvait toujours plein de minets, on les emmenait en rolls à Pizza Pino prendre des forces, vers cinq heures du mat, et on finissait ensuite dans son immense appartement pour des partouzes mémorables. Tout Paris y venait, j'ai croisé tout le monde dans ces soirées-là... [j'imagine que c'est la raison de la présence ce soir du chanteur qui est en train de mettre de la mousse à raser sur une jeune fille blonde] Et Saint-Tropez, il faut avoir connu Saint-Tropez à cette époque. Chaque soir, des mecs venaient frapper à la porte de la villa, moi j'aime pas les mecs, mais qu'est-ce qu'ils étaient beaux. On baisait, et on était ivres morts. Tu crois que les jeunes s'amusent autant, aujourd'hui?."
Rediffusion du billet du 25 juillet 2004 : "Je n'en cherche qu'un. Mais comme plus personne ne peut croire que c'est possible, puisque tout ce qui est arc en ciel est à consommation immédiate, puisque nous sommes au siècle de l'éjaculation précoce et aux 30 images par secondes, puisque notre vie est de plus en plus longue et que pourtant nous avons de moins en moins de temps, et puisque tout est jetable, je fais comme tout le monde, j'entretiens une batterie de contacts internet, que je finis par rencontrer, avec lequel je passe un instant parce qu'on vous regarde bizarrement quand vous en voulez d'autres.
Et ma vie est celle du gay, semblable à un vaste mausolée, aux murs desquels on inscrirait le nom de tous ceux qui sont tombés dans son lit. Et comme les guerres, le nombre de victimes est un signe d'importance.
Au moins, si je baise, mes proches se rassurent : ca y est, il va mieux, il a oublié son vincent, et ces idées idiotes d'aimer à vie la même personne. Alors niquons vaillamment, pour éviter les médicaments. Des volontaires ? " Fin de la rediffusion.
Si l'on devait ressentir un début d'émotion en regardant la StarAc, on est certain qu'elle serait très vite annihilée par la pub Cofidis et la Pub MonamourrrrrreMonamourrrre de Cacharel.
Il y a deux jours, par un hasard coquin, je reçois ici un message d'un jeune homme qui croit me reconnaître, et que je reconnais aussitôt. Une histoire qui s'est finie avant même d'avoir commencé, alors que, sur le papier (ou devrais-je écrire ici : sur l'écran), elle était riche de promesses. Il lui a suffit de quelques prénoms comme indices et prétendument le souvenir de ma manière d'écrire, pour penser que j'étais moi.
Alors je veux lui demander quelquechose, et j'ai absolument besoin de votre soutien. Cette histoire, il faudrait que ce soit lui qui la raconte. Brute. Telle qu'il se la raconte à lui-même, s'il se la raconte. Ou telle qu'il se la raconterait à lui-même, s'il se la racontait. (il pourrait mieux que moi vous expliquer la nuance). Je lui garantis que je ne révélerai pas son pseudonyme, pour qu'il ne soit pas importuné par le vieux ronchon de GA, ce qui a peu de chance d'arriver finalement puisque le ronchon en question pensera qu'il s'agit d'une création de mon esprit.
Cette histoire, elle a compté pour moi, mais je ne pourrai jamais la raconter car elle m'a tout de suite échappé. Alors, au moins, j'aimerais qu'il me laisse son récit. Si, en plus, c'est vous qui le demandez...
Je suis plus à l'aise, maintenant que j'ai trois blogues. Celui de GA, un autre, écrit, presque sans lecteurs, où il est plus facile, désormais, de compléter mes silences; et un troisième, dans lequel je ne mets que les photos.
Dans ma guerre contre l'ennui et la solitude, j'ai une arme de destruction massive, une arme terrible, une bombe atomique que j'ai toujours (enfin, disons, depuis que le sort me l'a mise sur mon chemin), — que j'ai donc jusqu'à présent refusé d'utiliser, au grand étonnement, d'ailleurs, de ceux qui l'ont rencontrée, cette fameuse bombe, car il y a des témoins, il y a toujours des témoins. C'était le feuilleton de l'hiver 2003, du temps où je n'écrivais pas de blogue, car mes soirées étaient occupées à vivre. Comme dans un épisode d'Achille Talon, il suffisait que je réclame une nouvelle péripétie au scénariste pour qu'elle se produise (NDLR tout appui pour la concordance des temps est la bienvenue). Il n'a manqué qu'une seule chose à cette histoire, c'est une fin. Aristote aurait hurlé. Tout est resté en suspens, comme si la promesse était meilleure que la jouissance. En vérité, c'est qu'on ne tire pas impunément une bombe atomique, si vous voyez le mauvais jeu de mot. On en sort définitivement aveuglé, et après, c'est pour des années l'hiver nucléaire.
Maintenant, si rien n'afflue ni ne me réchauffe d'ici peu, je vous préviens, je composerai son numéro, je lui demanderai de ses nouvelles, il me dira, comme chaque fois, qu'il a pensé à moi récemment, mais cette fois-ci, je lui couperai la parole, je lui dirai que moi, je n'ai pas cessé de penser à lui, à sa peau qu'il avait laissé entrevoir lors de notre dîner, à cette seconde où je lui ai dit au revoir plutôt que lui proposer de venir à la maison, à tout ce que j'ai regretté, un an plus tard, en recevant son courrier électronique.
Le 11 décembre 1995, sous un soleil sans chaleur, je rencontrai Vincent place du Panthéon. Je crois que j'ai déjà raconté tout cela, mes questions qui le faisaient glousser, son oeil impénétrable, mon excuse invraisemblable pour ne pas le laisser monter chez moi, et sa peau, à la fin, sa peau qui devait être la mienne, ensuite, pendant cinq ans et demi.
Après les concours, j'avais lu tous les livres, et ma chair était triste. J'avais mis au panier deux romans, je ne voulais pas parler de ce que je ne connaissais pas. J'avais choisi l'égoïsme d'une vie romanesque, plutôt que de sacrifier ma vie à des romans. Et de mes anciens cahiers qui étaient concassés avec des pots de yaourts et épluchures, il ne me restait qu'un programme que je jugeais impossible. Vincent est arrivé à ce moment là, et, ce qui était pratique, c'est que je n'avais rien à faire, il transmutait chacun de mes jours en un chapitre, tout au plus essayais-je de lui resister un peu, pour repousser la dernière page. Nous étions rentrés, comme mes deux héros d'adolescence, dans quelque chose d' "un peu fou, et de désespéré." Sauf qu'avec lui, il n'y eut jamais rien de crépusculaire: il n'avait aucun sens du tragique, aucune nostalgie.
Je ne sais plus qui faisait observer que beaucoup de grands auteurs n'auraient jamais été de grands auteurs s'il n'avaient eu une longévité exceptionnelle. Supprimez Victor Hugo à l'âge de l'espérance de vie de son temps, et ce qu'il aurait laissé n'aurait pas suffi. S'ils l'emportent, ces monstres sacrés, c'est au finish, ou presque. Ce moment de décembre 1995, s'il n'y avait pas eu cette longue histoire derrière, il ne serait sans doute rien. Ou plutôt, il resterait de la féérie, mais une féérie douteuse, une féérie mutilée, comme la tombe d'un enfant mort-né, dont on n'a vu qu'un sourire. Il en va de même de nos rencontres : aussi belles soient-elles, aussi extraordinaires, aussi fébriles, aussi brûlantes, elles ne deviennent quelque chose que si elles durent, que si elles se déploient en assez de jours, de saisons, d'années peut être.
C'est la saison des anniversaires, comme le disait drôlement un ancien collègue. La semaine dernière, J'amenais Pimousse aux .... ans de R., qui les fêtait avec le tout Paris et sa femme, la plus belle du monde, sans doute. Hier soir, j'ai excipé d'un mal de ventre pour sécher la même célébration d'une vieille rencontre de...minitel, dont la mère avait rassemblé le tout Marais de moins de vingt ans dans une célébration hagiographique d'une vie bien remplie en mecs et en orgasmes (presque sic).
Et...ahem...moi ? Je me suis risqué une seule fois à rassembler les mille parties différentes de ma vie, et j'en tremble encore. Le seul point commun entre tous mes amis, c'est moi, et encore, ce n'est sans doute pas le même moi. Alors, nulle soirée, no big partyquand j'ai eu à fêter le même âge — et d'ailleurs, à l'époque, je cherchais à survivre. Mais Antoine qui dansait Kylie Minogue sous la douche, et Olivier qui m'emmenait dans la chambre après avoir avoir regardé l'Histoire sans fin dans mes bras.
...cette nuit froide étoilée d'orgasmes qui est la vie d'un pédé (plus ou moins étoilée d'ailleurs selon son poids, son âge, la couleur de sa peau, la taille de sa bite, l'épaisseur de ses sourcils, la marque de ses sous-vêtements et les autres qualités essentielles dans une communauté raffinée)" 24 février 2008
J'aurais dû suivre mes deux jeunes amants dans la nuit parisienne, où tout le monde se fout bien de devoir disparaître un jour ; m'enivrer du bruit avant l'éternité, me couvrir de sueur avant le suaire ; descendre en boîte avant le caveau.
Quand je suis mort, en 2001, c'est là que j'ai appris que l'enfer est très supportable quand on n'est pas le seul damné29 juillet 2007
Ah, mon blogue, tu ne m'as pas manqué. On m'a un peu parlé de toi, ces derniers temps. Certains te reprochent de te répéter sur les garçons; d'autres te reprochent de te répéter sur la politique. Mettons les tous d'accord, et répétons-nous ce soir sur les garçons et sur la politique.22 juin 2006
Si le ciel n'a pas ton frère
Le ciel peut bien m'attendre 11 février
Quand l'hiver est froid, quand ma vie est froide, que mon coeur est froid et que mes amis sont froids, je vais chercher un peu de chaleur sur son blogue. Il y a mis beaucoup de photos, et c'est vraiment lui le plus beau de GA. Je les regarde, cela va mieux : je sens à nouveau son souffle sur mon épaule, sa nuque sous mes lèvres et son sperme sur mes joues.21 janvier 2006
Ce qui est sûr, c'est qu'après Grande Ecole, il est difficile de faire un film plus bête, comme après Presque rien, il est difficile de faire un film plus vide. Les deux auteurs méritent donc d'être placés aussi haut dans notre panthéon gay, là où usant à l'envi leurs chaleurs dernières, ils pourront réfléchir
leurs doubles lumières/Dans leurs deux esprits, ces miroirs jumeaux." 7 janvier 2006
La meilleure forme de gratitude que pourraient avoir pour nous ceux dont nous nous sommes beaucoup occupés, ce n'est pas de s'occuper de nous à leur tour , c'est d'enfin s'occuper d'eux-mêmes.12 novembre 2005
des fesses fermes et douces, des abdominaux irreprochables, une peau savamment épilée, une musculature sophistiquée, voilà la nourriture ordinaire du gay, mais son bonheur cesse au niveau du cou, lorsqu'il est obligé, pour payer pour le prix de ces corps inoubliables, de supporter un visage imparfait, dégradé, caricatural, vide, pas un de ces visages hétéros qui nous irritent de leur sublime simplicité, de leur mystérieux équilibre.29 octobre 2005
Un club de sport, c'est comme la littérature française contemporaine : il y a beaucoup de pédés, de plus en plus de femmes, et on y trouve surtout des choses crues et laides étalées avec complaisance.16 octobre 2005
Car j'ai beau le caresser, le lécher, l'embrasser, le baiser, le sucer, l'enculer, le prendre en moi et que sais-je encore, il reste irrémédiablement vierge de moi. De nos coïts il ne reste rien, et certainement pas un patrimoine; et les êtres qui nous font l'honneur de nous laisser leur donner du plaisir restent pourtant à jamais inentamés. 16 septembre 2005
…le premier garçon qu'on a embrassé est aussi le premier garçon qu'on a niqué.(…)Je crois que c'est une des raisons qui explique le souci particulier du productivisme sexuel des gays, leur attention au rendement annuel de leurs éjaculations et leur industrialisation du spasme7 mai 2005
Dans un mois, cela fera quatre ans que je suis mort21 avril
La punition de ceux qui ont connu le paradis est d'être incapables d'en parler. Condamnés à se taire sur le seul sujet qui importe, ils doivent en plus supporter les interminables conversations des autres sur tout le reste, qui n'existe pas. 10 mars 2005
Trois marins presques nus, presqu'imberbes et presque majeurs m'allumaient en chantant In the Navy — Jamais depuis je n'ai pu écouter les Village people sans bander aussitôt.18 février 2005
Les garçons que nous rencontrons sont comme des aliments. Les meilleurs nous nourrissent et nous renforcent; les autres nous restent un moment entre la gorge, nous font un peu mal à l'estomac, mais finissent à l'égout dans une agréable libération.12 novembre 2004
Coucher avec la beauté ne rend pas heureux. Cela passe en spasme, et vous laisse à vie un creux douloureux (...)9 novembre 2004
Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit. Je viens encore d'essayer, mais le sommeil ne répond pas à mes appels. il est sur boîte vocale, ça m'énerve. Si on ne peut plus joindre le sommeil en pleine nuit, où va-t-on ? (...)4 novembre 2004
Au fond, Happy Tree Friends, c'est le milieu gay. Il y a beaucoup de couleurs, tout le monde a des coeurs sur le visage, sourit et glapit tout le temps. Et tout le monde fait du mal à tout le monde, et tout finit toujours dans le sang.24 octobre 2004
Pour une fois que tu écris quelque chose d'intéressant, ce n'est pas de toi ; dommage
Sorty
C'est médiocre, comme tout ce qu'écrit cet auteur Elizabethtessier
Une vraie petite boucherie intellectualo-sexuelle. Et tout cela avec cynisme "lucide", prétention élitiste et la condescendance qui l'accompagne... Rapport fascinant à l'autre...
Sharruk
Tu es une catastrophe ambulante en matière de politique! Fais plutôt du porno, ça te réussir mieux. Ou de la poésie. Ma Josiane d'amour