Blog négatif (et révolu)

19/05/2005

19/05/05 - 15:03

La passion de n'être rien

Au moment où le débat sur la réponse au référendum du 29 mai s'est fossilisé sur la question de savoir si oui ou non l'Europe est à même de défendre la fabrication française de chaussette contre le péril chinois (sans doute, là encore, au nom de la fameuse exception culturelle : que deviendra la France si les français ont les pieds qui sentent dans des tissus est-asiatiques ?), je prétends que la question a une génération de retard, car je ne connais plus un seul choupinou (terme consacré ici pour désigner quelqu'un qui n'a pas encore complétement échappé à l'acné et aux pollutions nocturnes), plus un seul choupinou, tappais-je, qui ne désire devenir une star, de sorte que la chaussette française risque de périr bientôt faute de bras (ce qui est quand même paradoxal).

Voilà un de mes choupinous de msn qui m'implore une séance de photos pour le book qui le propulsera vers la célébrité, et nous avons tous dans l'oeil les images de ces files d'attente pour le casting de ce produit frais très périssable qu'est une nouvelle star. huuu. Les héros des français sont les acteurs, les chanteurs et les mannequins. Qu'y a-t-il de commun entre tous ces gens là ? C'est qu'ils ont choisi, comme vie, de ne plus être rien. Un acteur dit le texte d'un autre, obéit aux consignes d'un autre ; le mannequin est un être qui ne parle pas, qui n'a aucune personnalité propre, qui n'excite que pour autant que le suivant du défilé n'est pas encore apparu; enfin, le chanteur nous charme avec des choses qui ne sont pas de lui.

Nous ne les rencontrons jamais, ils ne seront jamais rien pour nous, et nous comprenons ainsi pourquoi nous n'avons jamais, avec eux, qu'au mieux envie de les baiser. Leur pouvoir, grand, d'être entendu, à quoi l'utilisent-ils ? à nous dire que si, des culs, ils en ont eu, c'est quand même le Q.I. qui leur a plu (je cite). Jamais un mot plus haut que l'autre (d'ailleurs, jamais plus d'une dizaine de mots par intervention, ils ont retenu de leur cours de français que notre littérature repose sur la litote); les plus téméraires osent se laisser pousser les cheveux ou la barbe. Leur goût d'être un produit de grande consommation est aussi fort que celui de ressembler à leur voisin; et, enfin devenus des objets, ils partagent la plénitude existentielle d'un karaoké electronique (note aux puissances de l'au delà : si je dois aussi me transformer en objet, puis choisir la selle d'un vélo de garçon ?)

Voilà une passion française, celle de n'être rien. Nous sommes les meilleurs du monde pour cela.

commentaires

19/05/05 - 19:06

Soupir, de crainte, de fatigue, et d'ennui, pareillement, face à cette chosification croissante du vivant.

19/05/05 - 23:58

Ce qui est français, c'est de penser que nous sommes les meilleurs ou les pires dans quelquechose.

Alors que nous sommes juste comme plein d'autre.

Orgueil aveugle et automutilation, c'est surtout ça la France.

21/05/05 - 17:32

Certes. Mais pour autant, être mannequin, acteur, ou chanteur, c'est aussi (et surtout ?) faire passer une émotion.

26/05/05 - 19:06

Je suis, tout simplement. Donc rien.

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Résumé des épisodes précédents

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J'aurais dû suivre mes deux jeunes amants dans la nuit parisienne, où tout le monde se fout bien de devoir disparaître un jour ; m'enivrer du bruit avant l'éternité, me couvrir de sueur avant le suaire ; descendre en boîte avant le caveau. Quand je suis mort, en 2001, c'est là que j'ai appris que l'enfer est très supportable quand on n'est pas le seul damné29 juillet 2007


Ah, mon blogue, tu ne m'as pas manqué. On m'a un peu parlé de toi, ces derniers temps. Certains te reprochent de te répéter sur les garçons; d'autres te reprochent de te répéter sur la politique. Mettons les tous d'accord, et répétons-nous ce soir sur les garçons et sur la politique.22 juin 2006


Si le ciel n'a pas ton frère
Le ciel peut bien m'attendre

11 février


Quand l'hiver est froid, quand ma vie est froide, que mon coeur est froid et que mes amis sont froids, je vais chercher un peu de chaleur sur son blogue. Il y a mis beaucoup de photos, et c'est vraiment lui le plus beau de GA. Je les regarde, cela va mieux : je sens à nouveau son souffle sur mon épaule, sa nuque sous mes lèvres et son sperme sur mes joues. 21 janvier 2006


Ce qui est sûr, c'est qu'après Grande Ecole, il est difficile de faire un film plus bête, comme après Presque rien, il est difficile de faire un film plus vide. Les deux auteurs méritent donc d'être placés aussi haut dans notre panthéon gay, là où usant à l'envi leurs chaleurs dernières, ils pourront réfléchir leurs doubles lumières/Dans leurs deux esprits, ces miroirs jumeaux." 7 janvier 2006


La meilleure forme de gratitude que pourraient avoir pour nous ceux dont nous nous sommes beaucoup occupés, ce n'est pas de s'occuper de nous à leur tour , c'est d'enfin s'occuper d'eux-mêmes. 12 novembre 2005


des fesses fermes et douces, des abdominaux irreprochables, une peau savamment épilée, une musculature sophistiquée, voilà la nourriture ordinaire du gay, mais son bonheur cesse au niveau du cou, lorsqu'il est obligé, pour payer pour le prix de ces corps inoubliables, de supporter un visage imparfait, dégradé, caricatural, vide, pas un de ces visages hétéros qui nous irritent de leur sublime simplicité, de leur mystérieux équilibre. 29 octobre 2005


Un club de sport, c'est comme la littérature française contemporaine : il y a beaucoup de pédés, de plus en plus de femmes, et on y trouve surtout des choses crues et laides étalées avec complaisance. 16 octobre 2005


Car j'ai beau le caresser, le lécher, l'embrasser, le baiser, le sucer, l'enculer, le prendre en moi et que sais-je encore, il reste irrémédiablement vierge de moi. De nos coïts il ne reste rien, et certainement pas un patrimoine; et les êtres qui nous font l'honneur de nous laisser leur donner du plaisir restent pourtant à jamais inentamés. 16 septembre 2005


…le premier garçon qu'on a embrassé est aussi le premier garçon qu'on a niqué.(…)Je crois que c'est une des raisons qui explique le souci particulier du productivisme sexuel des gays, leur attention au rendement annuel de leurs éjaculations et leur industrialisation du spasme7 mai 2005


Dans un mois, cela fera quatre ans que je suis mort 21 avril


La punition de ceux qui ont connu le paradis est d'être incapables d'en parler. Condamnés à se taire sur le seul sujet qui importe, ils doivent en plus supporter les interminables conversations des autres sur tout le reste, qui n'existe pas. 10 mars 2005


Trois marins presques nus, presqu'imberbes et presque majeurs m'allumaient en chantant In the Navy — Jamais depuis je n'ai pu écouter les Village people sans bander aussitôt.
18 février 2005


Les garçons que nous rencontrons sont comme des aliments. Les meilleurs nous nourrissent et nous renforcent; les autres nous restent un moment entre la gorge, nous font un peu mal à l'estomac, mais finissent à l'égout dans une agréable libération. 12 novembre 2004


Coucher avec la beauté ne rend pas heureux. Cela passe en spasme, et vous laisse à vie un creux douloureux (...)9 novembre 2004


Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit. Je viens encore d'essayer, mais le sommeil ne répond pas à mes appels. il est sur boîte vocale, ça m'énerve. Si on ne peut plus joindre le sommeil en pleine nuit, où va-t-on ? (...)4 novembre 2004


Au fond, Happy Tree Friends, c'est le milieu gay. Il y a beaucoup de couleurs, tout le monde a des coeurs sur le visage, sourit et glapit tout le temps. Et tout le monde fait du mal à tout le monde, et tout finit toujours dans le sang.24 octobre 2004


Ils n'aiment pas

Pour une fois que tu écris quelque chose d'intéressant, ce n'est pas de toi ; dommage Sorty

C'est médiocre, comme tout ce qu'écrit cet auteur
Elizabethtessier

Une vraie petite boucherie intellectualo-sexuelle. Et tout cela avec cynisme "lucide", prétention élitiste et la condescendance qui l'accompagne... Rapport fascinant à l'autre...
Sharruk

Tu es une catastrophe ambulante en matière de politique! Fais plutôt du porno, ça te réussir mieux. Ou de la poésie.
Ma Josiane d'amour

Ce qu'on peut lire comme conneries....
Ronans

Et vive les donneurs de leçon
Fantin