Ceci ce passe a long time ago dans une grande cave éclairée, not so far away. Des lasers de toutes les couleurs, des explosions de basse et une forte odeur de sueur, vous voyez ? Non, ce n'est pas le concert de Mylène, j'ai eu une vie avant le concert de Mylène.
I'll forgive and forget
If you say you'll never go
'Cause its true what they say
It's better the devil you know
Je me retourne, pour me faire embrasser par **** qui arrive dans un nuage alcoolisé accompagné d' un jeune homme qui porte des lunettes. **** fait assaut de gentillesse et de mamours, comme si nous nous retrouvions après dix ans de séparation et vingt ans d'amitié, alors que je l'ai rencontré il y a une semaine. Je simule une joie égale et j'essaye de pousser les mêmes cris. Autour de lui des gouttes de whisky en suspension : si le whisky a ce pouvoir d'attraction sur les jeunes hommes bruns avec des lunettes, je vais en mettre un peu sur mon t shirt, la prochaine fois. **** a dû voir que son compagnon m'avait transpercé le coeur, il me le présente :
— voilà Nicolas, je l'ai rencontré dans le marais
— Salut Nicolas, moi c'est netromain. (silence) j'ai l'impression de t'avoir déjà vu, tu dois être une star de la télé ?
— [sourire] Ah, cela m'étonnerait, je n'y suis jamais passé.
— Ah oui? Comme quoi ma prof de lettres avait raison de dire qu'il n'y passait rien de beau.Et tu viens d'où ?
— De ***
(Un faux blond nous dévisage, l'air inquiet. Je suppose qu'il cherche ses sourcils pour pouvoir retourner travailler demain).
— Ah, cela fait une distance. [je ne sais pas si c'est bien cela que j'ai répondu, mais c'était ce genre de platitude. Que voulez-vous, le désir ne m'a jamais rendu brillant, même s'il m'a souvent rendu moite].
— Oui, je suis venu pour les vacances, sur un coup de tête. J'ai pris ma caisse, et me voilà.
Together forever and never to part?Together forever we two?And don't you know?I would move heaven and earth?To be together forever with you
Nicolas portait des lunettes. Un garçon qui n'enlève pas ses lunettes en venant au Queen, cela a quelque chose de séduisant (je ne parle pas de lunettes de soleil). D'ailleurs, tout détonnait, chez lui. Le t-shirt qui ne colle pas à la peau, les sourcils intacts, l'absence de gel dans les cheveux, le visage sans défaut, rien d'un overkitsch boy, à part l'âge et la maigreur. Maigre, mais musclé comme un apprenti garagiste. Nicolas avait l'air content d'avoir trouvé quelqu'un d'un peu moins imbibé, et nous avons assez vite perdu ****
— On va prendre un verre ?
Just listen to your heart and you will find
all your hopes and fears will turn out fine
Listen to your heart
Listen to your heart
Au bar, un type au regard fixe se joint à nous. Il paraît ne jamais devoir cligner des yeux, qui surmontent des cernes d'habitué de la nuit. Bien plus habile que moi, il se lance dans une abondante conversation dans laquelle il y a beaucoup d'esprit et presque pas de questions. La piste devient rose. J'entends le début de ma chanson porte-bonheur, vous savez, celle qui joue dans ma vie le rôle du houx, la bande son de mes baisers en boîte de nuit. Je prends la main de Nicolas : Tu viens ? et je l'arrache à notre inconnu trentenaire, qui va devoir recommencer de zéro son blabla auprès d'un autre minet (bla bla qu'il diffuse désormais sur internet, le progrès fait rage).
I don't have a cent
Will I pay my rent
And even my car doesn't work
Me and my man
He's the one to die for
We have split up
Mais Nicolas n'est pas comme les autres, vous disais-je. Et il a beau me sourire, nous ne nous approchons pas assez. Il finit par se coller contre moi lorsque des milliers de cotillons s'abattent sur nous comme des condylômes sur un anus offert (Je l'ai déjà faite, celle-là ? certes, mais c'était une situation exactement analogue. Notez la cohérence de ma vision du monde.) L'ai-je embrassé, au moins, à ce moment là ? Sincèrement, je ne sais plus.
Love is in the air
Love is in the air
Love is in the air
Love is in the air
La nuit avance. Demain, on m'attend tôt. Je me décide à prendre mon rateau, et partir me coucher.
— Ecoute, je crois que j'en ai assez. Je rentre. Si tu veux, tu peux dormir à la maison
— Oui, j'arrive.
Oui ?
Oui.
Comment ça, oui? Et oui à quoi d'abord ? J'étais tellement sûr d'entendre un non que je n'avais même pas pensé qu'un oui serait d'une ambiguïté embarrassante. En remontant les escaliers, je croise ****, je suis gêné. Il me regarde, et avant même que je puisse lui dire quelque chose, il me lance : "vas-y, vous serez mieux ensemble." Je pars saluer un de mes lecteurs actuels, qui se reconnaîtra :
— S., je rentre avec Nicolas.
— ah ben ça va.
Oui, ça allait, mais où ?
Le temps de déjouer une tentative ennemie de prédation dans l'interminable file du vestiaire, nous nous retrouvons à descendre les champs-Elysées pour rejoindre sa caisse.
La nuit de juin est la plus amoureuse de l'année. . Je sais, on peut écrire mieux : "Il allait comme un spectre par les avenues, songeant que, quoi qu'il advînt par la suite, il avait atteint quelque chose d'extraordinaire, et en ce sens n'irait jamais au-delà (…)Maintenant, la nuit était comme ivre de son obscurité. Les bancs étaient ivres de leur abandon. Nul remords, nulle inquiétude pour l'avenir. Cette sensation de plénitude, après quatre ans d'idéalisme. il en restait stupéfié, vraiment anéanti de bonheur, impuissant là le calmer, ne pouvant se fixer sur autre chose. C'est comme si on avait fait une piqûre à sa vie, qui l'eût anesthésiée tout entière sauf en ce point là. Mais moi j'étais dans une peugeot antique, traversant Paris, et je n'étais pas en train de faire des phrases. Partout les volets étaient fermés, et quelques adolescents devaient rêver d'une nuit comme la mienne. Allez, Mylène, la nuit c'est bien, quand elle est tiède. Je me demande si Tante L., qui dort tous les soirs avec un garçon différent, ressent quelque chose comme cela à chaque fois, et s'il ressent quelque chose, hormis la perspective d'une agréable libération. Moi, aujourd'hui encore, je tremble quand un être comme cela m'approche, je rougis, je pâlis à sa vue et, pour piller mon blogue plutôt qu'un autre, je me souhaite peu d'histoires comme celle-là, car elles décolorent tout le reste de notre existence.
Bien aimé lecteur qui a daigné me suivre jusque-là, souffre que je m'interrompe, François m'attend au bar où nous avons nos habitudes. Je te raconterai la suite un jour ou l'autre, mais il faudra d'ici là que quelqu'un m'apprenne à raconter ces nuits là.
Or donc (1) mon jeune pianiste aux yeux bleus m'invitait hier soir à une représentation de Madame Butterfly à l'hypermarché Cora de la place de la Bastille, que les autochtones appellent "l'Opera". Je ne suis pas familier d'opéra, et vous ne lirez pas ici un compte-rendu érudit comme "Schmoll est un peu faible comme contre-alto, dans l'aria du troisième mouvement, il trille trop faiblement, mais Shmock est très convaincante en soprano, elle monte cent quatre vingt trois octaves en douze secondes, avec hélas une mauvaise chute sur un mi-dièse".
Songez plutôt à mon intimidation de presque néophyte au milieu d'un parterre d'habitués. J'ai cependant retrouvé un peu d'aisance quand je me suis rendu compte que le public du Cora Bastille partageait la même passion du téléphone portable allumé et serré dans les mains que les fans de Mylène. Mon hôte avait vu son invitation en grand : Fors la géante assise devant moi, les places étaient idéales — Heureusement, la sus-mentionnée n'avait pas fait de shampoing depuis deux bons mois, la rapetissant de deux centimètres bienvenus.
Le décor, visible avant même le début du spectacle, ressemble à une vitrine d'Ikea ; on comprend mieux ce parti pris lors de la première scène, dont les dialogues, passionnants, tournent autour de choix d'ameublement et d'analyse du droit du bail japonais. Le premier acte est ainsi gâché par des personnages et des situations de mauvais roman rose, et des propos affligeants, où l'on compare tout et n'importe quoi alternativement au ciel et à la mer. Ciao Ciao San n'a que quinze ans, et déjà un long passé de passes : voilà une précocité dans la catinerie qui devrait impressionner Z.
L'entracte est l'occasion d'un coca light à deux et d'un discret soupir : il me reste les yeux de mon hôte, qui sont bleus comme le ciel et comme la mer. Mais vient le deuxième acte, qui sauve tout : Madame Butterfly n'est plus Candy (pour ceux qui connaissent), une Celine Dion qui chante des vers de Dominique de Villepin ou la Butterfly de l'album éponyme de Mariah Carey, mais Netromain, désespéré et inflexible, attendant trois longues années le retour de son Vincent au mépris du bon sens et des conseils des gens avisés ; Mister Pinkerton, rentré au pays, est invisible, ce qui le rend enfin intéressant; et il y a leur garçonnet, pâle comme la mort. Quand Dame Papillon devine sur l'écran géant l'approche d'un bateau, mon coeur faiblit soudain. Et vous avouerai-je les larmes que j'ai tant cherché à dissimuler ? La nuit d'attente qui suit l'arrivée au port de la Cannonière qui a ramené son époux yankee est d'une horreur majestueuse. Heureusement que Puccini est bavard : il sait ajouter à de brefs moments déchirants un bonus de crème et de mayonnaise qui vous permet de sécher vos joues.
Mister Pinkerton est revenu chercher son fils, accompagné de son épouse américaine (que j'ai bien entendu refusé d'applaudir, à la fin) ; Madame Butterfly se tue, soi-disant pour permettre à son fils de la quitter sans remords : elle expire un bras en l'air et sous des percussions de western.
(1) ...ainsicommencent toutes les versions grecques
Le très admiré Doyen Carbonnier, que les étudiants de première année de droit sont sommés de citer dans leurs copies, qualifie notre Code civil de "trésor millénaire". J'imagine que nous ne tarderons pas à trouver cette formule adaptée au droit du travail par un ténor du parti socialiste. Rue de Solférino, quand on n'a pas d'idée, on a encore du lyrisme : et que n'a-t-on entendu sur le contrat première embauche ? Evidemment, pour ceux qui ont inventé les emplois jeunes — c'est-à-dire le rétablissement officiel de la corvée, un assujettissement de cinq années à accomplir des tâches idiotes contre une rémunération qui assure à peine la subsistance de ces nouveaux valets et en ne leur promettant rien du tout à la sortie, ce qui est peu — il est urgent de se racheter une conscience sociale en noyant les erveaux sous de grands mots. Là aussi Marx s'était trompé : il pensait que le système de production capitaliste avait irrémédiablement détruit le féodalisme, mais il n'avait pas prévu la naissance de Martine Aubry. J'ai connu un emploi-jeune : il faisait du porno à côté— d'ailleurs, vous connaissez peut-être le même, vous qui traînez dans les mêmes endroits que moi.
Mais du passé faisons table rase, et venons-en à la polémique actuelle. Si on se résume, en quoi le contrat première embauche marque une régression et une précarisation ? Il est de manière évidente préférable à un contrat à durée déterminée, qui n'offre aucune visibilité après son terme ; il est de manière évidente préférable à la liste interminable des contrats en alternance ou aidés, qui consistent à créer une sorte d'employés de seconde zone, rémunérés sensiblement en dessous du smic, sans engagement d'embauche ultérieure, et que les employeurs font tourner en permanence pour économiser sur leurs coûts de main-d'oeuvre ; il est de manière évidente préférable à ces stages à rallonge et à répétition qui déshonorent bon nombre d'entreprises et désespèrent bon nombre de stagiaires. Bref, il est pire que tout, sauf le CDI, et quand on connaît la prévalence du CDI auprès des jeunes français de moins de vingt-six ans, on a tout de suite envie de se calmer. Ah, bien sûr : il vaut mieux être embauché en CDI qu'en CPE. Est-ce à dire pour autant que la création du CPE va réduire le recours au CDI ? Compte tenu de tous les instruments de sous-paiement et de précarité que vingt années de traitement social du chômage ont enfantés, et en s'appuyant sur votre hypothèse que l'employeur est un sale type, c'est qu'il n' a déjà aujourd'hui recours au CDI que lorsque le pouvoir de négociation est inversé, et que c'est le candidat qui mène le jeu ; le risque paraît à tout le moins limité.
De toute façon, la seule arnaque du CPE, c'est de faire croire aux employeurs qu'ils pourront se séparer sans motif et sans aucune forme des jeunes qu'ils auront ainsi recrutés, quand on connaît la créativité de la jurisprudence (faites repeindre le couloir dans lequel figure l'affichage syndical, et vous voilà en correctionnelle). Dans un pays qui n'est jamais sorti de la mentalité paysanne, l'emploi, c'est comme la terre : une propriété de son premier occupant et une rente perpétuelle garantie par les tribunaux de la République. On voit où cela a mené : exclusion durable de ceux qui perdent leur terre, stérilité d'un nombre croissant de parcelles, multiplication des sans-terre (données disponibles sur le site de l'insee, pour ceux qui accepteront de consacrer trois minutes à réfléchir avant d'arrêter leur position sur le sujet). On tremble à l'idée que la gauche ait soumis le PACS au droit du travail, pour lutter contre la rien-de-vraiment-stabilité, les stagiaires en couple libre ou les plans culs renouvelables.
Il faut une sacrée méconnaissance du problème du chômage et de toute la littérature sur ce sujet pour ignorer que le CPE, ce n'est pas une idée du MEDEF, ce n'est même pas un contrat de droite (le même projet circulait à gauche) : juste une réponse pragmatique à une situation intolérable. Et, pardon, mais à ce jour, je n'en ai pas lu ici beaucoup d'autres, notamment de la part des manifestants-candidats à des concours administratifs qui défendaient bruyamment pour la sauvegarde d'un droit duquel ils travaillent tant à échapper.
Désenchantée (Netromain Dub Mix) — Mylène Farmer (ça, c'est pour le référencement Google)
Quelques modifications pour coller à la vie du netromain (les connaisseurs apprécieront), la musique est la même.
Nager dans les eaux troubles
Des rendez-vous
Attendre ici un coup
Surfer le net trop tard
Pour presque rien
A qui tendre la main
Si je dois retourner là haut
Que ma montée soit lente
Je n'ai trouvé le repos
Qu'en ton adolescence
Pourtant, je voudrais retrouver l'innocence
Mais brûlent mes sens, et rien ne va
Donne moi ta peau
Ta beauté
Tous mes idéaux : des mots vérifiés...
Enfin une âme, qui
Veut me sauver
Je suis
un heureux garçon réenchanté, réenchanté
Qui pourrait m'empêcher
D'enfin le prendre
Quand la raison s'effondre
A quel être se nouer
Qui peut prétendre
Nous bercer dans son antre
Si la vie est un mystère
La mort n'a rien de tendre
Si le ciel n'a pas ton frère
Le ciel peut bien m'attendre
Dis moi,
On s'est rencontrés, comment s'y prendre
Tu brûles mes sens, plus rien ne va.
Donne moi ta peau
Ta beauté
Tous mes idéaux : des mots vérifiés...
Enfin une âme, qui
Veut me sauver
Je suis
un heureux garçon réenchanté, réenchanté
Le scénario catastrophe que l'on pressentait est en train d'arriver, malgré l'obstination des médias et des hommes politiques à le nier : les réserves de mecs actifs sont pratiquement épuisées. Dès qu'un mec 100% actif se présente sur rezog, il est aussitôt capté par une nuée de passives affamées, et il disparaît très vite dévoré par leur désir de comblement anal — Ensuite, pendant de longues soirées, plus rien qui ne bande pas mou. La crise est générale : dans tous les bars européens, l'assaillant (comme disent les québecois) a vu son répertoire téléphonique tripler de noms en quelques mois, et son taux de coïts mensuels frôler la surchauffe.
Nous ne sommes pas préparés à ce qui s'annonce comme le choc du millénaire. L'ouverture des pays de l'Est a permis en effet l'accès à de nouveaux gisements d'étalons, qui se sont hélas révélés peu productifs : hormis une dizaine d'acteurs de Bel Ami, combien d'hétéros mal assurés ? Comme toujours, le rationnement et la flambée des prix a creusé les inégalités rectales : Les plus fortunés sont allés prospecter de l'autre côté de la méditerranée, mais on voit bien ce que cela ne pourra suffire à une demande occidentale de bites qui croit chaque année à deux chiffres. Le choc démographique qui s'annonce ne devrait pas contribuer à raviver la vigueur de nos mâles continentaux.
Lors d'une conférence internationale qu'il a récemment organisé sur cette importante question, le maire de Paris s'est prononcé en faveur de sexes de substitution, renouvelables comme le gode en latex bio ou le plug issu du commerce équitable; il a d'ailleurs imposé à ses adjoints de ne plus gaspiller des membres en chair et en sperme, tandis qu'Olivier Besancenot réclamait la mise en place d'un service public de la sodomie. "Les électeurs sauront se rappeler de qui se soucie de leur anus" a également prévenu François Hollande. Des économistes, réunis autour d'un nouveau club de rome, militent de leur côté pour une croissance zéro du désir sexuel, pointant l'épuisement des ressources naturelles et le saccage de la nature masucline, tandis que José Bové s'inquiète déjà des projets de l'industrie américaine de produire des EGM (étalons génétiquement modifiés) qui pourraient comporter plusieurs bites raides, et a prévenu qu'il irait démonter les backrooms abritant de tels EGM, au nom de principe de précaution. Le français de la rue, lui, ne paraît pas perdre ni son calme, ni son esprit: "En France, on n'aura peut être plus de bites," nous confie Steve Z., retraité du rocardisme à Paris (XIXè),"nonobstant qu'on s'en fout, car on aura toujours mes bons mots."
Babeth a donc mûri quelques jours sa critique radicale du netromain, avant de la livrer au monde (c'est à dire -alias-, Népomucène et lui-même, qui n'est pas le moindre de ses lecteurs). Je ne vois que trop bien tout ce que l'on pourrait m'opposer, mais là, j'avoue que j'ai eu du mal à ne pas rigoler. Je me permets donc de vous citer ses propos, en y insérant de rapides commentaires, vous ferez facilement le reste.
Cela commence par deux extraits de mes posts : 1°)"n'ai-je pas moi-même travaillé quelques mois à préparer des petites phrases pour un présidentiable que vous aimez bien ?" puis 2°)"Peut être qu'un jour prochain, ce peuple qui prétend avoir appris la liberté aux autres, se réveillera, et voyant enfin que le délabrement épouvantable de l'administration de l'Education nationale ne lui permet plus que d'alimenter le monde de décisions grotesques et de produire de manière industrielle des illettrés et des jours d'absence non justifiées , prendra la seule révocation qui s'impose, celle de l'ensemble de sa direction."
Voilà la critique qu'il nous livre du premier : "Dans la première, vous constaterez que ce jeune homme, qui ne se mouche jamais du coude, prétend encore une fois avoir fréquenté les hauts sommets du pouvoir (sans donner aucune preuve, comme pour son best-seller). Il écrit des petites phrases, cela vaut mieux parce que dès qu'il prétend faire long son ignorance crasse s'affiche, par exemple il ne sait pas faire la différence entre économie de marché et libéralisme, après il prétend faire taire des salles entières grâce à ses raisonnements, les gens restent peut-être muets devant tant de fatuité." Bon, sur le premier point, Babethchou, je ne vais pas griller mon anonymat pour démontrer quoi que ce soit ici, use donc de ton droit légitime de ne pas me croire, nous en avons déjà parlé, et même de ne pas me lire. On a déjà réglé ce problème entre nous, chérie. Sur le second point, j'adooooore ta distinction entre libéralisme et économie de marché. Elle est tellement féconde, en effet, elle ouvre tellement de perspectives à la pensée et à l'action politique, elle est tellement nécessaire à toutes les argumentations économico-politiques que l'on lit sur GA, que je comprends ton dépit et l'hilarité de ton -alias-, qui sait le danger de la confusion des idées, à en juger par son refrain Le Pen = Sarkozy.
Passons à la critique du second extrait : "Et bien si, dans un moment d'égarement (y-t-il un psy dans le JDI ?), on accepte le principe que ce jeune homme fréquente et travaille pour un candidat à la présidentielle, on tombe de haut, surtout moi qui suis totalement ignorant. Parce qu'en être à vouloir révoquer, dans un grand geste poujadiste et libéral, "l'ensemble de [la] direction de l'Education nationale", c'est méconnaitre totalement le système administratif français. Hé ! le mytho, lis attentivement : LES RECTEURS SONT NOMMES AU CONSEIL DES MINISTRES SUR PROPOSITION DU MINISTRE DE L'EDUCATION ! Comme pour les préfets, à chaque alternance ça valdingue. Tout le monde sait que Raffarin a remplacé pratiquement tous les recteurs : ILS SONT TOUS DE DROITE COMME TOI, NOUILLISSIME !" Je cherche encore dans cette intéressante précision en majuscules le problème qu'elle pose à mes propos, la contradiction, l'aporie, l'impossibilité, la réfutation — mais admirez l'honnêté intellectuelle (un brin teintée de légèreté, quand même) qui consiste à appuyer son argumentation sur un tour de passe-passe - car enfin, est-il écrit direction (version n°1 de babeth) ou recteurs (version n°2 de babeth) ? je suppose que notre spécialiste gay de la distinction n'en voit ici aucune. Comme je ne peux pas imaginer un instant qu'il soit de mauvaise foi, j'imagine donc que notre babeth rencontre les mêmes problèmes de boisson que les femmes anglaises dont il me reprochait, dans un de ses commentaires inoubliables, de taire le malheur.
A l'âge où les trois quarts des jeunes écossais retroussent les jupes des jeunes filles, labourent, creusent leurs sillons et répandent leur semence, Mungo Park, lui, exposait ses fesses nues aux yeux du hadj Ali Ibn Fatoudi, émir de Ludamar.Voilà une première phrase de roman que j'aurais aimé écrire. Dommage, c'est déjà fait. Comment Simon Leys a-t-il pu ignorer un tel commencement dans son très bel article sur les premières phrases qui en contient beaucoup de merveilleuses, parmi lesquelles : "L'espèce humaine, à laquelle appartiennent tant de mes lecteurs" et jusqu'à la bien moins réussie : "C'était l'après-midi de ma quatre-vingt-unième année, et j'étais au lit avec mon giton, quand Ali m'annonça que l'archevêque était là et voulait me voir." Un signe très sûr du caractère périssable de l'essentiel de la production littéraire française contemporaine, c'est la nullité de leurs premières phrases. Tenez, avec Houellebecq, c'est tout de même mieux : "Soyez les bienvenus dans la vie éternelle, mes amis." quoique la seule phrase de la page 10 soit bien meilleure : "Qui, parmi vous, mérite la vie éternelle ?" A ce jeu, bien sûr, c'est Rousseau qui l'emporte : chacune de ses premières phrases est inoubliable, et d'ailleurs tout dictionnaire des citations les contient nécessairement.
J'avais deux idées de romans. Pour l'un, la première phrase s'est imposée assez vite ; pour l'autre, la dernière phrase est parfaite . Impossible de leur donner respectivement une fin ou un début ; ils finiront dans un tiroir. Au moins les blogueurs n'ont pas ce souci : ils peuvent tenir des semaines entières en recyclant la même ouverture, de nonobstant qu'on s'en fout au très populaire (uhm uhm). Il paraît que cela plaît aux jeunes. Soit. Nous voilà entre nous.
Je peux donc vous confier que je suis retourné au concert de Mylène Farmer (à prononcer en hurlant, c'est l'usage), le soir de la dernière. J'avais au moins quatre bonnes raisons d'y retourner : Mylène, ce n'est jamais aussi plat que Zazie, ce n'est jamais aussi vide que M, ce n'est jamais aussi marketé que Jeanne Cherhal et ce n'est jamais aussi pathétique que Sandrine Kiberlain. Place assise car j'ai passé l'âge d'aller dans la fosse le jour où j'ai cessé d'être trop jeune pour aller dans la fosse. Cela m'a évité de subir le fan club canal historique, et la concentration de butchasses patibulaires et irascibles qui protégeaient leur territoire. Il faudrait que je vous raconte comment j'ai obtenu cette place, l'histoire est savoureuse, mais euh...je ne voudrais peiner personne, et google est parfois efficace. Je suis assis entre une fausse blonde et un quadragénaire aussi barbu que lunetté ; contre mes jambes, le dos satiné d'un jeune homme frêle. Comme tous ceux qui sont déjà venus, je suis arrivé une heure en retard pour echapper à l'interminable court-métrage qui ouvre la soirée et l'interminable entracte qui le suit. Un "Shut Up" assourdissant marque le début du concert. Le public lui répond : Mylène ; il ne dira pas autre chose de la soirée. L'arrivée de Mylène est un mélange de Star Trek et d'Alien, à croire qu'elle a pensé à moi. La rêverie serait parfaite si mon voisin n'avait pas résolu de percer mon tympan avec les deux syllabes que vous imaginez. Très vite, tout le monde se lève, tandis que mylène rejoint un temple très Alien vs. Predator. Mon voisin de devant est incroyablement maigre, l'elastique de son boxer est brodé de fil étincelant. Je m'aperçois qu'à côté de moi, le barbu s'est mis à agiter les bras et le ventre, qu'il porte un t-shirt Mylene farmer, et que sa quarantaine sera bientôt révolue. Ma voisine tient son portable à bout de bras : dans la salle, des milliers de portables s'agitent. Il ne faut pas dire que les jeunes veulent tous devenir des stars ; d'après ce que je vois, ils veulent tous devenirs cameramen. En l'espèce, la fausse blonde se contente de diffuser le concert à un correspondant, ce qui me vaut, à chaque changement de tableau, une bande son "Allo ? Allo ? ...Allo...ah putain j'entends rien...ah oui, tu es là ?"
Nous sommes à la deuxième chanson. Mylene chante "on a besoin d'amour" : mon voisin d'en bas est en transe, et moi aussi, par voie de conséquence. Il a une nuque incroyablement jolie. Allez, on a besoin d'amour, quoi. Mes yeux sont sur sa nuque donc, car c'est quelque chose, une nuque. Je me souviens d'une page définitive sur les nuques des garçons, écrite par quelqu'un qui en a beaucoup baisées ; il faudrait que je vous la retrouve, car moi je ne sais pas dire tout ce qu'il y a de merveilleux dans une nuque — la tension du cou sous une peau très pâle, la frontière entre la peau et la chevelure, la fragilité et l'indifférence, l'abandon et l'ignorance, le oui et le non. Plus jeune, j'avais adapté le Port de Baudelaire pour qu'il parle des nuques : Une nuque est un séjour charmant pour une âme fatiguée des luttes de la vie. Enfin, je vous parle de sa nuque, mais ce n'est pas adapté à ce moment du récit, car c'est plutôt son dos, ses longs bras, et ses fesses que je regardais quand il criait qu'il avait besoin d'amour. Et puisqu'il faut tout se dire, j'avais très envie de lui donner de l'amour à ce moment là.
Le temps de reprendre mes esprits, Mylène nous apprend que sans contrefaçon, [elle est] un garçon. Sur ma rangée, on hurle son nom, on agite les bras ou on téléphone. Une rangée plus bas, j'aurais été comblé.
Un peu plus tard, dans une nuit pourpre, les cheveux de mon voisin d'en dessous brillants de mille filaments bleus, Mylène pleure, lui pleure, toute ma rangée pleure, et je ne pleure pas, car depuis trois ans, "mes yeux n'ont plus de larmes." Il est toujours devant moi. Je voudrais au moins pouvoir lui caresser l'épaule comme cette lumière pâle qui tombe de la scène.
Trois accords claquent et nous annoncent Désenchantée. Quand on a à son répertoire une chanson aussi électrisante, on la place au milieu du concert, on lui accorde onze minutes et quarante et une secondes. "Je cherche une âme qui...pourra m'aider". Je me laisse emporter par le mouvement, rythmé par les fins bras de qui vous savez.
On continue par "la vie n'est rien, quand elle est tièeeeede" : c'est pas mal, non ? C'est toujours mieux que l'inusable carpe diem, que la moitié des collégiennes gribouillent sur leur cahier de texte, sans se rendre compte que cela ne veut rien dire, et sans qu'aucun prof ne leur explique que c'est la pirouette habituelle des philosophes qui n'ont pas trouvé la formule du bonheur et veulent quand même encaisser leurs honoraires. Bref, ma vie est tiède en ce moment, elle n'est pas grand chose, mais celui qui ne me voit pas et que je dévore me rappelle qu'elle a été brûlante, autrefois.
C'est la fin, derrière des trombes d'eau, Mylène retourne dans l'au-delà (y avait-il un jeu de mot dans la mise en scène ?) Mylène, c'est un peu le Bossuet d'aujourd'hui, celle qui se permet d'ouvrir un tombeau devant des yeux si délicats. Bercy se rallume, le catafalque est clos. Mon voisin se retourne, et ma bouche se ferme.
...cette nuit froide étoilée d'orgasmes qui est la vie d'un pédé (plus ou moins étoilée d'ailleurs selon son poids, son âge, la couleur de sa peau, la taille de sa bite, l'épaisseur de ses sourcils, la marque de ses sous-vêtements et les autres qualités essentielles dans une communauté raffinée)" 24 février 2008
J'aurais dû suivre mes deux jeunes amants dans la nuit parisienne, où tout le monde se fout bien de devoir disparaître un jour ; m'enivrer du bruit avant l'éternité, me couvrir de sueur avant le suaire ; descendre en boîte avant le caveau.
Quand je suis mort, en 2001, c'est là que j'ai appris que l'enfer est très supportable quand on n'est pas le seul damné29 juillet 2007
Ah, mon blogue, tu ne m'as pas manqué. On m'a un peu parlé de toi, ces derniers temps. Certains te reprochent de te répéter sur les garçons; d'autres te reprochent de te répéter sur la politique. Mettons les tous d'accord, et répétons-nous ce soir sur les garçons et sur la politique.22 juin 2006
Si le ciel n'a pas ton frère
Le ciel peut bien m'attendre 11 février
Quand l'hiver est froid, quand ma vie est froide, que mon coeur est froid et que mes amis sont froids, je vais chercher un peu de chaleur sur son blogue. Il y a mis beaucoup de photos, et c'est vraiment lui le plus beau de GA. Je les regarde, cela va mieux : je sens à nouveau son souffle sur mon épaule, sa nuque sous mes lèvres et son sperme sur mes joues.21 janvier 2006
Ce qui est sûr, c'est qu'après Grande Ecole, il est difficile de faire un film plus bête, comme après Presque rien, il est difficile de faire un film plus vide. Les deux auteurs méritent donc d'être placés aussi haut dans notre panthéon gay, là où usant à l'envi leurs chaleurs dernières, ils pourront réfléchir
leurs doubles lumières/Dans leurs deux esprits, ces miroirs jumeaux." 7 janvier 2006
La meilleure forme de gratitude que pourraient avoir pour nous ceux dont nous nous sommes beaucoup occupés, ce n'est pas de s'occuper de nous à leur tour , c'est d'enfin s'occuper d'eux-mêmes.12 novembre 2005
des fesses fermes et douces, des abdominaux irreprochables, une peau savamment épilée, une musculature sophistiquée, voilà la nourriture ordinaire du gay, mais son bonheur cesse au niveau du cou, lorsqu'il est obligé, pour payer pour le prix de ces corps inoubliables, de supporter un visage imparfait, dégradé, caricatural, vide, pas un de ces visages hétéros qui nous irritent de leur sublime simplicité, de leur mystérieux équilibre.29 octobre 2005
Un club de sport, c'est comme la littérature française contemporaine : il y a beaucoup de pédés, de plus en plus de femmes, et on y trouve surtout des choses crues et laides étalées avec complaisance.16 octobre 2005
Car j'ai beau le caresser, le lécher, l'embrasser, le baiser, le sucer, l'enculer, le prendre en moi et que sais-je encore, il reste irrémédiablement vierge de moi. De nos coïts il ne reste rien, et certainement pas un patrimoine; et les êtres qui nous font l'honneur de nous laisser leur donner du plaisir restent pourtant à jamais inentamés. 16 septembre 2005
…le premier garçon qu'on a embrassé est aussi le premier garçon qu'on a niqué.(…)Je crois que c'est une des raisons qui explique le souci particulier du productivisme sexuel des gays, leur attention au rendement annuel de leurs éjaculations et leur industrialisation du spasme7 mai 2005
Dans un mois, cela fera quatre ans que je suis mort21 avril
La punition de ceux qui ont connu le paradis est d'être incapables d'en parler. Condamnés à se taire sur le seul sujet qui importe, ils doivent en plus supporter les interminables conversations des autres sur tout le reste, qui n'existe pas. 10 mars 2005
Trois marins presques nus, presqu'imberbes et presque majeurs m'allumaient en chantant In the Navy — Jamais depuis je n'ai pu écouter les Village people sans bander aussitôt.18 février 2005
Les garçons que nous rencontrons sont comme des aliments. Les meilleurs nous nourrissent et nous renforcent; les autres nous restent un moment entre la gorge, nous font un peu mal à l'estomac, mais finissent à l'égout dans une agréable libération.12 novembre 2004
Coucher avec la beauté ne rend pas heureux. Cela passe en spasme, et vous laisse à vie un creux douloureux (...)9 novembre 2004
Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit. Je viens encore d'essayer, mais le sommeil ne répond pas à mes appels. il est sur boîte vocale, ça m'énerve. Si on ne peut plus joindre le sommeil en pleine nuit, où va-t-on ? (...)4 novembre 2004
Au fond, Happy Tree Friends, c'est le milieu gay. Il y a beaucoup de couleurs, tout le monde a des coeurs sur le visage, sourit et glapit tout le temps. Et tout le monde fait du mal à tout le monde, et tout finit toujours dans le sang.24 octobre 2004
Pour une fois que tu écris quelque chose d'intéressant, ce n'est pas de toi ; dommage
Sorty
C'est médiocre, comme tout ce qu'écrit cet auteur Elizabethtessier
Une vraie petite boucherie intellectualo-sexuelle. Et tout cela avec cynisme "lucide", prétention élitiste et la condescendance qui l'accompagne... Rapport fascinant à l'autre...
Sharruk
Tu es une catastrophe ambulante en matière de politique! Fais plutôt du porno, ça te réussir mieux. Ou de la poésie. Ma Josiane d'amour