Blog négatif (et révolu)

26/03/2006

26/03/06 - 10:33

Suave mari magno

En ces temps où défile le refus de discuter, où manifestent les idées reçues et où revendiquent les pétitions de principe, il est vain d'ajouter encore des mots à d'autres mots. Notons les phrases des uns et des autres pour garnir un savoureux bêtisier. Dernier exemple, le propos de Jean-Christophe Cambadelis, interrogé sur le militant Sud alco...pardon, hospitalisé : "Je ne dis qu'une chose [j'adore cette façon habile de dissimuler qu'on a qu'une seule idée] c'est que je voudrais savoir qui a trahi le secret médical en informant les médias du taux d'alcoolémie du syndicaliste blessé et dans le coma ... Mais, Jean-Chou, peut-être celui qui t'a révélé qu'il était dans le coma, non ? Ou encore ces deux blondes, économistes à Paris I, qui signent avec un faire valoir un papier dans libération, il y a quelques jours, pour expliquer qu'on a délibérément grossi la prétendue précarité des jeunes (référence aux fameux 25% précaires ou au chômage), puisque les vraies statistiques disent qu'au bout d'un an après la fin de leur formation initiale, 70% des jeunes ont un CDI...hum, cela en fait 30% qui n'en ont pas, si je ne m'abuse ? Ou enfin cette délicieuse étudiante, qui, après avoir blâmé l'entêtement de Villepin et son absence de dialogue, subordonne le début des négociations sur le CPE au retrait préalable du CPE, sans oublier tous les experts patentés qui fondent toute leur argumentation sur une pseudo-psycho-pathologie de l'entrepreneur, qui n'embaucherait que pour licencier (aaaah, ces merveilleux "il est évident que...") — s'il y a un blocage psychologique à faire sauter, éventuellement, chez les patrons, c'est celui qui les fait considérer que le travail des jeunes doit être gratuit ou sous-payé, et on comprend que le CPE ne les réjouisse pas tant que cela quand ils peuvent profiter de stages ou de contrats en alternance. On finit par pleurer de joie, quand on entend Ségolène Royal faire une critique sensée et juste du CPE, en pointant ses réelles faiblesses sans se salir à reprendre les mensonges de ses camarades (comme la prétendue possibilité qui serait créée de virer du jour au lendemain).

Et comment vous parler calmement de ce prurit pétainiste qui a frappé la gauche française, liguée contre la légitimité parlementaire pour faire renaître une sorte de France de Vichy dans lequel ce seraient les ordres de la société (les étudiants, les lycéens, les cheminots) qui formeraient la nouvelle légitimité, défilant dans les rues devant le Maréchal Hollande qui sait les entendre,et se réunissant dans des assemblées sui generis fermées à ceux qui soufflent un vent mauvais ? Tiens, cela me rappelle le titre d'un post de Chapi, bienvenue dans l'ère post-juridique.

Alors, Villepin, t'es foutu, car la jeunesse est dans la rue ? Il y a quelques années, par une chaude journée de juin, une rumeur se diffusa à tous les hypokhâgneux qui assistaient aux oraux d'entrée à Normale sup : E., le major probable, peut-être même le futur major historique, allait être interrogé par Bedarida sur le fascisme, sujet qu'ils connaissaient tous deux particulièrement bien (avec, pour le premier, la philosophie analytique et la projection de l'axe du paradigme sur l'axe du syntagme). La salle était donc pleine à craquer. Quand E. a pris la parole, nous avons cessé de respirer de longues minutes, persuadés de vivre un moment inoubliable de rhétorique érudite ou d'érudition rhétorique. Hélas, E. se perdit dans des considérations érudites mais de détail (je crois même qu'il évoqua les mouvements fascistes australiens, avec des statistiques chiffrées). Et Bedarida de signer son arrêt de mort, en posant une première question qui démontrait que l'essentiel avait été oublié : Pourriez-vous nous parler du fascisme et la jeunesse, Monsieur ? Pardon de rappeler cette chose sinistre, qu'après le vingtième siècle, après les épisodes totalitaires, la Révolution culturelle, les différents génocides de la seconde partie du vingtième siècle, il n'est plus possible de ne pas s'inquiéter quand on veut promouvoir la jeunesse comme une force politique et remettre le pouvoir à un étudiant en médiation culturelle ou à un lycéen de seconde.

Le CPE sera peut-être retiré. Dans un pays où les forces de progrès (marque déposée par Jack Lang) sont comme Méphistophélès dans le Faust de Goethe, celles qui toujours disent non, on retiendra sans doute de ce retrait une grande avancée, comme l'aurait été le retrait de la loi Devaquet (qui aurait cependant pu empêcher l'Université française de devenir cette poubelle dont la seule efficacité est dans le rejet de masse d'élèves issus des milieux défavorisés sans diplôme utilisable). Et on nous ressortira Martine Aubry un peu plus grasse encore, qui pourra par une nouvelle idée géniale auquel personne dans l'univers n'a jamais pensé mais que tous nous envieront, éclipser ses serfs-jeunes et ses emplois-créés-par-les-trente-cinq-heures-à-100-000-euros-pièces (estimation moyenne). Je vous rassure, le français de gauche tolère très bien la misère sociale, alors même qu'elle est incompréhensible et injustifiable dans un pays aussi riche, tant qu'on ne réforme pas le droit du travail, l'Etat ou les services publics.

Mais laissons cela. Je veux bien répéter avec vous votre erreur, si vous me laissez la mienne, qui est de croire que le lycéen est meilleur dans la fellation que dans la manifestation. Si on me demande un jour ce que je faisais pendant les mouvements sociaux, je répondrai que j'ai baisé avec la jeunesse et qu'un cul de vingt ans est encore meilleur quand les autres s'énervent au dehors contre ce qui n'existe pas. Suave mari magno, en somme.

19/03/2006

19/03/06 - 16:20

Contondant

*** dit :? (12:34:53)
putain, Romain, ma jeunesse, comment tu as pu la rater, cette jeunesse, qu'est-ce qu'on a raté, j'ai les boules

16/03/2006

16/03/06 - 21:15

Dans l'état où m'a mis ce vilain germe, je ne peux avaler que des sucreries. Pourtant, ce week end s'annonçait irracontable sur ce blogue, depuis que certain commentateur me somme de prouver toutes les belles choses qui m'arrivent : j'allais donc en manger de bien belles, il me suffisait d'attendre. làs, voilà qu'au détour d'une badinerie téléphonique, je m'entends dire :

"et moi j'aurais pu te rendre heureux"

et quelques autres mots de la même espèce. Bien sûr, cela n'est pas sérieux, on n'est pas sérieux même quand on a deux ans de plus, mais diable, je sais bien, moi, qu'il aurait pu me rendre fichtrement heureux.

12/03/2006

12/03/06 - 09:07

Quelques milliers de personnes qui prétendent imposer leur désir à des assemblées régulièrement élues ; la jeunesse constituée comme une catégorie politique pour pouvoir en confisquer aussitôt la parole et parce qu'on n'est plus trop sûr des travailleurs, qui voient tous les jours la bêtise de leurs syndicats ; cela fait très revival années trente. On va finir par croire le BHL de l'Idéologie française, mal gré que l'on aie. Si Villepin maintient le CPE qui est la loi républicaine, nous aurons eu probablement le seul exemple de courage politique depuis l'abolition de la peine de mort ; peu importe que le CPE soit une bonne chose ou une mauvaise chose — d'ailleurs, personne ne s'en soucie, puisque je n'ai à ce jour entendu aucun détracteur qui ne s'appuie sur autre chose que sur ses sentiments ou ses conjectures pour le combattre — mais si, enfin, nos institutions pouvaient enfin prévaloir sur les rages de dents juvéniles, si on pouvait avoir dans la mémoire autre chose que des reculades devant des lobbies armés comme les intermittents qui veulent protéger le pillage de l'assurance-chômage à leur profit ou des réformes avortées pour plaire à des lycéens ou des étudiants en médiation culturelle qui ont oublié leur programme d'initiation en économie de seconde, j'avoue que j'en serais ému et rassuré.

05/03/2006

05/03/06 - 23:15

Journée de la femme

 

Résumé des épisodes précédents

...cette nuit froide étoilée d'orgasmes qui est la vie d'un pédé (plus ou moins étoilée d'ailleurs selon son poids, son âge, la couleur de sa peau, la taille de sa bite, l'épaisseur de ses sourcils, la marque de ses sous-vêtements et les autres qualités essentielles dans une communauté raffinée)" 24 février 2008


J'aurais dû suivre mes deux jeunes amants dans la nuit parisienne, où tout le monde se fout bien de devoir disparaître un jour ; m'enivrer du bruit avant l'éternité, me couvrir de sueur avant le suaire ; descendre en boîte avant le caveau. Quand je suis mort, en 2001, c'est là que j'ai appris que l'enfer est très supportable quand on n'est pas le seul damné29 juillet 2007


Ah, mon blogue, tu ne m'as pas manqué. On m'a un peu parlé de toi, ces derniers temps. Certains te reprochent de te répéter sur les garçons; d'autres te reprochent de te répéter sur la politique. Mettons les tous d'accord, et répétons-nous ce soir sur les garçons et sur la politique.22 juin 2006


Si le ciel n'a pas ton frère
Le ciel peut bien m'attendre

11 février


Quand l'hiver est froid, quand ma vie est froide, que mon coeur est froid et que mes amis sont froids, je vais chercher un peu de chaleur sur son blogue. Il y a mis beaucoup de photos, et c'est vraiment lui le plus beau de GA. Je les regarde, cela va mieux : je sens à nouveau son souffle sur mon épaule, sa nuque sous mes lèvres et son sperme sur mes joues. 21 janvier 2006


Ce qui est sûr, c'est qu'après Grande Ecole, il est difficile de faire un film plus bête, comme après Presque rien, il est difficile de faire un film plus vide. Les deux auteurs méritent donc d'être placés aussi haut dans notre panthéon gay, là où usant à l'envi leurs chaleurs dernières, ils pourront réfléchir leurs doubles lumières/Dans leurs deux esprits, ces miroirs jumeaux." 7 janvier 2006


La meilleure forme de gratitude que pourraient avoir pour nous ceux dont nous nous sommes beaucoup occupés, ce n'est pas de s'occuper de nous à leur tour , c'est d'enfin s'occuper d'eux-mêmes. 12 novembre 2005


des fesses fermes et douces, des abdominaux irreprochables, une peau savamment épilée, une musculature sophistiquée, voilà la nourriture ordinaire du gay, mais son bonheur cesse au niveau du cou, lorsqu'il est obligé, pour payer pour le prix de ces corps inoubliables, de supporter un visage imparfait, dégradé, caricatural, vide, pas un de ces visages hétéros qui nous irritent de leur sublime simplicité, de leur mystérieux équilibre. 29 octobre 2005


Un club de sport, c'est comme la littérature française contemporaine : il y a beaucoup de pédés, de plus en plus de femmes, et on y trouve surtout des choses crues et laides étalées avec complaisance. 16 octobre 2005


Car j'ai beau le caresser, le lécher, l'embrasser, le baiser, le sucer, l'enculer, le prendre en moi et que sais-je encore, il reste irrémédiablement vierge de moi. De nos coïts il ne reste rien, et certainement pas un patrimoine; et les êtres qui nous font l'honneur de nous laisser leur donner du plaisir restent pourtant à jamais inentamés. 16 septembre 2005


…le premier garçon qu'on a embrassé est aussi le premier garçon qu'on a niqué.(…)Je crois que c'est une des raisons qui explique le souci particulier du productivisme sexuel des gays, leur attention au rendement annuel de leurs éjaculations et leur industrialisation du spasme7 mai 2005


Dans un mois, cela fera quatre ans que je suis mort 21 avril


La punition de ceux qui ont connu le paradis est d'être incapables d'en parler. Condamnés à se taire sur le seul sujet qui importe, ils doivent en plus supporter les interminables conversations des autres sur tout le reste, qui n'existe pas. 10 mars 2005


Trois marins presques nus, presqu'imberbes et presque majeurs m'allumaient en chantant In the Navy — Jamais depuis je n'ai pu écouter les Village people sans bander aussitôt.
18 février 2005


Les garçons que nous rencontrons sont comme des aliments. Les meilleurs nous nourrissent et nous renforcent; les autres nous restent un moment entre la gorge, nous font un peu mal à l'estomac, mais finissent à l'égout dans une agréable libération. 12 novembre 2004


Coucher avec la beauté ne rend pas heureux. Cela passe en spasme, et vous laisse à vie un creux douloureux (...)9 novembre 2004


Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit. Je viens encore d'essayer, mais le sommeil ne répond pas à mes appels. il est sur boîte vocale, ça m'énerve. Si on ne peut plus joindre le sommeil en pleine nuit, où va-t-on ? (...)4 novembre 2004


Au fond, Happy Tree Friends, c'est le milieu gay. Il y a beaucoup de couleurs, tout le monde a des coeurs sur le visage, sourit et glapit tout le temps. Et tout le monde fait du mal à tout le monde, et tout finit toujours dans le sang.24 octobre 2004


Ils n'aiment pas

Pour une fois que tu écris quelque chose d'intéressant, ce n'est pas de toi ; dommage Sorty

C'est médiocre, comme tout ce qu'écrit cet auteur
Elizabethtessier

Une vraie petite boucherie intellectualo-sexuelle. Et tout cela avec cynisme "lucide", prétention élitiste et la condescendance qui l'accompagne... Rapport fascinant à l'autre...
Sharruk

Tu es une catastrophe ambulante en matière de politique! Fais plutôt du porno, ça te réussir mieux. Ou de la poésie.
Ma Josiane d'amour

Ce qu'on peut lire comme conneries....
Ronans

Et vive les donneurs de leçon
Fantin