(…) Je ne peux pas dire que je m'ennuie sans toi car je n'en ai pas le temps mais je suis triste d'être loin de toi. (…) Ma mère me dit que je me plains trop. J'ai hâte d'être avec toi parce que c'est plus sympa d'être deux à se plaindre de tout. Bises aussi à beau-papa et belle-maman. Tu me manques et tes manies de vieux garçon aussi.
...Je retrouve hier soir le garçon de samedi. Je dois ne pas lui avoir trop déplu, puisqu'il m'a depuis ce soir là débloqué de sa liste de contact msn. Je l'aborde, il est volubile et enjoué. Assez inspiré, je capte son attention jusqu'assez tard dans la nuit, et j'amène avec finesse (excuse) l'idée de nous revoir. Et là, patatras. Par un détour de la conversation (juste expression), j'apprends qu'il est ami et ancien amant d'un des plus pathétiques prédateurs du net, comment vous le décrire ? l'esprit grossier d'ElisabethTessier a.k.a. SteveZissou logé dans la concupiscence d'un Jean-Claude Dusse. Et me voilà à fulminer, sans trop savoir pourquoi : est-ce l'impérialisme de ce Jean-Claude Tessier, ce Steve Dusse, qui met sa bite et sa conversation inepte dans tous les trous de la génération anti-CPE ? ou son succès quantitativement si supérieur au mien, qui peut-être,m'afflige et me ridiculise ? ou la fierté, qui m'interdit de passer après lui sur un être qu'il a consommé et donc, consumé ? la haine, devant toutes ses tentatives pour me ravir mes mecs, les marquer et passer ensuite à autre chose ?
Non, je ne crois pas être jaloux. Comment pourrais-je envier ce qu'il a, puisque je méprise ce qu'il est ? Au fond, voilà le problème : j'aimerais tellement me convaincre que mon désir est d'une autre nature que le sien et que mes histoires sont d'une autre nature que les siennes. Dès que nos vies se recoupent malheureusement, je préfère fuir aussitôt, parce que je ne veux pas me mesurer à lui, je veux être au delà de lui. Las, ce sont les mêmes garçons que nous convoitons, et, quand on les raconte, ce sont les mêmes histoires que nous vivons.
Non, je ne suis pas jaloux. Je repense soudain à cette journée de septembre, où nous avions baisé, Antoine et moi, avant qu'il n'aille danser sous la douche ; je pense à Olivier, je pense aux grands bras d'Etienne dont je dois vous dire quelques mots bientôt, je pense au coït de Damien sous l'eclipse d'août 1999, je pense au sourire de Vincent sur un banc de Vincennes à la fin de l'été 1996, et je me dis que je suis assez vieux maintenant pour être affranchi de cette jalousie de puceau.
D'ailleurs, je n'en veux à personne. Ni au prédateur, ni à sa proie. C'est juste qu'une hypothèse d'amour vient d'être anéantie. Comment voulez-vous que j'aime quelqu'un qui a aimé cela ? Son goût me fait horreur, donc il me fait horreur maintenant. Vous me direz que, comme tous les dragueurs compulsifs, assoiffés de jeunesse, Jean-Claude Tessier capte des garçons perdus, et que l'illusion d'intérêt qu'il leur prodigue peut bien les abuser alors qu'ils sont au moment de leur plus grande fragilité. Mais alors, comment pourrais-je aimer un dupe ? Moi, j'ai besoin d'admirer, d'être épaté. Voilà le problème : chacune des victoires de Jean-Claude Zissou, c'est une réfutation du Mystère des garçons, dont je suis le ministre du culte depuis mon adolescence. Et plus il y en a qui passeront dans ses bras, et moins il sera tenable de continuer à révérer des dieux aussi bas de gamme.
Lu sur le blog de Chapi, cette phrase de Finkielkraut : "La jeunesse veut l'abrogation du réel"
Putain, ce Finkie quand même. Non seulement il a pour lui un esprit fin et délié doublé d'une érudition décourageante, mais c'est aussi une plume. Allez, donnez moi sens de la formule et je vous donne le téléphone de Pierre.
Quand les élèves d'école de commerce, sitôt diplômés, sont partis gagner leur vie à Londres, je n'ai rien pensé, car je n'ai pas fait une école de commerce. Quand les plus brillants des bts sont partis chercher l'ascenseur social à Londres, je n'ai rien dit, car je n'ai pas fait un BTS. Quand les recalés du bac sont partis à Londres pour tenter l'aventure, je n'ai rien dit, car j'ai le bac. Quand les universitaires de gauche sont partis à la London School of Economics, je n'ai rien dit, car je ne suis pas un universitaire de gauche. Quand les thésards de sciences sont partis à Londres pour survivre, je n'ai rien dit, car je ne suis pas un scientifique. Quand les ingénieurs sont partis pour devenir nababs de la finance à Londres, je n'ai rien dit, car je ne suis pas ingénieur. Mais mon ami S. part à Londres parce qu'il souhaite devenir comédien alors qu'il n'est ni le fils de Josiane Balasko, ni celui de Gérard Jugnot, ni celui de Johnny Halliday, ni celui de Gérard Depardieu ni celui de Daniel Mesguich, alors je commence à murmurer.
Je murmure que me voilà seul en France avec quelques jeunes de cité à la fréquentation roborative et delestante quand il ne vous enflamment ou torturent pas, des intermittents du lycée ou de la Fac dont l'intelligence est si avancée qu'avec le même niveau en droit social et en économie que Jack Lang, ils arrivent à être encore plus réactionnaires que lui, et François Hollande et Christine Angot pour stimulation intellectuelle, bien sûr.
*** me traîne à une soirée d'anniversaire. C'est dans un immense appartement parisien, dans un immeuble très chic d'une rue non moins chic. Le thème de la soirée est le F, chaque invité devant s'être déguisé en quelque chose qui commence par F (nous apprendrons plus tard qu'une soirée G s'était tenue il y a quelques semaines). Notre hôte nous ouvre la porte habillé en framboise, avant de nous faire entrer dans un double salon où nous saluons une farine et un fermier. Moi-même, en françois hollande, je rencontre un certain succès et une falbala.
Passé minuit, quatre diablotins entrent bruyamment dans la soirée : il me faudra quelques investigations pour comprendre que leur costume peu couvrant et leur entrain correspond au fitness. Un des fitness est malheureusement aussi beau que suave, aussi charismatique qu'enjoué, aussi drôle que moulé. Ce sera mon coup de poignard de la soirée, car il est dit que chaque jour de ma vie m'apportera une telle blessure : si le ciel n'a pas ce fitness , le ciel peut bien m'attendre
*** est lui amoureux du footballeur, qui a de fort jolis mollets en effet. Je tombe, en cherchant un peu d'air le long du bow window, sur une ancienne rencontre du net, disparue trop tôt du réseau. Miracle : elle se souvient de moi. Se reconnectera-t-elle sur internet ? Enfin, j'ai son adresse, maintenant. Il part en me baisant les joues. J'ai beau dire le contraire, il faut toujours revenir aux moins de vingt ans.
Une flibustière me demande où est le tire-bouchon. Je lui dis que je n'en sais rien, mais que j'aimerais savoir quelle est la différence entre un corsaire, un pirate et un flibustier. Elle me dit qu'elle n'en sait fichtre rien, mais que le flibustier, sans doute, est le plus mauvais des trois. D'ailleurs, je suis une enculée, ajoute-t-elle, finaude. Je lui réponds que cela nous fournit une piste pour retrouver le tire-bouchon, ce qui fait cracher son verre à ***. Nous croisons l'ex de notre hôte, très convaincant en faux michaël jackson: il joue bientôt au théâtre, j'irai le désirer de l'orchestre dans quelques semaines.
Evidemment, il y a des couples gays. Deux fêtards, que l'on reconnait aux cônes multicolores qu'ils portent en chapeau ; celui qui est à hauteur de nos yeux aligne un cv prestigieux mais disparait assez vite dans des sauts de biche : il reviendra plusieurs fois pour rire avec nous, avant de re-sauter pour ailleurs. Passons donc au couple suivant, celui qui n'a fait aucun f-ort pour se déguiser ce soir. Là encore, on parle de beaucoup d'années après le bac ; l'un milite à l'UDF, l'autre milite chez les verts, j'ai bien envie, en tant que françois hollande, de me faire prendre en sandwich.*** est avec son footballeur, qui étudie la géographie. Je sens un peu de découragement, mais je lui rappelle qu'il faut être tolérant. Le fitness est accroupi près d'une femme fatale, son boxer est blanc, foutre.
— Oui, il faut absolument qu'on se voie. Mmmm attends...la semaine prochaine, non. Le 18 ? ahem je veux me garder une soirée libre. Attends, le 29 ?
— écoute, on se rappelle en mai, hein. On avisera.
— Oh oui! bonne idée.
1- Il faudra que l'on m'explique par quel mécanisme psychologique j'ai pu consacrer tous mes derniers messages au CPE, alors que j'avais tellement de choses plus belles et plus tristes à consigner ici. Allez, une dernière couche, et je passe à l'essentiel, qui est ailleurs bien sûr : je lis avec beaucoup d'amusement les sociologues expliquer les causes de ces mouvements sociaux : la jeunesse bla bla bla, la jeunesse patati et patata, la jeunesse gniiiiiiiii. Oserait-on indiquer à ces spécialistes qu'il y a moins de jeunes qui se sont engagés contre le CPE que de jeunes qui votent lors de la Star Academy, moins de personnes dans les rues contre Villepin que de personnes le soir devant Bataille et Fontaine ? On moquerait celui qui voudrait tirer de l'élection de Magali un point de vue sur la société française. De fait, à part deux de mes étudiantes à la peau un peu grasse, je ne connais de jeune anti-CPE, mais il faut dire que j'ai assez peu dans mes fréquentations de rejetons de la bourgeoisie menacés de déclassement par leur absence vertigineuse de talent, qui forment en France l'armée de réserve des réactionnaires. Il y a en effet une sociologie de la contestation, qui est surprenante et désespérante, mais surtout disponible pour les esprits curieux s'il y en a, pas besoin de la reprendre ici.
2- certains jours, certains soirs, votre vie prend la forme qu'elle devrait toujours avoir, un degré extrême dans la beauté, un stade terminal dans le sublime, comme si on vous avait enfin tiré d'un long sommeil pour vous ouvrir les paupières sur un aveuglant printemps. J'ai essayé de ne pas brûler devant lui, de ne pas brûler pour lui, non : écrivons de ne pas brûler de lui, car je savais que cette vie là, elle n'est pas pour moi ; je n'arrive pas à m'y tenir, j'ai l'impression de n'y parvenir que par un malentendu ou un délit ; qu'au fond, cette vie là , elle est pour les autres, pour certains autres et que c'est déjà trop de l'avoir connue quelques fois. Je prends ce morceau de merveilleux, et je m'en vais heureux de ce souvenir ; mais en demander un autre ?
Je ne suis pas comme C., qui m'épatait par sa façon de ne supporter que l'exceptionnel, de n'accepter aucune vacance ni aucune interruption dans le conte de fées, de se gorger tous les jours du meilleur. Ce n'est pas la vie, d'ailleurs, qui s'est lassée de la servir, c'est elle qui un jour, a cessé de prendre.
Maintenant, irrésolu, je regarde son numéro de téléphone (de lui, pas d'elle), je regarde son prénom et son nom écrits sur un bout de papier, je regarde son adresse électronique. Paradise, not for me
3-Quelques jours avec des ex. Des échecs qui remontent. Est-ce que j'ai dormi, pendant que les autres m'aimaient ?
" It would be "like living beneath a guillotine," said Charlotte Billaud, a Sorbonne student. "We're not disposable — we deserve better," said another student, Aurelie Silan. "Aren't we the future of France?" Yes, mademoiselle, you are. That's the problem. What kind of college student wants a lifetime employment guarantee for the first job out of school? France's future is a generation of students whose idea of a good career — chosen by 75 percent of them in one poll — is a government job.
2. Celle de Maître Eolas, juriste, dans son blogue, qui fait une réfutation assez convaincante de pas mal d'âneries racontées sur le CPE
...cette nuit froide étoilée d'orgasmes qui est la vie d'un pédé (plus ou moins étoilée d'ailleurs selon son poids, son âge, la couleur de sa peau, la taille de sa bite, l'épaisseur de ses sourcils, la marque de ses sous-vêtements et les autres qualités essentielles dans une communauté raffinée)" 24 février 2008
J'aurais dû suivre mes deux jeunes amants dans la nuit parisienne, où tout le monde se fout bien de devoir disparaître un jour ; m'enivrer du bruit avant l'éternité, me couvrir de sueur avant le suaire ; descendre en boîte avant le caveau.
Quand je suis mort, en 2001, c'est là que j'ai appris que l'enfer est très supportable quand on n'est pas le seul damné29 juillet 2007
Ah, mon blogue, tu ne m'as pas manqué. On m'a un peu parlé de toi, ces derniers temps. Certains te reprochent de te répéter sur les garçons; d'autres te reprochent de te répéter sur la politique. Mettons les tous d'accord, et répétons-nous ce soir sur les garçons et sur la politique.22 juin 2006
Si le ciel n'a pas ton frère
Le ciel peut bien m'attendre 11 février
Quand l'hiver est froid, quand ma vie est froide, que mon coeur est froid et que mes amis sont froids, je vais chercher un peu de chaleur sur son blogue. Il y a mis beaucoup de photos, et c'est vraiment lui le plus beau de GA. Je les regarde, cela va mieux : je sens à nouveau son souffle sur mon épaule, sa nuque sous mes lèvres et son sperme sur mes joues.21 janvier 2006
Ce qui est sûr, c'est qu'après Grande Ecole, il est difficile de faire un film plus bête, comme après Presque rien, il est difficile de faire un film plus vide. Les deux auteurs méritent donc d'être placés aussi haut dans notre panthéon gay, là où usant à l'envi leurs chaleurs dernières, ils pourront réfléchir
leurs doubles lumières/Dans leurs deux esprits, ces miroirs jumeaux." 7 janvier 2006
La meilleure forme de gratitude que pourraient avoir pour nous ceux dont nous nous sommes beaucoup occupés, ce n'est pas de s'occuper de nous à leur tour , c'est d'enfin s'occuper d'eux-mêmes.12 novembre 2005
des fesses fermes et douces, des abdominaux irreprochables, une peau savamment épilée, une musculature sophistiquée, voilà la nourriture ordinaire du gay, mais son bonheur cesse au niveau du cou, lorsqu'il est obligé, pour payer pour le prix de ces corps inoubliables, de supporter un visage imparfait, dégradé, caricatural, vide, pas un de ces visages hétéros qui nous irritent de leur sublime simplicité, de leur mystérieux équilibre.29 octobre 2005
Un club de sport, c'est comme la littérature française contemporaine : il y a beaucoup de pédés, de plus en plus de femmes, et on y trouve surtout des choses crues et laides étalées avec complaisance.16 octobre 2005
Car j'ai beau le caresser, le lécher, l'embrasser, le baiser, le sucer, l'enculer, le prendre en moi et que sais-je encore, il reste irrémédiablement vierge de moi. De nos coïts il ne reste rien, et certainement pas un patrimoine; et les êtres qui nous font l'honneur de nous laisser leur donner du plaisir restent pourtant à jamais inentamés. 16 septembre 2005
…le premier garçon qu'on a embrassé est aussi le premier garçon qu'on a niqué.(…)Je crois que c'est une des raisons qui explique le souci particulier du productivisme sexuel des gays, leur attention au rendement annuel de leurs éjaculations et leur industrialisation du spasme7 mai 2005
Dans un mois, cela fera quatre ans que je suis mort21 avril
La punition de ceux qui ont connu le paradis est d'être incapables d'en parler. Condamnés à se taire sur le seul sujet qui importe, ils doivent en plus supporter les interminables conversations des autres sur tout le reste, qui n'existe pas. 10 mars 2005
Trois marins presques nus, presqu'imberbes et presque majeurs m'allumaient en chantant In the Navy — Jamais depuis je n'ai pu écouter les Village people sans bander aussitôt.18 février 2005
Les garçons que nous rencontrons sont comme des aliments. Les meilleurs nous nourrissent et nous renforcent; les autres nous restent un moment entre la gorge, nous font un peu mal à l'estomac, mais finissent à l'égout dans une agréable libération.12 novembre 2004
Coucher avec la beauté ne rend pas heureux. Cela passe en spasme, et vous laisse à vie un creux douloureux (...)9 novembre 2004
Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit. Je viens encore d'essayer, mais le sommeil ne répond pas à mes appels. il est sur boîte vocale, ça m'énerve. Si on ne peut plus joindre le sommeil en pleine nuit, où va-t-on ? (...)4 novembre 2004
Au fond, Happy Tree Friends, c'est le milieu gay. Il y a beaucoup de couleurs, tout le monde a des coeurs sur le visage, sourit et glapit tout le temps. Et tout le monde fait du mal à tout le monde, et tout finit toujours dans le sang.24 octobre 2004
Pour une fois que tu écris quelque chose d'intéressant, ce n'est pas de toi ; dommage
Sorty
C'est médiocre, comme tout ce qu'écrit cet auteur Elizabethtessier
Une vraie petite boucherie intellectualo-sexuelle. Et tout cela avec cynisme "lucide", prétention élitiste et la condescendance qui l'accompagne... Rapport fascinant à l'autre...
Sharruk
Tu es une catastrophe ambulante en matière de politique! Fais plutôt du porno, ça te réussir mieux. Ou de la poésie. Ma Josiane d'amour