Blog négatif (et révolu)

30/05/2006

30/05/06 - 22:14

...

1. François Hollande. J'avais parié ce matin qu'il ferait du maire de Montfermeil la cause de la violence de cette nuit, en lui reprochant d'avoir provoqué les jeunes. Et, bien sûr, j'ai gagné, tant les hollanderies sont prévisibles. Je me suis mis à écrire un long papier pour démontrer en quoi cette position, comme toutes celles qu'il a rendues publiques, combinait au plus haut degré la veulerie de l'intention, la bêtise du raisonnement, la nullité de l'information et la rhétorique de l'extrême droite ; et puis je me suis arrêté, me rendant compte que tout cela était évident.

2. Idée de carte de voeu, pour un ami français : je te souhaite, pour la nouvelle année, de ne pas avoir affaire à un service public. Tant que vous évitez la justice, l'éducation nationale, l'hôpital et la sécurité sociale, vous pouvez en effet vous estimer heureux.

3. Finalement, on s'accommode assez bien de ne pas avoir, en France, de libéralisme. Le monde est libéral, l'Europe est libérale ; nous finirons bien par en profiter un tout petit peu. Mais pourrons-nous continuer à vivre très longtemps sans aucun parti de gauche ?

27/05/2006

27/05/06 - 10:20

L'Affaire

Qui a besoin de se rendre compte rapidement de l'intelligence d'un inconnu n'a plus désormais qu'à l'interroger sur l'affaire Clearstream. Vous saurez assez vite s'il dépasse le niveau moyen d'un journaliste français, qui est très faible. J'avoue que je me délecte chaque jour des papiers, des chroniques, des éditoriaux qui se photocopient les uns les autres, et nous assènent une abondance de jugement moraux inversement proportionnelle à la quantité d'éléments factuels relatés, un peu comme dans les blogues de GA. Voilà nos journalistes qui déplorent aujourd'hui que les français avouent, dans les sondages, ne rien comprendre à cette affaire. Je crois surtout que les français, bien moins bêtes que leur presse qui n'accueille plus que les recalés de l'ENA et du l'ENM, c'est dire, invitent les médias à un travail élémentaire de relecture.

Car, enfin, comme scandale parmi les plus retentissants de la cinquième république, on a fait mieux, bien mieux. Faut-il rappeler ici tout le sang, contaminé ou écologique, qui a éclaboussé les septennats mitterrand ? Faut-il rappeler les affaires financières, hélas confiées à des juges trop bas de gamme pour qu'elles soient résolues ? Dans l'affaire Clearstream, le rappel des faits, quand il existe, a besoin de beaucoup d'hypothèses fortes supplémentaires pour justifier un début de rage de dents. Il n'y a qu'une victime, pour l'instant, dans cette affaire, c'est Villepin, et l'honneur de Hollande s'il en avait encore. Et il n'y de faute, pour l'instant, que chez ceux qui hurlent sans savoir pourquoi. Avouez que lorsqu'il s'agit de députés ou de journalistes, la faute n'est pas légère.

On aimerait d'ailleurs que toute dénonciation semi-anonyme ait connu la même issue heureuse. Si Nicolas Sarkozy avait été un artisan, et le juge Van Ruymbeke un simple juge, le calomnié aurait probablement été mis en garde à vue, deshabillé, jeté dans une cellule puante après avoir reçu un doigt dans le cul, mis en examen et en détention provisoire deux années, pendant lesquelles il aurait rencontré son juge au plus deux fois, jugé en première instance en dix-huit minutes par des magistrats appliquant scrupuleusement la règle non écrite des tribunaux, de couvrir la détention en cherchant une incrimination justifiant un emprisonnement de même durée que la détention provisoire ; notre Nicolas, aurait peut-être, avec une chance incroyable, été innocenté en seconde instance, mais ruiné par les frais d'avocats et la vente de ses biens au tout début de sa détention, et affligé dans sa vie professionnelle d'un stigmate probablement définitif. Avec une longue procédure, il pourrait espérer récupérer quelques milliers d'euros d'indemnisation, juste de quoi honorer la moitié de dettes fiscales et sociales incompréhensibles. Il ne lui resterait plus qu'à écrire son histoire, et espérer remporter le prix Monte Cristo, puisque dans notre beau pays nous avons un prix pour les récits d'erreurs judiciaires. Ici, une petite année d'instruction (record de France pulvérisé : songez à la durée de l'instruction du crash du Mont Saint-Odile, qui se compte en dizaines d'années, et aux délais généralement constatés dans les tribunaux de la République : quinze ans pour un litige sur le carrelage d'une maison, vingt-six ans pour une procédure de divorce, dix ans pour la fixation d'une pension d'invalidité), et voilà N. Sarkozy blanchi. Vraiment, on pleure de joie devant la qualité et la rapidité du travail de ce magistrat Van Ruymbeke, qui a inévitablement horrifié ses collègues par son productivisme, ce qui lui vaut une coalition unanime de la magistrature ce qu'on n'avait pas vu en France depuis le ralliement des juges à Vichy.

Je ne sais pas si Villepin a fomenté un complot contre Sarkozy, mais force est de constater qu'après avoir demandé à quelqu'un de vérifier la solidité des faits — première leçon pour nos journalistes et pour nos magistrats — il a refermé le dossier sitôt qu'on l'a convaincu qu'il était vide — seconde leçon pour nos journalistes et nos magistrats. Alors, vous me direz ce que vous voudrez, notamment qu'il est déséspérant d'en être réduit à saluer ces choses si simples, mais moi, j'aimerais que tout se passe en France comme dans l'affaire Clearstream.

20/05/2006

20/05/06 - 11:33

Papier oublié dans un powerbook

Nos souvenirs les plus extraordinaires, nous les devons à des garçons hétéros. Pour tellement de raisons qu'on ne sait par lquelle commencer. Faut-il vraiment redire cette platitude, que ce sont assurément les mecs hétéros qui sont les plus beaux ? Il y a toujours du trop chez le pédé, trop mince, trop parfumé, trop poudré, trop poilu, trop dilaté, trop taillé des sourcils, un trop inévitable quand on passe tellement de temps devant le miroir. Et puis le pédé n'est jamais original, il est toujours un exemplaire d'une catégorie innombrable : le minet, le butch, le dior j'adore et louis vuitton me ruine avec de la toile, je ne sais quoi encore. Soumis à des normes sévères, habitué depuis la puberté à ressembler à tous les autres, il ne pourra jamais provoquer de palpitation, juste ce plaisir borné auquel nous sommes habitués avec les produits de consommation courante.
Et puis, quand nous couchons avec un hétéro, au moins, nous avons l'impression de faire quelque chose d'un peu héroïque. Et voilà bien ce dont l'homme occidental est privé depuis que Dieu est mort et que la sécurité sociale existe, l'héroïsme. Inconsolable, il essaye encore de jouer au héros, en disant tout le mal qu'il pense de Le Pen et des pédophiles, il pousse même le courage jusqu'à aller le dire à plusieurs, dans la rue; mais il sent bien, au fond, que c'est un héroïsme de pacotille. Coucher avec un gay, c'est devenu aussi simple que de boire un coca, et aussi indifférent, depuis qu'il existe des endroits où l'on vous met fort obligemment une main dans le cul ou de l'urine sur le visage, après avoir un acquitté un droit d'entrée heureusement modique. Mais coucher avec un garçon hétéro (suite illisible)

08/05/2006

08/05/06 - 05:25

Blog contemporain

Nouvelle soirée riche. Serais-je sorti d'une année en enfer ? Rencontré Arnaud. En dix minutes, il pulvérise toutes mes protections et réunit mes vies parallèles. Je suis fait. Discuté de Saint Augustin avec ***. Sorti au Queen avec les deux. Beaucoup de sueur, de remix et de vacarme. *** est une pute, d'après F. : comment ne l'avais-je pas vu ? Au revoir, Arnaud. Rentré à cette heure. Balzac dixit: "vous avez des idées dans la cervelle ? la belle affaire ! Et moi aussi j'ai des idées...A quoi sert ce qu'on a dans l'âme, si l'on n'en tire aucun parti ?". Maupassant sur Flaubert : "il pense que la première préoccupation d'un artiste doit être de faire beau; car la beauté étant une vérité par elle-même, ce qui est beau est toujours vrai, tandis que ce qui est vrai peut n'être pas toujours beau.". Commencé un autre blogue. Nuit.

07/05/2006

07/05/06 - 15:13

Lendemain de fête

Je me suis réveillé différent, bien sûr, après la folle soirée d'hier. J'ai pensé que pour la première fois hors de mes rêves et de mes lectures, ce soir là les garçons gays étaient les plus beaux, les plus spirituels, les plus éveillés, les plus désirables ; expérience si nouvelle pour moi et probablement si rare en soi. Je sais désormais que certaines portes parisiennes cachent des paradis durables; il faut juste travailler à construire le mien, et je compte bien sur ces nouveaux amis pour m'y aider.

A propos d'amis, en poussière ceux-là, j'alterne entre Maupassant et Sainte-Beuve ; je ne voulais pas citer ici le dernier, car au moment de poster un article élogieux sur lui, je m'aperçois qu'il y en a partout dans la presse, au motif que l'on fête cette année l'anniversaire de sa naissance, de sa mort, de sa première molaire cariée ou de sa première crise de goutte, enfin, je ne sais pas. Pourtant, tout m'y ramène. J'attends chaque semaine la chronique de Jean-Claude Guillebaud dans le Télé Obs ; elle joue pour moi le rôle de ces crânes dans les peintures classiques, qui nous rappellent notre destin tragique. Jean-Claude Guillebaud nous prouve hebdomadairement que l'on peut atteindre la vieillesse sans avoir jamais eu une seule idée. Il s'en console en se fixant toujours une ambition extrême : du haut de son hégélianisme de femme du monde, il porte un jugement moral sans complaisance sur nos faiblesses et nos vices. Il n'est pas difficile d'être sans complaisance quand on est néant mais ne croyez pas pour autant que ses sermons à zéro pour cent de teneur intellectuelle soient faciles à écrire : imaginez le supplice de celui qui doit parvenir à pondre chaque semaine deux colonnes en ne disant absolument rien tout en accusant le reste du monde, sur chacun des sujets qu'il a choisi. On veut croire qu'il fréquente abondamment les cafés et les réunions de section du PS, pour avoir développé un tel sens du remplissage moralisateur. Or donc il consacre cette semaine son yaourt allegé au phénomène des blogs, et nous en dit… rien (bravo, vous avez suivi). Si au moins Jean-Claude Guillebaud lisait, et s'il n'était pas si réactionnaire par construction, il aurait au moins pu repomper ce passage de Sainte-Beuve, qui avait salué le phénomène du blogue avant même son existence :

"Nous sommes dans un temps où tout se hâte, se divulgue, et où la parole n'attend pas. L'événement d'hier est déjà de la chronique, de la poésie ou de l'histoire ; l'oeuvre de demain s'anticipe impatiemment, et la curiosité la dévore. On a goûté, le matin, ce qui fait l'objet d'un souvenir, et avant le soir on le raconte, on le chante.
Et pourquoi ne le raconterait-on pas ? pourquoi ne pas mettre en circulation jour par jour, pour ainsi dire, ce qui a instruit ou ému, ce qui a appris quelque chose sur l'état de la société ou sur la nature particulière d'un génie ? Nous subissons les inconvénients du temps où nous vivons, ayons-en du moins les avantages. Qu'il en soit du monde moral comme il en est aujourd'hui de l'univers et du ciel physique. Les physiciens, les astronomes, les navigateurs observent et notent à chaque instant les variations de l'atmosphère, la latitude, les étoiles. Ces observations multipliées s'enchaînent, et leur ensemble aide à découvrir ou à vérifier des lois. Faisons quelque chose d'analogue dans le monde de l'esprit et de la société. Bien des détails précieux qui échapperaient, si on ne les saisissait au passage, et qui ne se retrouveraient plus, sont ainsi fixés, et pourront fournir d'imprévues conclusions à nos neveux (...)
" (je fournis la référence précise contre une fellation, il faut bien vivre).

Bien sûr, jamais personne n'écrira un Contre Jean-Claude Guillebaud : qui est assez fou pour être contre rien ? Quant au Contre Sainte-Beuve, je vous renvoie à ces pages de Revel (Sur Proust) où il montre, si c'était nécessaire, que la thèse de Proust y développe est au moins aussi rudimentaire que celle prêtée à papy Sainte-Beuve. Lequel, du reste, dans le volume que je lis en ce moment, se montre un redoutable lecteur, mais comment lui donner tort sur Balzac ou Chateaubriand (je n'ai pas fini les autres articles) ?

Allez, le soleil est revenu, j'ai des numéros à appeler, et une vie de ténébreux, de veuf et de consolé à poursuivre.

07/05/06 - 01:42

Second best

Les dernières semaines ont été marquées par une impossibilité à rencontrer quiconque ici ou sur rezdaube, et par les autres moyens, j'allais dire par les voies naturelles, un trop -plein de rencontres à vous desiller les yeux. La dernière soirée m'a mis en face la seule vie qui mérite notre respiration, le seul type d'être qui vaille qu'on le chérisse, la seule espèce de garçon qui devrait retenir notre attention. Sauf que rien de tout cela n'était mien. Ces six derniers mois, j'ai essayé de jouer le jeu ; j'ai considéré que c'était à moi de plaire, à moi de me transformer en objet de désir pour l'autre, sachant que l'autre est à moitié stupide, pèse moins de soixante kilos, est trop content d'indiquer à qui veut le lire qu'il ne mord pas, et consume autant d'heures que moi sur le dial. Si en outre, il lisait du Musset ou faisait du piano, je le tenais aussitôt pour insurpassable et sa perte pour inconsolable. Mais tout cela, je l'ai bien vu ces dernières semaines, ce n'est que du second best, c'est-à-dire rien. Ces soirées m'ont montré la vie que mènent ceux qui n'ont jamais accepté d'en rabattre sur leurs ambitions. Et, vérifiant la thèse que je soutiens depuis toujours, que l'on n'échoue jamais rien, et que notre vie n'est que la réalisation de nos rêves, ces gens là s'endorment et se lèvent chaque matin dans la féerie que j'ai oublié de réclamer. Alors oui, disons le ici : il y a des garçons extraordinaires, de beauté et de talent, dont l'intelligence vous assèche et vous nourrit aussi bien que leur regard ; il y a des garçons scandaleux par l'injuste concentration des qualités ; et il y a des couples heureux autant que merveilleux. Si j'avais commencé mon blogue ailleurs que sur GA, et traîné sur d'autres réseaux, ce couple-là, ce pourrait être le mien. Non, ce n'est pas comme cela qu'il faut le formuler : si j'avais refusé de transiger avec mon désir et mon goût, je vivrais aujourd'hui très probablement en accord avec mon désir et mon goût. Après tant d'heures à faire la pute gratuite sous forme électronique, ce désir et ce goût sont bien enfouis sous une compulsion maniaque; revenons aux sources, aux livres qui m'ont élevé dans tous les sens du terme, mettons au jour ce monde qui avant grouillait en moi, rêvons nos anciens rêves, puis réalisons les.

02/05/2006

02/05/06 - 19:55

Le niveau baisse

F. nous dit que toute la philosophie grecque tourne autour du kairos. J'ai dû faire plusieurs centaines de versions grecques en cinq années d'études de la langue, et je crois n'avoir jamais croisé ce mot. Désespérant.

02/05/06 - 19:46

Jean-François Revel

Revel est mort. Pour ajouter au drame, les médias ne citent pratiquement que Le moine et le philosophe, qui est son ouvrage le moins intéressant. J'ai découvert Revel quand j'avais dix-sept ans, en tombant par hasard chez Gibert sur une vieille édition de Pourquoi des philosophes ? : j'ai lu d'un seul trait ce livre, et je n'en suis toujours pas revenu. Massacre des idoles du temps à la tronçonneuse : dans un pays qui ne vit plus que dans l'adoration craintive et la flagornerie intéressée, on avait oublié que le français, quand il est bien écrit, est une langue mortelle. Encore aujourd'hui, je relis de temps en temps, pour le plaisir d'un bon fou rire, le commentaire qu'il fait de la meilleure copie du concours général, sa satire de la rhétorique khâgneuse, sa lecture attentive d'un numéro de Tel quel, d'une page d'Heidegger ou d'un volume de Bergson. Désespérant d'érudition, de pratique directe des textes qu'il fustige, de trouvailles d'écriture, Revel m'a donné parmi mes plus grands plaisirs de lecture et les plus grandes inhibitions d'écriture. Son opuscule Sur l'italie renouvelle complètement le genre des récits de voyages, et son commentaire de Proust ( Sur Proust) est le seul ouvrage de critique littéraire qui soit utile avant l'agrégation de lettres. Ses papiers sur l'école, sur l'université, sur les expositions, sur les catalogues d'exposition, sur la gauche française, sur la droite française, sur le milieu littéraire, sur la philosophie, sur la peinture ont moins vieilli que le bloc notes de BHL du dernier numéro du Point ou le dernier kilogramme de pensées de Sollers. Le problème de Revel est là : pour le contredire, il fallait disposer simultanément du même degré d'intelligence et d'information. Il faut croire que ce n'était pas simple, et on a surtout usé à son encontre de rumeurs désagréables, qu'on retrouve encore ça et là. Ne nous en plaignons pas : les auteurs comme cela, on voudrait être seuls à les lire.

02/05/06 - 10:47

Chroniques du fond

C'était en deux-mille je ne sais plus combien, mais quelle importance ? C'était dans l'ère A. V., c'est-à-dire après Vincent, ce qui suffit. Je vivais alors le même dégoût de moi-même qu'aujourd'hui, pour des raisons analogues; je n'avais pas très envie d'aller à cette soirée, qui s'annonçait remplie de jeunes gens ; terrain de chasse pour les autres, mais pour celui que j'étais, une promenade dans un supermarché quand on n'a pas d'argent, pour reprendre une thématique houellebecquienne et conserver à ce blogue un vernis littéraire. Bien sûr, j'ai vaguement dragouillé, je suis même resté longtemps scruté par les autres pour ma conversation avec ..., qui l'emportait décidément (et l'emporte toujours, d'ailleurs) sur tous les garçons de moins de vingt ans. Mais bon, une conversation, quoi. Un numéro de téléphone aussi, que je n'appellerai jamais, et que j'aurais dû enregistrer dans mon repertoire sous le nom : à quoi bon?, tant le rateau était prévisible. Je n'ai d'ailleurs pas beaucoup de souvenirs de cette soirée, à part la grande folle qui avait ravi le micro pour hurler le petit nom d'un de mes amis désormais lecteur.

Curieusement, cette soirée ne cesse de m'être rappelée par d'autres. Le petit F., d'abord (mon petit justin à moi, pour ceux qui ont suivi), qui me sauta dessus des mois plus tard (peut être une année ?) en me disant : je n'ai jamais oublié ce que tu m'as dit en m'abordant, et je m'en souviendrai toujours. Et voilà que hier soir, un mec du net m'aborde en me disant qu'il est temps de se revoir, que nous avons perdu trop de temps, et qu'il n'a jamais oublié le mot que je lui ai appris ce soir-là, alors qu'il était lycéen.

Alors que je sors à nouveau, le destin serait bien cruel de bégayer la même punition.

 

Résumé des épisodes précédents

...cette nuit froide étoilée d'orgasmes qui est la vie d'un pédé (plus ou moins étoilée d'ailleurs selon son poids, son âge, la couleur de sa peau, la taille de sa bite, l'épaisseur de ses sourcils, la marque de ses sous-vêtements et les autres qualités essentielles dans une communauté raffinée)" 24 février 2008


J'aurais dû suivre mes deux jeunes amants dans la nuit parisienne, où tout le monde se fout bien de devoir disparaître un jour ; m'enivrer du bruit avant l'éternité, me couvrir de sueur avant le suaire ; descendre en boîte avant le caveau. Quand je suis mort, en 2001, c'est là que j'ai appris que l'enfer est très supportable quand on n'est pas le seul damné29 juillet 2007


Ah, mon blogue, tu ne m'as pas manqué. On m'a un peu parlé de toi, ces derniers temps. Certains te reprochent de te répéter sur les garçons; d'autres te reprochent de te répéter sur la politique. Mettons les tous d'accord, et répétons-nous ce soir sur les garçons et sur la politique.22 juin 2006


Si le ciel n'a pas ton frère
Le ciel peut bien m'attendre

11 février


Quand l'hiver est froid, quand ma vie est froide, que mon coeur est froid et que mes amis sont froids, je vais chercher un peu de chaleur sur son blogue. Il y a mis beaucoup de photos, et c'est vraiment lui le plus beau de GA. Je les regarde, cela va mieux : je sens à nouveau son souffle sur mon épaule, sa nuque sous mes lèvres et son sperme sur mes joues. 21 janvier 2006


Ce qui est sûr, c'est qu'après Grande Ecole, il est difficile de faire un film plus bête, comme après Presque rien, il est difficile de faire un film plus vide. Les deux auteurs méritent donc d'être placés aussi haut dans notre panthéon gay, là où usant à l'envi leurs chaleurs dernières, ils pourront réfléchir leurs doubles lumières/Dans leurs deux esprits, ces miroirs jumeaux." 7 janvier 2006


La meilleure forme de gratitude que pourraient avoir pour nous ceux dont nous nous sommes beaucoup occupés, ce n'est pas de s'occuper de nous à leur tour , c'est d'enfin s'occuper d'eux-mêmes. 12 novembre 2005


des fesses fermes et douces, des abdominaux irreprochables, une peau savamment épilée, une musculature sophistiquée, voilà la nourriture ordinaire du gay, mais son bonheur cesse au niveau du cou, lorsqu'il est obligé, pour payer pour le prix de ces corps inoubliables, de supporter un visage imparfait, dégradé, caricatural, vide, pas un de ces visages hétéros qui nous irritent de leur sublime simplicité, de leur mystérieux équilibre. 29 octobre 2005


Un club de sport, c'est comme la littérature française contemporaine : il y a beaucoup de pédés, de plus en plus de femmes, et on y trouve surtout des choses crues et laides étalées avec complaisance. 16 octobre 2005


Car j'ai beau le caresser, le lécher, l'embrasser, le baiser, le sucer, l'enculer, le prendre en moi et que sais-je encore, il reste irrémédiablement vierge de moi. De nos coïts il ne reste rien, et certainement pas un patrimoine; et les êtres qui nous font l'honneur de nous laisser leur donner du plaisir restent pourtant à jamais inentamés. 16 septembre 2005


…le premier garçon qu'on a embrassé est aussi le premier garçon qu'on a niqué.(…)Je crois que c'est une des raisons qui explique le souci particulier du productivisme sexuel des gays, leur attention au rendement annuel de leurs éjaculations et leur industrialisation du spasme7 mai 2005


Dans un mois, cela fera quatre ans que je suis mort 21 avril


La punition de ceux qui ont connu le paradis est d'être incapables d'en parler. Condamnés à se taire sur le seul sujet qui importe, ils doivent en plus supporter les interminables conversations des autres sur tout le reste, qui n'existe pas. 10 mars 2005


Trois marins presques nus, presqu'imberbes et presque majeurs m'allumaient en chantant In the Navy — Jamais depuis je n'ai pu écouter les Village people sans bander aussitôt.
18 février 2005


Les garçons que nous rencontrons sont comme des aliments. Les meilleurs nous nourrissent et nous renforcent; les autres nous restent un moment entre la gorge, nous font un peu mal à l'estomac, mais finissent à l'égout dans une agréable libération. 12 novembre 2004


Coucher avec la beauté ne rend pas heureux. Cela passe en spasme, et vous laisse à vie un creux douloureux (...)9 novembre 2004


Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit. Je viens encore d'essayer, mais le sommeil ne répond pas à mes appels. il est sur boîte vocale, ça m'énerve. Si on ne peut plus joindre le sommeil en pleine nuit, où va-t-on ? (...)4 novembre 2004


Au fond, Happy Tree Friends, c'est le milieu gay. Il y a beaucoup de couleurs, tout le monde a des coeurs sur le visage, sourit et glapit tout le temps. Et tout le monde fait du mal à tout le monde, et tout finit toujours dans le sang.24 octobre 2004


Ils n'aiment pas

Pour une fois que tu écris quelque chose d'intéressant, ce n'est pas de toi ; dommage Sorty

C'est médiocre, comme tout ce qu'écrit cet auteur
Elizabethtessier

Une vraie petite boucherie intellectualo-sexuelle. Et tout cela avec cynisme "lucide", prétention élitiste et la condescendance qui l'accompagne... Rapport fascinant à l'autre...
Sharruk

Tu es une catastrophe ambulante en matière de politique! Fais plutôt du porno, ça te réussir mieux. Ou de la poésie.
Ma Josiane d'amour

Ce qu'on peut lire comme conneries....
Ronans

Et vive les donneurs de leçon
Fantin