Blog négatif (et révolu)

31/08/2006

31/08/06 - 22:42

Les miscellanées d'une pédale

1-Le plus grand péché, en amitié, c'est le péché d'omission. Je souffre infiniment plus de ce qu'il n'a pas fait pour moi que de tout ce qu'il aurait pu faire contre moi.

2-Richard Pallain est magistrat. Pour lui, introduire les caméras dans le cabinet d'un juge d'instruction risquerait de nuire à la manifestation de la vérité, lit-on dans Le Figaro du 30 août. Pour quelle raison ? "Dans des histoires d'attouchement, il ne peut y avoir de preuve objective. Tout repose sur des déclarations (sic), un climat (re-sic), blablabla, la présence d'une caméra dans ces moments là va tout aseptiser. On va tuer la relation humaine par excès de formalisme." Moi je trouve qu'on devrait tirer la culpabilité au dés, faire venir une chiromancienne agréée près les Tribunaux, donner des cours de morphopsychologie à l'Ecole nationale de la magistrature, mais surtout, supprimer toute formation des magistrats en Libertés publiques, car je pense qu'ils n'y vont pas ou alors qu'ils y perfectionnent leur technique de su-do-ku.

3-Une syndicaliste de la magistrature tonne, dans l'édition suivante du même journal, contre le projet de créer une responsabilité des magistrats en cas d' "erreur grossière ou manifeste d'appréciation". Cela m'a fait penser au récit déchirant de ce jeune homme qui racontait comment une juge ignare avait mis en détention son copain pendant deux années, parce qu'elle n'avait pas pris le temps de consulter un dictionnaire pour vérifier que la signification du terme carat, alors qu'elle soupçonnait le malheureux, sur la foi d'un climat sans doute, d'avoir fait de fausses expertises. Le copain en question avait eu beau l'implorer d'entendre les plus éminents experts, la juge s'était fondée sur sa culture générale, qui est très étendue dans la magistrature française comme on sait. Après deux ans de prison, honte de la République selon nos propres représentants, le prévenu avait été relaxé en une dizaine de minutes lors du procès et avait aussitôt succombé d'une crise cardiaque. Le jeune homme avait espéré au moins un regret de la magistrate, qui n'est jamais venu. On voit à quel point cette responsabilité aurait été utile, quoique dérisoire devant la bêtise de cette femme dont le nom devrait être inscrit pour les siècles sur un monument d'infâmie. Bref, notre syndicaliste reproche à cette formulation d'être trop vague. On l'invite à consulter notre droit pénal, et la jurisprudence de la Cour de cassation, chambre pénale, pour voir si cela gêne les magistrats quand cela ne s'exerce pas contre eux.

4-Un homme est soupçonné de meurtre par la justice française. Il est mis en examen, placé en détention, mais, foutre, il a un alibi. Le juge décide malgré le caractère non climatique de l'alibi, de relacher le prévenu, tout en le plaçant sous contrôle judiciaire (on ne sait jamais). Et puis, le juge laisse le dossier avancer à un rythme raisonnable, c'est-à-dire que pendant dix ans, il ne se passe rien, aucun acte d'instruction. Le hic, c'est que le crime a été commis en Belgique, et que les belges, ayant instruit le dossier, décident de juger le pauvre homme, qui ne peut pas se présenter à l'audience, car son contrôle judiciaire (français), lui interdit de quitter le territoire. il est donc condamné par la justice belge à seize années de détention et un mandat international est lancé contre lui. Voilà qui réveille le juge d'instruction (français), qui, en visite officielle à son cabinet, se dit qu'il pourrait quand même faire un acte, comme cela, pour une fois. Et voilà qu'il prononce un non-lieu, ce qui a pour effet, d'une part, de tuer la relation humaine qu'il entretenait, d'assez loin il faut dire, avec le présumé innocent, et, d'autre part, de rendre ce dernier immédiatement extradable, de sorte qu'après avoir été reconnu innocent par la justice française, il est aussitôt menotté et conduit aux autorités belges qui l'emprisonnent pour qu'il purge sa peine. Je note que son cas n'intéresse pas le parti socialiste, et c'est bien normal : le quidam en question n'a pas de sang sur les mains et n'a pas écrit de mauvais polars, rien ne justifie donc une mobilisation citoyenne.

5-Je ne sais plus où je lisais que le bonheur perdait forcément la partie devant le malheur, car s'il y a des milliards de malheurs différents qui nous menacent, il n'y a peut-être que deux ou trois formes de bonheur possibles. Je ne suis pas d'accord. Le progrès de la civilisation fait qu'en France, il n'y a plus que trois malheurs possibles : la maladie, la rencontre d'un jeune de banlieue qui n'aime pas votre tête, ou la décision d'un service public de vous détruire (hôpital, justice, police, éducation nationale).

27/08/2006

27/08/06 - 19:17

Le journal du dimanche

En voyage officiel chez mes parents, j'ai lu le nouveau tome du journal de Pascal Sevran. Cela m'a pris une petite heure, soit vingt minutes de plus qu'un roman d'Amélie Nothomb et trente-cinq minutes de plus qu'une histoire de Marc Lévy. Mais ce temps volé plus considérable est compensé par les histoires de coucherie avec des jeunes gens de dix-huit ans qu'on trouve chez lui mais pas chez Amélie Nothomb ni Marc Lévy. J'ai calculé qu'en moyenne il en faisait autant que moi chaque année, ce qui me donne l'avantage, puisque je n'ai pas à chanter dans des salles de mairie pour y parvenir. Vous me répondrez qu'il a tout de même une quarantaine d'années de plus que moi ; je vous accorde que je n'ai ni autant d'argent, ni autant de passages à la télévision, qui sont les deux choses qui vous rendent beau au yeux des jeunes pédés. Mon ami Tante L., qui a moins d'argent que Pascal Sevran mais assez d'argent pour se faire dévaliser par ses conquêtes, aligne une liste bien plus fournie de boutonneux, mais ils sont sans doute plus boutonneux. Enfin, il y a d'autres sujets dans le journal de Pascal Sevran. Par exemple, Pascal Sevran nous informe que Clémentine Autain (Autin ?) est bête. C'est l'évidence même, tant sa bêtise est épaisse, mais nous avons tellement pris l'habitude du faux qu'écrire la vérité est devenu une figure de style. J'imagine que dans la prochaine livraison du journal, il y aura des histoires de minets et et la révélation que François Hollande est aussi bête que Clémentine Autain (Autin ?). Enfin, le troisième qui est bête, c'est moi, qui vous livre gratuitement mes histoires de jeunes mecs et des considérations sur le niveau intellectuel des hommes politiques français, quand je pourrais les vendre une quinzaine d'euros pièces au géant casino en bas de chez vous. Tenez, à la date d'aujourd'hui, vous auriez trouvé le récit d'une triple fellation avec Olivier, chaque fois suivie d'une éjaculation, et des notations précieuses sur son pantalon (treillis noir) et son boxer (blanc, évidemment). Et comme je serais connu et donc intouchable, j'aurais même pu vous écrire son âge.

15/08/2006

15/08/06 - 00:06

Dis, Paul, quand partons-nous pour le bonheur ?

J'allais vous parler de toute autre chose, ce soir, me connectant depuis l'hôtel où je fuis la promiscuité d'une maison de famille — la vie à l'hôtel est la seule qui soit vivable. J'ai encore observé qu'en France, plus on a de l'argent, et moins on paye. A peine avais-je sorti un bout de plastique noir que le réceptionniste me mettait dans une suite pour le prix de la plus petite chambre. Et me voilà tout seul dans un décor de partouze, ce qui est le plus juste résumé de mes dernières années d'existence. Or, j'allais vous dire quelque chose, quand biiiiiing Paul est apparu. Sur msn.

Jean-François Revel faisait observer qu'on ne peut pas apprendre à mourir, puisqu'on ne peut pas répéter sa mort. En réalité, c'est facile d'apprendre à mourir : il suffit de trouver celui qui vous fermera les yeux quand ils seront devenus vitreux pour l'éternité. Et dire que j'ai vécu cinq années et demi dans la tranquillité d'avoir trouvé celui-là, et que j'aurai bientôt vécu la même durée sans personne dont j'aurai pu raisonnablement espérer cela. Et je pourrai faire autant de plans avec des jeunes garçons qu'il me reste de jours à vivre, j'aurai toujours ce poignard dans le ventre au moment de m'endormir dans mes draps souillés.Mais à présent, à présent, quand j'y pense, je pleure toujours mon premier amour.

Paul m'a fait du bien parce qu'il m'a rassuré : oui, je peux à nouveau être amoureux, et être un bon amoureux. Qu'est-ce que cela veut dire ? Quand on n'a pas aimé depuis longtemps, on ne sait plus trop si on en sera à nouveau capable, et surtout, de quoi on sera alors capable. Cette équivalence de toutes les choses, quand on n'aime pas, on craint de devoir lutter encore contre elle, quand on aimera; mais tout redevient ordonné quand on a un sentiment. L'affaissement de l'esprit et de la sensibilité dans les dragues d'un soir, que l'on craint définitif quand on n'aime pas, est annulé quand on aime : il est bon de reprendre possession de tout ce qu'on est pour le donner à quelqu'un.

Curieusement, Paul n'a pas confiance en lui. Nos coeurs, je me rappelle, s'étaient donnés si jeunes sur un vieux banc. Sur le canapé vert où il triomphait, il me parlait de ses doutes et je me disais que je lui offrirai mes yeux pour qu'il se voie.

Paul s'en est allé très vite de msn : il vient de rentrer à Paris, il sort avec des amis. Je ne sais pas comment on fait, moi, quand les choses ne se font pas d'elles-mêmes. Tu sais, Paul, je ne suis peut-être pas la plus mauvaise solution.

Fidèle, fidèle pourquoi rester fidèle
Quand tout change et s'en va sans regrets
Quand on est seul debout sur la passerelle
Devant tel ou tel monde qui disparaît
Quand on regarde tous les bateaux qui sombrent
Emportant les choses qu'on espérait
Quand on sait bien que l'on n'est plus qu'une ombre
Fidèle à d'autres ombres à jamais.

12/08/2006

12/08/06 - 11:24

Madonna, don't preach

Avant qu'elle ne s'enfouisse dans la quincaillerie kabbaliste, j'aimais bien Madonna. A chaque album je trouvais une ou deux chansons qui résonnaient particulièrement bien avec mon existence, et ma foi c'était assez. Like a prayer, c'est ma nuit avec Paul, comme Don't Tell Me, c'est ma rupture d'avec Vincent. Mais Madonna a appris les secrets exigeants d'une sagesse cryptée — là voilà qui sample Abba et qui danse en tenue de catégorie C allant à son cours d'aérobic: on mesure le progrès métaphysique. Remarquez, cela aurait pu être pire, si elle avait choisi un autre système folklorique : l' inter-celtique comme on dit chez nous, ou la vision du monde de Frédéric Mistral. Cela ne tombe pourtant pas au niveau de Zazie, car Madonna a de beaux restes, mais voilà qui commence à s'en approcher dangereusement : Mettez Hung Up en français, vous verrez. Du coup, molle hésitation pour aller au concert, mais hésitation quand même, à cause de ses danseurs. Je finirai ce court post qui ne sert à rien par une réflexion un peu plus générale. La meilleure preuve que la kabbale, ou tout autre discours de sagesse fermé sur lui même et nécessitant des intercesseurs rémunérés, n'est probablement que du déjà vu, c'est qu'il est impossible qu'une bonne idée reste très longtemps cachée, ni qu'un petit groupe puisse la trouver sans que la masse des autres n'en trouve un pour la produire à son tour. Certes, elle ne sera pas toujours traduite en Français, car nous avons une exception culturelle à protéger, mais vous la trouverez disponible en poches dans les grandes langues de culture, et sans aller très loin, en espagnol, italien et anglais.

11/08/2006

11/08/06 - 18:06

Pascal Lardellier

Il n'est pas juste que l'oubli ensevelisse ceux parmi nos contemporains qui se seront distingués par leur bêtise. Afin de lutter contre ce destin, je compte ici faire passer à la postérité Pascal Lardellier, "Professeur à l'Université de Bourgogne" qui s'est distingué par une chronique particulièrement vide dans un Libé de cette semaine. Comment vous résumer ce qui n'a pas d'idée ? Georgino nous assène une pesante rédaction sur les clubs de vacances (dans l'Education nationale d'aujourd'hui, la rédaction est un exercice réservé aux Professeurs des universités) qui veut nous montrer à quel point tout y est faux, tout y est frelaté, reconstruit, hors du monde, et que les touristes de masse ne voient rien du pays dont ils n'occupent que des transats. Fin sociologue, Pascal Bardellier a ainsi repéré les rites du petit rosé près de la piscine, et nous apprend qu'au sein de ces clubs règne une plus grande liberté de moeurs (on retrouve là l'influence de son maître, le metteur en scène des Bronzés, dont un personnage est cité à l'appui de cette monographie), mais son objectivité de directeur de recherches lui interdit d'oser autre chose que des clins d'oeil ou des sous-entendus. Et l'avantage d'être sociologue, c'est qu'on peut écrire sans gêne : "sublimé sur le papier glacé des catalogues", "Les hôtels-clubs bouclent de manière décomplexée la boucle du tourisme de masse", jusqu'à la citation finale de l'humoriste Edgar Morin : "La valeur des vacances, c'est la vacance des valeurs", plutôt connu pour ses tics de titre, qui consistent à redoubler un substantif pour faire de la philosophie (cf. la liste de ses oeuvres complètes).

Ne soyons pas injuste : ce papier est précieux car il fournit une remarquable radiographie de...la misère des universités françaises et la ruine de la sociologie, qui n'est plus qu'un enfilage jargonneux de platitudes réfutables. Remarquez, je préfère encore cette insignifiance au pouvoir de mort légale donné en France au psychologues, qui peuvent vous reléguer une dizaine d'années en prison sur l'analyse d'un dessin ou de la forme d'une pate à modeler d'un de vos rejetons.

Le monde des hôtels-club est faux ? La belle affaire : il faudrait établir dans quel monde nous sommes vrais, et si cette analyse rudimentaire d'un monde fabriqué pour le divertissement ne s'applique pas également aux pauses cafés, aux back-rooms, aux réunions de section du parti socialiste ou à la fête de la musique. Il n'est d'ailleurs pas indifférent que ce soit la France qui ait inventé le Club Méditerrannée, c'est-à-dire un lieu de sociabilité à l'étranger après avoir détruit tous ses lieux de sociabilité. S'il y a quelque chose de faux, sans doute, dans ces clubs de vacances, c'est que nous français nous n'avons plus de vie ensemble, et qu'on ne nous la reconstruit que sur ordre du ministre de la culture ou sur facture d'un tour opérateur.

De toute façon, le sujet n'est pas là : Pascal Lardellier est un réactionnaire, voilà tout : les clubs de vacances n'ont fait que démocratiser la vie profondément ennuyeuse de la jet-set, les désepérantes villas au soleil autrefois réservées à quelques uns, et le développement du tourisme de masse ne peut chagriner que ceux pour lesquelles l'idée qu'un boulanger puisse voir le monde est odieuse. Ces clubs hôtels participent de ce mouvement d'enrichissement de la masse qui fait l'honneur du capitalisme -seul système économique a avoir plus enrichi les pauvres que les riches.

05/08/2006

05/08/06 - 01:39

I survived the big one.

Life is a mystery, everyone must stand alone
I hear you call my name
And it feels like home


1. Dis, Paul, quand partons-nous pour le bonheur ?
Depuis le temps que je prépare mes bagages, je crois que tout est prêt ; et il n'y a plus rien dans ce monde que je quitte qui me retient à lui. Et cette vie nouvelle qui nous attend, je l'ai assez préparée : j'en connais déjà chaque moment, comme si je l'avais déjà vécue, comme si tu me l'avais seulement rendue.

When you call my name it's like a little prayer
I'm down on my knees, I wanna take you there
In the midnight hour I can feel your power
Just like a prayer you know I'll take you there


2. Paul n'a pas rappelé, forcément. Avant de m'embrasser, il m'avait prévenu qu'il serait en révisions jusque début septembre, loin de toute sollicitation. Mais enfin, il n'y a pas eu non plus de texto. Ce qui est malheureux avec les gens que nous aimons, c'est leur pouvoir épouvantable de dévaluer tout ce qui n'est pas eux. Les gens qui m'appellent qui ne sont pas Paul m'énervent, ceux qui m'envoient un texto qui ne sont pas Paul me sont odieux, et ceux qui viennent converser sur msn qui ne sont pas Paul m'ennuient. Je vois bien tout ce que la vie sans Paul a de plus faible, et cette idée ne m'ouvre aucune possibilité de consolation.

I hear your voice, it's like an angel sighing
I have no choice, I hear your voice
Feels like flying
I close my eyes, Oh God I think I'm falling
Out of the sky, I close my eyes
Heaven help me


3. Passé la nuit dernière avec J.

J., qui ne porte qu'un caleçon, et une chaîne pour rappeler qu'il n'a qu'une petite vingtaine d'années, me reproche mes sous-entendus sexuels. Je pense sincèrement que le désir qu'on a pour quelqu'un l'honore, et je m'apprête à essayer de le lui faire comprendre, quand je m'aperçois que je n'ai pas de désir pour lui. C'est étonnant, d'ailleurs, car avec ses cheveux épais, son air fier et son corps fin, il a vraiment tout pour m'exciter. Mais je n'ai pas eu l'impression un seul instant d'être avec lui ; obligé de tout lui répéter deux fois, pour qu'il comprenne; indifférent à ce qu'il me raconte, qui est juste mais dur. Paul a tellement de nuances, il peut devenir tellement de choses différentes, que la monochromie de J. a effacé tous ses charmes. Et Paul riait à chacune de mes allusions.

When you call my name it's like a little prayer
I'm down on my knees, I wanna take you there
In the midnight hour I can feel your power
Just like a prayer you know I'll take you there


4. David est revenu à la maison pour baiser. J'ai hésité, un peu, mais c'est le seul mec de mon âge qui me fait bander. Il a des yeux bleus et le corps d'un nageur ; un tatouage sur le bas du ventre et une copine. Pas besoin de vous raconter, c'était comme dans le film que vous téléchargez. Il a sorti une fiole de poppers, et m'a mis le produit sur la bite, malgré tout mon système de valeurs qui proscrit les paradis artificiels. Je dois dire que c'est la seule chose qui ne m'a fait aucun effet, dans tout ce qu'il m'a fait. Le malheur d'un plan cul, toutefois, c'est qu'il faut changer les draps après, alors qu'avec Paul cela n'aurait pas été nécessaire. Et je ne vous parle pas du nettoyage de la salle de bains...

Like a child you whisper softly to me
You're in control just like a child
Now I'm dancing
It's like a dream, no end and no beginning
You're here with me, it's like a dream
Let the choir sing


5. je reçois un texto de B. : "qu'est-ce que tu fais dans l'après-midi ?" Je lui aurais bien répondu : je t'encule, B., je t'encule : mais B. est vierge et sensible. Il arrive avec une chemise bariolée et un teint de jeune fille. Il porte un pantalon avec une fausse fermeture éclair descendue, qui dissimule une très classique fermeture à boutons. Je le mitraille de photos avec mon téléphone, tant je suis frustré de ne pas avoir une seule image de Paul. Peine perdue, ma connexion bluetooth ne marche plus, et ces photos sont prisonnières de mon appareil. Je lui parle de Paul, à qui ne parlé-je pas de Paul ?

When you call my name it's like a little prayer
I'm down on my knees, I wanna take you there
In the midnight hour I can feel your power
Just like a prayer you know I'll take you there


6. La seule belle phrase de ce post est prise à Baudelaire.

Just like a prayer, your voice can take me there
Just like a muse to me, you are a mystery
Just like a dream, you are not what you seem
Just like a prayer, no choice your voice can take me there


7. Au fond, je suis peut être amoureux, enfin.

Just like a prayer, I'll take you there
It's like a dream to me


La direction se réserve le droit de modifier, supprimer ou augmenter n'importe lequel de ces sept paragraphes, sans préavis.

 

Résumé des épisodes précédents

...cette nuit froide étoilée d'orgasmes qui est la vie d'un pédé (plus ou moins étoilée d'ailleurs selon son poids, son âge, la couleur de sa peau, la taille de sa bite, l'épaisseur de ses sourcils, la marque de ses sous-vêtements et les autres qualités essentielles dans une communauté raffinée)" 24 février 2008


J'aurais dû suivre mes deux jeunes amants dans la nuit parisienne, où tout le monde se fout bien de devoir disparaître un jour ; m'enivrer du bruit avant l'éternité, me couvrir de sueur avant le suaire ; descendre en boîte avant le caveau. Quand je suis mort, en 2001, c'est là que j'ai appris que l'enfer est très supportable quand on n'est pas le seul damné29 juillet 2007


Ah, mon blogue, tu ne m'as pas manqué. On m'a un peu parlé de toi, ces derniers temps. Certains te reprochent de te répéter sur les garçons; d'autres te reprochent de te répéter sur la politique. Mettons les tous d'accord, et répétons-nous ce soir sur les garçons et sur la politique.22 juin 2006


Si le ciel n'a pas ton frère
Le ciel peut bien m'attendre

11 février


Quand l'hiver est froid, quand ma vie est froide, que mon coeur est froid et que mes amis sont froids, je vais chercher un peu de chaleur sur son blogue. Il y a mis beaucoup de photos, et c'est vraiment lui le plus beau de GA. Je les regarde, cela va mieux : je sens à nouveau son souffle sur mon épaule, sa nuque sous mes lèvres et son sperme sur mes joues. 21 janvier 2006


Ce qui est sûr, c'est qu'après Grande Ecole, il est difficile de faire un film plus bête, comme après Presque rien, il est difficile de faire un film plus vide. Les deux auteurs méritent donc d'être placés aussi haut dans notre panthéon gay, là où usant à l'envi leurs chaleurs dernières, ils pourront réfléchir leurs doubles lumières/Dans leurs deux esprits, ces miroirs jumeaux." 7 janvier 2006


La meilleure forme de gratitude que pourraient avoir pour nous ceux dont nous nous sommes beaucoup occupés, ce n'est pas de s'occuper de nous à leur tour , c'est d'enfin s'occuper d'eux-mêmes. 12 novembre 2005


des fesses fermes et douces, des abdominaux irreprochables, une peau savamment épilée, une musculature sophistiquée, voilà la nourriture ordinaire du gay, mais son bonheur cesse au niveau du cou, lorsqu'il est obligé, pour payer pour le prix de ces corps inoubliables, de supporter un visage imparfait, dégradé, caricatural, vide, pas un de ces visages hétéros qui nous irritent de leur sublime simplicité, de leur mystérieux équilibre. 29 octobre 2005


Un club de sport, c'est comme la littérature française contemporaine : il y a beaucoup de pédés, de plus en plus de femmes, et on y trouve surtout des choses crues et laides étalées avec complaisance. 16 octobre 2005


Car j'ai beau le caresser, le lécher, l'embrasser, le baiser, le sucer, l'enculer, le prendre en moi et que sais-je encore, il reste irrémédiablement vierge de moi. De nos coïts il ne reste rien, et certainement pas un patrimoine; et les êtres qui nous font l'honneur de nous laisser leur donner du plaisir restent pourtant à jamais inentamés. 16 septembre 2005


…le premier garçon qu'on a embrassé est aussi le premier garçon qu'on a niqué.(…)Je crois que c'est une des raisons qui explique le souci particulier du productivisme sexuel des gays, leur attention au rendement annuel de leurs éjaculations et leur industrialisation du spasme7 mai 2005


Dans un mois, cela fera quatre ans que je suis mort 21 avril


La punition de ceux qui ont connu le paradis est d'être incapables d'en parler. Condamnés à se taire sur le seul sujet qui importe, ils doivent en plus supporter les interminables conversations des autres sur tout le reste, qui n'existe pas. 10 mars 2005


Trois marins presques nus, presqu'imberbes et presque majeurs m'allumaient en chantant In the Navy — Jamais depuis je n'ai pu écouter les Village people sans bander aussitôt.
18 février 2005


Les garçons que nous rencontrons sont comme des aliments. Les meilleurs nous nourrissent et nous renforcent; les autres nous restent un moment entre la gorge, nous font un peu mal à l'estomac, mais finissent à l'égout dans une agréable libération. 12 novembre 2004


Coucher avec la beauté ne rend pas heureux. Cela passe en spasme, et vous laisse à vie un creux douloureux (...)9 novembre 2004


Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit. Je viens encore d'essayer, mais le sommeil ne répond pas à mes appels. il est sur boîte vocale, ça m'énerve. Si on ne peut plus joindre le sommeil en pleine nuit, où va-t-on ? (...)4 novembre 2004


Au fond, Happy Tree Friends, c'est le milieu gay. Il y a beaucoup de couleurs, tout le monde a des coeurs sur le visage, sourit et glapit tout le temps. Et tout le monde fait du mal à tout le monde, et tout finit toujours dans le sang.24 octobre 2004


Ils n'aiment pas

Pour une fois que tu écris quelque chose d'intéressant, ce n'est pas de toi ; dommage Sorty

C'est médiocre, comme tout ce qu'écrit cet auteur
Elizabethtessier

Une vraie petite boucherie intellectualo-sexuelle. Et tout cela avec cynisme "lucide", prétention élitiste et la condescendance qui l'accompagne... Rapport fascinant à l'autre...
Sharruk

Tu es une catastrophe ambulante en matière de politique! Fais plutôt du porno, ça te réussir mieux. Ou de la poésie.
Ma Josiane d'amour

Ce qu'on peut lire comme conneries....
Ronans

Et vive les donneurs de leçon
Fantin