Depuis quelques semaines, je n'ai plus de voisins du dessus. Je finis par penser qu'ils ont eu la meilleure idée de leur existence, c'est-à-dire d'y mettre fin. Et bien sûr, comme pour la plupart des gens, cette meilleure idée n'est même pas d'eux, puisque nous devons tous finir. La vie est si belle, sans voisin du dessus : leur sacrifice, qui est nul, n'aura pas été vain, admirez le paradoxe.
Ma vie a pris un tour canaille, depuis que Julien me chauffe. Maintenant, je lui demande d'avaler, et j'ai l'impression que ce n'est pas assez. Franchement, Julien, ce ne serait pas plus simple de nous aimer ?
Quand j'étais adolescent, les intellectuels de gauche nous prouvaient la décadence du capitalisme en nous montrant les ghettos américains, les émeutes américaines, l'omniprésence de la télé aux Etats-Unis, la démagogie des hommes politiques américains, la nullité de l'enseignement secondaire aux Etats-Unis, les working poors américains, la proportion de la population en dessous du seuil de pauvreté. Je note qu'aujourd'hui les mêmes faits, parce qu'ils se passent en France, s'appellent un modèle social que le monde nous envie.
— Mais, Netromain, voyons, **** vous aime beaucoup. Venez donc à la maison, vous pourrez y dormir, tenez, vous dormirez dans sa chambre. Si, si, j'insiste. Et puis, cela lui fera du bien, un homme à la maison.
Vous croyez que le PS aura une idée d'ici les élections présidentielles ? Vous savez, une idée : c'est-à-dire une proposition de de solution à un problème, qui s'appuie sur une analyse de ce problème, de ses causes, de sa mesure exacte, et sur une démonstration empirique et théorique de son efficacité ? Est-ce que le parti socialiste sortira un jour de la passion mitterrandienne du marketing politique conservateur qui s'interdit de produire autre chose que des slogans, des jugements de valeur et du ciblage ?
*** qui prépare le barreau, et que je vois presque tous les soirs, revient chaque fois avec une nouvel arrêt consternant de la Cour de cassation, ou une nouvelle condamnation de la France par la CEDH pour des faits épouvantables. Nous allons tenir, ailleurs, une chronique de cela, mais il faudra la tenir en langue étrangère : quel français s'en soucie ?
Les quais de seine, un dimanche ensoleillé. Suis-je devenu une âme morte, pour ne pas pleurer que F. ne m'aime pas ?
Voilà quelques semaines que je n'ai rien écrit. Résultat : je ne sais plus écrire. Et donc, je ne sais plus penser. Ma vie s'écoule, elle ne me convient pas, et je n'ai même pas la consolation d'en créer une autre, ailleurs. Enfin, ce n'est pas que je sois très loin de la vie idéale ; je suis en fait à une personne de cette vie idéale.
Samedi, je me suis réveillé avec ***. *** est le plus inquiétant des beaux garçons que j'ai rencontrés. Sa beauté est d'un autre siècle : il est racé, avec ses yeux bleu nuit, ses sourcils presque plats, son visage anguleux. Il m'a envoyé les nus pour lesquels il a posé : ils font bander et frémir. Nous avons un vague projet de week end ensemble, mais je ne compte sur rien, je sais que tout cela est improbable, mortel, périssable. Sans doute il rejoindra dans cette galerie les Paul, les Edouard (bon, Sammmmmmmmy, je sais, Edouard, c'est de ma faute), les Nicolas (aaaargh...), Lulu et je ne sais plus qui encore.
Ce qui ne dure pas m'emmerde, franchement. Don Juan est définitivement un pauvre type, et nous sommes condamnés à être tous des don juan. J'aimais mieux ma douceur de vivre, au 1, rue de ***, où je passais mes nuits le visage contre sa nuque. oh, it sucks to be me, comme ils chantent dans la comédie musicale que nous avons vue avec Sammmmmmmmmy. J'ose à peine dire que j'aime les comédies musicales, parce que nous sommes en France, et qu'en France, comédie musicale, cela veut dire : Le Roi Soleil, de même que littérature, cela veut dire : Christine Angot, ou bien gauche : Ségolène Royal. Depuis l'enfance, notre goût et notre vocabulaire sont ainsi faussés par des exemples très dégradés, et de l'art et de la politique, les occupations les plus nobles, nous n'avons aucune idée avant de maîtriser une langue étrangère et de voyager. Si encore nous étions hétéros. Sebastien Nouchet, l'icône de la lutte contre l'homophobie, était un mytho/pyromane ; les amants de Bègles, icônes du mariage gay, des escrocs pillant une vieille dame ; Presque rien et Grande Ecole, icônes du cinéma gay français, deux froides crétineries déshabillées. Le drapeau arc-en-ciel n'est aimable que si on le purge du bleu, du blanc et du rouge.
Allez, j'ai jeté dix kilos de souvenirs ce soir ; je me fixe comme objectif d'en faire de même chaque semaine, jusqu'à mon déménagement.
...cette nuit froide étoilée d'orgasmes qui est la vie d'un pédé (plus ou moins étoilée d'ailleurs selon son poids, son âge, la couleur de sa peau, la taille de sa bite, l'épaisseur de ses sourcils, la marque de ses sous-vêtements et les autres qualités essentielles dans une communauté raffinée)" 24 février 2008
J'aurais dû suivre mes deux jeunes amants dans la nuit parisienne, où tout le monde se fout bien de devoir disparaître un jour ; m'enivrer du bruit avant l'éternité, me couvrir de sueur avant le suaire ; descendre en boîte avant le caveau.
Quand je suis mort, en 2001, c'est là que j'ai appris que l'enfer est très supportable quand on n'est pas le seul damné29 juillet 2007
Ah, mon blogue, tu ne m'as pas manqué. On m'a un peu parlé de toi, ces derniers temps. Certains te reprochent de te répéter sur les garçons; d'autres te reprochent de te répéter sur la politique. Mettons les tous d'accord, et répétons-nous ce soir sur les garçons et sur la politique.22 juin 2006
Si le ciel n'a pas ton frère
Le ciel peut bien m'attendre 11 février
Quand l'hiver est froid, quand ma vie est froide, que mon coeur est froid et que mes amis sont froids, je vais chercher un peu de chaleur sur son blogue. Il y a mis beaucoup de photos, et c'est vraiment lui le plus beau de GA. Je les regarde, cela va mieux : je sens à nouveau son souffle sur mon épaule, sa nuque sous mes lèvres et son sperme sur mes joues.21 janvier 2006
Ce qui est sûr, c'est qu'après Grande Ecole, il est difficile de faire un film plus bête, comme après Presque rien, il est difficile de faire un film plus vide. Les deux auteurs méritent donc d'être placés aussi haut dans notre panthéon gay, là où usant à l'envi leurs chaleurs dernières, ils pourront réfléchir
leurs doubles lumières/Dans leurs deux esprits, ces miroirs jumeaux." 7 janvier 2006
La meilleure forme de gratitude que pourraient avoir pour nous ceux dont nous nous sommes beaucoup occupés, ce n'est pas de s'occuper de nous à leur tour , c'est d'enfin s'occuper d'eux-mêmes.12 novembre 2005
des fesses fermes et douces, des abdominaux irreprochables, une peau savamment épilée, une musculature sophistiquée, voilà la nourriture ordinaire du gay, mais son bonheur cesse au niveau du cou, lorsqu'il est obligé, pour payer pour le prix de ces corps inoubliables, de supporter un visage imparfait, dégradé, caricatural, vide, pas un de ces visages hétéros qui nous irritent de leur sublime simplicité, de leur mystérieux équilibre.29 octobre 2005
Un club de sport, c'est comme la littérature française contemporaine : il y a beaucoup de pédés, de plus en plus de femmes, et on y trouve surtout des choses crues et laides étalées avec complaisance.16 octobre 2005
Car j'ai beau le caresser, le lécher, l'embrasser, le baiser, le sucer, l'enculer, le prendre en moi et que sais-je encore, il reste irrémédiablement vierge de moi. De nos coïts il ne reste rien, et certainement pas un patrimoine; et les êtres qui nous font l'honneur de nous laisser leur donner du plaisir restent pourtant à jamais inentamés. 16 septembre 2005
…le premier garçon qu'on a embrassé est aussi le premier garçon qu'on a niqué.(…)Je crois que c'est une des raisons qui explique le souci particulier du productivisme sexuel des gays, leur attention au rendement annuel de leurs éjaculations et leur industrialisation du spasme7 mai 2005
Dans un mois, cela fera quatre ans que je suis mort21 avril
La punition de ceux qui ont connu le paradis est d'être incapables d'en parler. Condamnés à se taire sur le seul sujet qui importe, ils doivent en plus supporter les interminables conversations des autres sur tout le reste, qui n'existe pas. 10 mars 2005
Trois marins presques nus, presqu'imberbes et presque majeurs m'allumaient en chantant In the Navy — Jamais depuis je n'ai pu écouter les Village people sans bander aussitôt.18 février 2005
Les garçons que nous rencontrons sont comme des aliments. Les meilleurs nous nourrissent et nous renforcent; les autres nous restent un moment entre la gorge, nous font un peu mal à l'estomac, mais finissent à l'égout dans une agréable libération.12 novembre 2004
Coucher avec la beauté ne rend pas heureux. Cela passe en spasme, et vous laisse à vie un creux douloureux (...)9 novembre 2004
Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit. Je viens encore d'essayer, mais le sommeil ne répond pas à mes appels. il est sur boîte vocale, ça m'énerve. Si on ne peut plus joindre le sommeil en pleine nuit, où va-t-on ? (...)4 novembre 2004
Au fond, Happy Tree Friends, c'est le milieu gay. Il y a beaucoup de couleurs, tout le monde a des coeurs sur le visage, sourit et glapit tout le temps. Et tout le monde fait du mal à tout le monde, et tout finit toujours dans le sang.24 octobre 2004
Pour une fois que tu écris quelque chose d'intéressant, ce n'est pas de toi ; dommage
Sorty
C'est médiocre, comme tout ce qu'écrit cet auteur Elizabethtessier
Une vraie petite boucherie intellectualo-sexuelle. Et tout cela avec cynisme "lucide", prétention élitiste et la condescendance qui l'accompagne... Rapport fascinant à l'autre...
Sharruk
Tu es une catastrophe ambulante en matière de politique! Fais plutôt du porno, ça te réussir mieux. Ou de la poésie. Ma Josiane d'amour