Vous savez comment c'est, les rencontres du net : cela nous mène parfois chez quelqu'un.
Me voilà donc chez lui, dans une vaste maison où il n'y a que nous. Chacune des pièces est plus grande qu'un petit appartement parisien. Les meubles sont tellement vieux qu'ils ont oublié qu'ils étaient beaux. Les livres sont par terre, le bazar est perché sur les hauteurs : je m'aperçois que je vis donc exactement à l'inverse de lui. Nous commençons par monter dans sa chambre; il me met de la musique que j'ignore, et qui le rend hilare (dois-je plutôt écrire : ce qui le rend hilare ?). Il se met à sautiller partout quand on en vient au refrain, piétinant ses annales de bac, et il éclate de rire avant de m'entraîner sur son lit en continuant de chanter. Pourquoi il a tant de vie, et moi si peu ? Je lui prends la main, mais il est déjà debout, pour le final.
Nous dévalons les escaliers, dans le salon il y a un piano qui ne peut qu'être hors d'usage. Je fais un mot là dessus (maintenant, je ne fais plus de mots que dans la vraie vie). il s'assoit, et commence à jouer et à chanter une balade inconnue, sans même avoir remis son pantalon.
Au moment où les conservateurs réactionnaires français s'apprêtent à choisir le plus conservateur réactionnaire d'entre eux, entre Ségolène Royal, Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn, un esprit chagrin se plaint ailleurs qu'on ne lise que dans la presse anglo-saxonne le récit du syphonnage d'argent public organisé par DSK au profit de Lagardère, alors qu'il est détaillé dans des documents publics, facilement accessibles. Mon bon ami, la raison est simple : aucun scandale ne peut naître chez nous, ni grandir, s'il dépasse la capacité de compréhension de nos journalistes, ce qui est un sacré facteur limitant. Vous imaginez Edwy Plenel ou Christophe Barbier faire une multiplication ? Vous comprenez ainsi pourquoi on nous gave depuis de longues semaines de l'Affaire ClearStream, dans laquelle il n'y a rien. Notez que dans ce stock limité de scandales potentiels, seule une minorité pourra prendre un tour judiciaire : ce sont ceux qui sont accessibles à des anciens élèves de l'ENM. Je crains d'ailleurs que ce taux se réduise encore : le fait qu'il ait fallu, chose rare et nouvelle, deux magistrats pour s'occuper du rien de l'Affaire clearstream montre que même à zéro, la productivité de la justice peut encore diminuer.
Mais je ne voudrais pas fustiger deux nobles professions. Au fond, la plus profonde explication, c'est que l'âme française ne respecte que la combine ou la rente (si elle provient de la combine), et que le héros français a toujours été le combinard ou le rentier. Nos capitaines d'industrie se sont enrichis sur faveurs de l'Etat, nous ne pipons mot ; qu'un homme de gauche fasse sa fortune par le ministère qu'on lui confie nous attendrit, mais qu'un commerçant s'opule un peu trop parce qu'il a eu une idée, comptez bien qu'avant peu une bonne préventive aura eu raison de son audace.
A en juger par sa condamnation finale, Saddam Hussein a été drôlement mal conseillé. S'il avait demandé - et obtenu - la grande Carla del Ponte, il aurait bénéficié d'un sursis d'une cinquantaine d'années de procédure, juste pour établir son troisième prénom. S'il avait été jugé par la merveilleuse O... B..-G..., il aurait pu s'appuyer sur un bon millier de vices de forme pour faire invalider le procès. Et s'il avait obtenu la regrettée E... J...., qui savait si bien s'attacher à l'essentiel, il n'aurait eu à comparaître que pour le financement de ses bottines.
...cette nuit froide étoilée d'orgasmes qui est la vie d'un pédé (plus ou moins étoilée d'ailleurs selon son poids, son âge, la couleur de sa peau, la taille de sa bite, l'épaisseur de ses sourcils, la marque de ses sous-vêtements et les autres qualités essentielles dans une communauté raffinée)" 24 février 2008
J'aurais dû suivre mes deux jeunes amants dans la nuit parisienne, où tout le monde se fout bien de devoir disparaître un jour ; m'enivrer du bruit avant l'éternité, me couvrir de sueur avant le suaire ; descendre en boîte avant le caveau.
Quand je suis mort, en 2001, c'est là que j'ai appris que l'enfer est très supportable quand on n'est pas le seul damné29 juillet 2007
Ah, mon blogue, tu ne m'as pas manqué. On m'a un peu parlé de toi, ces derniers temps. Certains te reprochent de te répéter sur les garçons; d'autres te reprochent de te répéter sur la politique. Mettons les tous d'accord, et répétons-nous ce soir sur les garçons et sur la politique.22 juin 2006
Si le ciel n'a pas ton frère
Le ciel peut bien m'attendre 11 février
Quand l'hiver est froid, quand ma vie est froide, que mon coeur est froid et que mes amis sont froids, je vais chercher un peu de chaleur sur son blogue. Il y a mis beaucoup de photos, et c'est vraiment lui le plus beau de GA. Je les regarde, cela va mieux : je sens à nouveau son souffle sur mon épaule, sa nuque sous mes lèvres et son sperme sur mes joues.21 janvier 2006
Ce qui est sûr, c'est qu'après Grande Ecole, il est difficile de faire un film plus bête, comme après Presque rien, il est difficile de faire un film plus vide. Les deux auteurs méritent donc d'être placés aussi haut dans notre panthéon gay, là où usant à l'envi leurs chaleurs dernières, ils pourront réfléchir
leurs doubles lumières/Dans leurs deux esprits, ces miroirs jumeaux." 7 janvier 2006
La meilleure forme de gratitude que pourraient avoir pour nous ceux dont nous nous sommes beaucoup occupés, ce n'est pas de s'occuper de nous à leur tour , c'est d'enfin s'occuper d'eux-mêmes.12 novembre 2005
des fesses fermes et douces, des abdominaux irreprochables, une peau savamment épilée, une musculature sophistiquée, voilà la nourriture ordinaire du gay, mais son bonheur cesse au niveau du cou, lorsqu'il est obligé, pour payer pour le prix de ces corps inoubliables, de supporter un visage imparfait, dégradé, caricatural, vide, pas un de ces visages hétéros qui nous irritent de leur sublime simplicité, de leur mystérieux équilibre.29 octobre 2005
Un club de sport, c'est comme la littérature française contemporaine : il y a beaucoup de pédés, de plus en plus de femmes, et on y trouve surtout des choses crues et laides étalées avec complaisance.16 octobre 2005
Car j'ai beau le caresser, le lécher, l'embrasser, le baiser, le sucer, l'enculer, le prendre en moi et que sais-je encore, il reste irrémédiablement vierge de moi. De nos coïts il ne reste rien, et certainement pas un patrimoine; et les êtres qui nous font l'honneur de nous laisser leur donner du plaisir restent pourtant à jamais inentamés. 16 septembre 2005
…le premier garçon qu'on a embrassé est aussi le premier garçon qu'on a niqué.(…)Je crois que c'est une des raisons qui explique le souci particulier du productivisme sexuel des gays, leur attention au rendement annuel de leurs éjaculations et leur industrialisation du spasme7 mai 2005
Dans un mois, cela fera quatre ans que je suis mort21 avril
La punition de ceux qui ont connu le paradis est d'être incapables d'en parler. Condamnés à se taire sur le seul sujet qui importe, ils doivent en plus supporter les interminables conversations des autres sur tout le reste, qui n'existe pas. 10 mars 2005
Trois marins presques nus, presqu'imberbes et presque majeurs m'allumaient en chantant In the Navy — Jamais depuis je n'ai pu écouter les Village people sans bander aussitôt.18 février 2005
Les garçons que nous rencontrons sont comme des aliments. Les meilleurs nous nourrissent et nous renforcent; les autres nous restent un moment entre la gorge, nous font un peu mal à l'estomac, mais finissent à l'égout dans une agréable libération.12 novembre 2004
Coucher avec la beauté ne rend pas heureux. Cela passe en spasme, et vous laisse à vie un creux douloureux (...)9 novembre 2004
Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit. Je viens encore d'essayer, mais le sommeil ne répond pas à mes appels. il est sur boîte vocale, ça m'énerve. Si on ne peut plus joindre le sommeil en pleine nuit, où va-t-on ? (...)4 novembre 2004
Au fond, Happy Tree Friends, c'est le milieu gay. Il y a beaucoup de couleurs, tout le monde a des coeurs sur le visage, sourit et glapit tout le temps. Et tout le monde fait du mal à tout le monde, et tout finit toujours dans le sang.24 octobre 2004
Pour une fois que tu écris quelque chose d'intéressant, ce n'est pas de toi ; dommage
Sorty
C'est médiocre, comme tout ce qu'écrit cet auteur Elizabethtessier
Une vraie petite boucherie intellectualo-sexuelle. Et tout cela avec cynisme "lucide", prétention élitiste et la condescendance qui l'accompagne... Rapport fascinant à l'autre...
Sharruk
Tu es une catastrophe ambulante en matière de politique! Fais plutôt du porno, ça te réussir mieux. Ou de la poésie. Ma Josiane d'amour