Blog négatif (et révolu)

07/01/2006

07/01/06 - 21:54

Papy Boooom

Le vieillissement de la population aura, entre autres conséquences, le développement d'un public gay âgé, dont on voit déjà l'influence désastreuse sur le goût et la création cinématographique.

Je me souviens de la projection de Grande école avec Sammmmmy — je fais gaffe, il me lit maintenant. Il n'y avait que des vieux ou des très vieux dans la salle. D'ailleurs, le film n'est regardable qu'au delà de soixante-dix ans. Plus jeune, comment supporter la lenteur de l'action, la diction alanguie des acteurs qui s'ennuient sans doute plus que nous encore, ce scénario qui n'a comme vertu que de favoriser le transit intestinal, et des scènes de nu pour peine-à-jouir ? Les jeunes gens portent des vestons moutarde, des chemises violettes, des pantalons vert bouteille et des cravates orange, et ils ont les cheveux teints : ces choses là n'existent que sur le char des gays retraités et dans certaines maisons de retraites de la mutualité cheminot.

J'avais annoncé à Sammmmmy, parce qu'il m'arrive aussi souvent qu'à vous de répéter ce que j'ai lu, que nous aurions au moins la satisfaction de goûter au texte d'un auteur reconnu du théâtre contemporain français, acclamé sur les planches-que-le-monde-entier-nous-envie. Nous n'avons pas été déçus. Briguant sans doute la place de Sébastien Lifschitz (déjà évoqué) en tête de la NavetAcademy, le dit auteur, dont j'ai oublié le nom, nous a régalés d'une scène finale d'anthologie. Nous avons donc un jeune beur, qui est peintre en bâtiment et n'a pas fait d'études, et des jeunes gens blond platine qui sont étudiants d'une grande école de commerce. Notez combien l'auteur est dénué de préjugés : les historiens du futur pourront ainsi plus aisément dater le film d'avant la création de la HALDE. Donc le jeune beur, qui a une grosse bite, on n'est pas à une originalité près, emmène la passive blonde Bac plus cinq à la gare du Nord, miraculeusement en activité. Et là, de prononcer cette phrase si merveilleusement ourlée qu'on croirait qu'elle a été "écrite d'encre pailletée" comme disait le regretté Sixte : "Voilà mon école [silence pour ménager l'effet]C'est l'école de la vie". Nous avons bien sûr éclaté de rire, Sammmmmy et moi, avant de nous rendre compte que toutes les cartes vermeilles qui se touchaient autour de nous ne partageaient pas du tout notre hilarité.

Ce qui est sûr, c'est qu'après Grande Ecole, il est difficile de faire un film plus bête, comme après Presque rien, il est difficile de faire un film plus vide. Les deux auteurs méritent donc d'être placés aussi haut dans notre panthéon gay, là où usant à l'envi leurs chaleurs dernières, ils pourront réfléchir
leurs doubles lumières/Dans leurs deux esprits, ces miroirs jumeaux

commentaires

07/01/06 - 22:09

Arghh ! Je n'ai vu ni l'un ni l'autre des films dont vous vous rendez compte. Serait-ce parce que je suis plus âgé que vous, mais beaucoup moins que le public que vous avez côtoyé ? Dois-je être effrayé par ce que vous comme moi, moi avant vous, peut-être, risquons de devenir ou d'aimer voir ? ^^

08/01/06 - 11:32

C'est drôle, je viens précisément de visionner le film ce matin... (le monde est petit) Parfaitement d'accord sur la nullité affligeante de ce film, genre téléfilm de mercredi soir sur France 2 sauf qu'on y voit trois bites, ce qui doit être le comble de l'audace rebelle sur le service public.

Les acteurs sont mauvais. Ou plutôt ce qu'on leur donne à dire et à jouer est imbitable. Mon avis était définitif dès la première scène du feu d'artifice... (pfouaaa !)

Je te trouve un peu dur avec "Presque rien", qui était quand même au dessus de ça.

10/01/06 - 00:16

publiez monsieur, vous avez un talent fou.
Pourquoi laisser la place aux imposteurs . Non seulement ils n ont rien a dire mais de plus ils le disent si mal.
Cordialement.

30/01/06 - 13:02

"d'un public gay âgé, dont on voit déjà l'influence désastreuse sur le goût et la création cinématographique".
Mais quand vous serez vieux, que pourrez penser de vous alors?

04/02/06 - 20:01

Tu noteras que je ne suis plus jeune

12/03/06 - 11:30

Ce film est un vrai navet et fait rire pour ne pas dire fou-rire tant c'est pitoyable mais je suis choque par votre diatribe contre les gays agés et je trouve que cet ostracisme se rapproche à une forme de rascisme. M

12/03/06 - 12:09

Surtout quand on va chercher des chtis jeunes de 16 ans, histoire de se rajeunir. Vous avez un sérieux problème d'identité...à 30 piges ;-)). C'est pour quel âge le suicide ?

16/08/06 - 13:41

Ce film a pour seul avantage de montrer le gare routière de Cergy Préfécture, et, ça, fallait avoir les couilles de le faire.

17/09/06 - 09:28

j'ai beaucoup aimé Presque rien. Certes il est construit de manière compliquée mais les acteurs sont sensationnels et je me suis souvent reconnu dans les émotions du héros...

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Résumé des épisodes précédents

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Ce qui est sûr, c'est qu'après Grande Ecole, il est difficile de faire un film plus bête, comme après Presque rien, il est difficile de faire un film plus vide. Les deux auteurs méritent donc d'être placés aussi haut dans notre panthéon gay, là où usant à l'envi leurs chaleurs dernières, ils pourront réfléchir leurs doubles lumières/Dans leurs deux esprits, ces miroirs jumeaux." 7 janvier 2006


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