Blog négatif (et révolu)

26/05/2007

26/05/07 - 12:26

Où Netromain retrouve le grand monde

Jeudi soir, il fallait consoler Saint-Germain de ses désirs d'avenirs contrariés. Les boutiques où l'on risque de croiser Bluecosmic avaient donc organisé un parcours artistique mélangeant le luxe et la gourmandise dans des créations et des happening; l'enjeu était d'avoir le carton et d'avoir accès aux différents cocktails, car en France, l'art sert surtout à écouler du champagne. *** m'a traîné là, car elle avait participé à l'une de ces créations, la plus drôle d'ailleurs, le reste ne méritant pas un seul commentaire, comme le blog du sus-cité. Il fallait voir Netromain entre deux fausses blondes, trois gays à peine vêtus, essayant de se concentrer sur le souvenir de l'orgasme de son étudiant erasmus pour ne pas s'endormir.

Nous croisons *, très informée sur la vie littéraire parisienne, comprenez qu'elle sait qui couche avec qui. Je n'ose lui dire que j'aimerais bien revoir son frère, qui doit avoir vingt ans maintenant. Devant le Flore, un couturier sort avec sa cour queer; leur élégance consiste en un chiffon porté lâchement autour du cou. S'en extraie **, volubile tapette de moins de trente kilos et de plus de quarante ans : j'aime cette demi-seconde où un gay vous dévisage pour savoir s'il a envie que vous l'enculiez. On me présente ***-qui-était-aussi-à-la-fameuse-soirée-de-C., bien que je n'en aie gardé aucun souvenir : il est resté plus tard, apparemment j'ai loupé le moment où tout le monde a vomi. Nous évoquons quelques souvenirs de cette soirée: pour y avoir participé, je deviens important, malgré mes plus de trente kilos. C'est alors que déboule, à moitié saoul, ****, qui a connu une bonne fortune comme très jeune gigolo, à son arrivée à Paris, il y a quelques années.

Je rentre tard, et je rentre seul. Il y Paul sur msn.

24/05/2007

24/05/07 - 00:33

Service public hospitalier (edited)

Madame,

Début mai, nous vous avons diagnostiqué un mal fatal et incurable ; vous deviez survivre quatre ou cinq jours, et nous avions mis tout en oeuvre pour vous assurer un décès agréable.

Nous avons le regret de constater que vingt-trois jours plus tard, vous êtes encore vivante, au mépris de la Doctrine et de la Science. Or, il ne nous est plus possible de vous conserver ainsi un lit et des soins diligents, alors que d'autres attendent, d'autres souffrent, et que nous n'avons qu'un nombre très limité de places.

Aussi nous vous serions reconnaissants de bien vouloir décéder dans la semaine, faute de quoi nous ne saurions vous conserver plus longtemps dans notre service et nous vous renverrions à votre domicile pour une fin rapide et douloureuse avant la tombe.

Maintenant, si vous vous décidiez à souffrir épouvantablement, croyez bien que nous ne ménagerions aucun effort pour vous maintenir en vie contre votre volonté et malgré vos suppliques, car l'euthanasie demandée par le patient, c'est mal, et qu'un magistrat instructeur, c'est pire encore.

Veuillez croire, Madame, en l'expression de notre considération.

Signature illisible


(toute ressemblance avec des personnages réels est voulue par l'auteur).

18/05/2007

18/05/07 - 22:35

Le couloir de la mort

Aujourd'hui, j'ai traversé le couloir de la mort. Il y avait quelques vieux, là, qui attendaient leur tour de mourir, dans des chambres séparées. Ne riez pas, n'est-ce pas ce que nous faisons, nous aussi ? Oh toi qui m'a dit non, tu mourras avec moi, et sans me connaître, c'était bien la peine.

Ce qui est frappant, avec les vieux, c'est qu'ils sont toujours très bien habillés, même à l'hôpital. Au milieu, il y avait un quadragénaire, lui ne ressemblait à rien. L'aide soignant est beau, il s'appelle Kevin, y a-t-il encore en France un aide soignant qui ne s'appelle pas Kevin ?

Presque au bout du couloir, elle attendait. Quand nous sommes arrivés, nous avons cru un instant que cela y était : ses yeux étaient vides, sa peau blanche comme ses draps, le masque à oxygène loin de sa bouche. Nous l'avons aussitôt remis, et elle est revenue, petit à petit.

Elle m'a d'abord parlé de sa fin prochaine, je lui ai parlé de son passé, de son homme, de sa volonté, et ses yeux sont redevenus azur, elle a ri de sa vie, comme une enfant fière d'avoir réussi à ne pas être prise. Je l'ai rencontré dans un bal, à vingt ans, et il m'a emmenée. On a eu des hauts et des bas, cela a été très dur parfois, mais, tu vois, je ne l'ai jamais regretté, jamais: toujours petite fille.

Nous discutons de ce qu'il faut, dans cette vie, pour qu'elle soit comme elle doit être. Elle parle d'expérience : sa vie est comme elle doit être — pourquoi me demande-t-elle mes recommandations ? Oh, j'ai lu S., j'ai lu M., et l'autre M. aussi, après tant de centaines de mauvais livres ou de livres approximatifs, j'ai fini par trouver la vérité, qui est une combinaison de S. et de M., ce qui ne doit pas être très loin de l'autre M. : pourquoi n'en ai-je pas plutôt parlé avec elle, qui me dit les mêmes choses ?

Je lui ai demandé s'il fallait la laisser se reposer. Elle a fait non de la tête, et elle a pris ma main. Tes mains sont si chaudes, s'étonne-t-elle, comme s'étonnait Vincent, qui voulait toujours que je le réchauffe. Elle n'est plus trop sûr qu'il faut durer, qu'elle doit continuer ainsi à défier le néant et la Faculté : elle veut nous dire adieu, mais je vois bien que tout son esprit refuse la mort. Elle s'applique à respirer, elle veut que je lui donne des conseils, pour continuer à capter cet oxygène qui la tient en vie. Elle a réussi : dans le couloir, les autres ont leurs yeux sombres comme des tombeaux, alors que les siens brûlent comme le désir. S'il n'y avait le décret de la science, on croirait qu'elle va vaincre. Du moins a-t-elle chassé la mort de la fin de sa vie.


14/05/2007

14/05/07 - 23:29

Où ce blogue retrouve provisoirement le caractère d'un journal intime.

Hier, achats de bouquins avec Paul. Puis dîner en tête à tête avec Paul, sur une table jonchée de vieux papiers. Tenté ensuite de voir, avec Paul, trois films gay, l'un portugais, le deuxième américain, le dernier anglais. Tous les trois mauvais comme Presque rien, ou presque.

13/05/2007

13/05/07 - 17:32

L'Affaire

Que les étudiants grèvistes se consolent : la raclée de Ségo au second tour des élections présidentielles aura au moins eu deux effets bénéfiques : Thomas Hollande ne sera pas première dame de France, et Rachida Dati, la femme dont la plus grande émotion de l'existence est un discours de Nicolas Sarkozy, ne retournera pas tout de suite à la magistrature. A propos de la magistrature, et bien que la loi de la République interdise d'en dire autre chose que des éloges, permettez moi d'être peiné de son dernier avatar. Résumons les cinquante dernières années de la magistrature française : après avoir été entièrement collaborationniste, elle a été entièrement mise aux ordres ; puis elle s'est émancipée, pour pouvoir, au nom de la séparation des pouvoirs, mettre impunément en taule ceux dont le visage, le milieu social, la religion ne lui revenaient pas ; on a espéré, un instant, qu'elle moraliserait un peu la vie politique après la généralisation de la corruption et de l'affairisme sous les présidences de François Mitterrand ; elle a acouché péniblement d'une affaire Elf dont les peines n'ont pas été exécutées, à une exception près. Elle nous faisait peur avec outreau, aujourd'hui elle a décidé de nous faire rire avec Clearstream.

Le nouveau chic, pour les juges d'instruction, maintenant qu'après tant de drames l'incarcération "préventive" à la française est un peu moins valorisée dans la carrière, c'est la perquisition. On avait déjà du mal à les faire venir dans leur cabinet (cf. un désopilant papier du Canard Enchaîné), voilà maintenant que nos juges le quittent à tout bout de champ pour aller ramasser des papiers. Voyez la comique tentative à l'Elysée, le burlesque pietinement devant le Canard sus-nommé, et le pathétique essai au cabinet de l'avocat de Sarko. Pendant que des innocents croupissent des dizaines de mois dans une geôle surpeuplée, puante et décorée d'une chiotte sale, dans l'espoir d'un entretien avec le juge qui ne viendra pas, d'une confrontation qui ne sera pas organisée, d'une audience qui sera sans cesse repoussée, le tout faute de moyens, il se trouve des juges (admirez le pluriel) pour être saisis d'une enquête connexe à l'affaire Clearstream, c'est-à-dire une simple histoire de dénonciation calomnieuse, dénonciation réfutée il y a belle lurette, et dans laquelle l'intérêt public le plus fort consisterait à cesser de gaspiller tant d'heures et d'argent pour ce presque rien.

Mais je dois sans doute m'arrêter là. Je crains de devenir moi-même un sujet connexe à l'affaire Clearstream. Rochefort disait que l'Empire comptait trente-six millions de sujets, sans compter les sujets de mécontentement. Il faut dire de notre République qu'elle compte soixante millions de sujets, sans compter les sujets connexes à l'Affaire Clearstream.

12/05/2007

12/05/07 - 12:00

Lectures du Samedi

Pour me préparer à la nouvelle présidence, je feuillette ce matin Le Figaro magazine, et je m'arrête sur un dossier "l'Album photo de l'agence Magnum pour les 60 ans du Festival de Cannes commenté par Sylvie Testud"; dont la première page nous rappelle que cette dernière est "une actrice française dont la cinéphilie se double d'un regard acéré sur le monde du septième art" On voit à cette formule que le Figaro n'est pas un journal de gauche, car l'expression "regard acéré" est réservé, dans la presse rose, à l'évocation de Jean Daniel lorsqu'il vient de publier un nouveau livre. Comme moi aussi, j'aimerais avoir un regard acéré quand je serai grand, je me précipite vers les commentaires. Sur James Dean : Sa fureur de vivre nous l'a enlevé trop tôt. James Dean nous manque, lui, le Géant. Sur Brad Pitt : Le marcel déborde de puissance. Le héros au coeur tendre" Sur Alfred Hitchcock : "Le regard d'un enfant qui prépare un sale coup".

12/05/07 - 11:42

Reprise

— et par amour pour moi, tu ferais quoi ?
— euh... des choses insensées.
— oui, mais quoi ?
— eh bien...ahem...pour toi,
Pour toi, je dirais que Sébastien Lifschitz a réussi un chef d'oeuvre de sensibilité dans Presque rien, dont les deux personnages principaux sont merveilleux de justesse et de complexité ; je dirais que notre modèle social est le meilleur du monde ou plus modestement que le monde entier nous l'envie, d'ailleurs il n'est pas un jour sans que l'on nous annonce qu'une délégation étrangère vient ici étudier ce miracle ; que les professeurs de l'Education nationale sont des héros qui font tous les jours où ils travaillent des efforts admirables qui ne privent que vingt pour cent de leurs anciens élèves de la faculté de lire ; que Jacques Chirac est un homme d'Etat; que le service minimum dans les transports publics est une menace quasi-inconstitutionnelle au droit de grève, une des plus nobles conquêtes de l'humanité lorsqu'il est exercé par de agents publics ; que Laurent Terzieff est un acteur tout en finesse et en subtilité; que Sarkozy, c'est Le pen; que le chômage de masse en France est un problème compliqué et qu'on a tout essayé ; qu'il faut donner plus de moyens à la justice, qui a une charge de travail qui ne cesse d'augmenter depuis trente ans ; que Stevezissou a un esprit délié et un humour novateur ; que Florian Zeller est un romancier prometteur ; que l'homosexualité, c'est sympa même quand on a dépassé vingt ans ; qu'Amelie Nothomb est un écrivain qui a du style ; que mes voisins du dessus sont des gens estimables ; que François Hollande a du charisme ; que Laurent Fabius est une intelligence puissante ; que Dominique de Villepin est un libéral et un poète ; que la compétitivité d'une économie, cela veut dire quelque chose, et quelque chose d'essentiel aujourd'hui ; que la politique agricole commune est dans l'intérêt de nos agriculteurs en particulier et de notre économie en général ; que je n'écoute jamais Madonna ; qu'il n'y a pas de racaille dans les cités ; que la madeleine de Proust est une idée originale et intéressante; qu'il ne faut jamais sauter les descriptions des rangées d'aubépines chez ce même écrivain et que ses métaphores ne sont pas jamais grotesques ; que je n'ai pas peur de mourir; que Besancenot pose les vrais problèmes ; que je ne donnerais jamais tous mes livres pour baiser ta peau ni dix ans de ma vie pour une nuit entière avec toi.
— Tu es vraiment une pute.

12/05/07 - 00:14

Je suis une salope

Je dois vous avouer un faible pour les garçons qui ne ressemblent à rien.

Oh, comme tout le monde, je pâlis à la vue d’un bellâtre, ma bouche est sèche et quelque chose se lève qui ne s’arrêtera pas mais, après la possession, je pourrais lâcher sans regret votre fantasme pour le premier boy next door qui apparaît effectivement next door. Il y a, entre le beau et le laid, un plaisir du garçon normal, du garçon moyen, qui est beaucoup plus pur, plus apaisant, plus confortable.

Le souci, avec les garçons qui ne ressemblent à rien, c’est qu’ils n’ont pas l’habitude d’être si désirés, et qu’ils traitent mal ceux qui les convoitent ardemment. Quelles vexations ne subit-on pas d’un demi-beau gosse, d’un visage boutonneux, d’un être mal coiffé, mal habillé, mal dans sa peau, alors que la vie est si simple avec une bombe ?

J’ai déniché dans mon nouveau voisinage un garçon charitable et excité. Je fondais beaucoup d’espoir sur le fait qu’il n’est pas français, et je n’ai pas été déçu : il est magnifique, comme seuls les étrangers le sont à Paris.

Sur le chemin de chez lui, nous tombons sur un carton de livres abandonnés. Il s’arrête quelques minutes, espérant trouver de quoi perfectionner son français. J’en profite pour réaliser à quel point j’ai envie de son corps, chaud comme ce mois d’avril et penché comme dans un mauvais porno. Je lui dénigre trois nullités, qu’il laisse là, et nous repartons avec deux bouquins convenables.

Il voulait un plan direct, cela aurait pu être crapuleux, mais il a paré notre coucherie énergique d’une joyeuse légèreté. Je serais critique littéraire, je vous dirais que sur « un sujet qui peut tourner au sordide, il a livré une vision personnelle, enchantée et sans complaisance » Nous avons pris notre plaisir sur son canapé, chacun exauçant les désirs de l’autre. Je note au passage que les désirs profonds de nos partenaires ne sont jamais ceux qu’ils nous annoncent avant de nous dire oui. Après avoir rangé dans son boxer blanc un volumineux organe, Il m’a raccompagné à l’ascenseur en me précisant qu’il avait tout le temps envie de baiser, je lui ai promis de faire de mon mieux à condition qu’il me jure que je n’avais plus sur moi de trace apparente de son coït.

Nous nous sommes revus, bien sûr. Après plusieurs semaines de frustration, comme tout cela s’est déroulé simplement ! J’ai gagné l’Elysée sans avoir fait campagne, en somme.

Une semaine plus tard, je recroise ***, avec lequel nous avons eu du couple que les disputes, sans l’amour ni le cul. Je pensais que le sperme de mon voisin m’immuniserait contre ce garçon à la peau pas très nette, au regard louche et à la diction compliquée, mais non, je me suis senti immédiatement amoureux, et je me suis jeté ventre à terre dans une piteuse tentative de séduction.

11/05/2007

11/05/07 - 21:56

Les précieuses ridicules

J’avais autrefois préparé un papier sur flavie flament, pardon, bluecosmic, que je comptais bien finir un jour, mais je lis ailleurs que le cosmique en question reçois tous les jours des messages d’insulte, ce qui incite à un peu de charité. Je n’avais d’ailleurs pas l’intention de l’insulter. On insulte un fripon, on insulte un salaud, on insulte un ennemi, bref, on insulte quelqu’un qui a des propriétés, un caractère qui déplaisent, mais comment insulter quelqu’un qui n’a rien de particulier, à ce point qu’on se demande s’il est même, tout simplement, quelqu’un ?

Bluecosmic, une sorte d’autre Calixte-23-ans-depuis-dix-ans, est intéressant comme passage à la limite de la tapette devenue illettrée, dont la psychologie, initialement fragile, s’est entièrement dissoute dans une apparence pure, et encore, une apparence seconde, une photocopie parfaite de ce quoi se voit ailleurs. Feuilletez le journal de Bluecosmic : vous verrez que chez lui, le style, cela consiste à n’avoir plus rien de personnel ; que le goût, cela consiste à n’acheter que des signes (tous les produits qu’il photographie correspondant à ces âneries que les grandes marques de luxe proposent pour leur clientèle non éduquée, avec des matières approximatives, des finitions moyennes, mais des constellations de logos) ; que le luxe, ce n’est pas de pouvoir choisir, mais de subir, totalement soumis (qui a dit : grosse passive ? il n’est pas gros). S’il y avait quelques mots, au moins, dans ce blogue, je dirais qu’on y lit une très mauvaise dissertation sur le sujet « tout peut-il s’acheter ? » et je m’interrogerais : Pourquoi cette rage du conformisme, jusqu’au néant, chez les pédés ? Pourquoi ce refus absolu d’être différent ? Pourquoi ce fascisme du panier d’achat, au sens où Barthes l’utilisait pour la langue ?

De fait, j’admire le paradoxe. Le gay qui n’a que son cul et ses articles soldés, vit dans l’obsession d’être parfaitement substituable à n’importe quel autre gay. On aurait pu espérer qu’ainsi, il se protège contre la substitution ; eh bien non, le goût du même est si fort, chez le pédé, qu’il passe sa vie à coucher avec le plus grand nombre de garçons indiscernables. Et voilà pourquoi ces rencontres nous laissent sans souvenir, car le gay n’est jamais , il est parti sans laisser d’adresse le jour où il est entré chez Dior.

Nous convoiterons donc toujours les jeunes gens hétéros, pendant ces moments de grâce où ils sont exactement le contraire de Bluecosmic : singuliers, et où ils rendent à leur tour uniques ce qu’ils portent et ceux qu’ils embrassent.

 

Résumé des épisodes précédents

...cette nuit froide étoilée d'orgasmes qui est la vie d'un pédé (plus ou moins étoilée d'ailleurs selon son poids, son âge, la couleur de sa peau, la taille de sa bite, l'épaisseur de ses sourcils, la marque de ses sous-vêtements et les autres qualités essentielles dans une communauté raffinée)" 24 février 2008


J'aurais dû suivre mes deux jeunes amants dans la nuit parisienne, où tout le monde se fout bien de devoir disparaître un jour ; m'enivrer du bruit avant l'éternité, me couvrir de sueur avant le suaire ; descendre en boîte avant le caveau. Quand je suis mort, en 2001, c'est là que j'ai appris que l'enfer est très supportable quand on n'est pas le seul damné29 juillet 2007


Ah, mon blogue, tu ne m'as pas manqué. On m'a un peu parlé de toi, ces derniers temps. Certains te reprochent de te répéter sur les garçons; d'autres te reprochent de te répéter sur la politique. Mettons les tous d'accord, et répétons-nous ce soir sur les garçons et sur la politique.22 juin 2006


Si le ciel n'a pas ton frère
Le ciel peut bien m'attendre

11 février


Quand l'hiver est froid, quand ma vie est froide, que mon coeur est froid et que mes amis sont froids, je vais chercher un peu de chaleur sur son blogue. Il y a mis beaucoup de photos, et c'est vraiment lui le plus beau de GA. Je les regarde, cela va mieux : je sens à nouveau son souffle sur mon épaule, sa nuque sous mes lèvres et son sperme sur mes joues. 21 janvier 2006


Ce qui est sûr, c'est qu'après Grande Ecole, il est difficile de faire un film plus bête, comme après Presque rien, il est difficile de faire un film plus vide. Les deux auteurs méritent donc d'être placés aussi haut dans notre panthéon gay, là où usant à l'envi leurs chaleurs dernières, ils pourront réfléchir leurs doubles lumières/Dans leurs deux esprits, ces miroirs jumeaux." 7 janvier 2006


La meilleure forme de gratitude que pourraient avoir pour nous ceux dont nous nous sommes beaucoup occupés, ce n'est pas de s'occuper de nous à leur tour , c'est d'enfin s'occuper d'eux-mêmes. 12 novembre 2005


des fesses fermes et douces, des abdominaux irreprochables, une peau savamment épilée, une musculature sophistiquée, voilà la nourriture ordinaire du gay, mais son bonheur cesse au niveau du cou, lorsqu'il est obligé, pour payer pour le prix de ces corps inoubliables, de supporter un visage imparfait, dégradé, caricatural, vide, pas un de ces visages hétéros qui nous irritent de leur sublime simplicité, de leur mystérieux équilibre. 29 octobre 2005


Un club de sport, c'est comme la littérature française contemporaine : il y a beaucoup de pédés, de plus en plus de femmes, et on y trouve surtout des choses crues et laides étalées avec complaisance. 16 octobre 2005


Car j'ai beau le caresser, le lécher, l'embrasser, le baiser, le sucer, l'enculer, le prendre en moi et que sais-je encore, il reste irrémédiablement vierge de moi. De nos coïts il ne reste rien, et certainement pas un patrimoine; et les êtres qui nous font l'honneur de nous laisser leur donner du plaisir restent pourtant à jamais inentamés. 16 septembre 2005


…le premier garçon qu'on a embrassé est aussi le premier garçon qu'on a niqué.(…)Je crois que c'est une des raisons qui explique le souci particulier du productivisme sexuel des gays, leur attention au rendement annuel de leurs éjaculations et leur industrialisation du spasme7 mai 2005


Dans un mois, cela fera quatre ans que je suis mort 21 avril


La punition de ceux qui ont connu le paradis est d'être incapables d'en parler. Condamnés à se taire sur le seul sujet qui importe, ils doivent en plus supporter les interminables conversations des autres sur tout le reste, qui n'existe pas. 10 mars 2005


Trois marins presques nus, presqu'imberbes et presque majeurs m'allumaient en chantant In the Navy — Jamais depuis je n'ai pu écouter les Village people sans bander aussitôt.
18 février 2005


Les garçons que nous rencontrons sont comme des aliments. Les meilleurs nous nourrissent et nous renforcent; les autres nous restent un moment entre la gorge, nous font un peu mal à l'estomac, mais finissent à l'égout dans une agréable libération. 12 novembre 2004


Coucher avec la beauté ne rend pas heureux. Cela passe en spasme, et vous laisse à vie un creux douloureux (...)9 novembre 2004


Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit. Je viens encore d'essayer, mais le sommeil ne répond pas à mes appels. il est sur boîte vocale, ça m'énerve. Si on ne peut plus joindre le sommeil en pleine nuit, où va-t-on ? (...)4 novembre 2004


Au fond, Happy Tree Friends, c'est le milieu gay. Il y a beaucoup de couleurs, tout le monde a des coeurs sur le visage, sourit et glapit tout le temps. Et tout le monde fait du mal à tout le monde, et tout finit toujours dans le sang.24 octobre 2004


Ils n'aiment pas

Pour une fois que tu écris quelque chose d'intéressant, ce n'est pas de toi ; dommage Sorty

C'est médiocre, comme tout ce qu'écrit cet auteur
Elizabethtessier

Une vraie petite boucherie intellectualo-sexuelle. Et tout cela avec cynisme "lucide", prétention élitiste et la condescendance qui l'accompagne... Rapport fascinant à l'autre...
Sharruk

Tu es une catastrophe ambulante en matière de politique! Fais plutôt du porno, ça te réussir mieux. Ou de la poésie.
Ma Josiane d'amour

Ce qu'on peut lire comme conneries....
Ronans

Et vive les donneurs de leçon
Fantin