Blog négatif (et révolu)

24/11/2007

24/11/07 - 19:56

Une nouvelle source de notre droit positif : la direction générale de la Fnac

Notre pouvoir exécutif, un peu embêté par la nécessité de penser internet, a décidé de s'en remettre au directeur général d'un magasin pour lui écrire la bonne parole en matière de téléchargement et de régulation des usages du réseau. On s'étrangle, et on aimerait que notre Président bien aimé renonce à une heure de jogging pour lire un manuel d'initiation aux sciences économiques et sociales, afin qu'il se convainque qu'il est temps de prendre un texte interdisant pour l'éternité la reproduction de son ordre de mission imbécile, dont les meilleurs âneries suivent : «C'est à une véritable destruction de la culture que nous risquons d’assister. Aujourd’hui, un accord est signé, et je veux saluer ce moment décisif pour l’avènement d’un internet civilisé. Internet, c’est une " nouvelle frontière ", un territoire à conquérir. Mais Internet ne doit pas être un " Far Ouest " high-tech, une zone de non-droit (...) où, sous prétexte que c’est du numérique, chacun pourrait librement pratiquer le vol à l’étalage. »

Celui qui télécharge un morceau sur internet ne commet évidemment aucun vol à l'étalage, car il n'a soustrait aucun bien à autrui, tout le monde pouvant continuer à jouir de ce bien en même temps que lui. Si on me vole ma voiture et que j'ai toujours ma voiture, où est le mal de voler ? Disons autrement, alors: pleurons la perte de gain pour un artiste, et une ribambelle de parasites, mais là encore, rien n'est sûr, car rien ne permet de dire que si l'internaute n'avait pu télécharger cette musique, il l'aurait achetée. Evidemment, à prix nul, je peux télécharger de la musique nulle. En revanche, dès que le prix devient supérieur à zéro, je vais commencer à discuter. La plupart des téléchargeurs massifs ne sont-ils pas également des acheteurs massifs ?

Il y a quelque chose de très drôle, d'ailleurs, à se dire que les maisons de disque ne reculent devant aucun cadeau pour obtenir la diffusion gratuite d'un morceau sur une radio, la promotion étant l'essentiel de leur valeur ajoutée pour l'artiste, valeur ajoutée dont on voit bien qu'elle est remplie plus efficacement par la mise en ligne gratuite sur internet du morceau. Car rien ne dit qu'en téléchargeant un morceau au milieu de mille merdes, notre prétendu délinquant ne va pas découvrir un artiste qu'il aime, pour lequel il devient prêt à payer une place de concert ou un t-shirt. S'il y a quelque chose qui est menacé, dans cette histoire, évidemment, ce n'est pas la culture : c'est au pire la Fnac ou Vivendi Universal, Denis Olivennes ou Pascal Nègre. On voit donc l'enjeu.

Résumons-nous, soyons marxistes : l'état des techniques a permis, pendant une trentaine d'années de l'histoire de l'humanité, ce qui est considérable, de faire naître et prospérer disquaires et maisons de disque (ce qui, dans le dernier cas, n'a eu pour effet que de développer la consommation de cocaïne et de gitons de leurs dirigeants, puisqu'à part eux, il n'y a que des stagiaires non rémunérés) grâce au disque vinyl puis au cd en l'absence d'outils bon marchés de duplication, qui ont permis d'imposer un sur-profit sur la musique aux consommateurs. Le Fnacisme de M. Olivennes consiste à dire que, maintenant que le rôle des maisons de disque et des disquaires a disparu grâce au progrès technique, qu'on peut dupliquer à l'infini et écouter chez soi pour un coût quasi nul la musique, il faudrait que la loi préserve cette superstructure inutile, en inscrivant dans la loi pour l'éternité la nécessité d'en passer par eux pour jouir de Nolwenn Leroy

On voit donc un pouvoir qui n'a aucune honte demander à un épicier de réfléchir à une loi qui punirait tout ce qui empêcherait de persévérer dans son être. Je ne vous cache pas que les conclusions de la mission Olivennes sur la lutte contre le téléchargement illégal m'ont donné une joie malsaine, celle de savoir que, lorsque le temps aura passé, Denis Olivennes — dont on m'avait rebatu les oreilles sur le mode génie précoce, note à la fondation schmoll, etc. — restera comme un exemple désopilant de la bêtise réactionnaire qui caractérise notre vie intellectuelle. Il manquait à tous ceux qui, au cours des siècles, ont crié au malheur parce que le monde change, parce qu'on ne peut plus gagner de l'argent comme avant, et que le progrès technique est la grande faucheuse des rentier, l'équivalent d'un Préfet Poubelle pour éponyme, c'est maintenant chose faite avec le Directeur général de la Fnac. Briseurs de métiers à tisser, Porteurs d'eau injustement disparus (et oubliés), songez à ce que vous auriez gagné du concours de Christine Albanel et Denis Olivennes !

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22/11/2007

22/11/07 - 22:00

La présidence qui fait le trottoir

Après Khadafi caressé pour récupérer les infirmières bulgares, l'inénarrable président tchadien cajolé pour récupérer des journalistes, Nicolas Sarkozy reçoit Chavez pour récupérer une otage colombienne ; si la France ne conçoit plus sa diplomatie que sous la forme d'un tapinage, ne peut-elle au moins essayer des clients un peu moins bas de gamme ?

18/11/2007

18/11/07 - 21:51

I. Remue-ménage inédit dans l’appartement d’à côté. Le palier est encombré de meubles hors d’âge, sales, de lampes poussiéreuses, d'articles de décoration, qui finissent engloutis dans le minuscule ascenseur. Par la porte, entr’ouverte, on peut apercevoir des murs nus, dont certaines zones, plus claires, indiquent où figuraient hier encore des tentures verdâtres. Des femmes élégantes se donnent des consignes avec une voix forte. Je m’enquiers auprès d’un cinquantenaire ému de ce qui se passe : "Nous déménageons l’appartement, me confie-t-il, sans doute connaissiez-vous votre voisine, notre mère. Elle a dépassé les quatre-vingt dix-huit ans, nous avons été obligés de l’installer dans une maison de retraite. C’est très émouvant, de tout enlever : elle vivait ici depuis quarante ans, au moins.". Sous la lumière drue d'une lampe dont on vient de retirer l'abat-jour, ses yeux paraissent humides.

Un peu plus tard, la dame en question viendra voir l’avancement du déménagement. Sa voix ne transmet aucune émotion. Elle finira avec d'autres vieux, dans un endroit où l'on ne fait que finir.


II. Jeudi soir, concert de ***. Malgré le froid, malgré la nuit, mal gré, j’y vais, dans la curieuse ambiance des jours de grève. Je n’avais jamais mis les pieds dans l’église de ***. Après celles de Rome, la semaine dernière, on suffoque sous cette absence de sublime, absence monumentale il est vrai. La puissance invitante est l'un des choristes, le plus dissipé sans doute. A côté de lui, un jeune homme aux cheveux longs chante comme s'il passait une épreuve du baccalauréat. J'essaye de ne plus regarder les chanteurs pour les entendre : mes yeux, dans la pénombre, croisent un voisin aux yeux immenses, qui dénote par son adolescence. La bouche ouverte, tous les deux, nous écoutons les chants d'une foi morte comme notre enfance, entouré de symboles que nous ne savons plus lire ; lui a sans doute l'avantage d'une culture musicale, qui lui permet de goûter un plaisir formel, refusé à nous qui n'avons fréquenté que le collège et le lycée publics.

Les autres choristes, installés sur les côtés de l’église, plongés dans une semi-pénombre, se mettent soudain à joindre leurs voix au chant, qui devient presque solide; ma voisine, sous le coup de la même émotion que moi, se met à tapoter le barreau qui relie les deux jambes de ma chaise, puis donne un grand coup de pied qui fait vibrer mes vertèbres. Le jeune homme a toujours ses yeux immensément ouverts, mais sur un monde où je ne suis pas.

La seconde partie est un requiem, dont il est convenu de dire qu'il est doux comme une berçeuse. Je me range à cette formule, et j'ai donc pleuré sur une douce berçeuse, une berçeuse de la mort quand même (NDLR), entre deux coups de pied de la jeune femme de derrière. Devant moi, à quelques rangs à peine, un violoncelliste au regard dur et au visage doux (comme la mort ?) joue comme s'il baisait son instrument, privé de béquille pour des raisons de conformité à l'oeuvre originale. Je crois qu'il ne sait pas sourire (le violoncelliste, je ne suis pas compétent pour me prononcer sur l'instrument), mais ne sommes-nous pas saturés de sourires ?

La fin est glaciale, car on a grand ouvert les portes de l'église ; les feux des voitures forment des cierges post-modernes dans une nuit sans étoile; sans doute, ceux qui rentrent chez eux pourraient demander, avec nos jeunes chanteurs, Libera me, Domine, de morte aeterna; ma voisine, elle, demande à son voisin ce qu'ils vont dîner ensuite.


18/11/07 - 20:02

Art, jambon et exception culturelle

Andres Serrano, après avoir photographié des cadavres sortis d'une morgue américaine, expose des portraits de pensionnaires de la Comédie française. Serait-il incapable de se renouveler ?

18/11/07 - 20:00

Inguérissable

Cet été, je me demandais si j'en aurais le regret. Eh bien oui, me voilà nostalgique. Ma vie ne me plaît donc qu'en souvenir ?

14/11/2007

14/11/07 - 22:13

Billet périssable

1.Un mien lecteur me propose d'aller l'écouter chanter. Le lieu du concert est fameux, j'arrive juste à l'heure, après avoir passé des heures à motiver mes équipes, leur donner du sens et éviter ainsi toute discussion salariale. Et paf, à l'entrée du concert, surprise : le prix de la place la moins chère excède de quelques euros la monnaie disponible dans mon portefeuille, qui n'a pourtant jamais été aussi riche de billets. Je salue une jeune connaissance, qui prend sa place, et benêt, je n'ose lui demander les euros qui manquent. Voilà, j'irai donc demain, et mon lecteur ne verra pas ma cravate préférée.

2. Un peu plus tôt, à la machine à café, on me somme d'avoir un avis sur la grève. Je m'en sors en disant que les français auraient dû élire un candidat qui promettait le service minimum.

3. Florian. Quelle vanité de se vexer d'être éconduit par quelqu'un qu'on ne désire ni n'admire.

4. Les gens dont la vie n'est rien mettent leur énergie à refuser qu'on en fasse quelque chose. Je suppose que c'est pour gagner la consolation de se dire que ce rien, ils l'auront voulu.

11/11/2007

11/11/07 - 12:27

Vieux papier oublié

Je retrouve un début de billet, écrit cet été :

Qu'avons-nous donc à lire dans la presse gay ? j'essaye PREF, puisque Têtu n'existe plus.
PREF propose deux articles "portraits" d'acteurs porno. On remarquera que la presse gay s'est donnée comme sujet principal les acteurs porno, comme la littérature gay s'est donnée comme sujet principal les prostitués. Je suppose que cela simplifie ceux qui travaillent sur les gender studies.

Un dossier est consacré à un édifiant tour du monde de la littérature rose gay, duquel je retiens a) que la vraie vie vaut mieux que ce qu'en racontent les écrivains gays b) que la preuve n'est pas apportée qu'il existe, finalement, une littérature gay c) qu'Eric Jourdan écrit tellement mal que je croyais que sa nouvelle était traduite.

Prenons l'Agneau chaste, de Franck Varjac. Il y a en effet un avertissement, gentiment encadré : "L'agneau chaste est une histoire d'amour, de celles qui sont le plus difficiles à écrire car rien ne s'y passe" Il faudrait ajouter : de celles qui sont le plus difficiles à lire aussi, mais sautons directement à l'extrait.

"à toi maintenant.
Je lui offre à mon tour ce qu'il m'a offert.
" ( Quelqu'un peut appeler XIII pour qu'il achète les droits pour la France ? Je lui suggère le titre "Ivresse d'offrir, Ivresse de recevoir". reprenons) Sa main d'homme (utile rappel) suffit à couvrir une seule de mes épaules et cela me fait sourire (tiens, c'est marrant, moi aussi cela m'a fait sourire). — C'est bon ? (Souci de l'autre, très gay. Puisqu'ils se sont sautés tous les deux, laissez moi sauter le paragraphe suivant, et en venir à la suite) — Tu as le cul blanc, me dit-il en se relevant. Reste comme cela, il prendra des couleurs (intertextualité renvoyant à Mac Mahon, équivocité barthésienne signant la littératurité du récit, et souci du corps et de la fessée à la michel foucault ; sensualité catherinemilletienne : on comprend pourquoi la couverture mentionne "réservé à un public averti) En lui faisant face, j'ai le temps d'apercevoir ce que je n'avais encore jamais vu (le narrateur a grandi sans miroir ou bien a-t-il moins de huit ans?) : un sexe d'homme en érection, une queue brune (elle a sans doute pris des couleurs en restant comme cela), deux testicules enflés entre des cuisses ouvertes (la description est ici capitale, on regrette cependant que ne soient pas précisée la couleur des testicules, et que l'auteur passe sous silence le gland). Juste une seconde, de façon si nette que je reste figé, le coeur battant."
Cette merveille est publiée aux éditions de la Différence.

11/11/07 - 12:09

Indignation, saison automne-hiver 2007

Tonner contre l'association l'Arche de Zoe. Réclamer des sanctions. Conjurer le peuple tchadien de nous pardonner. Organiser un concert de soutien aux enfants et à leur parents. Présenter ses excuses au Président tchadien. Prévoir un tchadothon.

Moi, je voulais bien tout cela. Et puis, un matin, j'entends une magistrate, présidente de l'agence française de l'adoption (cela existe ?), expliquer doctement que ces événements ne sont pas acceptables, parce qu'on a manqué au devoir élémentaire, celui de faire primer "l'intérêt supérieur de l'enfant". Et, en effet, quel scandaleux attentat à cet intérêt "supérieur", que de les arracher à un des cinq pays les plus pauvres du monde, de leur infliger un système sanitaire qui leur donnera en moyenne une trentaine d'années de vie en plus, de les condamner à une éducation obligatoire, de les retirer à un dictateur aussi riche, violent qu'inefficace ? Songez à leur malheur, quand ils découvriront que dans leur terre d'exil, l'âge de leur retraite risque d'être reculé de quelques années, alors qu'au Tchad, ils ont moins d'une chance sur deux de l'atteindre ? Imaginez l'indignité de leur faire risquer des études supérieures dans des universités autonomes, alors qu'au Tchad seule la moitié d'entre eux aurait appris à lire ?

Je m'arrête là, ce point a été beaucoup plus, et bien mieux développé ailleurs. L'avantage de nos indignations collectives, c'est qu'elles sont aussi absolues que provisoires. il n'est pas utile d'en discuter ; le temps de les réfuter, elles auront été remplacées par autre chose.

04/11/2007

04/11/07 - 15:13

Pour en finir avec les blogues

C'est vrai, comment peut-on perdre de précieuses heures de lecture sur des blogues, quand jamais il n'aura été si nécessaire, pour saisir les mutations de notre monde contemporain, d'acheter des livres ; si urgent de pénétrer l'oeuvre de ces passeurs de feu non numériques que sont nos intellectuels; si roboratif de nous affronter à cette langue féérique et déliée, jamais défraîchie par une publication en html, que de très rares auteurs inconnus de la blogosphère ont porté à ce degré de sophistication et d'élégance :

- Laurent Cohen-Tanudji,dans un traité génialement intitulé Guerre ou Paix, qui n'a curieusement pas connu le succès mérité par le carnet d'adresses de son auteur, nous révèle que le mur de Berlin s'est écroulé, et que cela doit avoir des conséquences sur notre vision des relations internationales ; il ne nous en propose aucune, mais nous invite tout au long de cent pages stimulantes, à y penser ;

-Serge Hefez, psychiatre, publie également un essai historique, sobrement intitulé Dans le coeur des hommes, par lequel il révèle au monde (enfin, c'est en cours de traduction, le monde devra attendre encore quelques semaines, les français peuvent en profiter en primeur, voilà ce que c'est que de vivre dans un pays de culture) que les mecs ne sont plus les mêmes, qu'ils ont changé ; on peine à le croire, tant on est persuadé que l'homme d'aujourd'hui est tellement semblable à celui que nous lisons dans les romans du XIXème; on doit saluer ce magistral travail de désillusion, de déconstruction,

- Yasmina Reza, mais vous le saviez, a publié une somme magistrale, sous le beau titre L'Aube, le soir ou la nuit, dont les historiens du futur indiqueront qu'il marque la prise de conscience par notre société du fait majeur de la littérature contemporaine : Yasmina Reza ; son intérêt (je parle du livre, enfin, parlé-je du livre ?) va plus loin encore, puisqu'elle nous révèle quelques phrases clefs de Yasmina Reza, utiles à tous ceux qui voudraient s'affronter à une oeuvre difficile, radicale dans son écriture, exigeante avec elle-même et ses lecteurs, ambitieuse dans son sujet, aérée dans sa présentation et sa typographie.

03/11/2007

03/11/07 - 11:30

Pour un de mes lecteurs

"La plus laborieuse des époques, la nôtre, ne sait plus que faire de son argent et de son labeur, si ce n'est plus d'argent, et plus de labeur" (F. Nietzsche)

02/11/2007

 

Résumé des épisodes précédents

...cette nuit froide étoilée d'orgasmes qui est la vie d'un pédé (plus ou moins étoilée d'ailleurs selon son poids, son âge, la couleur de sa peau, la taille de sa bite, l'épaisseur de ses sourcils, la marque de ses sous-vêtements et les autres qualités essentielles dans une communauté raffinée)" 24 février 2008


J'aurais dû suivre mes deux jeunes amants dans la nuit parisienne, où tout le monde se fout bien de devoir disparaître un jour ; m'enivrer du bruit avant l'éternité, me couvrir de sueur avant le suaire ; descendre en boîte avant le caveau. Quand je suis mort, en 2001, c'est là que j'ai appris que l'enfer est très supportable quand on n'est pas le seul damné29 juillet 2007


Ah, mon blogue, tu ne m'as pas manqué. On m'a un peu parlé de toi, ces derniers temps. Certains te reprochent de te répéter sur les garçons; d'autres te reprochent de te répéter sur la politique. Mettons les tous d'accord, et répétons-nous ce soir sur les garçons et sur la politique.22 juin 2006


Si le ciel n'a pas ton frère
Le ciel peut bien m'attendre

11 février


Quand l'hiver est froid, quand ma vie est froide, que mon coeur est froid et que mes amis sont froids, je vais chercher un peu de chaleur sur son blogue. Il y a mis beaucoup de photos, et c'est vraiment lui le plus beau de GA. Je les regarde, cela va mieux : je sens à nouveau son souffle sur mon épaule, sa nuque sous mes lèvres et son sperme sur mes joues. 21 janvier 2006


Ce qui est sûr, c'est qu'après Grande Ecole, il est difficile de faire un film plus bête, comme après Presque rien, il est difficile de faire un film plus vide. Les deux auteurs méritent donc d'être placés aussi haut dans notre panthéon gay, là où usant à l'envi leurs chaleurs dernières, ils pourront réfléchir leurs doubles lumières/Dans leurs deux esprits, ces miroirs jumeaux." 7 janvier 2006


La meilleure forme de gratitude que pourraient avoir pour nous ceux dont nous nous sommes beaucoup occupés, ce n'est pas de s'occuper de nous à leur tour , c'est d'enfin s'occuper d'eux-mêmes. 12 novembre 2005


des fesses fermes et douces, des abdominaux irreprochables, une peau savamment épilée, une musculature sophistiquée, voilà la nourriture ordinaire du gay, mais son bonheur cesse au niveau du cou, lorsqu'il est obligé, pour payer pour le prix de ces corps inoubliables, de supporter un visage imparfait, dégradé, caricatural, vide, pas un de ces visages hétéros qui nous irritent de leur sublime simplicité, de leur mystérieux équilibre. 29 octobre 2005


Un club de sport, c'est comme la littérature française contemporaine : il y a beaucoup de pédés, de plus en plus de femmes, et on y trouve surtout des choses crues et laides étalées avec complaisance. 16 octobre 2005


Car j'ai beau le caresser, le lécher, l'embrasser, le baiser, le sucer, l'enculer, le prendre en moi et que sais-je encore, il reste irrémédiablement vierge de moi. De nos coïts il ne reste rien, et certainement pas un patrimoine; et les êtres qui nous font l'honneur de nous laisser leur donner du plaisir restent pourtant à jamais inentamés. 16 septembre 2005


…le premier garçon qu'on a embrassé est aussi le premier garçon qu'on a niqué.(…)Je crois que c'est une des raisons qui explique le souci particulier du productivisme sexuel des gays, leur attention au rendement annuel de leurs éjaculations et leur industrialisation du spasme7 mai 2005


Dans un mois, cela fera quatre ans que je suis mort 21 avril


La punition de ceux qui ont connu le paradis est d'être incapables d'en parler. Condamnés à se taire sur le seul sujet qui importe, ils doivent en plus supporter les interminables conversations des autres sur tout le reste, qui n'existe pas. 10 mars 2005


Trois marins presques nus, presqu'imberbes et presque majeurs m'allumaient en chantant In the Navy — Jamais depuis je n'ai pu écouter les Village people sans bander aussitôt.
18 février 2005


Les garçons que nous rencontrons sont comme des aliments. Les meilleurs nous nourrissent et nous renforcent; les autres nous restent un moment entre la gorge, nous font un peu mal à l'estomac, mais finissent à l'égout dans une agréable libération. 12 novembre 2004


Coucher avec la beauté ne rend pas heureux. Cela passe en spasme, et vous laisse à vie un creux douloureux (...)9 novembre 2004


Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit. Je viens encore d'essayer, mais le sommeil ne répond pas à mes appels. il est sur boîte vocale, ça m'énerve. Si on ne peut plus joindre le sommeil en pleine nuit, où va-t-on ? (...)4 novembre 2004


Au fond, Happy Tree Friends, c'est le milieu gay. Il y a beaucoup de couleurs, tout le monde a des coeurs sur le visage, sourit et glapit tout le temps. Et tout le monde fait du mal à tout le monde, et tout finit toujours dans le sang.24 octobre 2004


Ils n'aiment pas

Pour une fois que tu écris quelque chose d'intéressant, ce n'est pas de toi ; dommage Sorty

C'est médiocre, comme tout ce qu'écrit cet auteur
Elizabethtessier

Une vraie petite boucherie intellectualo-sexuelle. Et tout cela avec cynisme "lucide", prétention élitiste et la condescendance qui l'accompagne... Rapport fascinant à l'autre...
Sharruk

Tu es une catastrophe ambulante en matière de politique! Fais plutôt du porno, ça te réussir mieux. Ou de la poésie.
Ma Josiane d'amour

Ce qu'on peut lire comme conneries....
Ronans

Et vive les donneurs de leçon
Fantin