Blog négatif (et révolu)

30/12/2007

30/12/07 - 11:16

L'idiot de la famille

Réveillé par une interview de Denis Olivennes, l'homme qui veut que ses revenus ainsi ce que ceux de Pascal Nègre soient garantis par la police et la justice de la République.

— Quel est l'effet d'internet sur le secteur du disque ?
— Le chiffre d'affaires global a baissé depuis cinq ans de quarante pour cent.
— Ah oui, c'est beaucoup
— Cela veut dire, pour les producteurs [il a dû regretter ensuite d'avoir craché le morceau], ahem, les artistes, une baisse annuelle d'entre quinze et vingt pour cent de leur revenu.
M. Denis Olivennes ayant fait un rapport au Président de la République sur cette intéressante question, on mesure l'attention qu'il a porté à ses chiffres et à ses calculs. J'invite chacun de mes lecteurs à prendre 100, à lui enlever 15% pendant cinq ans, à voir ce qui lui reste. Et à faire la même opération avec 20%. Exercice complémentaire : rechercher les mots causalité et concomitancedans un dictionnaire. Que pouvez-vous en conclure ?

La suite de l'entretien s'intéresse au cinéma :
— la France est avec les États-Unis, même face aux États-Unis, le seul pays qui a conservé une création cinématographique.
Il y a un malheur avec ce genre d'affirmations stupides ; c'est que vous ne pourrez jamais détromper ceux qui les affirment avec des chiffres ou des arguments, car précisément ils ne peuvent la penser que s'ils sont hostiles aux chiffres et aux arguments. En général, une heure après, je leur demande quels sont les dix films récents qui comptent, et j'ai droit de la part des mêmes personnes à un film allemand, deux films espagnols, un film italien, un film anglais, deux films français, le reste étant partagé entre des films américains et asiatiques. Pour un point de vue plus intéressant sur le sujet, c'est ici.

29/12/2007

29/12/07 - 23:10

Vous avez un message

29/12/07 - 23:08

Abymes

A quinze ans, on lisait les auteurs. A vingt, pour réussir les concours et respecter les consignes de ses professeurs, on lisait ceux qui lisent les auteurs, les critiques. A vingt-cinq, les études terminées et pour savoir qui est qui dans ce qu'on appelle le monde, où l'on débutait, on lisait ceux qui lisent les critiques, les journalistes.A trente, pour pouvoir nourrir la conversation avec ceux vers qui la nature nous excite, on regarde ceux qui lisent les journalistes, les animateurs de télévision.

23/12/2007

23/12/07 - 10:22

Bonnes fêtes

Lundi matin, je me suis réveillé un peu hésitant.

L'envie violente de **, qui m'avait surpris alors que nous étions en train de discuter le cul sur le cuir du canapé du salon ; ses longues jambes en jeans (je commence toujours par parler des longues jambes, c'est une manie), son torse et sa poitrine en laine noire, ses sourcils comme des bouches de smiley, son côté menu et ordinaire,  sa fraîcheur paysanne non-bio montée à Paris, ses naïvetés de jeune actif, le souvenirs de tous ces garçons avec lesquels nous avons couché qui sont avec nous à chaque fois que nous imaginons coucher avec un autre, l'épuisement de notre conversation et son sourire qui demandait à être fermé par le mien, tout cela nous a fait finir comme je vous l'ai raconté. Mais lundi, il me restait à peine le sentiment du devoir accompli — puisque faire jouir nos contemporains est un devoir quand ils ont moins de vingt-cinq ans (après, d'autres s'en chargeront mieux que nous)— et, malgré mes principes et mes déclamations, certaines étant même consignées ici, je craignais bien de ne pas avoir une grande envie de le revoir : "Je sais que tu es prompt à trouver du merveilleux dans toute rencontre, Netrochou ; mais n'as-tu pas regardé ailleurs, à plusieurs moments, quand il te racontait ses souvenirs d'études, ou ses récits de bureau, tant ils étaient monochromes, comme tous les autres plans de sa vie (et tous ses autres plans tout court, car il n'a pas connu autre chose) ?
— Oui, Netrovilain, mais son caractère est bon, son entrain est charmant, sa peau est douce et il est curieux, toutes qualités qui valent de l'or dans la communauté homosexuelle ; et sur ces qualités, ne puis-je pas bâtir une histoire où je serai content d'habiter ?
— Vraiment, Netrochou, as-tu déjà oublié tout ce qui est resté sur ta bouche, quand il te parlait de politique, quand il te parlait économie, quand il te parlait droit, et quand il a oublié de te parler de livres et d'art ? Faut-il vraiment que tu te contentes des garçons jeunes qui veulent de toi, pour satisfaire cet impossible vice ?
—  Ah mais Netrovilain, pourquoi réclamer un tribun pour copain ? N'avons-nous pas assez de vils bavards autour de nous ? Veux-tu vraiment devoir discuter même au lit de toutes ces choses qui ne t'importent pas ? Et puis, qui étais-tu, à son âge ?
—  oh, Netrochou,pardon pour ces fleurs, mais tu avais beaucoup lu — non, tu avais surtout lu *, ** et ***, tombés par chance dans tes mains très tôt, alors qu'en général on y arrive après avoir lu tous ceux qui les ont pillé — tu fréquentais le monde (l'autre, celui où l'on est beau, célèbre, lu et le nez plein de poudre), et tu avais un garçon de quinze ans qui venait parfois sur tes genoux, au mépris de la morale publique. J'étais avec toi quand tu sortais avec des garçons qui n'avaient pas de passé, car ils avaient une folle ambition ; avec des garçons qui ne connaissaient rien, car ils avaient du goût ; avec des garçons qui n'avaient pas fait d'études, car ils avaient un talent ; avec des garçons qui ne ressemblent à rien, car ils avaient du tempérament. Tu disais qu'il fallait aimer des garçons par amour du sublime ; vas-tu maintenant sortir avec des garçons par amour des garçons ?
— Je t'accorde tout cela, Netrovilain, mais ton raisonnement manque l'essentiel. Avec ses défauts, ou plutôt, cette absence de qualités, mon ami est quelqu'un. Quelqu'un qu'il faut recevoir, quelqu'un que tu as envie de gâter, quelqu'un que tu maudis la nuit pour le bruit qu'il fait, quelqu'un qui utilise tes toilettes et ta douche, quelqu'un que tu veux surprendre, quelqu'un qui te traîne dehors la nuit et au musée le jour, quelqu'un qui te fait lâcher tes livres, quelqu'un qui s'occupe de nous avoir une vie sociale, quelqu'un qui viole ton espace vital et jouit dans tes draps.

— ..., me répond Netrovilain, ce qui veut dire qu'il est vaincu.
A ce moment, mon portable sonne. Un sms de ** "Je préfère qu'on s'arrête là, ne m'en veux pas. Bonnes fêtes."

16/12/2007

16/12/07 - 23:54

In bed with Netromain

1. J'ai joui sur une grande photo de Lorenzo Betancourt. Au moment de reprendre mes esprits, je m'inquiète de ne rien lui avoir mis dans l'oeil. Non, ses yeux sont indemnes, mais le papier est précisément détrempé là où sa peau grasse porte quelques rougeurs.

2. Chaque fois que nous nous revoyons, nous sommes hilares. Chacun de nous paraît à l'autre un être impossible, sorti d'une bande dessinée belge ; alors nous nous imitons mutuellement, et nous en rions. Cette stupéfaction amusée dure depuis douze ans maintenant.

3. Je finis mon dimanche au lit avec un Romain qui a des grands yeux. Il éjacule jusqu'à mon visage qui lui baise les paupières. Les histoires qui commencent mi-décembre me durent en général ; la première six ans, la seconde six mois, parions les six semaines.

4. L'année se termine, il reste peu de jours pour le prix 2007 de l'expression la plus boursouflée de l'année. Dans la dernière liste : Rama Yade, la femme qui dit non, Nicolas Sarkozy pour son courageux discours sur la colonisation, Clearstream pour cette affaire d'Etat ; Thomas Piketti et Sixte pour Avant qu'il ne soit trop tard, un appel d'intellectuels en faveur de Ségolène Royal et Loïc le Meur pour le Web 3.0.


08/12/2007

08/12/07 - 17:23

Contrat de mariage

Moi : Maintenant que nous avons établi que dans notre futur couple, ce sera toi la bombe atomique, qu'allons-nous faire de moi ?
Lui : Lol

08/12/07 - 17:21

De l'importance d'être né (Edited)

Donc, après ma mort, il n'y aura plus jamais netromain. Consolation : puisque j'ai vécu quelques choses, ce n'est pas comme s'il n'y avait jamais eu netromain.

 

Résumé des épisodes précédents

...cette nuit froide étoilée d'orgasmes qui est la vie d'un pédé (plus ou moins étoilée d'ailleurs selon son poids, son âge, la couleur de sa peau, la taille de sa bite, l'épaisseur de ses sourcils, la marque de ses sous-vêtements et les autres qualités essentielles dans une communauté raffinée)" 24 février 2008


J'aurais dû suivre mes deux jeunes amants dans la nuit parisienne, où tout le monde se fout bien de devoir disparaître un jour ; m'enivrer du bruit avant l'éternité, me couvrir de sueur avant le suaire ; descendre en boîte avant le caveau. Quand je suis mort, en 2001, c'est là que j'ai appris que l'enfer est très supportable quand on n'est pas le seul damné29 juillet 2007


Ah, mon blogue, tu ne m'as pas manqué. On m'a un peu parlé de toi, ces derniers temps. Certains te reprochent de te répéter sur les garçons; d'autres te reprochent de te répéter sur la politique. Mettons les tous d'accord, et répétons-nous ce soir sur les garçons et sur la politique.22 juin 2006


Si le ciel n'a pas ton frère
Le ciel peut bien m'attendre

11 février


Quand l'hiver est froid, quand ma vie est froide, que mon coeur est froid et que mes amis sont froids, je vais chercher un peu de chaleur sur son blogue. Il y a mis beaucoup de photos, et c'est vraiment lui le plus beau de GA. Je les regarde, cela va mieux : je sens à nouveau son souffle sur mon épaule, sa nuque sous mes lèvres et son sperme sur mes joues. 21 janvier 2006


Ce qui est sûr, c'est qu'après Grande Ecole, il est difficile de faire un film plus bête, comme après Presque rien, il est difficile de faire un film plus vide. Les deux auteurs méritent donc d'être placés aussi haut dans notre panthéon gay, là où usant à l'envi leurs chaleurs dernières, ils pourront réfléchir leurs doubles lumières/Dans leurs deux esprits, ces miroirs jumeaux." 7 janvier 2006


La meilleure forme de gratitude que pourraient avoir pour nous ceux dont nous nous sommes beaucoup occupés, ce n'est pas de s'occuper de nous à leur tour , c'est d'enfin s'occuper d'eux-mêmes. 12 novembre 2005


des fesses fermes et douces, des abdominaux irreprochables, une peau savamment épilée, une musculature sophistiquée, voilà la nourriture ordinaire du gay, mais son bonheur cesse au niveau du cou, lorsqu'il est obligé, pour payer pour le prix de ces corps inoubliables, de supporter un visage imparfait, dégradé, caricatural, vide, pas un de ces visages hétéros qui nous irritent de leur sublime simplicité, de leur mystérieux équilibre. 29 octobre 2005


Un club de sport, c'est comme la littérature française contemporaine : il y a beaucoup de pédés, de plus en plus de femmes, et on y trouve surtout des choses crues et laides étalées avec complaisance. 16 octobre 2005


Car j'ai beau le caresser, le lécher, l'embrasser, le baiser, le sucer, l'enculer, le prendre en moi et que sais-je encore, il reste irrémédiablement vierge de moi. De nos coïts il ne reste rien, et certainement pas un patrimoine; et les êtres qui nous font l'honneur de nous laisser leur donner du plaisir restent pourtant à jamais inentamés. 16 septembre 2005


…le premier garçon qu'on a embrassé est aussi le premier garçon qu'on a niqué.(…)Je crois que c'est une des raisons qui explique le souci particulier du productivisme sexuel des gays, leur attention au rendement annuel de leurs éjaculations et leur industrialisation du spasme7 mai 2005


Dans un mois, cela fera quatre ans que je suis mort 21 avril


La punition de ceux qui ont connu le paradis est d'être incapables d'en parler. Condamnés à se taire sur le seul sujet qui importe, ils doivent en plus supporter les interminables conversations des autres sur tout le reste, qui n'existe pas. 10 mars 2005


Trois marins presques nus, presqu'imberbes et presque majeurs m'allumaient en chantant In the Navy — Jamais depuis je n'ai pu écouter les Village people sans bander aussitôt.
18 février 2005


Les garçons que nous rencontrons sont comme des aliments. Les meilleurs nous nourrissent et nous renforcent; les autres nous restent un moment entre la gorge, nous font un peu mal à l'estomac, mais finissent à l'égout dans une agréable libération. 12 novembre 2004


Coucher avec la beauté ne rend pas heureux. Cela passe en spasme, et vous laisse à vie un creux douloureux (...)9 novembre 2004


Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit. Je viens encore d'essayer, mais le sommeil ne répond pas à mes appels. il est sur boîte vocale, ça m'énerve. Si on ne peut plus joindre le sommeil en pleine nuit, où va-t-on ? (...)4 novembre 2004


Au fond, Happy Tree Friends, c'est le milieu gay. Il y a beaucoup de couleurs, tout le monde a des coeurs sur le visage, sourit et glapit tout le temps. Et tout le monde fait du mal à tout le monde, et tout finit toujours dans le sang.24 octobre 2004


Ils n'aiment pas

Pour une fois que tu écris quelque chose d'intéressant, ce n'est pas de toi ; dommage Sorty

C'est médiocre, comme tout ce qu'écrit cet auteur
Elizabethtessier

Une vraie petite boucherie intellectualo-sexuelle. Et tout cela avec cynisme "lucide", prétention élitiste et la condescendance qui l'accompagne... Rapport fascinant à l'autre...
Sharruk

Tu es une catastrophe ambulante en matière de politique! Fais plutôt du porno, ça te réussir mieux. Ou de la poésie.
Ma Josiane d'amour

Ce qu'on peut lire comme conneries....
Ronans

Et vive les donneurs de leçon
Fantin