1. Comment voulez-vous que je dorme, après une soirée comme celle-là ?
2. Comment voulez-vous que j'arrête ce blogue pour en commencer un autre, alors que j'ai trois lecteurs que j'aime bien, et quatre billets dont je suis fier ?
(non, la vraie raison est la superstition ; ne changeons rien, continuons la vie d'avant, il faut feindre de ne pas se rendre compte de ce qui arrive, sinon tout va disparaître)
On demandait à un très vieux sage chinois comment il faisait, presque sénile et sans le secours d'une bibliothèque, pour tout savoir sur tout : "c'est simple, expliquait-il, j'ai tout ramené à un seul mot". Mon blogue arrive aujourd'hui à son terme, car tout le ramène, depuis le début, à un seul mot, celui d'ailleurs que je n'ai jamais écrit ici : ***.
Je suis frappé de penser que, depuis le premier billet déposé, ce blogue ne raconte en somme que l'attente de ***, qu'il entr'aperçoit, parfois de front, parfois en creux, parfois en rêvant un avenir, parfois en pleurant un manque ; et toutes ses saillies contre le milieu gay, dont on ne dira jamais assez à quel point il nous salit le goût, et contre toutes les tapettes, y compris blogueuses, que nous avons croisées, qui ont presque réussi à nous transformer à leur image, qui est celle de la mort, tout cela était la plainte d'un coeur qui refusait de disparaître sans un dernier émerveillement ; elle n'a plus lieu d'être, maintenant : je suis revenu d'entre les morts, je clos ce journal de l'Enfer, non pas que je pense ne pas y revenir bientôt, mais j'y reviendrai différent, et ce sera donc pour tenir un autre journal. Netromain, c'est quand j'étais sans *** : imaginez à quel point je ne veux pas le redevenir. Prions que la vie me donne autant d'années avec *** qu'avec Vincent : cela aurait de la gueule, putain, ma vie serait tous ces romans que je ne sais pas écrire, on la raconterait bien après ma mort, car on veut toujours savoir ce qu'ont vu ceux qui ont vu le paradis, alors imaginez, celui qui l'a vu deux fois.
Mais je m'égare, les amis, je m'égare. Je sens déjà l'envie d'écrire sur ***, quelque part où je pourrai écrire son nom ; il faut que je cherche cela (après avoir appris à écrire, bien sûr). Il faut que je mette un peu d'ordre ici, également, que je corrige les erreurs, que je lie les billets qui vont ensemble, maintenant que la cohérence de l'ensemble m'apparaît ; que je finisse l'index, car il y a des fous, parfois, qui ont envie de tout lire (et qui m'envoient de longues notes qui m'étonnent, avant de me dire qu'ils me détestent). Et que je continue les quelques conversations en cours, qui sont ma foi très agréables.
Où Netromain nourrit la rancoeur de ses commentateurs masqués.
1. Les aigres commentaires que j'ai reçus ici me fournissent enfin l'excuse que je cherchais pour ne pas vous écrire mes deux nuits avec ***, alors que la vérité est que je suis bien incapable de le faire ; après tout, l'histoire est encore vivante, Dieu merci, et on ne peut écrire bien que de la tombe, quand tout n'est pas dit, justement, mais que tout est fait, et qu'on a l'éternité pour trouver comment le dire. Mon coeur est encore chaud de son corps, mes yeux sont encore chauds de ce qu'ils ont vus, ma peau est encore chaude de la sienne ; dans la pénombre du matin, après une nuit épuisée de n'avoir rien reçu de lui, sa première main, sa première bouche, sa peau enfin à moi, son abandon, enfin ; même ceux qui n'ont pas connu cela en ont l'idée, pourquoi en faire des mots ? Que cela me tourne donc encore longtemps la tête, mais que cela ne devienne pas tout de suite des phrases !
2. La coïncidence entre lui et mon désir est effrayante. Chaque chose nouvelle que j'apprends de lui me plonge dans l'angoisse, car c'était une chose dont j'avais rêvée, parfois même dans mes plaintes d'ici. Ou alors, n'avais-je pas compris le monde ? Réjouissons-nous, le paradis est ici, il y a un Dieu pour nous exaucer et nous justifier.
3. Je sais qu'il est fait pour être perdu — Et pourtant la peur de le perdre m'épuise les nerfs.
4. Evidemment, il s'est allongé dans le lit en jeans, et évidemment, il a mis ses chaussettes sur l'oreiller.
5. Il a de plus en plus vingt ans.
6. Elle chantait devant nous la déclaration que je n'osais lui faire, sous un faux ciel étoilé et la menace d'un autre soupirant ; et moi je pleurais sans prendre même la main de mon beau brun, pendant que ma voisine d'à côté épouillait sa machoire de débris alimentaires et que celle de derrière reniflait les bulles d'une morve abondante.
7. Parfois, quand il me dit qu'il m'aime, je le crois. Mais j'arrive assez bien ensuite à combattre cette funeste illusion. Il ne dit la vérité que lorsqu'il écrit "mon romain" ; je suis à lui, et c'est tout.
8. Je regarde toujours les beaux garçons, mais par envie d'être eux pour être beau contre lui. Il y a la tristesse connue des laids de ne pouvoir posséder les beaux, et il y a une tristesse infiniment supérieure, des laids qui possèdent des beaux.
1. Hier soir, en le quittant, je sentais de nouveau ma joie surir parce que son enthousiasme ne me disait pas qu'il était amoureux. Le coeur dévasté, le corps épuisé par deux mois de vie rêvée impossible à croire, les nerfs en cendre et la peau brûlée par la sienne, j'avais besoin pour trouver le sommeil qu'il me redise ce qu'il ne m'avait dit somme toute qu'une seule fois. J'envoie donc sur son téléphone un longue plainte compliquée avant de me plonger dans une obscurité sans repos. Plainte tellement compliquée qu'on ne sait même pas où elle veut en venir, ni ce qu'elle réclame, ni pourquoi après une journée merveilleuse et des projets si proches, elle est bien nécessaire.
Quelques minutes se passent devant le début de Casino Royale, et je reçois sa réponse : Bonne nuit mon romain. Je m'endors aussitôt.
2. Je frémis de tous ses côtés petit garçon qui me mettent en feu, me rappelant certains penchants obscurs, interdits et délicieux, comme avec Vincent (pour la maréchaussée et la magistrature, sachez qu'il a vingt ans).
3. S'il était un peu moins ce que je cherche depuis mon adolescence, tout serait plus simple. Je ne peux m'empêcher d'être grave avec lui, quand il faudrait être léger. J'ai envie de pleurer dans ses bras tout le temps perdu sans lui, quand il faudrait que je sois fort et brun.
Tonight Im gonna have myself a real good time
I feel alive and the world turning inside out yeah!
And floating around in ecstasy
So dont stop me now dont stop me
cause Im having a good time having a good time
1. *** est beau ; ses messages sont beaux, ses attentions sont belles ; nous nous aimons dans de beaux endroits, et quand nous ne sommes pas ensemble, nous pensons l'un à l'autre en écoutant de belles choses. Il n'y aurait donc que moi de pas beau dans cette histoire ?
2. Je vous accorde que le 1 sent la formule facile. N'empêche que de toutes les craintes qui me font souffrir depuis notre rencontre — après celle de recevoir un pas mon style, désolé, puis celle de devoir accepter un je t'aime beaucoup, comme ami, tu vois— c'est quand même celle de ne pas être à la hauteur de cette histoire qui est la plus sérieuse (enfin, non, il y a celle mentionnée infra).
3. Relativisons le 1 pour vous faire plaisir, car j'ai vraiment l'impression qu'il ne passe pas. Dans le metro du retour, ce soir, je regardais deux lesbiennes à lunettes dans le metro, et ne pouvant réprimer un (passage censuré pour non-conformité aux dispositions légales françaises instaurant après trop d'années d'infecte liberté d'expression de nécessaires délits d'opinion), je me demande maintenant si les gens qui nous voient, *** et moi, ressentent la même chose devant nous. J'aurais beau savoir écrire notre histoire, ne suis-je pas condamné à ne me faire comprendre que par quelques vieilles pédales qui ont envie de me le prendre ?
4. Ma vie : le tiercé dans le désordre. Pourquoi ne pas avoir aimé un *** quand j'avais son âge ?
5. Jeudi dernier, nous nous retrouvons chez moi. Je lui dit qu'il faut qu'on se parle, que nous nous fréquentons depuis longtemps déjà, que j'en suis très heureux, que non, ce n'est pas cela, que je ne vis vraiment que lorsque nous nous voyons, et d'autres choses encore qui ne concernent que nous pour finir par lui demander s'il consent à m'épouser. Lui de me faire la seule réponse à laquelle je ne m'étais pas préparé : je vis la même chose pour toi. J'ai dû lui demander de me la répéter, car vraiment, je ne comprenais pas ce qu'il voulait me dire.
6. Depuis, j'avance incrédule. S'il ne m'écrit pas pendant une heure, je m'emporte et m'imagine mille autres garçons dans sa vie. S'il me demande quelque chose, je le soupçonne d'intérêt. Je cherche comme un fou la mauvaise nouvelle, la désillusion. Et quand il se donne à moi, j'en veux aux cents qui l'ont précédé et qui me font douter maintenant de lui.
7. Après la déclaration, il a pris son aise sur le LC2. Lui assis en tailleur, ma tête contre sa taille, sa tignasse qui ne devait survivre que quelques jours à l'absence de goût des coiffeurs, son stylo dans la bouche — comme si je faisais bêtises avec un copain de classe dans le salon de mes parents.
Quand il est entré dans mon logis clos,
J’ourlais un drap lourd près de la fenêtre,
L’hiver dans les doigts, l’ombre sur le dos…
Sais-je depuis quand j’étais là sans être ?
Et je cousais, je cousais, je cousais…
-Mon cœur, qu’est-ce que tu faisais ?
Il m’a demandé des outils à nous.
Mes pieds ont couru, si vifs, dans la salle,
Qu’ils semblaient, -si gais, si légers, si doux,-
Deux petits oiseaux caressant la dalle
De-ci, de-là, j’allais, j’allais, j’allais…
-mon cœur, qu’est-ce que tu voulais ?
Il m’a demandé du beurre, du pain,
-ma main en l’ouvrant caressait la huche-
Du cidre nouveau, j’allais et ma main
Caressait les bols, la table, la cruche.
Deux fois, dix fois, vingt fois je les touchais…
-Mon cœur, qu’est-ce que tu cherchais ?
Il m’a fait sur tout trente-six pourquoi.
J’ai parlé de tout, des poules, des chèvres,
Du froid, du chaud, des gens, et ma voix
En sortant de moi caressait mes lèvres…
Et je causais, je causais, je causais…
-Mon cœur, qu’est-ce que tu disais ?
Quand il est parti, pour finir l’ourlet
Que j’avais laissé, je me suis assise…
L’aiguille chantait, l’aiguille volait,
Mes doigts caressaient notre toile bise…
Et je cousais, je cousais, je cousais…
-mon cœur, qu’est-ce que tu faisais ?
J'observe que mes commentateurs anonymes forment un échantillon représentatif de l'opinion publique française, ce qui devrait leur valoir d'être recrutés par Opinion Way. Soumettez leur la critique de quelqu'un qui écrit dans les journaux, et ils ignorent l'argument pour vous reprocher de vous croire supérieur, avec cette passion de la hiérarchie de la caserne qu'on croyait éteinte par la sénilité des penseurs des années soixante-dix. Je veux bien que redécorer une bergerie de Formentera avec du Starck puisse être autre chose que dégoûtant, mais encore faut-il me l'expliquer. Emettre un jugement de goût quand on n'est pas speakerine serait donc désormais le signe d'une insoutenable prétention ? Et maintenant, avec cette vision de la justice qu'on croyait exilée en Norvège avec Eva Joly, c'est-à-dire une justice implacable contre les faibles et attendrie face aux puissants (et avec quelques difficultés en français, comment faisait donc E. Joly pour écrire ses ordonnances ?), ils me reprochent de m'apitoyer sur les coupables, au lieu des victimes (cf. le billet précédent). Oserai-je leur demander de considérer que les conditions les plus infâmes de détention sont généralement réservés aux personnes en préventive, c'est-à-dire à ceux qui sont (mettez les majuscules) présumés innocents ?
Entre toutes nos solitudes, la plus tragique est quand même celle que nous ressentons, quand un peuple soustrait à la justice un Battisti, et met en garde à vue des jeunes idiots qui ont affiché dans un stade une mauvaise blague sur les gens du Nord.
Trois membres du collectif "Trop c'est trop" sont assises dans un carré de 9m2 reconstituant en taille réelle une cellule de prison, sur la place de la Concorde à Paris. Elles dénoncent la surpopulation carcérale.
...cette nuit froide étoilée d'orgasmes qui est la vie d'un pédé (plus ou moins étoilée d'ailleurs selon son poids, son âge, la couleur de sa peau, la taille de sa bite, l'épaisseur de ses sourcils, la marque de ses sous-vêtements et les autres qualités essentielles dans une communauté raffinée)" 24 février 2008
J'aurais dû suivre mes deux jeunes amants dans la nuit parisienne, où tout le monde se fout bien de devoir disparaître un jour ; m'enivrer du bruit avant l'éternité, me couvrir de sueur avant le suaire ; descendre en boîte avant le caveau.
Quand je suis mort, en 2001, c'est là que j'ai appris que l'enfer est très supportable quand on n'est pas le seul damné29 juillet 2007
Ah, mon blogue, tu ne m'as pas manqué. On m'a un peu parlé de toi, ces derniers temps. Certains te reprochent de te répéter sur les garçons; d'autres te reprochent de te répéter sur la politique. Mettons les tous d'accord, et répétons-nous ce soir sur les garçons et sur la politique.22 juin 2006
Si le ciel n'a pas ton frère
Le ciel peut bien m'attendre 11 février
Quand l'hiver est froid, quand ma vie est froide, que mon coeur est froid et que mes amis sont froids, je vais chercher un peu de chaleur sur son blogue. Il y a mis beaucoup de photos, et c'est vraiment lui le plus beau de GA. Je les regarde, cela va mieux : je sens à nouveau son souffle sur mon épaule, sa nuque sous mes lèvres et son sperme sur mes joues.21 janvier 2006
Ce qui est sûr, c'est qu'après Grande Ecole, il est difficile de faire un film plus bête, comme après Presque rien, il est difficile de faire un film plus vide. Les deux auteurs méritent donc d'être placés aussi haut dans notre panthéon gay, là où usant à l'envi leurs chaleurs dernières, ils pourront réfléchir
leurs doubles lumières/Dans leurs deux esprits, ces miroirs jumeaux." 7 janvier 2006
La meilleure forme de gratitude que pourraient avoir pour nous ceux dont nous nous sommes beaucoup occupés, ce n'est pas de s'occuper de nous à leur tour , c'est d'enfin s'occuper d'eux-mêmes.12 novembre 2005
des fesses fermes et douces, des abdominaux irreprochables, une peau savamment épilée, une musculature sophistiquée, voilà la nourriture ordinaire du gay, mais son bonheur cesse au niveau du cou, lorsqu'il est obligé, pour payer pour le prix de ces corps inoubliables, de supporter un visage imparfait, dégradé, caricatural, vide, pas un de ces visages hétéros qui nous irritent de leur sublime simplicité, de leur mystérieux équilibre.29 octobre 2005
Un club de sport, c'est comme la littérature française contemporaine : il y a beaucoup de pédés, de plus en plus de femmes, et on y trouve surtout des choses crues et laides étalées avec complaisance.16 octobre 2005
Car j'ai beau le caresser, le lécher, l'embrasser, le baiser, le sucer, l'enculer, le prendre en moi et que sais-je encore, il reste irrémédiablement vierge de moi. De nos coïts il ne reste rien, et certainement pas un patrimoine; et les êtres qui nous font l'honneur de nous laisser leur donner du plaisir restent pourtant à jamais inentamés. 16 septembre 2005
…le premier garçon qu'on a embrassé est aussi le premier garçon qu'on a niqué.(…)Je crois que c'est une des raisons qui explique le souci particulier du productivisme sexuel des gays, leur attention au rendement annuel de leurs éjaculations et leur industrialisation du spasme7 mai 2005
Dans un mois, cela fera quatre ans que je suis mort21 avril
La punition de ceux qui ont connu le paradis est d'être incapables d'en parler. Condamnés à se taire sur le seul sujet qui importe, ils doivent en plus supporter les interminables conversations des autres sur tout le reste, qui n'existe pas. 10 mars 2005
Trois marins presques nus, presqu'imberbes et presque majeurs m'allumaient en chantant In the Navy — Jamais depuis je n'ai pu écouter les Village people sans bander aussitôt.18 février 2005
Les garçons que nous rencontrons sont comme des aliments. Les meilleurs nous nourrissent et nous renforcent; les autres nous restent un moment entre la gorge, nous font un peu mal à l'estomac, mais finissent à l'égout dans une agréable libération.12 novembre 2004
Coucher avec la beauté ne rend pas heureux. Cela passe en spasme, et vous laisse à vie un creux douloureux (...)9 novembre 2004
Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit. Je viens encore d'essayer, mais le sommeil ne répond pas à mes appels. il est sur boîte vocale, ça m'énerve. Si on ne peut plus joindre le sommeil en pleine nuit, où va-t-on ? (...)4 novembre 2004
Au fond, Happy Tree Friends, c'est le milieu gay. Il y a beaucoup de couleurs, tout le monde a des coeurs sur le visage, sourit et glapit tout le temps. Et tout le monde fait du mal à tout le monde, et tout finit toujours dans le sang.24 octobre 2004
Pour une fois que tu écris quelque chose d'intéressant, ce n'est pas de toi ; dommage
Sorty
C'est médiocre, comme tout ce qu'écrit cet auteur Elizabethtessier
Une vraie petite boucherie intellectualo-sexuelle. Et tout cela avec cynisme "lucide", prétention élitiste et la condescendance qui l'accompagne... Rapport fascinant à l'autre...
Sharruk
Tu es une catastrophe ambulante en matière de politique! Fais plutôt du porno, ça te réussir mieux. Ou de la poésie. Ma Josiane d'amour