Je reste stupéfait par l'explosion de délire anti-musulman, la ratonnade généralisée qui ont saisi la presque totalité de la classe politique française, faisant voir au monde que sous la logorrhée pro-tolérance et pro-metissage qui nous est assénée, parfois en musique, depuis de longues années pour tenir lieu de programme, la bêtise xénophobe a contaminé ceux qui discutent nos lois et briguent nos suffrages. Même un journal comme Le monde ne peut s'empêcher de convoquer un sociologue de l'Islam pour éclairer la décision du tribunal de Lille de prononcer la nullité d'un mariage, au motif d'une erreur sur la qualité substantielle, l'épouse n'étant pas aussi vierge qu'elle l'avait indiqué avant les épousailles.
Sans doute la suppression de l'histoire dans l'enseignement français a fait oublier que le goût des vierges n'est pas limité aux musulmans et a fait le fond de l'histoire occidentale jusqu'au milieu des années cinquante (du siècle précédent, je vous l'accorde) mais je pensais qu'on avait assez parlé de celui de Michel Fourniret (qui n'est pas précisément mahometan, à ce que je crois savoir). Dans une civilisation démocratique, cela ne devrait avoir aucune espèce d'importance : préférer une vierge à une non-vierge, une rousse à une blonde, une mince à une grosse, tout cela - sauf dans les univers totalitaires, et dans la France qu'appellent simultanément de leur voeux le MRAP, Marie-George Buffet, l'UMP, quelques ministres et sans doute la plupart de mes lecteurs - ne devrait concerner que les individus, et pas la loi ou la justice. Et partout, sauf dans les univers totalitaires et dans la France qu'appellent simultanément de leur voeux le MRAP, Marie-George Buffet, l'UMP, quelques ministres et sans doute la plupart de mes lecteurs, on doit pouvoir choisir son conjoint librement, en fonction de ses goûts. Point final.
L'épouse ayant reconnu avoir menti sur l'usure de son hymen, dont l'époux considère qu'elle est déterminante pour se marier en fonction d'un système de valeur sur lequel la laïcité devrait interdire aux hommes politiques et à la justice d'en disputer, la nullité se déduit simplement et (presque) sans débat. Je ne vois pas un juriste sérieux qui ne partage pas cette évidence.
Mais alors, que faites-vous de la condition féminine ? de l'égalité homme-femme, foutre ? Je suggère à quelques femmes dont on aura exigé la virginité pour leur nuit de noces, et voulant elles aussi quelques temps après leur premier coït conjugal faire annuler leur mariage, d'invoquer la tromperie sur la taille du pénis, en vérité minuscule.
Où Netromain recommence à sortir, puisqu'il est célibataire.
Vernissage de l'exposition de Bettina Rheims Just Like A Woman. Ses photographies présentent des corps de femmes tuméfiés, griffés, frappés, alanguis, décédés, sur des tissus pour murs de chambre d'enfants ; leur regard de mannequin exprime à merveille la mort cérébrale. L'esthétique Michel Fourniret est en train de naître, fais-je observer à mon invité.
J'affirme ne rechercher que ce qui dure, mais je ne me rends compte que de ce qui n'est plus (en somme, seul le passé m'est présent). Je suis plus heureux d'avoir trouvé *** depuis que je l'ai perdu, et je jouis enfin de nos caresses maintenant que je sais que je n'ai plus à en espérer d'autres.
Sa tignasse invraisemblable. Sa bouche invraisemblable. Son cul invraisemblable. Sa bite invraisemblable. Son sourire invraisemblable. La courbe invraisemblable de ses sourcils. Ses bras invraisemblables. Ses jambes invraisemblables. Son passé invraisemblable. Son réveil invraisemblable. Son abandon invraisemblable. Ses messages invraisemblables. Ses déclarations invraisemblables. Ses tenues invraisemblables. J'ai déjà quatorze chapitres à écrire.
Pendant qu'une partie de moi lui faisait l'amour, l'autre partie apprenait son corps par coeur.
Pardonnez ce billet écrit sans plan, sans réflexion, et sans retouches. Il faut que je me sépare de ***, et vous comprendrez que je n'aie pas le coeur à donner de la précision ou du style à ma désolation. Je crois bien encore l'aimer — comment pourrais-je ne pas l'aimer, alors qu'on croirait que mon désir l'a créé à son image ? Mais enfin, la vie avec lui est impossible, elle se consume dans l'attente et la crainte, malgré quelques moments de grâce. On croit qu'on pourra jouir de tous les bonheurs de quelqu'un de vingt ans sans subir les conséquences funestes de l'âge de vingt ans, mais c'est une blague ; malgré son cv étourdissant, son passé plus riche que le mien, il faut subir la liste interminable de ses copines, de ses soirées, de ses connaissances, de toutes ces occasions de passer son temps en me faisant perdre le mien ; il faut être presque toujours en retrait, et, pour le suivre, recommencer à explorer des voies dont on sait qu'elles sont sans issue, recommencer à se heurter à des murs qui n'existent pas, recommencer à prononcer des mots qui ne veulent rien dire, recommencer à croire en la bienveillance des prédateurs à large sourire — aaargh, non. Ou plutôt, oui, si cela passe après nous ; mais qui, à vingt ans, fera passer son amour en premier ?
Tout cela est mal dit, je sais bien ; ce n'est que mon premier point, hélas. Je me souviens d'avoir été impressionné par le mot d'un grec selon laquelle quand l'amant est uni à l'aimé, il se repose. Dieu m'est témoin que j'ai été cette fois ci un amant exceptionnel de patience, de prévention, d'écoute, de tendresse, de dilection, de sensibilité, d'attentions, et cela, pendant de long mois, sans même espérer quelque chose de lui, juste parce que j'aimais lui faire plaisir, j'aimais le voir ébloui ou heureux, et que j'aimais être avec lui ; mais enfin, moi aussi j'ai besoin de repos; pire, j'ai peut-être besoin qu'on m'aime un peu (voilà, le mot est dit, je ne suis pas si fort que cela, vous voyez). Hébété par sa beauté diabolique, j'ai oublié que l'amour, ce n'est pas que du désir et de l'admiration.
Pour autant, je ne suis pas triste, car s'il ne m'a pas assez aimé, grâce à lui j'ai recommencé à ne plus me haïr. Je croyais que tout me serait refusé jusqu'à que je satisfasse au goût du siècle, par mon apparence, mon corps, mes pensées, mes occupations, mes soirées : et au fond du trou, j'ai eu le meilleur. Redressons-donc un peu la tête : vous avez devant vous quelqu'un qui a possédé son paradis, il peut bien ne pas savoir s'habiller mode. Et j'ai de plus imposé ce paradis aux autres, éprouvant une liberté et une inconscience dont je ne croyais plus être capable : il me faudra du temps pour reprendre le rang, et peut-être même parviendrais-je à ne jamais le reprendre.
J'ai noyé mes larmes seul ce matin dans une piscine en bois, fenêtres sur Paris, drapeaux claquant au vent, alors que nous devions nous y baigner ensemble : quelle tranquillité, à présent, de ne plus chercher de ses nouvelles et un improbable rendez-vous, de ne plus redouter une rupture, de ne plus craindre un rival, et de revenir à la vie de mon âge.
J’entendais naguère les échos d’une polémique déclenchée par les propos de comptoir d’un responsable de l’UMP sur la suppression de la durée légale du travail (je crois bien que cette majorité, pour être en ligne avec la vulgarité de son gouvernement, ne nous proposera jamais que des propos de comptoir). Le débat m’étonne, il me semble, à moi, qu’il faudrait plutôt proposer l'introduction en France d’une durée légale du travail. Je ne trouve en effet autour de moi que des maniaques de la présence au bureau, des adorateurs de l’arrivée précoce et du départ tardif, et j’observe que lorsqu’on veut rendre hommage à un collaborateur, il faut dire de lui qu’il est un « gros bosseur ». J’avais bien retenu de mon initiation à l’économie la dure loi de la productivité marginale décroissante, et je crois me souvenir que quelqu’un est devenu riche et célèbre pour avoir écrit un pavé s’intitulant la fin du travail, mais la vérité est que le Français aime tant le travail, qu’il préfère le travail aux résultats du travail. On pourrait d'ailleurs relever une corrélation parfaite entre la réduction du temps de travail et la croissance de la consommation d’anti-dépresseurs : notre contemporain ne sait que faire du loisir, d’ailleurs il a besoin de l’Etat pour lui trouver des fêtes et des nuits.
Parce qu’il n’est malgré tout pas si facile dans nos organisations actuelles d’occuper des personnes quatorze heures par jour, il a fallu inventer de quoi consommer en pure perte le temps de travail : le premier moyen est de multiplier les réunions, puisque personne dans notre pays ne conçoit de se réunir moins de deux heures sur n'importe quel sujet, dont quarante minutes pour fixer la prochaine entrevue. Faire travailler deux personnes sur le même thème est une autre bonne idée, qui présente l’incomparable avantage, outre d'accroître l'effectif de personnes occupées pour un nombre de tâches constant, d’imposer des comités de pilotage et autres instances où les participants s’émerveillent d’être parvenus au même résultat en réfléchissant à la même question selon la même méthode, ou bien à l’inverse se reprochent l’un à l’autre de ne pas avoir fait ce qu’ils auraient dû pourtant redoubler.
Même sans ces artifices, tout devient naturellement beaucoup plus long lorsque le seul effet de votre vélocité consiste non à vous libérer, mais à vous charger encore. Dans une vie antérieure, où l’on ne s’intéressait qu’à mes résultats (horreur, et pourtant non, ce n'était pas une boîte américaine), je bouclais mes dossiers en quatre heures, et j’avais l’après-midi pour rêver chez moi d’un monde où je rencontrerais *** ; les mêmes dossiers m’occupent aujourd’hui quatre fois plus de temps, et on me regarde comme un mauvais chef si je pars avant vingt-et-une heures sans avoir sacrifié à la moitié des quatorze pauses quotidiennes collectives et caféinées qui constitueraient pourtant une preuve garantie par dix ans de recherche en ressources humaines de ma capacité à manager une équipe de manière humaine et performante.
La mise à disposition d’internet dans les bureaux a sans doute encore accru la persévérance au poste de travail, en permettant plus facilement de tuer le temps, ce foutu temps qui se rappelle à vous dès que vous revenez à l'oisiveté. Je ne dis pas qu’il n’y a jamais rien à faire ; il faut toujours plus de pages que personne ne lit, de tableaux dont les totaux sont faux, des synthèses des précédents et des synthèses des synthèses précédentes dans un mouvement EdgarMorinesque de bégaiement, toujours plus de tableaux de bord, des comptes-rendus de réunion et des procès-verbaux de comités ; et parfois même un dossier à boucler, après une longue journée d’errance sur aufemnin.com, qui vous fait heureusement rentrer à vingt trois heures pour gagner la considération de votre patron qui se dit que vous êtes un-homme-de-dossiers et l’estime de votre famille qui se dit que, décidément, vous avez un poste important.
Le plus puissant marqueur social, en France réside ainsi dans vos horaires, et on se moque plus de quelqu’un qui finit à dix-huit heures que de quelqu’un qui n’a pas des chaussures à bout carré (pour mes lecteurs d’école de commerce) ou couleur diarrhée claire avec un costume sombre à rayures (pour mes lecteurs issus d’école de commerce et entamant leur troisième année d’expérience professionnelle) ou de rolex vintage (pour mes lecteurs en banque d’affaires).
*** m’appelle, il a fini ses cours, nous nous rejoignons à la terrasse d’un grand hôtel parisien ; il est beau tout en noir, et j’aimerais l’emmener dans une chambre pour lui témoigner mon désir ; je ne crois pas qu’un dossier pourrait me resister après cela. Mais non, il faut montrer l’exemple, et ne pas rater la pause café du retour de la cantine avec ses collaborateurs, pour ne pas perdre son statut de chef gros bosseur et homme de dossiers.
1. Un pédé de plus de vingt cinq ans n'est différent des autres que dans les premières quinze minutes de votre relation.Après, il devient indiscernable de votre rencontre du lendemain ou de celle de la vieille. Un garçon de moins de vingt ans ne vous laisse le connaître vraiment qu'après plusieurs mois de relation.
2. Je voulais écrire un papier sur les chansons d'amour, mais j'ai été interrompu par mon histoire avec ***. Pour avoir revu plusieurs fois le film, je reste stupéfié de sa justesse (à l'exception de la participation heureusement courte de Gael Morel dans les premières minutes, qui est inutile et fausse, comme hélas tout ce qu'il fait). Mais la justesse n'est pas du goût de nos contemporains, qui prisent plutôt Sebastien Lifschitz ou Cédric Klapisz. Paris vu par Christophe Honoré, c'est tout de même autre chose. Les sentiments du jeune breton sont d'une vérité inouïe ; j'étais littéralement suffoqué par certains détails ou certaines situations, comme tirés de mes souvenirs. Il y a une erreur, pourtant, mais qui la voit ? Le lycéen n'a évidemment pas dix-sept ans, on n'agit pas du tout ainsi quand on a dix-sept ans, mais tout juste quinze.
Dans ma prime jeunesse, pour signaler la stupidité vaine d'un personnage de film ou de bande dessinée, le plus souvent féminin, on lui mettait dans la bouche la formule : "ah ça, avec tout ce qu'ils envoient dans le ciel, faut pas s'étonner qu'ils nous aient détraqué le temps". Aujourd'hui, douter de cette assertion vous attire immanquablement des regards soupçonneux.
Le propriétaire du site qui héberge ce billet vient donc de faire fermer un autre journal au motif qu'il contenait des photographies de "personnes paraissant mineures" dont la fabrication, la publication, la consultation et la détention sont proscrites par la loi. On ne peut que l'approuver vivement, par respect agenouillé pour notre droit répressif que toute l'amérique latine et l'asie non développées nous envient, mais aussi parce qu'on ne voit pas au nom de quoi il s'exposerait à des poursuites pour des comportements délinquants de tiers qu'il accueille gratuitement depuis si longtemps. Ceux qui pestent contre une prétendue censure n'ont qu'à ouvrir leur propre site, et prendre seuls la responsabilité de leurs écarts. Aucune intelligence ne peut douter de ce qui précède, mais aucune ne peut non plus aller au-delà.
Car sur le bien fondé de cette loi, ahem...On aimerait que personne ici ne soit victime de cette illusion que Barrès attribuait à Wilde : il crut à la réalité de sa faute.
Pour le reste, aucune larme pour la disparition d'un quelconque site de photos de jeunes gens. Les amateurs maniaques de l'adolescence me sont insupportables, leur désir est aussi vide que leur regard, leur boulimie est celle de peine-à-jouir, et les surnoms grotesques par lesquels ils désignent l'objet de leur salivation (de "biquet" à "choupinou") suffisent à nous faire douter de leur humanité. J'imagine que beaucoup de lecteurs ici me classeraient volontiers parmi eux, au motif que Vincent avait quinze ans et demi quand je l'ai rencontré, Damien dix-huit et *** vingt ans. Il y a pourtant deux ou trois différences essentielles entre ces âmes mortes et moi. Ce que je raconte tout au long du blog les détaille assez. Si vous ne les voyez pas, il faut vous ranimer le coeur.
1.Cessons le mensonge : ceci n'est pas un journal, puisqu'aux dates importantes de ma vie, il reste vierge de toute mention. Je n'aurai donc que le soutien de ma médiocre mémoire quand je voudrai me rappeler mes premiers mois avec ***, et peut-être le récit de tous mes amis que j'ai ennuyés avec ma passion. Je suis exténué dans mon lit, à mes pieds il y a des emballages de capotes, les siennes et les miennes, j'ai repris son oreiller car il sent son parfum, des souvenirs incohérents voilent mon regard, je devrais être dans l'avion pour une mission à l'autre bout du monde, mais l'autre bout du monde, j'en reviens, j'ai passé assez d'années sans lui — me voilà faux malade pour les besoins de ma cause, parce que notre intouchable droit du travail ne reconnaît pas de congés pour passion amoureuse alors qu'il y en a pour un déménagement ou un enfant malade, mais tant pis, j'ai raison du point de vue de la tombe, le seul que je reconnaisse — je reste à Paris sans lui et je revis notre nuit d'hier, où je l'ai enfin totalement possédé, avant d'attendre le jour aux toilettes parce que nos corps qui nous servent à jouir ont d'autres fonctions (ou malfonctions) qu'on ne sait pas encore désactiver. Spontanément, il a trouvé la position qui nous permettrait de dormir enlacés sans nous comprimer, dont je n'ai profité que peu de temps, avant le début des douleurs, mais à mon retour des toilettes je n'avais plus ni couette ni oreiller. Je croyais sincèrement qu'une histoire comme Vincent, Damien, cela ne m'arriverait plus ; elle m'arrive, et je la contrarie à en chercher la cause. Vous aussi, vous avez vingt ans ? Aimez-moi un peu, et je vous aimerai infiniment. Vous serez un dieu, ce n'est pas désagréable. Et je serai croyant, et donc sauvé.
2.Un homme vivait une vie médiocre, dans tous ses aspects. Quel malheur, se lamentait-il souvent, pourquoi le destin ne me donne-t-il pas une chose merveilleuse à vivre ? Et le destin l'entendit, et lui donna une vie amoureuse féerique. Quel malheurse plaignait-il désormais, Pourquoi le reste de ma vie n'est pas à la hauteur de ma vie amoureuse ?
3. La nature remplace l'art : je vis les histoires que j'aurais dû écrire si j'avais eu du talent. Je me rêvais auteur, et je ne suis que le héros.
4. *** me dit : je finis par y croire, à la vie que tu me fais vivre
1. *** me force à vivre plus vite, et plus dru. Les amoureux pensent toujours que le monde a été créé pour leur passion et la moindre beauté préparée à leur intention ; nous vivons nous en plus comme si le monde devait être consommé par notre relation. Nous jouissons ensemble des belles choses et nous n'y reviendrons pas.
2. Je croyais qu'il fallait être ivre pour aborder les beaux garçons. En réalité, il faut être ivre pour supporter la compagnie d'un beau garçon. Je ne me retrouve moi-même, avec lui, que si j'ai bu. Sinon, je ne suis que des yeux.
3. L'éblouissement se dissipe, à vrai dire. Cela ne me guérit pas, pour autant, car avec la lucidité, je retrouve aussi le monde en dehors de lui.
4. L'homosexualité ne pose aujourd'hui qu'un seul problème qui justifie une recherche universitaire. Comment expliquer la corrélation entre sottise et homosexualité ? Certains jours, je pense que la sottise provoque l'homosexualité, comme une sorte de suicide d'intérêt général, de renonciation bienvenue à l'engendrement et la dissémination ; d'autres jours, je crois à l'inverse que l'homosexuel ne naît pas sot, il le devient, par l'évidement radical que lui impose sa recherche compulsive de partenaires.
5. Que faire, quand il sera avec un autre ? Tenter enfin l'ambition ?
6. Fourniret, le tueur en série, vient de rompre son silence. Ne sait-il pas que les seuls crimes impardonnables et imprescriptibles en France sont les mots, tout le reste étant négociable ?
7. (sur une polémique récente, que je n'ai finalement pas envie de reprendre ici car elle sera chassée demain par une autre)On connaît la théorie que je propose là dessus : l'effondrement du niveau scolaire de ceux qui écrivent ou commentent a cet épouvantable effet secondaire de faire disparaître de nos débats publics toute réfutation ou confrontation, et de leur substituer à tout va des décrets moraux absolus (la moindre tempérance ou nuance risquant d'exiger une explication ou un raisonnement). Horreur d'un monde où il n'y a plus de vrai ou de faux, de probable ou de sot, mais que du bien et du mal.
(le titre est repris sans vergogne de la page d'accueil de GA, en deuil depuis la disparition d'un metteur en scène de porno)
Je lis dans le Figaro ce mot de Patrick Bruel sur Pascal Sevran : «Il essayait de faire quelque chose pour les jeunes, je l'ai vu sur le plateau conseiller des jeunes de manière très impliquée » J'aimerais qu'à ma mort quelqu'un dise cela de moi.
Quand je serai grand, je serai éditorialiste au Monde. Finis la rude besogne d'avoir à justifier ce que l'on dit, le besoin d'une documentation préalable ou d'un argumentaire robuste : je viendrai vous dire les choses comme je les pense, et vous viendrez saluer ma parole résistante.
Prenons l'intéressant article de Nicolas Weill, La pensée anti-Mai 68 s'épuise. Voilà un titre bien alléchant pour quelqu'un qui aime les réfutations. Première déconvenue, le texte est aux trois quarts consacré à un rappel de la pensée et des auteurs anti-mai 68, dans une énumération qui sent l'hypokhâgne. Il faut donc atteindre les deux derniers paragraphes sur huit (et encore, l'ultime ne fait que trois lignes) pour que Nicolas Weill consente enfin à nous parler de l'épuisement de la pensée anti-mai-68 — mais peut-être était-il lui même épuisé par les six premiers paragraphes de pensée anti-mai 68 ?
Puisqu'on en vient au fait, quelles sont donc les raisons données de manière si condensée (et l'on sait que l'auteur de ces lignes aime pourtant le style rapide) ?
a) la pensée anti-mai 68 "est contrecarrée depuis quelques années par les progrès de l'historiographie , qui ont donné de Mai 68 une tout autre image que celle d'un événement dont le message serait à rechercher dans les moeurs ou dans un effet de connivence générationnelle : Nicolas Weill n'éprouve pas le besoin de nous indiquer de quelle historiographie il s'agit (alors qu'il ne nous avait pas épargné supra les bien inutiles Edgar Morin, Claude Lefort ou Cornelius Castoriadis) ni quelle est cette alter-image des événements qu'il faudrait désormais adopter. Comme lecteur peu érudit (et surtout, assez peu intéressé par ce qui s'écrit sur mai-68), vous imaginez ma déception ;
b) Déception heureusement rachetée par le fou-rire provoqué par la phrase suivante : Ce renouvellement s'accompagne d'un dynamisme de la pensée radicale, lequel se traduit à son tour par une efflorescence de maisons d'édition et de revues, parfois animées par de très jeunes gens. Depuis la chute du Mur de Berlin, l'extrême gauche se trouve en effet confrontée à un défi qui stimule sa productivité théorique : celui de reconstruire une critique du néolibéralisme après l'échec du communisme, tout en faisant l'économie de la violence. Je vous jure que j'ai simplement copié-collé. Figurons-nous le même auteur sur la (temporaire) déconvenue de théoriciens de l'oeuf carré, après la découverte d'un oeuf rond : dynamisme de la pensée radicale, lequel se traduit à son tour par une efflorescence de maisons d'édition et de revues, parfois animées par de très jeunes gens. Depuis la découverte d'un oeuf rond, les défenseurs du carré de l'oeuf se trouvent en effet confrontés à un défi qui stimule leur productivité théorique : celui de reconstruire une critique du rond après l'échec du carré, tout en faisant l'économie de la violence. Figure habituelle de la pensée magique ; la réfutation ne la détruit pas, elle est un défi stimulant. Et dans les moments d'abattement, j'entends donc bien adopter des idées grotesques, pour que leur démenti soit l'occasion de développer ma productivité théorique, sans laquelle les colonnes du Monde me resteront interdites.
Après cet épais dogmatisme, la conclusion s'impose naturellement :Nul doute que ces noeuds-là stimulent les théoriciens de l'extrême gauche et suscitent de ce côté-là un bouillonnement dont les bulles Alain Badiou, les Italiens Antonio Negri ou Giorgio Agamben, l'Américain Michael Hardt ou le Slovène Slavoj Zizek constituent "parfois de façon brouillonne (sic), une nouvelle constellation de philosophie politique critique.". Mais le vrai génie de Nicolas Weill réside dans sa capacité de concentrer toute sa force démonstrative dans les tous derniers mots, qui contiennent à la fois son idée, sa preuve, son exemple, son avis, sa rage de dent, sa carte d'identité intellectuelle, son bon mot, son système de pensée, sa critique : "la tradition libérale en France s'est comme figée sur sa posture mélancolique ou décliniste. Quand elle n'est pas devenue franchement réactionnaire !" A présent, exercice pratique pour mes lecteurs : donnez à tous vos écrits un côté éditorial du Monde, en leur ajoutant ces derniers mots, et voyez l'effet sur votre liste de courses, votre recette du poulet au nougat, votre note de service ou déclaration de revenus, une lettre d'amour ou une lettre d'excuses. En vérité, la tradition libérale en France s'est comme figée sur sa posture mélancolique ou décliniste. Quand elle n'est pas devenue franchement réactionnaire !
"Je ne suis pas venue pour faire tapisserie", a déclaré vendredi 2 mai Rama Yade, secrétaire d'Etat aux droits de l'homme, sur Europe1, à propos de son voyage avec Nicolas Sarkozy en Tunisie.
"Plutôt que parler, je préfère agir, et c'est ce que j'ai fait: j'ai eu un programme spécifique consacré exclusivement aux droits de l'Homme", a-t-elle mis en avant, rappelant qu'elle avait rencontré mardi à Tunis le président de la Ligue tunisienne des droits de l'Homme (LTDH), Me Mokhtar Trifi.
"J'ai aussi rencontré les autorités tunisiennes avec qui j'ai discuté de tous les sujets sans aucun tabou, sans aucune limite: torture, censure, peine de mort", a-t-elle affirmé, précisant avoir parlé au ministre tunisien de la Justice et au secrétaire d'Etat tunisien aux Affaires étrangères.
Je prie tous ceux qui voudraient écrire sur le triomphe populaire de Cindy Sander, la candidate malheureuse de la Nouvelle Star repêchée par une campagne télévisée d'une chaîne concurrente et le secours de quelques internautes désoeuvrés, de bien vouloir considérer qu'elle arrive la dernière dans une longue liste de femmes élues pour leur kitsch, leur amour de la gloire décolletée, leur incapacité fondamentale à déranger et à se rendre compte du monde, leur fureur de prendre la parole pour ne rien dire et de nous assommer après deux minutes de conversation, leur triomphe sonore dans un pays qui doit bien s'occuper depuis qu'il a perdu successivement sa littérature, sa place dans le monde et ses jeunes diplômés, ces femmes dont je ne veux citer que les plus éminentes : Rama Yade, Nathalie Kosciuscko-Morizet, Christine Lagarde, Jean-Louis Borloo. On rêve de les voir rassemblées, les cinq divas, pour un concert exceptionnel en faveur d'elles-mêmes (sujet qu'elles maîtrisent le mieux) de la paix et de la prospérité dans le monde, et de toutes les idées fausses qui ont du vernis et des jambes longues.
Maintenant, pour mes lecteurs ronchons, qui trouveraient que j'abuse, je vous prie de bien vouloir me citer une phrase des sus-nommées (je n'ose demander une idée) qui détonnerait dans un tube de l'été ou une contribution au débat public de ces femmes qui soit compatible avec les connaissances requises d'un bachelier. Et pour ceux qui me reprocheraient mon inélégance, de m'attaquer à ces femmes, je vous indiquerai que j'ai supprimé de la version définitive de ce billet les paroles fortes de Rama Yade, les positions courageuses de NKM, et les analyses brillantes de Christine Lagarde, pour qu'elles puissent couler une retraite tranquille dans une amnésie-amnistie publique.
On me dit que ce blog est égotiste et narcissique. Il vous présente ses excuses, comme les programmes scolaires qui sont trop scolaires. Du reste, son égotisme est un peu contrarié par la fureur de la passion de son auteur, qui s'exprime mal et se raconte encore moins bien (la passion comme l'auteur). J'ai la tête tellement pleine de ***, et mes sens si vides de lui, que dire de plus ? La dernière affaire, c'est qu'il est en révisions, injoignable, et que les images de nos deux nuits me reviennent comme des poignards à chaque fois que je vois des photos de beaux gosses alanguis ; seule la mort a le droit de vous retirer cela, disait un auteur qui s'est suicidé quand il ne pouvait plus jouir : je crains que la vie ne se charge de la sale besogne, et moi j'ai besoin de vivre longtemps les choses pour les vivre un peu. Six ans de Vincent, c'était à peine assez, alors deux nuits de ***, pitié. Quand je dis nuits, je devrais d'ailleurs dire matins, car c'est son réveil qui nous faisait blêmir, le soleil, les draps et moi, ses étirements, son abandon, ses fesses d'athlète — quelqu'un a dit cela mieux que moi : "l'état physique d'un jeune athlète sain, intelligemment entraîné sans surmenage, et en parfaite condition, est une sensation unique au monde et si splendide qu'elle efface toutes les voluptés momentanées" mais enfin, songeait-il au fait de l'avoir dans son lit ?
Hier, je l'ai peut-être perdu. Deux messages seulement dans la journée, une demande de pause pendant ses révisions, un rendez-vous raté sous le coup de l'épuisement et du manque de caresses. Exercices mentaux pour essayer de survivre à sa perte ; se fixer un défi, pour soi-même, pour essayer de s'élever à la hauteur de l'idée que je me fais de ***, pour que le prochain qui me possédera jouisse d'un netromain expurgé de ses faiblesses.
Dîner d'affaires à Hong Kong. Je pense à ses fesses, dénudées dans la pénombre de notre chambre d'hôtel, à Budapest, il y a trois jours. Ma tête est encombrée de son prénom. Mon estomac est encombré de la soupe de porc et des méduses du déjeuner.13 mars 2009
Et me voilà tout seul dans un décor de partouze, ce qui est le plus juste résumé de mes dernières années d'existence"15 août d'une année bien révolue
...cette nuit froide étoilée d'orgasmes qui est la vie d'un pédé (plus ou moins étoilée d'ailleurs selon son poids, son âge, la couleur de sa peau, la taille de sa bite, l'épaisseur de ses sourcils, la marque de ses sous-vêtements et les autres qualités essentielles dans une communauté raffinée)" 24 février 2008
J'aurais dû suivre mes deux jeunes amants dans la nuit parisienne, où tout le monde se fout bien de devoir disparaître un jour ; m'enivrer du bruit avant l'éternité, me couvrir de sueur avant le suaire ; descendre en boîte avant le caveau.
Quand je suis mort, en 2001, c'est là que j'ai appris que l'enfer est très supportable quand on n'est pas le seul damné29 juillet 2007
Ah, mon blogue, tu ne m'as pas manqué. On m'a un peu parlé de toi, ces derniers temps. Certains te reprochent de te répéter sur les garçons; d'autres te reprochent de te répéter sur la politique. Mettons les tous d'accord, et répétons-nous ce soir sur les garçons et sur la politique.22 juin 2006
Si le ciel n'a pas ton frère
Le ciel peut bien m'attendre 11 février
Quand l'hiver est froid, quand ma vie est froide, que mon coeur est froid et que mes amis sont froids, je vais chercher un peu de chaleur sur son blogue. Il y a mis beaucoup de photos, et c'est vraiment lui le plus beau de GA. Je les regarde, cela va mieux : je sens à nouveau son souffle sur mon épaule, sa nuque sous mes lèvres et son sperme sur mes joues.21 janvier 2006
Ce qui est sûr, c'est qu'après Grande Ecole, il est difficile de faire un film plus bête, comme après Presque rien, il est difficile de faire un film plus vide. Les deux auteurs méritent donc d'être placés aussi haut dans notre panthéon gay, là où usant à l'envi leurs chaleurs dernières, ils pourront réfléchir
leurs doubles lumières/Dans leurs deux esprits, ces miroirs jumeaux." 7 janvier 2006
La meilleure forme de gratitude que pourraient avoir pour nous ceux dont nous nous sommes beaucoup occupés, ce n'est pas de s'occuper de nous à leur tour , c'est d'enfin s'occuper d'eux-mêmes.12 novembre 2005
des fesses fermes et douces, des abdominaux irreprochables, une peau savamment épilée, une musculature sophistiquée, voilà la nourriture ordinaire du gay, mais son bonheur cesse au niveau du cou, lorsqu'il est obligé, pour payer pour le prix de ces corps inoubliables, de supporter un visage imparfait, dégradé, caricatural, vide, pas un de ces visages hétéros qui nous irritent de leur sublime simplicité, de leur mystérieux équilibre.29 octobre 2005
Un club de sport, c'est comme la littérature française contemporaine : il y a beaucoup de pédés, de plus en plus de femmes, et on y trouve surtout des choses crues et laides étalées avec complaisance.16 octobre 2005
Car j'ai beau le caresser, le lécher, l'embrasser, le baiser, le sucer, l'enculer, le prendre en moi et que sais-je encore, il reste irrémédiablement vierge de moi. De nos coïts il ne reste rien, et certainement pas un patrimoine; et les êtres qui nous font l'honneur de nous laisser leur donner du plaisir restent pourtant à jamais inentamés. 16 septembre 2005
…le premier garçon qu'on a embrassé est aussi le premier garçon qu'on a niqué.(…)Je crois que c'est une des raisons qui explique le souci particulier du productivisme sexuel des gays, leur attention au rendement annuel de leurs éjaculations et leur industrialisation du spasme7 mai 2005
Dans un mois, cela fera quatre ans que je suis mort21 avril
La punition de ceux qui ont connu le paradis est d'être incapables d'en parler. Condamnés à se taire sur le seul sujet qui importe, ils doivent en plus supporter les interminables conversations des autres sur tout le reste, qui n'existe pas. 10 mars 2005
Trois marins presques nus, presqu'imberbes et presque majeurs m'allumaient en chantant In the Navy — Jamais depuis je n'ai pu écouter les Village people sans bander aussitôt.18 février 2005
Les garçons que nous rencontrons sont comme des aliments. Les meilleurs nous nourrissent et nous renforcent; les autres nous restent un moment entre la gorge, nous font un peu mal à l'estomac, mais finissent à l'égout dans une agréable libération.12 novembre 2004
Coucher avec la beauté ne rend pas heureux. Cela passe en spasme, et vous laisse à vie un creux douloureux (...)9 novembre 2004
Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit. Je viens encore d'essayer, mais le sommeil ne répond pas à mes appels. il est sur boîte vocale, ça m'énerve. Si on ne peut plus joindre le sommeil en pleine nuit, où va-t-on ? (...)4 novembre 2004
Au fond, Happy Tree Friends, c'est le milieu gay. Il y a beaucoup de couleurs, tout le monde a des coeurs sur le visage, sourit et glapit tout le temps. Et tout le monde fait du mal à tout le monde, et tout finit toujours dans le sang.24 octobre 2004
Pour une fois que tu écris quelque chose d'intéressant, ce n'est pas de toi ; dommage
Sorty
C'est médiocre, comme tout ce qu'écrit cet auteur Elizabethtessier
Une vraie petite boucherie intellectualo-sexuelle. Et tout cela avec cynisme "lucide", prétention élitiste et la condescendance qui l'accompagne... Rapport fascinant à l'autre...
Sharruk
Tu es une catastrophe ambulante en matière de politique! Fais plutôt du porno, ça te réussir mieux. Ou de la poésie. Ma Josiane d'amour