Penser que le vingtième siècle aura cherché en vain la domestication totale des foules en construisant d'invraisemblables idéologies et de monstrueuses bureaucraties militaires, en produisant de manière industrielle de la propagande et des massacres et toutes ces autres horreurs fastidieuses que vous connaissez, alors que la solution était simple, sans violence ni grands moyens : il suffisait de libéraliser l'homosexualité et d'ouvrir des bars et des salles de sport pour être certain d'avoir un peuple de moutons, trop heureux de se monter toutes les fins de semaine pour ne plus se préoccuper de quoi que ce soit d'autre.
Ah, si je savais écrire, je vous parlerais de cette morgue de celui qui lèche des culs rencontrés au sauna tous les dimanches soirs, de cette absence de regard de celui tient une armoire de godes à disposition de son partenaire d'un samedi après-midi, renouvelé chaque semaine car il y a des principes avec lesquels on ne transige pas, de ces bites qui dans une haleine d'alcool tentent de bander pour prendre un inconnu avec lequel on aura à peine parlé une heure plus tôt en sirotant debout un whisky-coca, de cette détresse de celui qui ne comprend pas comment vous pouvez sortir le soir sans débardeur ou t-shirt moulant.
Au milieu de cette foule de visages grotesques qui me dédaignait, parce qu'elle hait encore plus les amoureux que les pannes sexuelles, je pensais à mon beau brun qui faisait vibrer mon portable de ses messages affectueux et je pensais aux commentateurs de ce billet qui me diront que tout ce que je raconte est faux, alors qu'il suffit de sortir le vendredi ou le samedi soir pour voir que ce je dis est faible.
1. Mes amis se sont retirés chacun chez soi pour écrire, et me voilà seul devant mon écran, en train d'écrire sur un blogue : cela dit assez le fond triste de cette fin de journée moite et solitaire. Quand il faudra fermer les yeux à jamais, je serai écrasé par le nombre des jours que j'aurai laissé filer sans rien y vivre ; voilà ma curieuse pathologie, l'obsession de la mort et la maladie de la volonté. Je tiens cela de mes parents : ma mère, que n'occupent que son travail et son repos ; mon père, que n'occupent que ceux qu'il aime et ses rêves : additionnez ces absences, et vous me trouverez.
2. Mon incapacité à écrire quoi que ce soit de valable sur *** me console de ne pas avoir tenu de journal quand j'étais avec Vincent. Ce n'est pas possible, voilà tout. On n'écrit justement que les épitaphes, et nous ne sommes pas encore morts.
4. A cette dame qui disait bruyamment qu'elle n'aimait décidément pas l'art abstrait, parce que la peinture de la renaissance, c'est quand même autre chose, on faisait remarquer que c'est plutôt la totalité de la peinture occidentale jusqu'au XVIème siècle au moins qui n'est pour elle que de l'art abstrait, puisqu'elle est bien incapable d'y reconnaître un personnage ou un symbole (elle est française, cela serait incompréhensible d'une italienne ou d'une anglaise, bien sûr), et qu'elle n'apprécie que la qualité des visages et des décors. A ce peintre qui revendiquait l'abstraction pure, on faisait remarquer que cela revenait exactement à faire de l'art décoratif.
5. Moment de gêne, chaque fois que : a) je dois dire que la personne qui m'accompagne est un garçon b) quand je dois donner sa date de naissance — Ce n'est qu'une gêne au téléphone, néanmoins : le charisme de *** fait que nous sommes toujours gentiment accueillis, comme si la qualité de notre amour importait à tous ces inconnus qu'il charme sans effort.
Sous la plume d'un de mes collaborateurs, je lis la très lourde formule "être en capacité de", dernière contribution socialiste attestée au débat d'idées, qui est passée de la bouche de François Hollande à celle de Bertrand Delanoë comme un bouton de fièvre, mais dont le patient zéro est sans doute possible Clémentine Autain, ainsi que le savent mes plus anciens lecteurs.
Sur une colonne Morris, je lis "un film de Anne Fontaine", et j'en déduis que l'avant-garde, aujourd'hui, c'est de h-aspirer tous les mots commençant par des voyelles, comme il y a deux ans c'était de ne pas mettre de majuscules ou il y un an déjà
de ne mettre que des majuscules (et que les noms, cf. le générique des Chansons d'amour).
Quelle drôle de vie que la mienne — voilà pourquoi je ne l'écris plus, car elle ne semble pas de moi. Ennuyé tous les jours ouvrés par un emploi auquel je n'entend pas grand'chose faute de l'avoir jamais appris, mais assez pour diriger ceux qui sont incapables de l'exercer seuls, n'ayant appris que cela, — non pas que je m'attribue une sorte d'intelligence à son aise en toute matière, mais que la médiocrité du système éducatif français a cette merveilleuse conséquence que celui qui maîtrise à peu près l'orthographe (hors de son blog) les tables de multiplication, et deux ou trois auteurs essentiels dans les principales disciplines, appartient de fait à l'élite — ennuyé, donc, je regarde avec stupéfaction les autres heureux d'être affairés quand je me glace à l'idée de ces heures à jamais perdues pour ce qui compte ; ennuyé donc, je vis depuis huit mois une histoire d'amour avec l'être que je décrivais avant de le connaître, et dont je ne cesse de douter des sentiments (et parfois, même, de la réalité). Bref, voilà une bien longue phrase qui ne fait que me répéter ; au moins, ceux qui étudieront ma vie, plus tard, et s'étonneront que je l'aie autant subie, verront que je m'en suis étonné moi-même à plusieurs reprises.
Oh, c'est que j'aimerais bien avoir une ambition ; peut-être pourrais-je en acheter une ? Aucune ne me convient vraiment ; et même celle de créer n'en est pas une, car il ne s'agit pas de gagner quoi que ce soit, ou de faire une oeuvre, juste d'apaiser le manque de ces livres qui n'ont pas été écrits, et que j'aimerais lire. J'y pense quand je suis seul, et quand mon coeur est plein, ma tête s'évide, et mes cahiers restent fermés. Cela vaut sans doute mieux, car la seule chose que je n'aie pas trop mal réussie, ce sont des moments (quelques uns racontés ici):las, ils ne sont déjà plus rien.
*** aime beaucoup les rayures, de toutes sortes : il en porte jusqu'au slip, verticales et colorées ; je suis leur prescription pour mes caresses et mes baisers et je m'amuse à les déformer en glissant ma main dessous ; celles du haut de son pyjama sont horizontales et enfantines — dire qu'on condamne des gens qui couchent de bonne foi avec de très jeunes gens qui font beaucoup plus âgés, alors que moi je ne crains rien à coucher avec un jeune homme de vingt ans qui en paraît beaucoup moins ; exemple gratuit offert au futurs bacheliers qui discuteront des liens entre la justice et la moralité. De très courts poils sont couchés, très loin les uns des autres, sur le bas de son dos ; son cul est important, résultat de son passé athlétique, au dessus de jambes moulées comme ces statues que je feignais d'admirer à ses côtés.
Quiconque vient chez moi doit supporter la séance de photographies et de films de ***. Je n'en suis qu'à demi gêné, car je n'ai presque jamais rien raconté de moi à mes amis, nous nous sommes toujours occupés d'eux, et je dois souvent leur rappeler qui ils furent ; mais là, je fais magistrats mes hôtes, je leur livre toutes les pièces de l'instruction, à charge pour eux de juger mon amour et mon amoureux. Tenez, pour un peu, je publierais tout ici, mais vous me détesteriez.
— Je ne vais pas sortir avec un gay de mon âge !
— et pourquoi pas ?
— Je ne pourrais pas, ils sont sans intérêt.
Rassuré que par presque 35°C, il transpire. Comme si je n'étais pas sûr qu'il soit humain.
*** danse et chante sur Le plus beau du quartier. À "mon air suave", il s'arrête et rit ; il se retourne, et voit que je l'ai filmé.
Je lui dis que j'ai la migraine. Voilà ce que c'est, que d'aller boire sans son chéri.
C'était exactement le paradis, le lit profond comme un tombeau, ceint de voiles de mariage, portant le corps de *** s'abandonnant à mes mains et ma bouche, trois fenêtres sur l'Arno et le Ponte Vecchio, assez de beauté pour occuper une éternité et une nature paisible, désarmée,
— le paradis jusqu'à ce que le sort me mette un miroir sous les yeux.
Peut-être, cher lecteur, vous demandez vous à quoi sert un ministère de la culture, à part occuper quelques femmes du monde, plus de toute première fraîcheur, qui, dans un autre temps, auraient été les vieilles favorites pensionnées du Roi (Jack Lang, Renaud Donnedieu de Vabres ou Christine Albanel) ? Mais l'explication par les survivances étant très contesté dans l'historiographie contemporaine, je vous propose d'en revenir aux faits, et ils sont éclatants.
Prenez Dany Boon. Dans un pays sans ministère de la culture, son succès ne lui aurait valu sans doute aucun prix, aucune distinction, aucune sanctification publique. Ce serait trop injuste, en France, terre de paysans qui ne révère que l'argent et la rente (et qui contestera que son film ne l'ait pas enrichi ?), et où l'absence d'éducation fait qu'on ne comprendrait pas que ce qui est riche ne soit pas aussi important. Un ministre de la culture, cela sert donc à cela : oindre de récompenses républicaines ceux qui auront détendu les foules et amassé du gain, sans autres conditions (sans doute prohibées par la Halde, il ne faudrait pas discriminer par le goût, quand même). Et notre Christine Albanel nationale, le plus beau carré et absence de regard depuis Mireille Mathieu, de remettre à Dany Boon le 26 juin les insignes d'officier dans l'ordre des arts et des lettres : "J'invite le public à se mobiliser pour dépasser le record de Titanic !a-t-elle déclaré à cette occasion : Vous avez ravivé l'amour des Français pour les salles obscures (sic) et rien que pour cela(re-sic)cher Dany Boon, nous vous sommes infiniment (re-re-sic) reconnaissants (re-re-re-sic)."
Il y avait comme un fond de tristesse dans la joie de l'effusion radiodiffusée hier soir depuis l'Elysée :
a) Pour Sarkozy, il devait y avoir un peu d'aigreur sous le palais, d'avoir léché tant de pieds sales, s'être courbé devant tant de sales types, avoir ainsi renoncé à tout amour propre pour une stratégie de veulerie, et n'avoir rien obtenu, tandis qu'un autre président triomphait, la tête haute, d'une poignée de terroristes en les bernant grossièrement comme il convient à des idéologues ;
b) Pour les fonctionnaires de l'Education nationale, de constater qu'après plus d'un an de pouvoir, le Président de la République est encore incapable de tenir plus de quatre minutes à l'oral sans faute de syntaxe ;
d) Pour ceux qui s'étaient émus du sort d'Ingrid Betancourt, de voir tourner la soirée à une série de remerciements de type Oscars™, Césars ® ou autres Victoires de la Musique†, avec malheureusement l'oubli dans la liste des FARC, sans lesquels rien n'aurait pu être possible, sans doute ;
e) pour les amateurs de jeunes gens, de voir que Lorenzo a encore grossi ;
f) pour ceux qui aiment les femmes qui ne peuvent plus fermer les yeux, de déplorer l'absence de Carla à côté de son mari.
...cette nuit froide étoilée d'orgasmes qui est la vie d'un pédé (plus ou moins étoilée d'ailleurs selon son poids, son âge, la couleur de sa peau, la taille de sa bite, l'épaisseur de ses sourcils, la marque de ses sous-vêtements et les autres qualités essentielles dans une communauté raffinée)" 24 février 2008
J'aurais dû suivre mes deux jeunes amants dans la nuit parisienne, où tout le monde se fout bien de devoir disparaître un jour ; m'enivrer du bruit avant l'éternité, me couvrir de sueur avant le suaire ; descendre en boîte avant le caveau.
Quand je suis mort, en 2001, c'est là que j'ai appris que l'enfer est très supportable quand on n'est pas le seul damné29 juillet 2007
Ah, mon blogue, tu ne m'as pas manqué. On m'a un peu parlé de toi, ces derniers temps. Certains te reprochent de te répéter sur les garçons; d'autres te reprochent de te répéter sur la politique. Mettons les tous d'accord, et répétons-nous ce soir sur les garçons et sur la politique.22 juin 2006
Si le ciel n'a pas ton frère
Le ciel peut bien m'attendre 11 février
Quand l'hiver est froid, quand ma vie est froide, que mon coeur est froid et que mes amis sont froids, je vais chercher un peu de chaleur sur son blogue. Il y a mis beaucoup de photos, et c'est vraiment lui le plus beau de GA. Je les regarde, cela va mieux : je sens à nouveau son souffle sur mon épaule, sa nuque sous mes lèvres et son sperme sur mes joues.21 janvier 2006
Ce qui est sûr, c'est qu'après Grande Ecole, il est difficile de faire un film plus bête, comme après Presque rien, il est difficile de faire un film plus vide. Les deux auteurs méritent donc d'être placés aussi haut dans notre panthéon gay, là où usant à l'envi leurs chaleurs dernières, ils pourront réfléchir
leurs doubles lumières/Dans leurs deux esprits, ces miroirs jumeaux." 7 janvier 2006
La meilleure forme de gratitude que pourraient avoir pour nous ceux dont nous nous sommes beaucoup occupés, ce n'est pas de s'occuper de nous à leur tour , c'est d'enfin s'occuper d'eux-mêmes.12 novembre 2005
des fesses fermes et douces, des abdominaux irreprochables, une peau savamment épilée, une musculature sophistiquée, voilà la nourriture ordinaire du gay, mais son bonheur cesse au niveau du cou, lorsqu'il est obligé, pour payer pour le prix de ces corps inoubliables, de supporter un visage imparfait, dégradé, caricatural, vide, pas un de ces visages hétéros qui nous irritent de leur sublime simplicité, de leur mystérieux équilibre.29 octobre 2005
Un club de sport, c'est comme la littérature française contemporaine : il y a beaucoup de pédés, de plus en plus de femmes, et on y trouve surtout des choses crues et laides étalées avec complaisance.16 octobre 2005
Car j'ai beau le caresser, le lécher, l'embrasser, le baiser, le sucer, l'enculer, le prendre en moi et que sais-je encore, il reste irrémédiablement vierge de moi. De nos coïts il ne reste rien, et certainement pas un patrimoine; et les êtres qui nous font l'honneur de nous laisser leur donner du plaisir restent pourtant à jamais inentamés. 16 septembre 2005
…le premier garçon qu'on a embrassé est aussi le premier garçon qu'on a niqué.(…)Je crois que c'est une des raisons qui explique le souci particulier du productivisme sexuel des gays, leur attention au rendement annuel de leurs éjaculations et leur industrialisation du spasme7 mai 2005
Dans un mois, cela fera quatre ans que je suis mort21 avril
La punition de ceux qui ont connu le paradis est d'être incapables d'en parler. Condamnés à se taire sur le seul sujet qui importe, ils doivent en plus supporter les interminables conversations des autres sur tout le reste, qui n'existe pas. 10 mars 2005
Trois marins presques nus, presqu'imberbes et presque majeurs m'allumaient en chantant In the Navy — Jamais depuis je n'ai pu écouter les Village people sans bander aussitôt.18 février 2005
Les garçons que nous rencontrons sont comme des aliments. Les meilleurs nous nourrissent et nous renforcent; les autres nous restent un moment entre la gorge, nous font un peu mal à l'estomac, mais finissent à l'égout dans une agréable libération.12 novembre 2004
Coucher avec la beauté ne rend pas heureux. Cela passe en spasme, et vous laisse à vie un creux douloureux (...)9 novembre 2004
Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit. Je viens encore d'essayer, mais le sommeil ne répond pas à mes appels. il est sur boîte vocale, ça m'énerve. Si on ne peut plus joindre le sommeil en pleine nuit, où va-t-on ? (...)4 novembre 2004
Au fond, Happy Tree Friends, c'est le milieu gay. Il y a beaucoup de couleurs, tout le monde a des coeurs sur le visage, sourit et glapit tout le temps. Et tout le monde fait du mal à tout le monde, et tout finit toujours dans le sang.24 octobre 2004
Pour une fois que tu écris quelque chose d'intéressant, ce n'est pas de toi ; dommage
Sorty
C'est médiocre, comme tout ce qu'écrit cet auteur Elizabethtessier
Une vraie petite boucherie intellectualo-sexuelle. Et tout cela avec cynisme "lucide", prétention élitiste et la condescendance qui l'accompagne... Rapport fascinant à l'autre...
Sharruk
Tu es une catastrophe ambulante en matière de politique! Fais plutôt du porno, ça te réussir mieux. Ou de la poésie. Ma Josiane d'amour