Blog négatif (et révolu)

08/04/2008

08/04/08 - 22:06

Fragments de discours d'un amoureux

1. *** est beau ; ses messages sont beaux, ses attentions sont belles ; nous nous aimons dans de beaux endroits, et quand nous ne sommes pas ensemble, nous pensons l'un à l'autre en écoutant de belles choses. Il n'y aurait donc que moi de pas beau dans cette histoire ?

2. Je vous accorde que le 1 sent la formule facile. N'empêche que de toutes les craintes qui me font souffrir depuis notre rencontre — après celle de recevoir un pas mon style, désolé, puis celle de devoir accepter un je t'aime beaucoup, comme ami, tu vois— c'est quand même celle de ne pas être à la hauteur de cette histoire qui est la plus sérieuse (enfin, non, il y a celle mentionnée infra).

3. Relativisons le 1 pour vous faire plaisir, car j'ai vraiment l'impression qu'il ne passe pas. Dans le metro du retour, ce soir, je regardais deux lesbiennes à lunettes dans le metro, et ne pouvant réprimer un (passage censuré pour non-conformité aux dispositions légales françaises instaurant après trop d'années d'infecte liberté d'expression de nécessaires délits d'opinion), je me demande maintenant si les gens qui nous voient, *** et moi, ressentent la même chose devant nous. J'aurais beau savoir écrire notre histoire, ne suis-je pas condamné à ne me faire comprendre que par quelques vieilles pédales qui ont envie de me le prendre ?

4. Ma vie : le tiercé dans le désordre. Pourquoi ne pas avoir aimé un *** quand j'avais son âge ?

5. Jeudi dernier, nous nous retrouvons chez moi. Je lui dit qu'il faut qu'on se parle, que nous nous fréquentons depuis longtemps déjà, que j'en suis très heureux, que non, ce n'est pas cela, que je ne vis vraiment que lorsque nous nous voyons, et d'autres choses encore qui ne concernent que nous pour finir par lui demander s'il consent à m'épouser. Lui de me faire la seule réponse à laquelle je ne m'étais pas préparé : je vis la même chose pour toi. J'ai dû lui demander de me la répéter, car vraiment, je ne comprenais pas ce qu'il voulait me dire.

6. Depuis, j'avance incrédule. S'il ne m'écrit pas pendant une heure, je m'emporte et m'imagine mille autres garçons dans sa vie. S'il me demande quelque chose, je le soupçonne d'intérêt. Je cherche comme un fou la mauvaise nouvelle, la désillusion. Et quand il se donne à moi, j'en veux aux cents qui l'ont précédé et qui me font douter maintenant de lui.

7. Après la déclaration, il a pris son aise sur le LC2. Lui assis en tailleur, ma tête contre sa taille, sa tignasse qui ne devait survivre que quelques jours à l'absence de goût des coiffeurs, son stylo dans la bouche — comme si je faisais bêtises avec un copain de classe dans le salon de mes parents.

8. Lecteurs, ayez pitié d'un malheureux qui aime.

commentaires

08/04/08 - 22:18

Sois heureux.

08/04/08 - 22:33

8. Nous avons pitié ; et il ne s'agit pas d'une "Pitié dangereuse".
Vivez, pleinement !

08/04/08 - 22:36

P.S. : sans vouloir effacer le passé, vous pouvez cependant l'en-tête de votre blog ; "Rien" n'égale-t-il vraiment votre malheur, aujourd'hui ?

08/04/08 - 22:37

* pouvez actualiser

08/04/08 - 23:26

'Tis better to have loved and lost
Than never to have loved at all.

And still better to love and not to have lost.

08/04/08 - 23:34

Personne, y compris un contorsionniste exerçant chez Pinder, ne peut prendre ses aises sur un lc2.

09/04/08 - 00:09

C'est pas vrai, je rêve! Enfin, bon, attendons.

09/04/08 - 00:12

Nétrochéri, veux-tu que je demande à la bonne de te tricoter un pull comme celui de ***?

09/04/08 - 12:04

c'est quoi un lc2?

09/04/08 - 12:32

C'est un fauteuil chic au prix choc (1k€).
LC2: Low Comfort à la puissance 2. Confort acceptable en lordose.

Ah mon Romain, ne vois-tu pas que ton snobisme prétéritif est en fait guidé par un ridiculisme compulsif?

09/04/08 - 12:34

Et puis, "LE LC2"... tu n'en as qu'un seul? C'est petit!

09/04/08 - 22:54

J'ai pas compris. L'amour ça rend heureux ou malheureux ?! Et l'absence d'amour ?! :p

09/04/08 - 23:31

Ma Josy, tu deviens aigrie, il est temps que tu rentres d'Allemagne.

10/04/08 - 09:14

Oh, je ne t'ai pas dit? Je suis à Paris depuis quelque temps.

30/04/08 - 14:06

Avec mon *** à moi, je me suis également risqué au point n°5. Malheureusement, je n'ai pas eu la chance d'entendre le même dénouement. Profite du moment présent en tous les cas !

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Résumé des épisodes précédents

Dîner d'affaires à Hong Kong. Je pense à ses fesses, dénudées dans la pénombre de notre chambre d'hôtel, à Budapest, il y a trois jours. Ma tête est encombrée de son prénom. Mon estomac est encombré de la soupe de porc et des méduses du déjeuner.13 mars 2009


Et me voilà tout seul dans un décor de partouze, ce qui est le plus juste résumé de mes dernières années d'existence"15 août d'une année bien révolue


...cette nuit froide étoilée d'orgasmes qui est la vie d'un pédé (plus ou moins étoilée d'ailleurs selon son poids, son âge, la couleur de sa peau, la taille de sa bite, l'épaisseur de ses sourcils, la marque de ses sous-vêtements et les autres qualités essentielles dans une communauté raffinée)" 24 février 2008


J'aurais dû suivre mes deux jeunes amants dans la nuit parisienne, où tout le monde se fout bien de devoir disparaître un jour ; m'enivrer du bruit avant l'éternité, me couvrir de sueur avant le suaire ; descendre en boîte avant le caveau. Quand je suis mort, en 2001, c'est là que j'ai appris que l'enfer est très supportable quand on n'est pas le seul damné29 juillet 2007


Ah, mon blogue, tu ne m'as pas manqué. On m'a un peu parlé de toi, ces derniers temps. Certains te reprochent de te répéter sur les garçons; d'autres te reprochent de te répéter sur la politique. Mettons les tous d'accord, et répétons-nous ce soir sur les garçons et sur la politique.22 juin 2006


Si le ciel n'a pas ton frère
Le ciel peut bien m'attendre

11 février


Quand l'hiver est froid, quand ma vie est froide, que mon coeur est froid et que mes amis sont froids, je vais chercher un peu de chaleur sur son blogue. Il y a mis beaucoup de photos, et c'est vraiment lui le plus beau de GA. Je les regarde, cela va mieux : je sens à nouveau son souffle sur mon épaule, sa nuque sous mes lèvres et son sperme sur mes joues. 21 janvier 2006


Ce qui est sûr, c'est qu'après Grande Ecole, il est difficile de faire un film plus bête, comme après Presque rien, il est difficile de faire un film plus vide. Les deux auteurs méritent donc d'être placés aussi haut dans notre panthéon gay, là où usant à l'envi leurs chaleurs dernières, ils pourront réfléchir leurs doubles lumières/Dans leurs deux esprits, ces miroirs jumeaux." 7 janvier 2006


La meilleure forme de gratitude que pourraient avoir pour nous ceux dont nous nous sommes beaucoup occupés, ce n'est pas de s'occuper de nous à leur tour , c'est d'enfin s'occuper d'eux-mêmes. 12 novembre 2005


des fesses fermes et douces, des abdominaux irreprochables, une peau savamment épilée, une musculature sophistiquée, voilà la nourriture ordinaire du gay, mais son bonheur cesse au niveau du cou, lorsqu'il est obligé, pour payer pour le prix de ces corps inoubliables, de supporter un visage imparfait, dégradé, caricatural, vide, pas un de ces visages hétéros qui nous irritent de leur sublime simplicité, de leur mystérieux équilibre. 29 octobre 2005


Un club de sport, c'est comme la littérature française contemporaine : il y a beaucoup de pédés, de plus en plus de femmes, et on y trouve surtout des choses crues et laides étalées avec complaisance. 16 octobre 2005


Car j'ai beau le caresser, le lécher, l'embrasser, le baiser, le sucer, l'enculer, le prendre en moi et que sais-je encore, il reste irrémédiablement vierge de moi. De nos coïts il ne reste rien, et certainement pas un patrimoine; et les êtres qui nous font l'honneur de nous laisser leur donner du plaisir restent pourtant à jamais inentamés. 16 septembre 2005


…le premier garçon qu'on a embrassé est aussi le premier garçon qu'on a niqué.(…)Je crois que c'est une des raisons qui explique le souci particulier du productivisme sexuel des gays, leur attention au rendement annuel de leurs éjaculations et leur industrialisation du spasme7 mai 2005


Dans un mois, cela fera quatre ans que je suis mort 21 avril


La punition de ceux qui ont connu le paradis est d'être incapables d'en parler. Condamnés à se taire sur le seul sujet qui importe, ils doivent en plus supporter les interminables conversations des autres sur tout le reste, qui n'existe pas. 10 mars 2005


Trois marins presques nus, presqu'imberbes et presque majeurs m'allumaient en chantant In the Navy — Jamais depuis je n'ai pu écouter les Village people sans bander aussitôt.
18 février 2005


Les garçons que nous rencontrons sont comme des aliments. Les meilleurs nous nourrissent et nous renforcent; les autres nous restent un moment entre la gorge, nous font un peu mal à l'estomac, mais finissent à l'égout dans une agréable libération. 12 novembre 2004


Coucher avec la beauté ne rend pas heureux. Cela passe en spasme, et vous laisse à vie un creux douloureux (...)9 novembre 2004


Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit. Je viens encore d'essayer, mais le sommeil ne répond pas à mes appels. il est sur boîte vocale, ça m'énerve. Si on ne peut plus joindre le sommeil en pleine nuit, où va-t-on ? (...)4 novembre 2004


Au fond, Happy Tree Friends, c'est le milieu gay. Il y a beaucoup de couleurs, tout le monde a des coeurs sur le visage, sourit et glapit tout le temps. Et tout le monde fait du mal à tout le monde, et tout finit toujours dans le sang.24 octobre 2004


Ils n'aiment pas

Pour une fois que tu écris quelque chose d'intéressant, ce n'est pas de toi ; dommage Sorty

C'est médiocre, comme tout ce qu'écrit cet auteur
Elizabethtessier

Une vraie petite boucherie intellectualo-sexuelle. Et tout cela avec cynisme "lucide", prétention élitiste et la condescendance qui l'accompagne... Rapport fascinant à l'autre...
Sharruk

Tu es une catastrophe ambulante en matière de politique! Fais plutôt du porno, ça te réussir mieux. Ou de la poésie.
Ma Josiane d'amour

Ce qu'on peut lire comme conneries....
Ronans

Et vive les donneurs de leçon
Fantin