On demandait à un très vieux sage chinois comment il faisait, presque sénile et sans le secours d'une bibliothèque, pour tout savoir sur tout : "c'est simple, expliquait-il, j'ai tout ramené à un seul mot". Mon blogue arrive aujourd'hui à son terme, car tout le ramène, depuis le début, à un seul mot, celui d'ailleurs que je n'ai jamais écrit ici : ***.
Je suis frappé de penser que, depuis le premier billet déposé, ce blogue ne raconte en somme que l'attente de ***, qu'il entr'aperçoit, parfois de front, parfois en creux, parfois en rêvant un avenir, parfois en pleurant un manque ; et toutes ses saillies contre le milieu gay, dont on ne dira jamais assez à quel point il nous salit le goût, et contre toutes les tapettes, y compris blogueuses, que nous avons croisées, qui ont presque réussi à nous transformer à leur image, qui est celle de la mort, tout cela était la plainte d'un coeur qui refusait de disparaître sans un dernier émerveillement ; elle n'a plus lieu d'être, maintenant : je suis revenu d'entre les morts, je clos ce journal de l'Enfer, non pas que je pense ne pas y revenir bientôt, mais j'y reviendrai différent, et ce sera donc pour tenir un autre journal. Netromain, c'est quand j'étais sans *** : imaginez à quel point je ne veux pas le redevenir. Prions que la vie me donne autant d'années avec *** qu'avec Vincent : cela aurait de la gueule, putain, ma vie serait tous ces romans que je ne sais pas écrire, on la raconterait bien après ma mort, car on veut toujours savoir ce qu'ont vu ceux qui ont vu le paradis, alors imaginez, celui qui l'a vu deux fois.
Mais je m'égare, les amis, je m'égare. Je sens déjà l'envie d'écrire sur ***, quelque part où je pourrai écrire son nom ; il faut que je cherche cela (après avoir appris à écrire, bien sûr). Il faut que je mette un peu d'ordre ici, également, que je corrige les erreurs, que je lie les billets qui vont ensemble, maintenant que la cohérence de l'ensemble m'apparaît ; que je finisse l'index, car il y a des fous, parfois, qui ont envie de tout lire (et qui m'envoient de longues notes qui m'étonnent, avant de me dire qu'ils me détestent). Et que je continue les quelques conversations en cours, qui sont ma foi très agréables.
Je crois bien avoir lu ton blog en entier et te l'avoir écrit d'ailleurs. Je ne savais pas que cela relevait de la folie mais je vais y songer à présent.
Je me souviens d'avoir écrit dans un commentaire, le 8 avril :
"P.S. : sans vouloir effacer le passé, vous pouvez cependant actualiser l'en-tête de votre blog ; "Rien" n'égale-t-il vraiment votre malheur, aujourd'hui ?"
Je constate avec bonheur que c'est fait.
Parfois, il est agréable de pouvoir écrire "bon vent" à quelqu'un, au sens littéral.
Dommage, ct l'un des rares nombrils intéressants de GA... Et l'un des très rares blogs écrits dans un français bel et bon (après corrections), même si les arabesques y ressemblaient parfois à des ampoules.
Bon, vais qd mm pas dire tout le bien que j'en ai pensé, on risquerait de me croire gentil et, plus grave, niais.
> Roumi, je ne sais pas très bien ce que trouvent ceux qui lisent tout mon blog, je dis ceux car il y en a quelques uns - et pour ceux qui m'envoient de longues notes, je ne parlais pas de la tienne.
>Herminien : voyez que j'ai bien pris note de votre conseil^^
>Valerio : il est temps, maintenant, de passer tes corrections
...cette nuit froide étoilée d'orgasmes qui est la vie d'un pédé (plus ou moins étoilée d'ailleurs selon son poids, son âge, la couleur de sa peau, la taille de sa bite, l'épaisseur de ses sourcils, la marque de ses sous-vêtements et les autres qualités essentielles dans une communauté raffinée)" 24 février 2008
J'aurais dû suivre mes deux jeunes amants dans la nuit parisienne, où tout le monde se fout bien de devoir disparaître un jour ; m'enivrer du bruit avant l'éternité, me couvrir de sueur avant le suaire ; descendre en boîte avant le caveau.
Quand je suis mort, en 2001, c'est là que j'ai appris que l'enfer est très supportable quand on n'est pas le seul damné29 juillet 2007
Ah, mon blogue, tu ne m'as pas manqué. On m'a un peu parlé de toi, ces derniers temps. Certains te reprochent de te répéter sur les garçons; d'autres te reprochent de te répéter sur la politique. Mettons les tous d'accord, et répétons-nous ce soir sur les garçons et sur la politique.22 juin 2006
Si le ciel n'a pas ton frère
Le ciel peut bien m'attendre 11 février
Quand l'hiver est froid, quand ma vie est froide, que mon coeur est froid et que mes amis sont froids, je vais chercher un peu de chaleur sur son blogue. Il y a mis beaucoup de photos, et c'est vraiment lui le plus beau de GA. Je les regarde, cela va mieux : je sens à nouveau son souffle sur mon épaule, sa nuque sous mes lèvres et son sperme sur mes joues.21 janvier 2006
Ce qui est sûr, c'est qu'après Grande Ecole, il est difficile de faire un film plus bête, comme après Presque rien, il est difficile de faire un film plus vide. Les deux auteurs méritent donc d'être placés aussi haut dans notre panthéon gay, là où usant à l'envi leurs chaleurs dernières, ils pourront réfléchir
leurs doubles lumières/Dans leurs deux esprits, ces miroirs jumeaux." 7 janvier 2006
La meilleure forme de gratitude que pourraient avoir pour nous ceux dont nous nous sommes beaucoup occupés, ce n'est pas de s'occuper de nous à leur tour , c'est d'enfin s'occuper d'eux-mêmes.12 novembre 2005
des fesses fermes et douces, des abdominaux irreprochables, une peau savamment épilée, une musculature sophistiquée, voilà la nourriture ordinaire du gay, mais son bonheur cesse au niveau du cou, lorsqu'il est obligé, pour payer pour le prix de ces corps inoubliables, de supporter un visage imparfait, dégradé, caricatural, vide, pas un de ces visages hétéros qui nous irritent de leur sublime simplicité, de leur mystérieux équilibre.29 octobre 2005
Un club de sport, c'est comme la littérature française contemporaine : il y a beaucoup de pédés, de plus en plus de femmes, et on y trouve surtout des choses crues et laides étalées avec complaisance.16 octobre 2005
Car j'ai beau le caresser, le lécher, l'embrasser, le baiser, le sucer, l'enculer, le prendre en moi et que sais-je encore, il reste irrémédiablement vierge de moi. De nos coïts il ne reste rien, et certainement pas un patrimoine; et les êtres qui nous font l'honneur de nous laisser leur donner du plaisir restent pourtant à jamais inentamés. 16 septembre 2005
…le premier garçon qu'on a embrassé est aussi le premier garçon qu'on a niqué.(…)Je crois que c'est une des raisons qui explique le souci particulier du productivisme sexuel des gays, leur attention au rendement annuel de leurs éjaculations et leur industrialisation du spasme7 mai 2005
Dans un mois, cela fera quatre ans que je suis mort21 avril
La punition de ceux qui ont connu le paradis est d'être incapables d'en parler. Condamnés à se taire sur le seul sujet qui importe, ils doivent en plus supporter les interminables conversations des autres sur tout le reste, qui n'existe pas. 10 mars 2005
Trois marins presques nus, presqu'imberbes et presque majeurs m'allumaient en chantant In the Navy — Jamais depuis je n'ai pu écouter les Village people sans bander aussitôt.18 février 2005
Les garçons que nous rencontrons sont comme des aliments. Les meilleurs nous nourrissent et nous renforcent; les autres nous restent un moment entre la gorge, nous font un peu mal à l'estomac, mais finissent à l'égout dans une agréable libération.12 novembre 2004
Coucher avec la beauté ne rend pas heureux. Cela passe en spasme, et vous laisse à vie un creux douloureux (...)9 novembre 2004
Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit. Je viens encore d'essayer, mais le sommeil ne répond pas à mes appels. il est sur boîte vocale, ça m'énerve. Si on ne peut plus joindre le sommeil en pleine nuit, où va-t-on ? (...)4 novembre 2004
Au fond, Happy Tree Friends, c'est le milieu gay. Il y a beaucoup de couleurs, tout le monde a des coeurs sur le visage, sourit et glapit tout le temps. Et tout le monde fait du mal à tout le monde, et tout finit toujours dans le sang.24 octobre 2004
Pour une fois que tu écris quelque chose d'intéressant, ce n'est pas de toi ; dommage
Sorty
C'est médiocre, comme tout ce qu'écrit cet auteur Elizabethtessier
Une vraie petite boucherie intellectualo-sexuelle. Et tout cela avec cynisme "lucide", prétention élitiste et la condescendance qui l'accompagne... Rapport fascinant à l'autre...
Sharruk
Tu es une catastrophe ambulante en matière de politique! Fais plutôt du porno, ça te réussir mieux. Ou de la poésie. Ma Josiane d'amour
25/04/08 - 23:15
Je crois bien avoir lu ton blog en entier et te l'avoir écrit d'ailleurs. Je ne savais pas que cela relevait de la folie mais je vais y songer à présent.
Roumi (visiteur - site web)