Quand je serai grand, je serai éditorialiste au Monde. Finis la rude besogne d'avoir à justifier ce que l'on dit, le besoin d'une documentation préalable ou d'un argumentaire robuste : je viendrai vous dire les choses comme je les pense, et vous viendrez saluer ma parole résistante.
Prenons l'intéressant article de Nicolas Weill, La pensée anti-Mai 68 s'épuise. Voilà un titre bien alléchant pour quelqu'un qui aime les réfutations. Première déconvenue, le texte est aux trois quarts consacré à un rappel de la pensée et des auteurs anti-mai 68, dans une énumération qui sent l'hypokhâgne. Il faut donc atteindre les deux derniers paragraphes sur huit (et encore, l'ultime ne fait que trois lignes) pour que Nicolas Weill consente enfin à nous parler de l'épuisement de la pensée anti-mai-68 — mais peut-être était-il lui même épuisé par les six premiers paragraphes de pensée anti-mai 68 ?
Puisqu'on en vient au fait, quelles sont donc les raisons données de manière si condensée (et l'on sait que l'auteur de ces lignes aime pourtant le style rapide) ?
a) la pensée anti-mai 68 "est contrecarrée depuis quelques années par les progrès de l'historiographie , qui ont donné de Mai 68 une tout autre image que celle d'un événement dont le message serait à rechercher dans les moeurs ou dans un effet de connivence générationnelle : Nicolas Weill n'éprouve pas le besoin de nous indiquer de quelle historiographie il s'agit (alors qu'il ne nous avait pas épargné supra les bien inutiles Edgar Morin, Claude Lefort ou Cornelius Castoriadis) ni quelle est cette alter-image des événements qu'il faudrait désormais adopter. Comme lecteur peu érudit (et surtout, assez peu intéressé par ce qui s'écrit sur mai-68), vous imaginez ma déception ;
b) Déception heureusement rachetée par le fou-rire provoqué par la phrase suivante : Ce renouvellement s'accompagne d'un dynamisme de la pensée radicale, lequel se traduit à son tour par une efflorescence de maisons d'édition et de revues, parfois animées par de très jeunes gens. Depuis la chute du Mur de Berlin, l'extrême gauche se trouve en effet confrontée à un défi qui stimule sa productivité théorique : celui de reconstruire une critique du néolibéralisme après l'échec du communisme, tout en faisant l'économie de la violence. Je vous jure que j'ai simplement copié-collé. Figurons-nous le même auteur sur la (temporaire) déconvenue de théoriciens de l'oeuf carré, après la découverte d'un oeuf rond : dynamisme de la pensée radicale, lequel se traduit à son tour par une efflorescence de maisons d'édition et de revues, parfois animées par de très jeunes gens. Depuis la découverte d'un oeuf rond, les défenseurs du carré de l'oeuf se trouvent en effet confrontés à un défi qui stimule leur productivité théorique : celui de reconstruire une critique du rond après l'échec du carré, tout en faisant l'économie de la violence. Figure habituelle de la pensée magique ; la réfutation ne la détruit pas, elle est un défi stimulant. Et dans les moments d'abattement, j'entends donc bien adopter des idées grotesques, pour que leur démenti soit l'occasion de développer ma productivité théorique, sans laquelle les colonnes du Monde me resteront interdites.
Après cet épais dogmatisme, la conclusion s'impose naturellement :Nul doute que ces noeuds-là stimulent les théoriciens de l'extrême gauche et suscitent de ce côté-là un bouillonnement dont les bulles Alain Badiou, les Italiens Antonio Negri ou Giorgio Agamben, l'Américain Michael Hardt ou le Slovène Slavoj Zizek constituent "parfois de façon brouillonne (sic), une nouvelle constellation de philosophie politique critique.". Mais le vrai génie de Nicolas Weill réside dans sa capacité de concentrer toute sa force démonstrative dans les tous derniers mots, qui contiennent à la fois son idée, sa preuve, son exemple, son avis, sa rage de dent, sa carte d'identité intellectuelle, son bon mot, son système de pensée, sa critique : "la tradition libérale en France s'est comme figée sur sa posture mélancolique ou décliniste. Quand elle n'est pas devenue franchement réactionnaire !" A présent, exercice pratique pour mes lecteurs : donnez à tous vos écrits un côté éditorial du Monde, en leur ajoutant ces derniers mots, et voyez l'effet sur votre liste de courses, votre recette du poulet au nougat, votre note de service ou déclaration de revenus, une lettre d'amour ou une lettre d'excuses. En vérité, la tradition libérale en France s'est comme figée sur sa posture mélancolique ou décliniste. Quand elle n'est pas devenue franchement réactionnaire !
En vérité, la tradition libérale de Netrominou s'est comme figée sur sa posture mélancolique ou décliniste. Quand elle n'est pas devenue franchement réactionnaire ! :p
Nan je dis ça mais j'en pense pas un mot. :) Enfin si la mélancolie semble quand même t'étreindre assez souvent. Il en faut...
Allons, tu te fais mal, à lire tous ces débiles. Et ça ne peut servir à rien. Pas même à satisfaire ton égo. Relis la Planète des singes.
Netrovilain (visiteur)
04/05/08 - 23:13
Mon Romain, ne sois pas jaloux de ces gens! Combien de fois t'ai-je dit que tu n'avais pas la vocation pour être l'idiot de service! Même en te forçant, tu n'y parviendrais pas.
...cette nuit froide étoilée d'orgasmes qui est la vie d'un pédé (plus ou moins étoilée d'ailleurs selon son poids, son âge, la couleur de sa peau, la taille de sa bite, l'épaisseur de ses sourcils, la marque de ses sous-vêtements et les autres qualités essentielles dans une communauté raffinée)" 24 février 2008
J'aurais dû suivre mes deux jeunes amants dans la nuit parisienne, où tout le monde se fout bien de devoir disparaître un jour ; m'enivrer du bruit avant l'éternité, me couvrir de sueur avant le suaire ; descendre en boîte avant le caveau.
Quand je suis mort, en 2001, c'est là que j'ai appris que l'enfer est très supportable quand on n'est pas le seul damné29 juillet 2007
Ah, mon blogue, tu ne m'as pas manqué. On m'a un peu parlé de toi, ces derniers temps. Certains te reprochent de te répéter sur les garçons; d'autres te reprochent de te répéter sur la politique. Mettons les tous d'accord, et répétons-nous ce soir sur les garçons et sur la politique.22 juin 2006
Si le ciel n'a pas ton frère
Le ciel peut bien m'attendre 11 février
Quand l'hiver est froid, quand ma vie est froide, que mon coeur est froid et que mes amis sont froids, je vais chercher un peu de chaleur sur son blogue. Il y a mis beaucoup de photos, et c'est vraiment lui le plus beau de GA. Je les regarde, cela va mieux : je sens à nouveau son souffle sur mon épaule, sa nuque sous mes lèvres et son sperme sur mes joues.21 janvier 2006
Ce qui est sûr, c'est qu'après Grande Ecole, il est difficile de faire un film plus bête, comme après Presque rien, il est difficile de faire un film plus vide. Les deux auteurs méritent donc d'être placés aussi haut dans notre panthéon gay, là où usant à l'envi leurs chaleurs dernières, ils pourront réfléchir
leurs doubles lumières/Dans leurs deux esprits, ces miroirs jumeaux." 7 janvier 2006
La meilleure forme de gratitude que pourraient avoir pour nous ceux dont nous nous sommes beaucoup occupés, ce n'est pas de s'occuper de nous à leur tour , c'est d'enfin s'occuper d'eux-mêmes.12 novembre 2005
des fesses fermes et douces, des abdominaux irreprochables, une peau savamment épilée, une musculature sophistiquée, voilà la nourriture ordinaire du gay, mais son bonheur cesse au niveau du cou, lorsqu'il est obligé, pour payer pour le prix de ces corps inoubliables, de supporter un visage imparfait, dégradé, caricatural, vide, pas un de ces visages hétéros qui nous irritent de leur sublime simplicité, de leur mystérieux équilibre.29 octobre 2005
Un club de sport, c'est comme la littérature française contemporaine : il y a beaucoup de pédés, de plus en plus de femmes, et on y trouve surtout des choses crues et laides étalées avec complaisance.16 octobre 2005
Car j'ai beau le caresser, le lécher, l'embrasser, le baiser, le sucer, l'enculer, le prendre en moi et que sais-je encore, il reste irrémédiablement vierge de moi. De nos coïts il ne reste rien, et certainement pas un patrimoine; et les êtres qui nous font l'honneur de nous laisser leur donner du plaisir restent pourtant à jamais inentamés. 16 septembre 2005
…le premier garçon qu'on a embrassé est aussi le premier garçon qu'on a niqué.(…)Je crois que c'est une des raisons qui explique le souci particulier du productivisme sexuel des gays, leur attention au rendement annuel de leurs éjaculations et leur industrialisation du spasme7 mai 2005
Dans un mois, cela fera quatre ans que je suis mort21 avril
La punition de ceux qui ont connu le paradis est d'être incapables d'en parler. Condamnés à se taire sur le seul sujet qui importe, ils doivent en plus supporter les interminables conversations des autres sur tout le reste, qui n'existe pas. 10 mars 2005
Trois marins presques nus, presqu'imberbes et presque majeurs m'allumaient en chantant In the Navy — Jamais depuis je n'ai pu écouter les Village people sans bander aussitôt.18 février 2005
Les garçons que nous rencontrons sont comme des aliments. Les meilleurs nous nourrissent et nous renforcent; les autres nous restent un moment entre la gorge, nous font un peu mal à l'estomac, mais finissent à l'égout dans une agréable libération.12 novembre 2004
Coucher avec la beauté ne rend pas heureux. Cela passe en spasme, et vous laisse à vie un creux douloureux (...)9 novembre 2004
Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit. Je viens encore d'essayer, mais le sommeil ne répond pas à mes appels. il est sur boîte vocale, ça m'énerve. Si on ne peut plus joindre le sommeil en pleine nuit, où va-t-on ? (...)4 novembre 2004
Au fond, Happy Tree Friends, c'est le milieu gay. Il y a beaucoup de couleurs, tout le monde a des coeurs sur le visage, sourit et glapit tout le temps. Et tout le monde fait du mal à tout le monde, et tout finit toujours dans le sang.24 octobre 2004
Pour une fois que tu écris quelque chose d'intéressant, ce n'est pas de toi ; dommage
Sorty
C'est médiocre, comme tout ce qu'écrit cet auteur Elizabethtessier
Une vraie petite boucherie intellectualo-sexuelle. Et tout cela avec cynisme "lucide", prétention élitiste et la condescendance qui l'accompagne... Rapport fascinant à l'autre...
Sharruk
Tu es une catastrophe ambulante en matière de politique! Fais plutôt du porno, ça te réussir mieux. Ou de la poésie. Ma Josiane d'amour
03/05/08 - 13:52
Ahhhh c'est donc TOI le dernier lecteur du Monde !
furyo