Blog négatif (et révolu)

17/05/2008

17/05/08 - 23:22

Lendemain de fête

1.Cessons le mensonge : ceci n'est pas un journal, puisqu'aux dates importantes de ma vie, il reste vierge de toute mention. Je n'aurai donc que le soutien de ma médiocre mémoire quand je voudrai me rappeler mes premiers mois avec ***, et peut-être le récit de tous mes amis que j'ai ennuyés avec ma passion. Je suis exténué dans mon lit, à mes pieds il y a des emballages de capotes, les siennes et les miennes, j'ai repris son oreiller car il sent son parfum, des souvenirs incohérents voilent mon regard, je devrais être dans l'avion pour une mission à l'autre bout du monde, mais l'autre bout du monde, j'en reviens, j'ai passé assez d'années sans lui — me voilà faux malade pour les besoins de ma cause, parce que notre intouchable droit du travail ne reconnaît pas de congés pour passion amoureuse alors qu'il y en a pour un déménagement ou un enfant malade, mais tant pis, j'ai raison du point de vue de la tombe, le seul que je reconnaisse — je reste à Paris sans lui et je revis notre nuit d'hier, où je l'ai enfin totalement possédé, avant d'attendre le jour aux toilettes parce que nos corps qui nous servent à jouir ont d'autres fonctions (ou malfonctions) qu'on ne sait pas encore désactiver. Spontanément, il a trouvé la position qui nous permettrait de dormir enlacés sans nous comprimer, dont je n'ai profité que peu de temps, avant le début des douleurs, mais à mon retour des toilettes je n'avais plus ni couette ni oreiller. Je croyais sincèrement qu'une histoire comme Vincent, Damien, cela ne m'arriverait plus ; elle m'arrive, et je la contrarie à en chercher la cause. Vous aussi, vous avez vingt ans ? Aimez-moi un peu, et je vous aimerai infiniment. Vous serez un dieu, ce n'est pas désagréable. Et je serai croyant, et donc sauvé.

2.Un homme vivait une vie médiocre, dans tous ses aspects. Quel malheur, se lamentait-il souvent, pourquoi le destin ne me donne-t-il pas une chose merveilleuse à vivre ? Et le destin l'entendit, et lui donna une vie amoureuse féerique. Quel malheurse plaignait-il désormais, Pourquoi le reste de ma vie n'est pas à la hauteur de ma vie amoureuse ?

3. La nature remplace l'art : je vis les histoires que j'aurais dû écrire si j'avais eu du talent. Je me rêvais auteur, et je ne suis que le héros.

4. *** me dit : je finis par y croire, à la vie que tu me fais vivre


commentaires

18/05/08 - 00:17

Concernant la petite annonce numéro XY6969, je suis au regret de vous informer que je n'ai plus vingt ans... un petit 29 et demi dans quelques jours, qui risque de m'envoyer tout droit à l'hospice si ce n'est même aux racines d'un parterre quelconque nommé "jardin de l'oubli", un jardin que même les asticots ont oublié. Je ne peux être ton dieu vu que je suis un demi-vieux. :p Cela étant dit j'ai coutume de dire que mes amis sont mes dieux ; ainsi j'ai une escouade de dieux à mon service... tout comme lui... pardon tout comme Lui ils m'opposent parfois un silence pesant mais me font parfois aussi entrevoir de fugitifs bonheurs où mon esprit naïf batifole gaiement en attendant que mort s'en suive.

18/05/08 - 16:24

Jupiter
Voyons, Ganymède, nous sommes arrivés en lieu sûr ; embrasse-moi.

Ganymède
Oui ! tu es homme ! Mais comment as-tu pris tout à coup une autre forme ?

Jupiter
Mais je ne suis pas un homme comme tu le crois, mon garçon, ni un aigle ; je suis le roi de tous les dieux, et je me suis métamorphosé pour la circonstance.

Ganymède
Que dis-tu ? Tu es notre dieu Pan ? Pourquoi donc alors n'as-tu ni flûte, ni cornes, ni jambes velues ?

Jupiter
Dis-moi, n'as-tu jamais entendu le nom de Jupiter ? N'as-tu jamais vu sur le Gargarus l'autel du dieu qui envoie la pluie, le tonnerre et les éclairs ?

Ganymède
C'est donc toi, excellent dieu, qui nous as dernièrement accablés de tant de grêle, toi que l'on dit habiter là-haut, toi qui fais tant de fracas, et à qui mon père a sacrifié un bélier !

Jupiter
Tu songes encore à ton troupeau, quand tu es devenu immortel, destiné à vivre ici avec nous ?

Ganymède
Que dis-tu ? Tu ne me feras pas redescendre aujourd'hui sur l'Ida ?

Jupiter
Que ce garçon est simple et naïf ! que c'est bien un véritable enfant ! Allons, Ganymède, dis adieu à tout cela ; oublie le passé, et ton troupeau, et le mont Ida : te voilà habitant du ciel, et tu pourras d'ici répandre tes bienfaits sur ton père et sur ta patrie ; au lieu de fromage et de lait, tu mangeras l'ambroisie et boiras le nectar : c'est toi qui le verseras et qui viendras nous l'offrir ; mais, destinée plus belle encore, tu cesseras d'être homme pour devenir immortel, je ferai briller ton astre du plus vif éclat ; enfin tu seras au comble du bonheur.

Ganymède
Mais si je veux jouer, qui jouera avec moi ? Sur le mont Ida nous étions beaucoup d'enfants du même âge.

Jupiter
Ici tu auras pour compagnon de jeux l'Amour avec beaucoup d'osselets. Seulement tranquillise-toi, sois gai, et ne regrette rien des choses de la terre.

Ganymède
A quoi donc pourrai-je vous être utile ? me faudra-t-il ici garder les troupeaux ?

Jupiter
Non, non ; tu seras notre échanson, tu auras l'intendance du nectar et le soin du banquet.

Ganymède
Cela n'est pas difficile ; car je sais comme il faut verser le lait et présenter la coupe.

Jupiter
Bon ! le voilà qui songe encore à son lait, et s'imagine qu'il va servir des hommes ! Mais c'est ici le ciel, et nous buvons, je te l'ai dit, le nectar.

Ganymède
Est-ce meilleur que le lait, Jupiter ?

Jupiter
Tu le sauras avant peu, et, lorsque tu en auras bu, tu ne regretteras plus le lait.

Ganymède
Mais où coucherai-je la nuit ? Sera-ce avec mon camarade l'Amour ?

Jupiter
Non pas ; je t'ai enlevé pour que nous dormions ensemble.

Ganymède
Ah! tu ne peux pas dormir seul, et tu trouves plus agréable de dormir avec moi ?

Jupiter
Sans doute, surtout quand on est joli garçon comme tu l'es, Ganymède.

Ganymède
Comment ma beauté te fera-t-elle mieux dormir ?

Jupiter
C'est un charme puissant et qui rend le sommeil plus doux.

(Lucien de Samosate, 120-180 av. JC)

18/05/08 - 23:36

Allons, nétrochéri, cette interruption d'à peine 3 ans dans ta vie d'enfant gâté t'aura permis de te construire quand même un peu, qui plus est par toi-même, pour une fois!

21/05/08 - 10:00

Moi aussi, je finis par y croire...

21/05/08 - 10:07

«Je me rêvais auteur, et je ne suis que le héros»

Je reconnais que c'est moins éculé comme procédé littéraire que «ceci, lecteur, est une histoire vraie», mais enfin...

22/05/08 - 19:53

netromain

Recherche
Un garçon
Amour / sexe / ...

ahem...

Les commentaires sont automatiquement fermés aux visiteurs au bout de trente jours.

 

Résumé des épisodes précédents

Dîner d'affaires à Hong Kong. Je pense à ses fesses, dénudées dans la pénombre de notre chambre d'hôtel, à Budapest, il y a trois jours. Ma tête est encombrée de son prénom. Mon estomac est encombré de la soupe de porc et des méduses du déjeuner.13 mars 2009


Et me voilà tout seul dans un décor de partouze, ce qui est le plus juste résumé de mes dernières années d'existence"15 août d'une année bien révolue


...cette nuit froide étoilée d'orgasmes qui est la vie d'un pédé (plus ou moins étoilée d'ailleurs selon son poids, son âge, la couleur de sa peau, la taille de sa bite, l'épaisseur de ses sourcils, la marque de ses sous-vêtements et les autres qualités essentielles dans une communauté raffinée)" 24 février 2008


J'aurais dû suivre mes deux jeunes amants dans la nuit parisienne, où tout le monde se fout bien de devoir disparaître un jour ; m'enivrer du bruit avant l'éternité, me couvrir de sueur avant le suaire ; descendre en boîte avant le caveau. Quand je suis mort, en 2001, c'est là que j'ai appris que l'enfer est très supportable quand on n'est pas le seul damné29 juillet 2007


Ah, mon blogue, tu ne m'as pas manqué. On m'a un peu parlé de toi, ces derniers temps. Certains te reprochent de te répéter sur les garçons; d'autres te reprochent de te répéter sur la politique. Mettons les tous d'accord, et répétons-nous ce soir sur les garçons et sur la politique.22 juin 2006


Si le ciel n'a pas ton frère
Le ciel peut bien m'attendre

11 février


Quand l'hiver est froid, quand ma vie est froide, que mon coeur est froid et que mes amis sont froids, je vais chercher un peu de chaleur sur son blogue. Il y a mis beaucoup de photos, et c'est vraiment lui le plus beau de GA. Je les regarde, cela va mieux : je sens à nouveau son souffle sur mon épaule, sa nuque sous mes lèvres et son sperme sur mes joues. 21 janvier 2006


Ce qui est sûr, c'est qu'après Grande Ecole, il est difficile de faire un film plus bête, comme après Presque rien, il est difficile de faire un film plus vide. Les deux auteurs méritent donc d'être placés aussi haut dans notre panthéon gay, là où usant à l'envi leurs chaleurs dernières, ils pourront réfléchir leurs doubles lumières/Dans leurs deux esprits, ces miroirs jumeaux." 7 janvier 2006


La meilleure forme de gratitude que pourraient avoir pour nous ceux dont nous nous sommes beaucoup occupés, ce n'est pas de s'occuper de nous à leur tour , c'est d'enfin s'occuper d'eux-mêmes. 12 novembre 2005


des fesses fermes et douces, des abdominaux irreprochables, une peau savamment épilée, une musculature sophistiquée, voilà la nourriture ordinaire du gay, mais son bonheur cesse au niveau du cou, lorsqu'il est obligé, pour payer pour le prix de ces corps inoubliables, de supporter un visage imparfait, dégradé, caricatural, vide, pas un de ces visages hétéros qui nous irritent de leur sublime simplicité, de leur mystérieux équilibre. 29 octobre 2005


Un club de sport, c'est comme la littérature française contemporaine : il y a beaucoup de pédés, de plus en plus de femmes, et on y trouve surtout des choses crues et laides étalées avec complaisance. 16 octobre 2005


Car j'ai beau le caresser, le lécher, l'embrasser, le baiser, le sucer, l'enculer, le prendre en moi et que sais-je encore, il reste irrémédiablement vierge de moi. De nos coïts il ne reste rien, et certainement pas un patrimoine; et les êtres qui nous font l'honneur de nous laisser leur donner du plaisir restent pourtant à jamais inentamés. 16 septembre 2005


…le premier garçon qu'on a embrassé est aussi le premier garçon qu'on a niqué.(…)Je crois que c'est une des raisons qui explique le souci particulier du productivisme sexuel des gays, leur attention au rendement annuel de leurs éjaculations et leur industrialisation du spasme7 mai 2005


Dans un mois, cela fera quatre ans que je suis mort 21 avril


La punition de ceux qui ont connu le paradis est d'être incapables d'en parler. Condamnés à se taire sur le seul sujet qui importe, ils doivent en plus supporter les interminables conversations des autres sur tout le reste, qui n'existe pas. 10 mars 2005


Trois marins presques nus, presqu'imberbes et presque majeurs m'allumaient en chantant In the Navy — Jamais depuis je n'ai pu écouter les Village people sans bander aussitôt.
18 février 2005


Les garçons que nous rencontrons sont comme des aliments. Les meilleurs nous nourrissent et nous renforcent; les autres nous restent un moment entre la gorge, nous font un peu mal à l'estomac, mais finissent à l'égout dans une agréable libération. 12 novembre 2004


Coucher avec la beauté ne rend pas heureux. Cela passe en spasme, et vous laisse à vie un creux douloureux (...)9 novembre 2004


Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit. Je viens encore d'essayer, mais le sommeil ne répond pas à mes appels. il est sur boîte vocale, ça m'énerve. Si on ne peut plus joindre le sommeil en pleine nuit, où va-t-on ? (...)4 novembre 2004


Au fond, Happy Tree Friends, c'est le milieu gay. Il y a beaucoup de couleurs, tout le monde a des coeurs sur le visage, sourit et glapit tout le temps. Et tout le monde fait du mal à tout le monde, et tout finit toujours dans le sang.24 octobre 2004


Ils n'aiment pas

Pour une fois que tu écris quelque chose d'intéressant, ce n'est pas de toi ; dommage Sorty

C'est médiocre, comme tout ce qu'écrit cet auteur
Elizabethtessier

Une vraie petite boucherie intellectualo-sexuelle. Et tout cela avec cynisme "lucide", prétention élitiste et la condescendance qui l'accompagne... Rapport fascinant à l'autre...
Sharruk

Tu es une catastrophe ambulante en matière de politique! Fais plutôt du porno, ça te réussir mieux. Ou de la poésie.
Ma Josiane d'amour

Ce qu'on peut lire comme conneries....
Ronans

Et vive les donneurs de leçon
Fantin