Blog négatif (et révolu)

28/06/2009

28/06/09 - 15:59

Nicolas Madoff Sarkozy

L'exemple le plus simple de jeu à la Ponzi peut être décrit ainsi. Je vous propose de vous emprunter 100 euros contre la promesse de vous en verser le double demain. Le lendemain, vous venez chercher les deux cent euros, et je vous propose alors de ne vous les rembourser que le jour d'après, contre un doublement de votre créance. Le surlendemain, vous venez chercher vos quatre cent euros, et je vous en garantis à nouveau le double, si vous me les laissez en dépôt vingt-quatre heures. La beauté de ce jeu est qu'ainsi, je peux me dispenser à jamais de vous retourner votre argent, car vous préférerez toujours attendre une journée pour récupérer le double (ici, j'omets toute une série de notes de bas de page que vous trouverez facilement dans les ouvrages savants).


Une variante consiste à financer le paiement du lendemain par les dépôts du jour, cela suppose simplement que mon nombre de victimes croisse suffisamment rapidement, mais l'imitation, l'envie et l'appât du gain sont de si puissants rabatteurs que ce n'est pas une hypothèse forte. On retrouve ici quelque chose comme la base de l'arnaque de Bernard Madoff, celle de Nicolas Sarkozy se rapprochant plus du premier exemple.


Reprenons les différents discours jalons du parcours de notre Guide Suprême charismatique et bien aimé.


Au soir de son élection, il nous annonçait que tout allait désormais changer pour, entre autres, les femmes battues et les femmes afghanes.


On attendait de s'en émerveiller, quand, en janvier 2008, Nicolas Sarkozy nous promit bien mieux, dans une ambitieuse et jamais vue "politique de civilisation".


Nous nous apprêtions donc à constater dans la tiédeur enfin arrivée d'un été de réchauffement climatique en quoi cette politique de civilisation avait changé et les paumettes de Carla Bruni que la voilà répudiée (la politique de civilisation, pas Carla) dans un très solennel, historique discours devant le Congrès de juin 2009, où le phare de la pensée nous invite désormais à "une remise en cause" à "tout remettre à plat" et à nous "rendre plus libres d'imaginer un autre avenir".


On attend avec impatience le doublement de cette promesse à la fin de l'année, et les termes amphigouriques que lui trouvera alors Guaino.

27/06/2009

27/06/09 - 21:47

La star et le gamin


Le monde entier pleure Michael Jackson depuis hier, et moi je me souviens du temps où le monde entier le haïssait et réclamait sa punition.


Il y avait eu cette émission consacrée à la star, enfin, on y voyait parfois la star entre deux séquences dans lesquelles le présentateur, à l'image en train de conduire sa décapotable grand sport, marmonnait en voix off des jugements qui sentent la rue; on y avait découvert le ranch de Michael Jackson, ses enfants et son amoureux d'alors, un garçon robuste et un peu niais.


On y assista aussi à un moment inoubliable de bêtise lorsque le présentateur, comme tous les gens sans intelligence, essaya d'éjaculer sur son interlocuteur la mayonnaise pudibonde qui lui tient lieu de matière grise. L'amoureux de Michaël, montré au monde comme une victime du crime le plus insoutenable, la main dans la culotte et la branlette à deux, devenu la risée de ses camarades qui le traitèrent de fiotte, finit par se sentir dûment victime et ses parents portèrent en son nom l'affaire devant les tribunaux.


A cette époque, les rares défenseurs de Michael Jackson disaient que ce qu'on lui reprochait était impossible ; moi je disais que c'était sans importance — J'avoue que j'aurais préféré qu'on le jugeât pour ses épouvantables choix mobiliers ou pour ses dernières vidéos d'esthétique mussolinienne, mais bon, nous vivons à une époque qui n'aura rien produit de beau sauf des corps ; elle est donc plus préoccupée de normaliser les caresses que de fixer le goût.


Toujours est-il que les chansons du King of Pop passaient moins dans les lieux où l'on s'agite, et plus chez moi ; peut-être certains y ont vu des aveux, comme d'autres faibles d'esprit l'inféreront de ce billet. Nous créons en effet des catégories de monstres, et nous y croyons tellement que nous avons l'impression que leur monstruosité se propage par simple contact, mention, référence, ou condamnation trop molle — Parfois cette création ne marche pas très bien, comme celle de la catégorie homophobe, qui n'a pas encore acquis de propriété contaminante malgré des efforts associatifs remarquables.


Aujourd'hui, l'opinion publique l'a heureusement définitivement acquitté par ses larmes, des bougies et quelques peluches.


26/06/2009

26/06/09 - 19:45

D'un souvenir sans importance.

Il n'avait heureusement pas les fesses indécelables des garçons trop maigres.

Les siennes étaient opulentes et fermes, c'est-à-dire parfaites dans leurs proportions mais un peu trop grandes si on les rapporte à sa taille, comme d'autres parties des gens petits (ses biceps avaient la même propriété, quand ils étaient gonflés) — Elles auraient fait merveille sur un corps plus long d'une dizaine de centimètres.

Je ne m'en plaignais pas, car c'était moi qui devait en jouir, et j'avais la taille idoine.

Du reste, j'ai toujours pensé qu'elles ne lui appartenaient pas vraiment, qu'elles avaient une vie propre et des sentiments pour moi différents des siens. Il dormait toujours en biais, sa tête loin de moi et ses fesses disponibles ; quand son visage me faisait la tête, ses fesses, elles, me faisaient la fête. S'il se tournait pour me refuser sa bouche ou son regard, c'était encore elles qui s'offraient pour me consoler, tout m'était difficile sauf de lui mettre la main dans la culotte.

Je souffre aujourd'hui de ne plus m'éveiller sur le spectacle de ses deux collines recouvertes d'un tissu rayé.

24/06/2009

24/06/09 - 23:31

Education nationale, instruction publique et Palais des congrès

J'ai beaucoup de sympathie pour les professeurs d'économie et de sciences sociales, mis à rude épreuve par notre Président : doivent-ils désormais noter les copies de leurs élèves en fonction de l'état de la science économique ou bien des leçons télédiffusées du Commodore Sarkozy ? (et je ne me prononce pas sur le style et la syntaxe, qui là encore suivent des règles différentes selon qu'on consulte un manuel actuel ou la collection des discours du Révérend-Père publiée sur son site).

Prenons les idées-clefs du discours devant le congrès (dont on lira ailleurs, partout ailleurs, le caractère historique, je peux donc sauter ce point). Sur les douze pages dactylographies communiquées par l'Elysée, cela doit représenter une page et demie, malheureusement pas continue.

On peut cependant être plus généreux, par exemple inclure le passage suivant :
"L’idée selon laquelle nous pourrions nous en sortir en laissant une partie des Français sur le bord du chemin, c’est une idée injuste et c’est par-dessus tout, c’est une idée fausse.
L’idée selon laquelle nous pourrions nous en sortir en abandonnant une partie de nos territoires, de nos quartiers, c’est une idée fausse.
L’idée selon laquelle, parce que la crise serait soi-disant terminée, nous ne devrions plus nous préoccuper de ses conséquences sociales, de ses conséquences humaines, c’est une idée dangereuse. "
Seulement, je me demande bien qui a pu soutenir l'une de ces idées. j'ai eu beau chercher dans la suite du discours, je n'ai pas trouvé. J'ai recherché sur internet, je n'ai pas trouvé. Voilà donc des idées fausses et dangereuse, sans doute, mais qui ne sont venues à personne.

"Je vais aller plus loin." C'est bien la moindre des choses.

"Une crise d’une telle ampleur appelle nécessairement une remise en cause profonde. On ne peut pas assister à une catastrophe pareille sans remettre en cause les idées, les valeurs, les décisions qui ont conduit à un tel résultat. En nous obligeant à tout remettre à plat, en ébranlant les dogmes et les certitudes,la crise nous rend plus libres d’imaginer un autre avenir. " :un commentateur avait déjà signalé, dans les années soixante, qu'il n'était plus possible de prendre la parole en France sans donner dans de l'hégélianisme pour femme du monde fatiguée. Admettons que le moment soit dialectique (mais on en a déjà tellement vécu, avant même d'avoir trente ans, qu'on reste dubitatifs), on aimerait ici de la précision : quelles sont donc les les idées, les valeurs, les décisions qui ont conduit à un tel résultat ?

Le discours n'en dira rien, et voilà un procureur sûr du crime mais sans criminel.

Quant à l'idée selon laquelle une crise nous rendrait plus libres d'imaginer un autre avenir, je pense qu'on pourrait à bon droit soutenir le contraire, c'est-à-dire que les leçons de la crise devraient justement nous fermer certaines tentations. Par exemple, après la crise des années trente et les réactions publiques inadaptées, on n'imagine plus mener une politique monétaire restrictive lors d'une récession de cette ampleur ; on n'imagine pas non plus s'inquiéter d'abord du déficit public, sans le mettre en rapport avec le taux d'épargne national et le taux de croissance de l'économie, à moins peut-être quand on s'appelle Philippe Seguin.

"Depuis la fin de la Guerre Froide, la mondialisation semblait imposer à tous l’idée qu’il n’y avait qu’une seule voie à suivre, qu’il n’y avait qu’un seul modèle possible, qu’il n’y avait qu’une seule logique. La crise ayant fait la démonstration que cette voie était une impasse, nous voici désormais tous ensemble contraints d’en trouver d’autres." : Là encore, on est peiné de tant d'imprécision quand le propos se fait aussi doctrinaire.

Depuis la fin de la Guerre Froide, et avant, ce qui frappe c'est plutôt l'hétérogénéité des stratégies des pays dans la mondialisation : comparez l'Allemagne et la France, la Chine et l'Inde, l'Asie avant et après la crise asiatique, la Russie. La mondialisation ayant tiré plus de gens de la pauvreté que Nicolas Sarkozy depuis que les français lui confient des responsabilités, on aimerait qu'il se tienne mieux en public. On sait assez ce qui a déclenché la crise, puisque on le savait même avant qu'elle ne se produise (cf. un précédent billet), il sera plus difficile de nous abuser.


"Finalement il y a deux types de mondialisation. Celle qui privilégie la croissance externe, chacun cherchant par tous les moyens à prendre les emplois et les marchés des autres. Celle qui privilégie la croissance interne, c’est-à-dire un modèle de développement dans lequel chacun produisant plus et consommant davantage contribue au développement de tous. (etc.)"

Oui chef, finalement, il y a le bien et le mal, le bon et le mauvais, comment on n'y avait pas pensé ? Sauf que ce qu'il dit est entièrement dénué de sens. L'idée que la mondialisation serait une guerre de tous contre tous, dans laquelle les vainqueurs prendraient les emplois et les marchés des vaincus n'est pas une idée. Elle est démontée dans les premières pages de tous les bons manuels de macro-économie internationale. Elle a été moquée avec beaucoup de talent par Krugman dans ses papiers, rassemblés en France sous le titre La mondialisation n'est pas coupable. En quelques mots : supposons que la Chine produise tout, après avoir conquis tous nos emplois et tous nos marchés, comment alors échangerons-nous avec elle ? nous n'aurions rien à lui vendre. Du reste, on aimerait que Sarkozy produise les chiffres de la mondialisation qu'il décrit ainsi. Je vous invite à aller les consulter sur le site de l'OMC. Que constatez-vous ? commentez, ah ah.

"La première mondialisation pousse à l’extrême la logique de la compétitivité à tout prix en recourant à toutes les formes de dumpings, à des politiques commerciales agressives, à l’écrasement du pouvoir d’achat et du niveau de vie." On peut ici apprécier la compréhension qu'a le Président (ou celui qui lui a écrit son discours) les concepts de base de l'économie. Si la première mondialisation pousse à la baisse des prix, alors elle augmente le pouvoir d'achat et le niveau de vie. Ahem.

Je saute à la page 5, car je ne lis pas d'autre idée avant. "La République, c’est la promotion sociale fondée sur le mérite et le talent. L’égalitarisme, c’est donner la même chose à tout le monde. La République tire tout le monde vers le haut. L’égalitarisme, c’est le nivellement par le bas."... J'imagine que c'est ce qu'on se dit aux dîners-débat de l'UMP, section de Saint-Germain En Laye. Voilà qui n'est pas non plus une idée ou alors, comme celles dont Wittgenstein disait qu'elles n'ont même pas la chance de pouvoir être fausses.

"Qui ne voit que notre modèle d’intégration ne fonctionne plus ? Au lieu de produire de l’égalité, il produit de l’inégalité. Au lieu de produire de la cohésion, il produit du ressentiment." La question des inégalités est tout de même un peu plus complexe que cela ; ce qui frappe en France, c'est plutôt la faiblesse des inégalités (après redistribution). Il est donc un peu fort et particulièrement inutile - de dire que notre modèle produit de l'inégalité...Avant de jeter le bébé modèle avec l'eau du bain, il serait bon d'y regarder de plus près, et se demander si ce ne sont pas précisément les réformes apportées au modèle d'intégration en vue de réduire les inégalités qui les ont le plus creusées. Quant au ressentiment, je n'ai pas de données là-dessus, je n'ai pas d'avis, mais j'avoue que lorsque j'entends un jeune de banlieue cracher sa rancoeur contre la société à un micro, j'aimerais que quelqu'un lui rappelle qu'il fait partie des 5% de la population mondiale la plus privilégiée, et que cela lui donne peut-être quelques devoirs (je calcule comme les économistes, sur les vivants, mais je pense que le bon dénominateur devrait inclure les 80 milliards d'être humains qui ont vécu).

Allez, je saute à la page 6 : "Nous voyons bien que le capitalisme devient fou quand il n’y a plus de règles." J'observe, moi, à l'inverse, que les problèmes sont survenus dans le domaine, la finance, où il était le plus régulé. Cela ne risque d'ailleurs pas de s'arranger, puisque lorsque le dirigeant d'une des grandes banques française la plus compromise dans le capitalisme fou s'est vu enfin remercié, l'hyperprésident "rien ne sera plus comme avant" lui a immédiatement donné du travail en lui confiant la responsabilité de refondre la régulation prudentielle. Nous sommes en de bonnes mains.

Sautons (encore ! c'est une vraie sauterie) à la page 8 (je m'imagine député ou sénateur, en train de chercher le bouton "avance rapide" sur l'accoudoir, devant les pontifications du président). Ma préférée.

Faisons d'abord du mauvais esprit : "Je ne sacrifierai pas l’investissement parce que sans investissement il n’y a plus d’avenir." Après dix pages d'un bon manuel de macro-économie, vous saurez également qu'avec trop d'investissement, il n'y a pas un avenir terrible non plus.



...et venons-en à cette distinction merveilleuse du Duce reprise par tous comme si elle était d'une évidence apodictique :
"Oui nous avons un problème de finances publiques. Oui nous avons un problème de déficits. Mais nous ne le résoudrons pas de cette manière. Nous devons, me semble-t-il, changer radicalement notre façon de poser le problème. Il y a le mauvais déficit. C’est celui qui finance les mauvaises dépenses, les gaspillages, l’excès de bureaucratie, les frais de fonctionnement trop élevés. Ce déficit structurel doit être ramené à zéro par des réformes courageuses que nous mettrons en priorité du calendrier d’actions du prochain gouvernement.
Il y a un deuxième déficit, le déficit qui est imputable à la crise, à la diminution des recettes, à l’augmentation des dépenses sociales. C’est un amortisseur social. Il a bien fonctionné. Il a permis à la France de limiter les effets de la crise. Après la crise il faudra résorber le déficit imputable à la crise en y consacrant l’intégralité des recettes de la croissance.
Il y a enfin le déficit qui finance les dépenses d’avenir. Il n’est pas anormal de financer l’investissement par l’emprunt. Ce peut être un bon déficit à la condition expresse qu’il permette de financer de bons investissements."

Sarkozy mélange ici deux distinctions courantes (et non pas radicalement nouvelles) : d'une part, celle du déficit structurel et du déficit conjoncturel et, d'autre part, celle du déficit lié au financement courant et celui lié au financement de l'investissement. Elles ne se recoupent pas.Le président y ajoute évidemment de la moralité, fruit de longues discussions au Cap Nègre avec la maman de Carla à qui on ne la fait pas.

Ainsi, il y a du mauvais déficit, c'est le déficit structurel. Et le déficit conjoncturel, qui doit être pas mal, puisqu'il a servi d'"amortisseur social" (quel styliste !). Le hic c'est qu'il parle ensuite du déficit qui finance des investissements, qui peut être bon, or on ne voit pas pourquoi ce bon déficit ne pourrait pas être structurel.
L'idée juste est à la fin ( "Ce peut être un bon déficit à la condition expresse qu’il permette de financer de bons investissements.") sauf qu'elle s'applique à tous les déficits, qu'ils soient structurels ou conjoncturels, d'investissement ou courants.

Par exemple, si l'Etat recrute dix mille personnes l'année prochaine pour lutter contre la pandémie et que cela nous épargne deux millions de journées d'arrêt de travail, le déficit va, toutes choses égales par ailleurs, augmenter et pas par des dépenses d'investissement, mais pour un effet sans doute sensiblement plus profitable que vingt kilomètres d'autoroute supplémentaires dans la Creuse.

En somme, le déficit est bon...quand il est bon; on ne peut de fait rien déduire de l'existence d'un déficit, qu'il soit structurel, conjoncturel, d'investissement ou de financement d'opérations courante. Le déficit n'est pas en soi un indicateur de politique économique. point.

"Quant à l’emprunt, son montant et ses modalités seront arrêtées une fois que nous aurons fixé ensemble les priorités. Nous le ferons soit auprès des français, soit sur les marchés financiers. Je prendrais les dispositions nécessaires pour que cet emprunt soit affecté exclusivement à ces priorités stratégiques pour l’avenir. Je dis bien exclusivement car j’entends dans le même temps porter le fer dans nos dépenses de fonctionnement qui s’avèreront inutiles ou non prioritaires." Ah ah...l'Etat emprunte de manière presque permanente sur les marchés financiers, non ? La belle affaire que d'annoncer un emprunt ! Les "français" peuvent d'ailleurs déjà acheter des titres de dette de l'Etat français. Voilà encore une initiative imaginative et radicalement différente de notre bien-aimé Conducator. On verra sans doute dans les prochains jours qu'il va s'agir d'émettre un emprunt à des conditions favorables pour les particuliers, c'est-à-dire très dégradée pour les finances publiques par rapport aux OAT classiques , mais les esprits chagrins se consoleront en pensant que cet emprunt ne financera que les priorités stratégiques, de sorte que les autres seront financées par ...ahem...d'autres emprunts, sans doute à des taux plus faibles. ah ah. Quel président inoubliable !

24/06/09 - 21:38

Miss, c'est l'année !

1. Curieusement, même aux temps d'affliction, je n'ai jamais voulu en finir avec cette vie, ni même en changer pour une autre. Je suis attaché à ma vie à un point qui n'est pas permis. Même mes regrets, je ne les regrette pas entièrement, car je leur attribue les jouissances ultérieures : serais-je parti plusieurs fois, toutes aussi merveilleuses, en Asie, si j'avais accepté cette belle promotion ? Aurais-je connu *** si j'avais accueilli E. ?
J'accepterais bien volontiers — non, j'aimerais que l'éternité consiste à itérer et réitérer la même existence, la mienne ; tout juste aimerais-je en profiter pour dire oui à d'autres tentations, il y a en eu tant de négligées.

2. "Si je me soucie de la postérité ? mais qu'est-ce que la postérité a fait pour moi ?" répondit un écrivain d'une époque où les ambitieux visaient plus loin que la célébrité. Je veux bien signer son bon mot, malgré les grecs ; je suis en cela l'exemple de Vincent, qui se contente avec alacrité d'être ici et maintenant et se fiche de ne plus être ensuite ; mais il m'est insupportable de penser que ceux que j'aime n'aient aucune postérité, que leur existence soit complètement oubliée, que personne ne sache plus, dans cent ans, qu'il y a eu un vincent qui était la vie même, un *** qui était la chair même, une mère et un père qui étaient l'amour même, une grand-mère et un grand père qui étaient la sagesse et l'honneur, une soeur qui était la sensibilité. Il est tragique d'emporter avec soi ces secrets dans la tombe.

3. Manque de ***

17/06/2009

17/06/09 - 22:46

Missel à nez

1. J'ai perdu en *** mon paratonnerre. Quand j'étais avec lui, une beauté pouvait bien me passer devant, je savais que je ne serais pas foudroyé. Ebloui, peut-être. Abasourdi, parfois. Mais pas brûlé au dernier degré. Non pas qu'il fût le plus beau, loin de là. Etait-ce à cause de son côté gosse, alors ? ou de sa peau moelleuse comme celle des enfants, sa tignasse de gamin et d'autres qualités qui, placées ici en bonne part, achèveraient de vous convaincre de mon vice punissable ? Ses sous-vêtements colorés sur lesquels je me reposais, avant de goûter ses fesses toujours disponibles, comme dans un numéro d'été de Têtu ? Ou le pendentif mystérieux sur sa gorge dénudée quand il m'accompagnait le soir pour dîner ?

Il remplissait mes besoins et mes désirs, et pas seulement celui de s'accoupler ; celui de la paternité, aussi, et bien d'autres encore, tous ceux qui font que l'on s'attache à un autre être humain.

Me voilà désormais sans protection dans la saison des orages.

2. "L'anéantissement commence" lit-on sur les murs de Paris, en sous-titre d'un film qui raconte notre massacre en tant qu'espèce.
Haussons les épaules, car nous savons bien, nous, qu'il a exactement commencé du jour de notre naissance. Que faisons nous, en effet, de tout ce que nous avons déjà vécu ? Rien, car nous connaissons si bien le latin et le grec que nous appliquons à la perfection le précepte de vivre dans l'instant, de sorte qu'il ne nous reste plus de temps pour nous souvenir du passé. Carpe diem, puisqu'on va mourir ? Résultat : nous mourrons tous les jours, oublieux des centaines de cadavres de nos moi éphémères et heureux, dont nous ne venons jamais fleurir les tombes.

3. Pierre-Henri Gourgeon, le directeur général d'Air France, estimait il y a quelques jours ne pas être convaincu du lien entre les sondes pitot et la perte de l'Airbus A 330 assurant le vol AF 447, après avoir annoncé, le 1er juin, que l'avion avait été probablement foudroyé. En somme, pour ce distingué polytechnicien, de l'existence de six incidents préalables graves impliquant ces sondes et de vingt quatre messages d'alerte compatibles avec le scénario de leur dsyfonctionnementon ne peut inférer leur lien avec la catastrophe ; de l'absence totale d'indication de foudroiement et de cas d'avion de ligne détruit par la foudre en altitude de croisière on peut conjecturer une possibilité de responsabilité du tonnerre dans le drame.

Merveilleux pays où l'on peut présenter à la presse sans contradiction des âneries pareilles.

En un sens, M. Gourgeon est pourtant bien excusable. Nous sommes tous plus ou moins des Gourgeons. Nous ne parlons presque que ce dont nous ne savons rien , et nous incriminons à sa manière qui le réchauffement climatique, qui le capitalisme, qui le libéralisme, qui le téléchargement sur internet, et j'en passe, sans avoir consacré même quinze minutes à nous informer sur le sujet.

A ce point de développement, nous ne sommes plus, pour l'essentiel de notretemps, que des utilisateurs, et des utilisateurs ignares, satisfaisant des besoins superbement sophistiqués au point de vue technique sans les connaissances correspondantes. Des Alain Badiou, en somme.

Mais alors que dire quand on ne sait généralement pas de quoi on parle ? Soit, en femme, vous ne jugez qu'en fonction de ce qui vous semble bien (la voiture : pas bien; le bio : bien), ; soit, en pédé, vous vous limitez à jouir.

 

Résumé des épisodes précédents

Dîner d'affaires à Hong Kong. Je pense à ses fesses, dénudées dans la pénombre de notre chambre d'hôtel, à Budapest, il y a trois jours. Ma tête est encombrée de son prénom. Mon estomac est encombré de la soupe de porc et des méduses du déjeuner.13 mars 2009


Et me voilà tout seul dans un décor de partouze, ce qui est le plus juste résumé de mes dernières années d'existence"15 août d'une année bien révolue


...cette nuit froide étoilée d'orgasmes qui est la vie d'un pédé (plus ou moins étoilée d'ailleurs selon son poids, son âge, la couleur de sa peau, la taille de sa bite, l'épaisseur de ses sourcils, la marque de ses sous-vêtements et les autres qualités essentielles dans une communauté raffinée)" 24 février 2008


J'aurais dû suivre mes deux jeunes amants dans la nuit parisienne, où tout le monde se fout bien de devoir disparaître un jour ; m'enivrer du bruit avant l'éternité, me couvrir de sueur avant le suaire ; descendre en boîte avant le caveau. Quand je suis mort, en 2001, c'est là que j'ai appris que l'enfer est très supportable quand on n'est pas le seul damné29 juillet 2007


Ah, mon blogue, tu ne m'as pas manqué. On m'a un peu parlé de toi, ces derniers temps. Certains te reprochent de te répéter sur les garçons; d'autres te reprochent de te répéter sur la politique. Mettons les tous d'accord, et répétons-nous ce soir sur les garçons et sur la politique.22 juin 2006


Si le ciel n'a pas ton frère
Le ciel peut bien m'attendre

11 février


Quand l'hiver est froid, quand ma vie est froide, que mon coeur est froid et que mes amis sont froids, je vais chercher un peu de chaleur sur son blogue. Il y a mis beaucoup de photos, et c'est vraiment lui le plus beau de GA. Je les regarde, cela va mieux : je sens à nouveau son souffle sur mon épaule, sa nuque sous mes lèvres et son sperme sur mes joues. 21 janvier 2006


Ce qui est sûr, c'est qu'après Grande Ecole, il est difficile de faire un film plus bête, comme après Presque rien, il est difficile de faire un film plus vide. Les deux auteurs méritent donc d'être placés aussi haut dans notre panthéon gay, là où usant à l'envi leurs chaleurs dernières, ils pourront réfléchir leurs doubles lumières/Dans leurs deux esprits, ces miroirs jumeaux." 7 janvier 2006


La meilleure forme de gratitude que pourraient avoir pour nous ceux dont nous nous sommes beaucoup occupés, ce n'est pas de s'occuper de nous à leur tour , c'est d'enfin s'occuper d'eux-mêmes. 12 novembre 2005


des fesses fermes et douces, des abdominaux irreprochables, une peau savamment épilée, une musculature sophistiquée, voilà la nourriture ordinaire du gay, mais son bonheur cesse au niveau du cou, lorsqu'il est obligé, pour payer pour le prix de ces corps inoubliables, de supporter un visage imparfait, dégradé, caricatural, vide, pas un de ces visages hétéros qui nous irritent de leur sublime simplicité, de leur mystérieux équilibre. 29 octobre 2005


Un club de sport, c'est comme la littérature française contemporaine : il y a beaucoup de pédés, de plus en plus de femmes, et on y trouve surtout des choses crues et laides étalées avec complaisance. 16 octobre 2005


Car j'ai beau le caresser, le lécher, l'embrasser, le baiser, le sucer, l'enculer, le prendre en moi et que sais-je encore, il reste irrémédiablement vierge de moi. De nos coïts il ne reste rien, et certainement pas un patrimoine; et les êtres qui nous font l'honneur de nous laisser leur donner du plaisir restent pourtant à jamais inentamés. 16 septembre 2005


…le premier garçon qu'on a embrassé est aussi le premier garçon qu'on a niqué.(…)Je crois que c'est une des raisons qui explique le souci particulier du productivisme sexuel des gays, leur attention au rendement annuel de leurs éjaculations et leur industrialisation du spasme7 mai 2005


Dans un mois, cela fera quatre ans que je suis mort 21 avril


La punition de ceux qui ont connu le paradis est d'être incapables d'en parler. Condamnés à se taire sur le seul sujet qui importe, ils doivent en plus supporter les interminables conversations des autres sur tout le reste, qui n'existe pas. 10 mars 2005


Trois marins presques nus, presqu'imberbes et presque majeurs m'allumaient en chantant In the Navy — Jamais depuis je n'ai pu écouter les Village people sans bander aussitôt.
18 février 2005


Les garçons que nous rencontrons sont comme des aliments. Les meilleurs nous nourrissent et nous renforcent; les autres nous restent un moment entre la gorge, nous font un peu mal à l'estomac, mais finissent à l'égout dans une agréable libération. 12 novembre 2004


Coucher avec la beauté ne rend pas heureux. Cela passe en spasme, et vous laisse à vie un creux douloureux (...)9 novembre 2004


Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit. Je viens encore d'essayer, mais le sommeil ne répond pas à mes appels. il est sur boîte vocale, ça m'énerve. Si on ne peut plus joindre le sommeil en pleine nuit, où va-t-on ? (...)4 novembre 2004


Au fond, Happy Tree Friends, c'est le milieu gay. Il y a beaucoup de couleurs, tout le monde a des coeurs sur le visage, sourit et glapit tout le temps. Et tout le monde fait du mal à tout le monde, et tout finit toujours dans le sang.24 octobre 2004


Ils n'aiment pas

Pour une fois que tu écris quelque chose d'intéressant, ce n'est pas de toi ; dommage Sorty

C'est médiocre, comme tout ce qu'écrit cet auteur
Elizabethtessier

Une vraie petite boucherie intellectualo-sexuelle. Et tout cela avec cynisme "lucide", prétention élitiste et la condescendance qui l'accompagne... Rapport fascinant à l'autre...
Sharruk

Tu es une catastrophe ambulante en matière de politique! Fais plutôt du porno, ça te réussir mieux. Ou de la poésie.
Ma Josiane d'amour

Ce qu'on peut lire comme conneries....
Ronans

Et vive les donneurs de leçon
Fantin